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La Maçonne

Du fonctionnement de nos obédiences libérales & adogmatiques

Du fonctionnement de nos obédiences libérales & adogmatiques

Nos obédiences adogmatiques sont des grandes enfants qui ont jalousement mis en place une organisation démocratique.

De mon côté, je pinaille avec gaieté au sujet du mode d'élection du Grand Maître du GODF, élu par un Conseil de quelques frères. Cela fait très 4ème République. Le Droit Humain a choisi le même modèle d'élection. A la différence, cette dernière ne se dit pas « Gardienne de la République Française» et ne semble pas avoir de telles velléités. La GLFF, tout comme la GLDF, ont choisi un suffrage universel. Les conseillers fédéraux (ou nationaux) – deux mots qui disent la même chose – sont de même élus par les loges. Nos différents organes dits de « justice maçonnique » sont aussi composés d'élus par nos loges.

Nous le savons des élections ne garantissent pas nécessairement une « démocratie » parfaite. L'implication des membres, frères et sœurs, dans les affaires de nos obédience est, à mes yeux, la garantie de celle-ci. La faiblesse de nos modèles réside essentiellement dans cette dilution de responsabilité des sœurs et des frères.

A la décharge du convent du GODF, celui-ci a refusé une modification constitutionnelle de taille, qui consistait à réunir le convent et faire élire le Grand Maître, qu'une fois tous les 3 ans qui, selon moi, aurait amplifié un sentiment d'éloignement entre les décisions (le « législatif ») de sa gestion (l'exécutif, c'est-à-dire le Grand Maître et son conseil), c'est-à-dire entre ceux qui s'appellent « les maçons de base » et les quelques frères faisant partie du conseil national (au nombre de 35).

De nombreuses fois, dans mon parcours, j'ai entendu des sœurs et des frères exprimer un certain ennui, voir un dédain notable, pour la gestion de leurs obédiences et tous ceux qui s'y intéressent. Ils ne sont pas entrer en maçonnerie pour s'occuper d'un budget, seule pour eux comptent la démarche initiatique & symbolique, cela ne les concerne pas -… Les discussions sont trop longues, plombent une tenue. Peu importe, les raisons invoquées, le résultat est que bon nombre de sœurs et des frères n'ont pas même lu leurs constitutions, pourtant au programme dès leur première année, n'ont aucune idée d'un budget – c'est pourtant eux qui cotisent – et ne savent pas même qui décide de quoi – alors que c'est eux dans leur loge qui ont voie au chapitre – Ces sœurs et ces frères se comportent comme s'ils étaient dans des loges dites « sauvages » … et encore, même la gestion de leur propre loge ne les intéresse pas !

Peut-être que j'ai bénéficié d'une formation lors de mon apprentissage qui me permet aujourd'hui de m'intéresser à mon obédience en sus d'une démarche personnelle et peut-être que j'ai été initiée dans une loge en cela exceptionnelle … Toutefois, je ne me vois pas en tant que personne responsable être dans une association – qu'elle soit une obédience maçonnique ou le club de tricot - sans m'inquiéter de son fonctionnement. On ne sait jamais si derrière le club de tricot se cachait des plantations de cannabis – on sous-estime le machiavélisme des vielles dames – autant le savoir. Simple bon sens.

Il y a chez ceux qui « ne sont pas entrés en maçonnerie pour cela » une forme de sentiment de supériorité. Bien souvent, ils sont les premiers à dénigrer les passionné(e)s d'une commission, de la virgule qui change tout dans un article de leur constitution, du total d'un budget de fonctionnement, du montant d'un loyer … et de la facture de chauffage du temple à payer. Pourtant, sans ces passionné(e)s trop matérialistes, nos purs esprits n'auraient ni temple, ni loge, ni obédience. Ils ne seraient pas même maçons.

