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La Maçonne

Convention CEDAW : le rapport alternatif de la GLFF

Convention CEDAW : le rapport alternatif de la GLFF

Ce 1er décembre, la GLFF a publié sur son site son rapport alternatif CEDAW. http://www.glff.org/fichiers/Rapport_Alternatif_2013_sur_la_France.pdf

Les rapports alternatifs, rappelons-le, ont pour but de compenser les lacunes du rapport officiel. Lors d’un précédent article, je vous avais présenté brièvement ce qu’était cette Convention de l’ONU, de 1979, qui a pour but de lutter contre les inégalités et les discriminations faites aux femmes. Un de mes précédents articles présentait ce qu'était le CEDAW : http://lamaconne.over-blog.com/2013/11/glff-et-le-cedaw-sur-france-culture.html

En mars 2012, la GLFF a décidé de rédiger un rapport alternatif. Les auteures du rapport expliquent que ce rapport n’aborde pas tout. Il développe et apporte des préconisations au sujet des stéréotypes, de la prostitution, vie politique, éducation, vie professionnelle, et les violences. Voici ce que j’en relève :

Le rapport précise que malgré les recommandations du Comité CEDAW faites en 2008, « à promouvoir le changement des rôles et des tâches attribuées aux femmes et aux hommes », l’image de la femme « ménagère », « mère » et objet sexuel n’a guère évoluée dans les médias et les publicités. Les femmes sont toujours sous-représentées dans les domaines de l’art et de la culture. La suppression du « Mademoiselle » et du « nom de jeune-fille » et « nom d’épouse » n’est pas appliqué aussi bien dans les organismes publiques que privées. Il demeure toujours une inégalité entre les hommes et les femmes quant à la participation de l’éducation des enfants, les femmes étant plus nombreuses à prendre des congés parentaux.

Les auteures du rapport notent de même : « Dans le langage, donc dans les esprits, l’utilisation ambigüe du mot « homme » désignant à la fois l’individu du sexe masculin et l’espèce humaine réduit celle-ci à la moitié de l’humanité en excluant les femmes ».

Cette lutte contre les stéréotypes demande :

  • De promouvoir la règle d’accord de proximité. Cette règle d’accord consiste à accorder les adjectifs avec le nom le plus proche qu’il qualifie et le verbe avec le sujet le plus proche. Ainsi, en français, le féminin et le singulier peuvent l’emporter sur le masculin et le pluriel. Cette règle existe en grec ancien et en latin, et n’existe plus en français qu’à partir du 18ème siècle.
  • D’imposer aux médias une participation paritaire des femmes expertes, que les femmes accèdent à des postes décisionnaires dans le monde de la culture et des arts, et que le sport féminin soit plus largement diffusé à la télévision (13% seulement),
  • L’application de la circulaire concernant la suppression de l’usage du « Mademoiselle » doit être imposé, tout comme la féminisation des noms de métier (qui datent quand même de 1999 !), et de préférer l’usage de l’expression « être humain » plutôt que « homme ».
  • Ce rapport préconise, de même, de faire voter une loi antisexiste similaire à celle antiracisme.

Le débat concernant l’abolition de la prostitution commence à voir le jour dans les médias. La loi luttant contre la prostitution a été voté, ce 4 décembre, et dispose d’une amende pour les clients d’un prostitué majeur (1500 €), d’un stage de sensibilisation contre l’achat d’actes sexuels, la mesure de Nicolas Sarkozy « de racolage passif » sera supprimée, et la création d’un fond de soutient permettant d’aider les prostitués.

C’était pourtant en 2008 dans son rapport alternatif que la Ligue des Droits de l’Homme s’est insurgée contre la pénalisation des prostitués, via la loi sur le « racolage ». Le prostitué devenait coupable.

Le rapport de la GLFF souligne quelques chiffres : 99,9 % des clients sont des hommes, 85% des prostitués sont des femmes et 90% des prostitués sont étrangers.

Depuis 20 ans, ce sont développés des réseaux de proxénétisme, de la traite d’être humain. Il rappelle que ce sont les proxénètes et les réseaux de prostitutions qui sont coupables. Le rapport demande, ainsi, une loi ambitieuse ayant pour but d’abolir la prostitution, donnant aux prostitués les moyens d’une alternative.

Par ailleurs, les associations féministes rappellent, que même s’il est utile de pénaliser les clients, afin d’inscrire dans la loi qu’un corps et qu’un acte sexuel ne sont pas des marchandises, qu’il est nécessaire de lutter efficacement contre les réseaux prostitueurs et de mettre en place les modules sur l’éducation à la sexualité de la maternelle à l’éducation supérieure.

Si les femmes sont peu présentent dans la vie politique, la France étant au 69ème rang mondial, elles ne sont pas plus présentes dans les filières scientifiques. Elles sont 42,6% à obtenir un baccalauréat scientifique (contre 64,6% pour les hommes). Ces chiffres me heurtent personnellement, étant de celle qui faisait partie d’une statistique guère plus glorieuse, 25 ans plus tôt – un petit 2,5% - dans mes choix d’études. Après leurs études, les femmes gagnent moins que les hommes.

Mieux diplômées qu’eux, elles sont orientées dans des filières peu porteuses d’emploi. Leur retraite s’élève à une moyenne de 789 Euros, contre 1617 Euros pour les hommes. Les causes de ces discriminations sont : autant les temps partiels subi des femmes, le travail domestique que l’on estime à 3h48 par jour contre 1h59 pour les hommes, les cultures et traditions familiales comme les critères de réussite demeurant essentiellement masculin.

Les préconisations énoncés dans le rapport sont nombreuses : faire respecter la loi de l’égalité homme/femme, pénalisée plus lourdement les partis politiques, orienter les filles en dehors des schémas du genre qui sont autant du fait des familles que du système éducatifs, revaloriser les formations des femmes, validation des acquis, créer un fond de garantie garantissant les pensions alimentaires, …

L’épineuse question des violences faites aux femmes a été régulièrement évoquée dans ce blog, à différent titre. Cette fois, le rapport alternatif de la GLFF, en dehors de donner des chiffres affligeants, qu’il est nécessaire d’une application plus stricte des lois, de mettre en place des campagnes plus nombreuses, intervenir dès l’enfance, un meilleur accompagnement des femmes soient au sein de structures, soit dans un programme de soins adaptés, des lieux d’accueils adaptés, des droits à l’emploi, etc.

En 2008, le Comité avait demandé à la France de faire connaître plus largement dans la société la Convention CEDAW.

Le rapport alternatif mentionne, ainsi régulièrement, qu’il est nécessaire de faire entrer les textes de la Convention dans les manuels scolaires, les remettre aux étudiantes et étudiants, faire des formations spécifiques au sein des administrations, auprès des enseignants. La France souligne le rapport alternatif de la GLFF n’a jamais perçu les qualités novatrices de ce texte. Pourtant, il s’agit d’un texte qui réunit 90% des états membres. C’est dire que les droits des femmes n’inspirent pas les foules !

Lilithement vôtre,

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ito 10/07/2015 15:57

Nous avons les soucis d'evoluer ensembles, maid je me demade pour quoi les gens nous dit que devenir franc maçon c'est donner un sacrifice?
merci