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La Maçonne

C'était ce 25 novembre …

C'était ce 25 novembre …

… la journée des oubliées. La Journée Internationale de Lutte contre les violences faites aux femmes.

Si en France, un système judiciaire, certes imparfait et une prise de conscience des pouvoirs publics, certes balbutiantes, permettent des avancées dans la lutte contre les violences faites aux femmes, dans le monde, une femme sur trois est victimes de violence.

Il existe différentes formes de violence : physique, sexuelle, psychologique et économique. La liste des typologies des violences faites aux femmes dans le monde est longue :

violences conjugales, viols, le mariage non-consenti touchant généralement des mineures, traites des personnes concernant 80% de femmes, dont la prostitution, mutilations génitales, les meurtres pour dot ou mutilation, les meurtres pour l'honneur …

On estime qu'il y a 130 à 140 millions de femmes excisées. 77000 femmes violées avec que 2% des violeurs condamnées, 300 femmes tuées par leur conjoint, ....

Autre chiffre qui parle pour lui-même : une femme a plus de risque de mourir de violence conjugale, que de mourir d'un cancer, un accident de la route, du sida et du paludisme réunis.

L'ONU considère que les violences faites aux femmes ne sont pas liées à des faits culturelles, mais qu'elle relève d'une situation d'inégalité des femmes et de leur discrimination dans toutes les sociétés.

Ce 15 mars 2013, l'ONU a rassembler 193 pays : les Etats membres, l'Iran, la Lybie, le Soudan et d'autres pays musulmans autour d'une déclaration commune stipulant '"aucune coutume, tradition ou considération religieuse" ne pouvait justifier de telles violences. Les pays ayant souhaité réduire les termes de cette déclaration étaient l'Iran, le Vatican et la Russie ayant déjà fait échoué un projet identique en 2003.

La Grande Loge Féminine de France et le Droit Humain ont communiqué pour cette journée du 25 novembre. Ces deux obédiences se rejoignent dans leurs souhaits.

"Alors que l’on se félicite de la diminution des violences routières grâce à la mise en œuvre d’une politique volontariste, on constate cette année encore une augmentation des violences faites aux femmes : la loi du 9 novembre 2010 et les plans de lutte successifs contre les violences conjugales et les viols apportent une protection et des aides aux victimes, mais ne combattent pas les causes de ces violences." Explique le Droit Humain dans son communiqué.

La GLFF précise: "La Grande Loge Féminine encourage la mise en place de mesures et appelle à une politique volontariste pour répondre à l'urgence de la situation actuelle ..."

Les associations féministes ont de même souligné cette journée particulière, alors que pour elles – autant le dire – c'est tous les jours qu'elles condamnent les inégalités, la discrimination et les violences faites aux femmes. Les grands journaux ont pour la plupart commis un article sur le sujet, rattrapant, pour certains, un retard criant – Le Ministère des Droits des Femmes (n'oublions pas que nous en avons un) a de même produit un communiqué pour cette journée particulière.

La lutte contre toutes formes de discrimination et contre les violences consiste aussi à modifier les états d'esprit et les préjugés. Des campagnes de sensibilisation fleurissent un peu partout. Je tiens souligner, en particulier, la campagne des féministes algériennes : http://focuselles.com/lafepec-lance-une-campagne-annuelle-contre-les-violences-faites-aux-femmes-en-algerie/

La journée est passée. Tout semble aller pour le mieux. Or voilà, il y a ceux qui n'ont rien dit. Tout d'abord, les obédiences masculines : GLNF, GLDF, GODF … , hélas aussi les obédiences mixtes: GLMF, GLMU (qui vient de changer de Grand Maître); les associations laïques. Il faut croire que la laïcité ne relève pas de ce type de problème ... pour les hommes. En suis-je aussi surprise que cela ? En fait, non.

Il faut croire que lutter contre les violences faites aux femmes, les dénoncer … et bien, c'est un boulot de femmes et de féministes. Pour les prochaines décennies.

Lilithement vôtre,

Article 4

Les Etats devraient condamner la violence à l'égard des femmes et ne pas invoquer de considérations de coutume, de tradition ou de religion pour se soustraire à l'obligation de l'éliminer. Les Etats devraient mettre en oeuvre sans retard, par tous les moyens appropriés, une politique visant à éliminer la violence à l'égard des femmes et, à cet effet :

a) Envisager, lorsqu'ils ne l'ont pas encore fait, de ratifier la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, d'y adhérer ou de retirer les réserves qu'il y ont faites;

b) S'abstenir de tout acte de violence à l'égard des femmes;

c) Agir avec la diligence voulue pour prévenir les actes de violence à l'égard des femmes, enquêter sur ces actes et les punir conformément à la législation nationale, qu'ils soient perpétrés par l'Etat ou par des personnes privées;

d) Prévoir dans la législation nationale pénale, civile, du travail ou administrative les sanctions voulues pour punir et réparer les torts causés aux femmes soumises à la violence; les femmes victimes d'actes de violence devraient avoir accès à l'appareil judiciaire et la législation nationale devrait prévoir des réparations justes et efficaces du dommage subi; les Etats devraient en outre informer les femmes de leur droit à obtenir réparation par le biais de ces mécanismes;