Nous sommes responsables de nos obédiences et de leur fonctionnement. Il n'existe pas dans nos obédiences « ceux qui décident » et les autres. Les apprentis et les compagnons n'ont pas le droit de vote, me répondra-t-on. Certes, mais ils ont le droit d'exprimer leur avis, poser des questions, lire leur constitution. Ils ont le droit d'apprendre. Il est bon aussi de retenir qu'un Grand Maître ou une Grande Maîtresse n'avait pas le droit de vote durant plusieurs années. Ils ne semblent pas en avoir souffert.

Notre défi n'est pas d'éloigner des sœurs et des frères de décisions, mais bien au contraire de les y intégrer. Reconnaissons-le : l'appartenance à des organes « exécutifs » est devenu un sport de retraités et de quelques rentiers. Faute de temps, de souplesse dans nos organisations, les sœurs et les frères actifs (35 heures / semaine ou plus) ne peuvent pas jongler entre une vie familiale, professionnelle tout en étant en plus actifs dans leurs obédiences.

Des solutions existent : en augmentant le nombre de Conseillers nationaux ou fédéraux, permettant ainsi de réduire les tailles de région et le nombre de loges par conseillers – si je peux comprendre la symbolique du chiffre 33, cependant avec des bateaux de plus de 14 000 membres, l'argument symbolique est quelque peu léger - multiplier les contacts et les discussions selon les moyens techniques – peu onéreux – des votes des loges via des systèmes internet appropriés pouvant réduire les points à l'ordre du jour d'un convent, etc.

Heureusement pour mon obédience, j'ai encore 25 années à cotiser pour ma retraite, avant d'aller proposer mes idées de grande organisatrice …. J'en connais qui soupirent de soulagement !

Du fonctionnement de nos obédiences libérales & adogmatiques

S'il n'y avait pas eu la CMF (Confédération Maçonnique de France), beaucoup de frères et de sœurs auraient examiné la GLAMF plus avant.

Malheureusement, pour nos frères qui ont rejoint ses rangs, nous ne leur avons pas prêté une réelle attention les laissant vaquer à leurs prémonitions confédérales et nous tancer d'oracles sur la fin de la maçonnerie libérale, une maçonnerie forcément jalouse de la future (ou actuelle) CMF/CM Européenne/ CM IP (inter planétaire) et CM ET (la spéciale extra-terrestre, mais ça, ce sera quand on vivra sur la lune).

Nous avions retenu, parce que le fait avait été difficile à oublier, que la GLAMF est issue d'une scission de la GLNF, forte, nous dit-on, de 14 000 frères, encore tout chagrinés de la perte d'une GLNF – du-moins de ce qu'elles représentaient. Beaucoup d'entre nous les avons accueilli dans nos loges, partagé nos temples, nos agapes, sans vraiment – et moi, la première – leur poser l'ultime question : « Et alors, à la GLAMF, comment cela se passe ? ».

C'est un email – vive les douces joies de l'informatique – qui, il y a quelques temps, m'a fait connaître ce blog « Myosotis Occitan » :http://le-myosotis-occitan.over-blog.com/

Depuis plusieurs articles ont été publiés sur le sujet.

Notre profane Koch, qui doit bénéficier du même service informatique que moi, dont on félicitera l'efficacité, n'a pas hésité un seul instant à produire son article, minimisant l'importance du fait et réduisant son analyse à peau de chagrin.

Gadlu.Info et notre national Alain Subrebost a quant à lui apporté une pièce au dossier : la pétition signé par ce frère ouvrant une procédure de destitution de Alain Juillet au poste de « Président/Grand Maître », car tel est l'intitulé exact de la fonction du Grand Maître de la GLAMF. http://www.gadlu.info/gl-amf-une-petititon-pour-la-destitution-du-grand-maitre.html

Vous trouverez aussi, pour aller plus loin, l'histoire détaillée de ce frère dans un article du blog « Myosotis du Dauphiné Savoie » ici : http://le-myosotis-dauphine-savoie.over-blog.com/article-scandale-a-la-glamf-petition-demandant-la-destitution-d-alain-juillet-le-gm-alain-juillet-a-124672847.html

La situation de ce frère de la GLAMF est l'occasion de se pencher sur le fonctionnement d'une obédience : la GLAMF et de son cadre démocratique.

