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La Maçonne

De l'égalité, des siècles et des siècles.

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

Article 1 : Déclaration Universelle des Droits de l'Homme

De l'égalité, des siècles et des siècles.

Ceci est l'article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée
par l'Assemblée générale des Nations Unies, le 10 décembre 1948.

« Nés libres et égaux », la liberté et l'égalité est mis sur le même pied « d'égalité », l'un n'étant pas inféodé à l'autre. Il n'y a pas de relation de cause à effet. Nous ne sommes pas libres parce qu'égaux, ni égaux parce que libres. Mais les deux à la fois. Ceci a son importance.

Cette liberté-égalité – non indissociable – appelle, bien sûr, à l'abolition de l'esclavage, aux droits de chacun de bénéficier d'une instruction, des droits de justice (droit à un procès, droit à être défendu), etc.

Si de la liberté, nous en avons toutes et tous une idée. L'égalité est, en lui-même, un principe plus complexe. Il ne nie nullement les différences entre individus. Il considère que ces différences ne sont pas une cause suffisante pour asservir un individu ou un groupe d'individu en raison de ce qui les différencient.

La Déclaration Universelle des droits de l'Homme est fondatrice des droits des différents pays signataires. Il en découle de même des « traités internationaux ».

La répression (et la prévention) du génocide est un des tout premier traité. Ont suivi les traités contre toute forme de discrimination raciale, l’imprescriptibilité des crimes de guerres et contre l'humanité (1968), droit de l'enfant, droit des femmes (1979) et droit des travailleurs migrants et de leur famille.

Droits universels, droits internationaux, peu importe comment on les nomme, ils ne s'arrêtent pas à notre pays, à notre seul époque – c'est-à-dire finalement à quelques privilégiés – qui bénéficieraient de droits s'en s'inquiéter des autres humains vivants dans des pays signataires ou non de cette même déclaration universelle.

C'est le prix de l'universalité.

Cette déclaration est difficile, car elle tente de mettre en pratique une utopie, une définition de l'être humain quasi-idéale sur toute une planète – dans tous les pays – maintenant mais aussi demain – pour des siècles et des siècles.

J'aime à croire que cette définition est à la hauteur de la franc-maçonnerie et de tous les francs-maçons, de toutes les sœurs et de tous les frères, qu'elles et ils ne souhaitent pas pinailler de manière partisane pour leurs obédiences ou d'autres intérêts plus confus, qu'elles et ils comprennent ce que ces textes apportent et ont apportés à l'humanité et peuvent encore apporté.

Ainsi, j'ai été choquée par le « point de vue » de Daniel Keller, Grand Maître du GODF, qui affirme que « Chez nous, francs-maçons, hommes et femmes sont égaux : les compétences n'ont pas de sexe »

Ils le seraient – il parlerait de francs-maçonnes et de francs-maçons – mais passons sur la sémantique pour cette fois. Il parlerait de franc-maçonnerie en général – et non pas du seul GODF en particulier

La franc-maçonnerie n'est nullement affaire de « compétences » : il n'y a pas d'homme ou de femme qui posséderait une intelligence, une conscience, et un savoir – voir même une culture – qui seraient supérieurs à d'autres et qui leur permettrait d'entrer en franc-maçonnerie d'office. Il y a juste l'envie d'y entrer qui nous différencie. Le désir d'être là. Car dans le fond, face à ce que nous découvrons en maçonnerie, nous sommes tous égaux.

Si l'égalité est un principe de droit universel – avec la liberté – il est mentionné dans toutes les constitutions de toutes les obédiences. L'égalité des femmes et des hommes est le principe fondateur de toutes les obédiences mixtes.

C'est d'ailleurs la Grande Loge Symbolique Écossaise (maintenue) qui fut la première obédience, à l'aube du 20ème siècle (1902?), à avoir inscrit « l'égalité entre les hommes et les femmes » dans sa déclaration de principe. Bref, l'idée n'est pas nouvelle et a été mille et une fois déclinée auparavant. Elle est aujourd'hui étendue à une réflexion globale associant à la mixité, la parité et l'égalité.

« Au nom de nos convictions humanistes, nous voulons contribuer à faire évoluer la société française dans un sens plus juste. »

Tant pis pour l'universalité des convictions humanistes. Tant pis pour le monde. Tant pis pour les autres.

Ce petit texte est considéré – si j'ai bien compris – comme le nouveau programme du GODF. Mais rassurons les frères du GODF qui y verraient une atteinte à leur supériorité naturelle : cette égalité, ce n'est pas pour maintenant, elle n'existera qu'après une longue réflexion et beaucoup de patience.

« En ce sens, le temps court du 12 juin 2013, jour de notre conférence sur l'égalité homme-femme rejoint la nécessaire prise en compte du temps long qui est celui du vrai combat. La conscience de la durée, intrinsèquement liée à la culture de la patience partagée au Grand Orient, est la matrice du vrai progrès, universellement partagé. »

Lire ici le texte complet : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1198500-chez-nous-francs-macons-hommes-et-femmes-sont-a-egaux-les-competences-n-ont-pas-de-sexe.html

Si par hasard, vous voyez une urgence pour des femmes quelques part dans le monde ou même en France, prévenez-les!

Rappelons-le : il s'agit d'un droit fondamental. Pas d'un caprice de dames. Ni en France, ni ailleurs dans le monde. Aucune femme n'a à attendre.

Qu'en conclure ? Le « point de vue » de Daniel Keller, GM du GODF est guère novateur, demeure franco-français, les références sont des vagues considérations sur des valeurs humanistes et républicaines, alors que de droits fondamentaux existent (la France en est même signataire), prévient d'ors et déjà que ces dames devront être patientes (ce qui est, il faut croire, une qualité purement féminine), et nie surtout les combats des milliers d'hommes et de femmes dans le monde d'aujourd'hui.

La liberté, l'égalité et la fraternité ne sont des jouets pour francs-maçons en manque de public.

Lilithement vôtre,

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