e) Examiner la possibilité d'élaborer des plans d'action nationaux visant à promouvoir la protection de la femme contre toute forme de violence, ou d'inclure des dispositions à cet effet dans les plans existants, en tenant compte, le cas échéant, de la coopération que sont en mesure d'apporter les organisations non gouvernementales, notamment celles qu'intéresse plus particulièrement la question;

f) Elaborer des stratégies de prévention et toutes mesures de caractère juridique, politique, administratif et culturel propres à favoriser la protection des femmes contre la violence et à garantir que les femmes ne se verront pas infliger un surcroît de violence du fait de lois, de modes de répression ou d'interventions d'un autre ordre ne prenant pas en considération les caractéristiques propres à chaque sexe;

g) Dans toute la mesure possible, compte tenu des ressources dont ils disposent, et en ayant recours au besoin à la coopération internationale, assurer aux femmes victimes d'actes de violence et, le cas échéant, à leurs enfants une aide spécialisée, y compris réadaptation, assistance pour les soins aux enfants, traitement, conseils, services médico‑sociaux et structures d'appui, et prendre toutes autres mesures voulues pour promouvoir la réadaptation physique et psychologique;

h) Inscrire au budget national des crédits suffisants pour financer les activités visant à éliminer la violence à l'égard des femmes;

i) Veiller à ce que les agents des services de répression ainsi que les fonctionnaires chargés d'appliquer des politiques visant à prévenir la violence à l'égard des femmes, à assurer les enquêtes nécessaires et à punir les coupables reçoivent une formation propre à les sensibiliser aux besoins des femmes;

j) Adopter toutes les mesures voulues, notamment dans le domaine de l'éducation, pour modifier les comportements sociaux et culturels des hommes et des femmes et éliminer les préjugés, coutumes et pratiques tenant à l'idée que l'un des deux sexes est supérieur ou inférieur à l'autre ou à des stéréotypes concernant les rôles masculins et féminins;

k) Favoriser la recherche, rassembler des données et compiler des statistiques se rapportant à l'incidence des différentes formes de violence à l'égard des femmes, y compris en particulier la violence au foyer, et encourager la recherche sur les causes, la nature, la gravité et les conséquences de la violence à l'égard des femmes, ainsi que sur l'efficacité des mesures prises pour prévenir et réparer la violence à l'égard des femmes, lesdites statistiques et les conclusions des travaux de recherche étant à rendre publiques;

l) Adopter des mesures visant à éliminer la violence à l'égard des femmes particulièrement vulnérables;

m) Inclure dans les rapports présentés en application des instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme des éléments d'information concernant la violence à l'égard des femmes et les mesures prises pour donner effet à la présente Déclaration;

n) Encourager l'élaboration des directives voulues pour aider à la mise en oeuvre des principes énoncés dans la présente Déclaration;

o) Reconnaître l'importance du rôle que jouent les mouvements de femmes et les organisations non gouvernementales du monde entier s'agissant de faire prendre conscience du problème de la violence à l'égard des femmes et d'y remédier;

p) Faciliter et encourager les travaux des mouvements de femmes et des organisations non gouvernementales et coopérer avec eux sur les plans local, national et régional;

q) Encourager les organisations intergouvernementales régionales dont ils sont membres à inclure s'il y a lieu l'élimination de la violence à l'égard des femmes dans leurs programmes.

Déclaration sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes (ONU)

Communiqué de la GLFF du 25/11/13

Un conseil au hasard.

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yaka 26/11/2013 21:09

Je pense que l'on devrait parler de la violence entre conjoints, car dans une toute petite proportion, des hommes sont également victimes de femme tyranniques ou méchantes.
Je vous invite à consulter ce site belge : http://www.fredetmarie.be
c'est dur, mais malheureusement encore en dessous de la réalité pour beaucoup de femme :-(
Pourquoi en arrive t'on là ? Est-ce un manque d'éducation actuel ou la politique de l'autruche de la part de l'entourage ?
J'ai eu un client qui se pointe avec son épouse ; en deux minutes, le processus est mis en marche : "lui sait, elle ne sait pas".
Donc, par principe, je pose des questions à madame ... ce qui énerve le coco qui répond à sa place, lui coupant la parole en distillant une petite crapulerie à son égard.
Je ne me démonte pas et continue à lui parler ... le coco monte dans les tours.
Finalement, je laisse tomber car je crains que cette femme se fasse engueuler sur le trajet de retour " cette s.... qui ne le laissait pas montré qu'il était le chef ! "
Cette violence à toujours existé, de tout temps, mais ce n'est que maintenant que les gens commencent à se révolter ... les mentalités changeraient-elles légèrement ?

La Maçonne 26/11/2013 22:22

Lorsque l'on parle d'hommes battus par leur conjoint, on n'indique pas le sexe du conjoint... même s'il y a des femmes violentes. 19 hommes tues par an.

Annette 26/11/2013 09:22

J'ai participé hier au soir a une marche silencieuse contre la violence faite o femmes ,ns une centaine a Nice !!Pas un politique en vue .

La Maçonne 26/11/2013 18:50

Ils seront présents pour la marche contre le racisme du 30 novembre.
Non, je ne suis pas cynique ....