Afin de vous mettre dans l'ambiance, voici l'article 7 des règlements généraux de la GLAMF.

Expression et communication
Aucun Membre de l’Association ne peut, par le moyen de quelque support que ce soit et sous quelque forme que ce soit, émettre auprès de quelque public profane ou maçonnique que ce soit, des propos dénigrant la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française ou l’un de ses Membres et d’une manière générale s’interdit toute attitude ou situation de nature à troubler le fonctionnement de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française ou de porter atteinte à son
image ou à sa réputation ainsi qu’à celles de ses Membres.
Il s’interdit également sans limitation de durée d’utiliser à des fins personnelles les données ou informations auxquelles il aurait eu accès ou aurait recueilli à raison de son appartenance à la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française.
Il s’engage par ailleurs à cesser d’utiliser et à transmettre sans rétention à son successeur tous documents et pièces dont il aurait eu à connaître dans l’exercice d’un mandat ou d’une fonction au sein de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française.
Par ailleurs, seul le Grand Maître ou ses délégataires, expressément désignés et autorisés par lui à cet effet, sont habilités à s’exprimer au nom de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française.

Autant il faut reconnaître que les abus de la crise de la GLNF peut laisser des traces profondes chez sa fille la GLAMF, autant la forme et le fond de cet article, est disproportionné par rapport à la réalité de nos obédiences.

La dernière phrase est la seule qui respecte a minima nos habitudes de maçonnes et maçons adogmatiques, mais mis dans le contexte de cet article, elle peut tendre aussi à un abus de pouvoir du côté du Grand Maître. En effet, si un Grand Maître est le seul à pouvoir s'exprimer au nom de son obédience, ce n'est pas à des fins de confidentialité, mais parce que nous sommes adogmatiques par essence : nous ne pouvons donc exprimer une opinion politique, sociale ou religieuse au nom de tous, puisque nous nous devons accepté toutes les tendances et opinions dans nos loges.

C'est d'ailleurs pour cela que tous les blogueurs maçonniques précisent leur indépendance et qu'ils sont seuls responsables de leur opinion. Concrètement, je n'ai pas le droit de dire que je donne un avis de mon obédience, d'ailleurs obédience que je n'indique pas – préférant la pluralité – du moment que ces obédiences initient des femmes à l'égal des hommes. L'important est dans « à l'égal des hommes ».

Dans la forme comme dans le fond, je me demande qu'elles sont les attitudes et propos pouvant dénigrer une obédience . D'ailleurs, n'est-il pas sain d'avoir un esprit critique? Elle n'est que peu ou prou une association humaine comme une autre, qui ne nécessite aucune adoration de la part de ses membres ? Là, la frontière est passée : il y a embrigadement. Un frère de la GLAMF, s'il devait respecté cet article, se trouve dans l'impossibilité d'exprimer une opinion contraire « à la ligne » officielle.

Néanmoins, si la GLAMF insiste, je peux lui donner de vrais exemples lui procurant une mauvaise image sans pour autant qu'elle soit dénigrée.

Un autre article sur ce blog occitan nous apprend que les statuts de la CMF – cette fameuse confédération qui occupe tant ces hauts dignitaires – n'ont jamais été présenté aux loges de la GLAMF, ni même votée, et encore moins discutée. http://le-myosotis-occitan.over-blog.com/2014/08/a-propos-des-statuts-de-la-cmf.html

De même, nous raconte ce frère sur son blog : le président de la CMF (Alain Juillet) n'a jamais été élu par le convent de la GLAMF. Je me demande si ce président et le « haut représentant » (GLDF) ont été élus par un seul des deux convents.

Dans un autre article, je cite ce passage :

« Il faut dire qu'avec 20 points à l’ordre du jour, les rapports moraux, les budgets, les approbations, les élections, et les réponses convenues dans lesquelles on ne reconnaissait pas les questions posées, le tout bouclé en … 3 heures, ce congrès a été emmené au pas de charge, par des professionnels.

S’il a été néanmoins possible d’aborder des sujets qui pouvaient fâcher, ce qu’il faut saluer, il n’a par contre pas été question de les traiter. La ligne de conduite était claire : « Tout va bien, il n’y a rien à voir, nos pratiques sont exemplaires (sic), et les critiques sont des lanceurs d'anathèmes" (re-sic). »

http://le-myosotis-occitan.over-blog.com/2014/06/les-questions-soulevees-au-congres-de-lyon-que-les-premiers-echos-n-evoquent-pas.html

Un convent qui dure 3 heures ! Des frères aussi dociles, cela va effectivement faire des jaloux du côté des obédiences libérales !

S'il y a quelques grands maîtres passés ou actuels, qui viennent à l'instant d'en rêver, je me sens dans l'obligation morale de les prévenir : il n'y a pas cela chez nous. La soumission n'est pas vraiment un de nos critères de recrutement.

Un autre point a attiré mon attention : le nombre considérable de nommés.

Il y a un « bureau national », un « conseil de surveillance », un « conseil des sages » et une « chambre de justice », sans parler des « maisons de rite », car visiblement être multi-rite posait problème et nécessitait une organisation parallèle par rite dès les loges bleues. Faire simple était une option.

Le Grand Maître de la GLAMF, président du bureau national , nomme 6 de ses membres. Ce Bureau est composé d'assistants grand maître, de député-assistant grand maître et d'un député-grand-maître (nommé aussi).

Les membres du Grand Collège (que nous connaissons pour être l'équivalent de nos Conseillers Nationaux) sont nommés par le Grand Maître, sauf le Trésorier qui est élu.

Le GM nomme 6 des 9 membres du Conseil des Sages – et pourquoi pas les 9 ? Le président de la Chambre de Justice est nommé par le Grand Maître, ainsi que plusieurs membres – on imagine que la règle des 6 nominations sur les 9 est respectées.

Il aurait été plus facile de faire la liste des élus et de ce que les loges peuvent voter que le contraire, même en ayant une version édulcorée et censurée de ces statuts.

Finalement, en lisant de telle constitutions, on regrettera presque de n'avoir pas refilé les nôtres à l'époque aux frères de la GLAMF. Les leurs feraient perdre patience à n'importe quel juriste chevronné.

Pour faire court et à titre purement informatif, il n'y a pas de « nommés » dans nos obédiences libérales & adogmatiques, dont pourtant la fin est annoncée.

Le fait qu'un Grand Maître soit élu au suffrage universel ne suffit pas au regard du cumul des pouvoirs qu'il bénéficie et du verrouillage à tous niveaux de l'expression des loges et des frères pour être considérée comme démocratique. Son modèle relève plutôt du régime soviétique. On imagine aisément que les modifications à la constitution sont impossibles, puisque ses seuls rédacteurs et promoteurs sont des nommés par le grand maître.

Au début de cet article, vous m'avez trouvé (certainement) dure avec nos purs esprits, pour qui seule la spiritualité importe. Estiment-ils qu'un tel exemple de constitution donne une bonne image de nos institutions ? Seraient-ils heureux dans une telle obédience ?

Quoiqu'il en soit, le convent de la GLDF a reconnu la GLAMF comme étant une obédience maçonnique respectant ses valeurs – qui seraient aussi les nôtres …

Nos constitutions reflètent ce que nous sommes - notre esprit autant que celui de nos fondateurs - Ce que nous considérons comme juste & bon pour nous et pour celles et ceux qui nous rejoignent. Elles sont notre part visible, puisqu'elles sont liées aussi aux associations loi 1901 que sont nos obédiences. Si nous prônons les principes de liberté, d'égalité et de fraternité, dans nos loges comme dans nos démarches initiatiques, il va de soi que nos constitutions et donc le fonctionnement de nos obédiences le soient à leur tour, un lieu libre, où nous serions tous égaux et dans la fraternité.

Lilithement vôtre,

Additif : Afin que tout le monde puisse émettre un avis circonstancié, voici le fonctionnement des obédiences adogmatiques, qui est aussi une association loi 1901.

Ce que nous appelons « Convent » est en fait l'assemblée générale de l'association, le grand maître son président et les conseillers fédéraux ou nationaux constituent le bureau de l'association.

On y trouve d'ailleurs une trésorier et un secrétaire.

Pour les obédiences adogmatiques et libérales, les modalités d'élection sont les suivantes :

  • les délégués de loges ou députés sont élus par les loges, un par loge. Ils représentent les membres de l'association et donc, pour nos obédiences, les frères et sœurs. Ils se réunissent suivant les obédiences une fois par an en « Convent » pour émettre les votes et décisions et en « tenue » pour discuter les points à l'ordre du jour. Les obédiences sont organisées en région, du fait de leur taille. Les régions organisent elles-même des réunions (une à deux par an) pour préparer l'assemblée générale et émettre les premiers votes qui lui sont destinées.
  • les conseillers sont élus par les délégués de loge, réunis en assemblée générale (le convent),
  • le grand maître est élu par les délégués de loge (pour la GLFF, la GLDF) ou par les conseillers (pour le GODF, le DH),

Toutes les obédiences n'ont pas de « cours de justice maçonnique ». Dans ce cas, elles font élire des délégués soit au niveau des régions, soit au niveau national.

Une loge, dans une obédience adogmatique, est elle-même une association loi 1901, qui , à son niveau, élit un président, un trésorier, un secrétaire en sus du délégués/députés. Elle a une gestion qui lui est propre. Ce statut de loge est récent dans notre histoire. Elle est surtout liée à la législation de notre pays.

Pour les obédiences féminines et mixtes, les affaires « justiciables » existent peu et sont généralement des problèmes comportementaux graves qui sont traités par la loge directement.

La démarche initiatique est de la responsabilité de la loge. C'est, en effet, elle qui initie, mais c'est aussi elle qui transmet. Une obédience peut être vue comme une organisation strictement administrative regroupant plusieurs loges en ayant peu ou aucun pouvoir sur la démarche initiatique elle-même. Cependant, via son convent et donc ses assemblées générales, elle permet le bon fonctionnement des loges et donc de sujets liées à une démarche initiatique (comme ceux des rites), sur des grandes thèmes touchant nos valeurs (laïcité, bioéthique, droits des femmes, etc) et le passé de l'obédience (histoire) comme pour son organisation (constitutions), soit en mettant en place des groupes de travail traitant d'une question (donc éphémères), soit des commissions pérennes travaillant dans la continuité, appelant à la participation soit des loges, soit de frères ou de sœurs volontaires ou intéressés par les questions traitées.

Bien sûr, je parle pour la France. Chaque pays ayant sa propre loi permettant (ou non) les associations, on peut imaginer autant de modalités de fonctionnement collant à la loi du pays. C'est effectivement plus gênant dans les pays qui interdisent les associations … Ce qui fut le cas en France.

A une époque guère lointaine, un grand maître était nommé par les pouvoirs publics … Mais là, c'est une autre histoire.

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ma contribution 07/10/2014 16:29

La double lecture démocratique et ordinale des nouveaux statuts de la GLNF

La Loge est pour les francs-maçons le lieu initiatique par excellence en même temps que la cellule la plus démocratique qui soit au sein de la FM. La Grande Loge a quant elle pour tâche de protéger les Loges et les Frères et de les maintenir ordonnés à la « règle », ce qui ne l’exempte pas d’une obligation non moindre de représentativité démocratique.

Le VM est directement élu par les frères de l’atelier. Il n’y a pas en loge de candidats désignés par une hiérarchie. Le fait qu’un candidat puisse être proposé par un conseil d’anciens VM membres de la loge n’empêche pas non plus tout maitre maçon de l’atelier de postuler et de se présenter au suffrage pour cet office.

Une fois élu le maître ne peut pourtant être installé rituellement que par le concours d’autres VM et en particulier son prédécesseur.

Il est donc conféré au VM une autorité sur la Loge et dans l’Ordre, par le suffrage des frères mais aussi par une transmission traditionnelle et par la reconnaissance de ses prédécesseurs qui deviennent ses pairs.

Il organise alors et préside un collège qui sera au service de la Loge dans la continuité de la tradition. Lui et l'un des surveillants du collège qu’il aura composé détiennent, par délégation de la Loge, les droits de votes de ratifications au sein de la Grande Loge et d'approbations en Assemblée Générale.

De plus dans les nouveaux statuts de la GLNF, avec la création de "conseils provinciaux"- dont les VM sont membres de droit aux côtés d’autres membres désignés et nommés par la hiérarchie par le fait qu’ils exercent un office provincial - il devient possible de choisir et de désigner, soit par ratification sur proposition du Grand Maitre provincial, soit par suffrage, même contradictoire, une catégorie supplémentaire de représentants des Loges et des Provinces au sein d’un organe national qui, lui, désigne le GM de l'obédience.

Cette désignation doit être ratifiée par vote en Assemblée de Grande Loge, au sein de laquelle les frères de l’Obédience sont représentés par leurs délégués de Loge.

Article 23 - Les Assemblées Générales Civiles doivent être distinguées des Tenues ou des
Assemblées de Grande Loge (réunions maçonniques), bien que leur composition soit identique.

Article 24 - L'Association comptant un grand nombre de membres, il est institué un système
de représentation aux Assemblées Générales sous forme de membres de droit et de membres
délégués.

■ Les Membres de Droit sont les membres du Souverain Grand Comité composé ainsi
qu'il suit :

- Les membres à vie : ce sont les Grands Officiers, ayant exercé, sans interruption
pendant trois années consécutives, une fonction active hiérarchiquement supérieure ou
égale à celle de Grand Inspecteur, ainsi que tout membre à vie au 1er janvier 1999.
La qualité de membre à vie se perd définitivement, soit par déchéance du titre d'Officier
National, par application de l'Article 214 du Règlement Intérieur, soit par cessation d'appartenance
à la GLNF.

- Les membres du Collège des Grands Officiers Nationaux Actifs - au nombre
de cent trente-cinq (135), hors membres à vie - nommés par le Grand Maître.

- Les membres représentants les Loges et les Provinces - au nombre de deux
cent soixante-cinq (265) - désignés selon les modalités définies aux Article 97 à 100 du
Règlement Intérieur.

■ Les Membres Délégués sont le Vénérable Maître en fonction et le 1er Surveillant de
chaque Loge, en leur qualité de représentants de celle-ci.


Les nouveaux statuts introduisent donc une réelle double représentation démocratique de tous les membres de l’Obédience tout en maintenant une structure ordinale de celle-ci. Cette représentation vient en partie rééquilibrer les forces représentatives au sein d’une instance nationale auparavant composée de membres uniquement désignés et nommées par la gouvernance.

Tout est désormais question de proportion, d'équilibre et ajustement entre la représentation composée des membres élus (VVMM et représentants des LL et PP) et les membres désignés par la hiérarchie, le plus souvent pour exercer un office qui donne droit de siège et de vote au sein des conseils provinciaux et/ou au sein de l'organe national évoqué plus haut et plus connu sous le nom de Souverain Grand Comité.

Article 97 - Le Conseil Provincial, réuni par le Grand Maître Provincial, est composé des
Vénérables Maîtres en Chaire des Loges et des Officiers Provinciaux Actifs.
Le Conseil Provincial doit être réuni au moins trois (3) fois par an, à l'initiative du Grand Maître
Provincial, mais également lorsque la moitié des Vénérables Maîtres en formule la demande.

Article 98 - L'objet de ces réunions est d'assurer l'information réciproque des membres du
Conseil de toute question relative à la vie de la Province, de permettre aux Vénérables Maîtres
d'exposer au Grand Maître Provincial les difficultés rencontrées dans les domaines les plus
divers (questions immobilières, formation, instruction, solidarité, problèmes financiers, etc.) et
de formuler toutes suggestions. Un procès-verbal de chaque réunion est dressé par le Grand
Secrétaire Provincial et classé dans un registre spécial, tenu par ses soins.

Article 99 - Le Conseil Provincial doit également procéder à la désignation des membres représentant les Loges et la Province au Souverain Grand Comité, pendant le délai de trois (3) ans
correspondant au mandat du Grand Maître.

Article 100 - À cette fin, le Grand Maître Provincial propose à chaque membre du Conseil une
liste de Frères susceptibles de représenter efficacement les Loges et la Province, selon les critères
posés par l'Article 39 du Règlement Intérieur. Une discussion s'ensuit, afin de rechercher
un consensus. À défaut, un vote intervient, tout membre étant susceptible de rayer certains
noms et d'en proposer d'autres. Sont désignés les Frères ayant obtenu le plus grand nombre de
voix.

joaben 09/10/2014 13:07

"ma critique" ayant disparu grace à la tourmente de la bande blog FDS, je suis un peu perdu sur ce à quoi tu me reponds ...
Je ne porte aucun jugement sur les hommes, que je ne connais pas d'ailleurs. Je m'interesse par contre à leurs actes.
En l'occurence les statuts mis en place par Servel mais aussi la propagande mensongère qui les a accompagnés.
Et seul les faits vérifiables sont ma base de reflexion.
En l'occurence, contrairement à la propagande qui pretendait qu'il existerait des mebres au SGC qui ne seraient pas nommés, c'est FAUX ! Ps parce je le dis, mais parce que le règlement l'institue :
- seuls (art 39) des "Grand Officier Provincial Actif ou Passé, pendant au moins trois (3) ans consécutifs." peuvent être désignés par le GMP pour être candidats.
Donc uniquement des "nommés" directement ou indirectement par le GM.

Ensuite tu me dis qu'il peut y avoir "discussion" ... soit, mais dans ce cadre ... à choisir entre les nommés sous allégeance.
Rappellons de plus que le corps electoral du conseil provincial est à majorité des OP..
Il n'y a donc une regression grace à Servel de la representativité des loges en AG !

Le SGC a augmenté de 80 % son effectif et les loges diminué de 40 % !

Telle est l'oeuvre de Servel !
Inutile de te repondre à des propos que tu me prêtes ... ai-je dit que GOff est une "tare" ? non !
par contre il est factuel qu'ils sont nommés par le pouvoir central et sous serment d'allégeance.

ma contribution 08/10/2014 13:50

@ Cher Joaben en réponse à sa critique,

Je n'ai pas beaucoup de temps. Il y a dans ton discours deux choses qui me semblent clairs: un raisonnement argumenté sur un présupposé tout à fait contestable.

Tu portes selon moi un jugement avant tout sur les hommes et non sur les textes.

Tu pars déjà systématiquement du principe qu'être officier à la GLNF est une tare car c'est être servile. Cette affirmation est aberrante pour moi et ce n'est ni plus ni moins un qu’un préjugé, soit partisan, soit passionnel et ton discours découle malheureusement de ce préjugé. Tu portes d'abord une appréciation englobante sur la valeur des hommes pris dans un système puis tu bâtis tant bien que mal un argumentaire au nom de tes convictions sans suffisamment regarder les autres pistes qu’ouvre le texte ; t'en rends-tu compte? Soit tu ne crois pas en la sincérité des hommes soit tu affirmes être de la servilité faire acte d’allégeance. Je m'oppose catégoriquement à ce préjugé d’associer allégeance et servilité. De plus pour moi, dans ceux qui prennent des responsabilités, il y aura toujours des bons et des mauvais ...

Or les statuts ouvrent à la possibilité pour les frères s’ils s’en donnent les moyens de plutôt favoriser les bons pour leurs mérites que les mauvais pour leur servilité. Les articles 39 et 100 se complètent.

Oui si l’on se contente de la première partie : « Le Grand Maître Provincial propose à chaque membre du Conseil une liste de Frères susceptibles de représenter efficacement les Loges et la Province, selon les critères posés par l'Article 39 du Règlement Intérieur….» tu auras entièrement raison et ton préjugé serait confirmé.

Mais en mettant en œuvre ce que le texte prévoit ensuite : « … Une discussion s'ensuit, afin de rechercher un consensus. À défaut, un vote intervient, tout membre étant susceptible de rayer certains noms et d'en proposer d'autres. Sont désignés les Frères ayant obtenu le plus grand nombre de voix »

Si ce texte n'ouvre pas :

-Et à un travail de réflexion collégial de la base pour se dire qui parmi les VVMM et les OOPP sera digne de représenter les frères,

-Et à un véritable exercice démocratique ...

Dis-moi alors ce qu’il fait ici et prévoit ???

C'est par une autre approche qu'il devrait être intéressant d'échanger avec toi pour pouvoir être capable de se comprendre ...

ma contribution 07/10/2014 22:55

ok Cher Joaben

C'est exactement cela, un alliage de représentativité démocratique et de représentativité méritocratique. Accepter un office provincial ou national n'est pas une tare ou un signe d'asservissement. Le tamis des représentants reste celui de l'appréciation des VVMM en exerce réunis en comité provincial. On ne peut que supposer qu'ils éliront les bons selon leur appréciation de VVMM et Chefs de l'Ordre. J'ai du mal à imaginer le contraire de leur part.

Je suis désolé mon cher Joaben, il y a bien des verrous de sécurité pour la stabilité de l'ensemble mais bien aussi la réelle possibilité d'une choix véritablement sensé et représentatif des Frères à travers les représentants des Loges.

As tu remarqué aussi ce que dit l'article 39: "Les Représentants des Loges et des Provinces sont nommés par Ordonnance du Grand Maître, celui-ci ne disposant d’aucun pouvoir d'appréciation".

Encore une fois c'est une mise en équilibre qui permet stabilité, proximité et représentativité. Une chance pour nous qui favorise le retour à la confiance.

Article 35 - Le souverain Grand Comité, présidé par le Grand Maître, est composé de membres à vie, des membres du Grand Collège Actif et de membres représentant les Loges et les Provinces. Les membres du Grand Collège et les représentants des Loges et des Provinces sont au nombre de quatre cents (400).

Article 36 - Les membres à vie sont les Grands Officiers ayant exercé, sans interruption, une fonction active hiérarchiquement supérieure ou égale à celle de Grand Inspecteur pendant trois (3) années consécutives, ainsi que tout membre appartenant au Souverain Grand Comité au 1er janvier 1999. Cependant, la qualité de membre à vie se perd définitivement, soit par la déchéance du titre d'Officier National, par application de l'Article 214 du Règlement Intérieur, soit par la cessation d'appartenance à la GLNF.

Article 37 - Les membres du Grand Collège Actif sont le Grand Maître et les Grands Officiers Nationaux Actifs nommés par lui, après son élection, pour la durée de son mandat. Leur nombre est fixé à cent trente-cinq (135) Frères, hors membres à vie, ces derniers étant susceptibles de faire partie du Grand Collège actif.

Article 38 - Les Représentants des Loges et des Provinces, dont le nombre est fixé à deux cent soixante-cinq (265), sont désignés au sein des Conseils Provinciaux, selon les modalités fixées à l'Article 100 du Règlement Intérieur, dès la nomination et l'installation des Grands Maîtres Provinciaux, au début du mandat du Grand Maître. Chaque Province ou District dispose d'un nombre de représentants déterminé au prorata de ses effectifs, étant précisé que chaque Province doit avoir au moins un représentant.

Article 39 - Ne peuvent être désignés en qualité de Grand Officier National Actif ou de
Représentant des Loges et des Provinces que des Frères ayant exercé les fonctions de Vénérable Maître pendant au moins douze (12) mois consécutifs et celle de Grand Officier Provincial Actif ou Passé, pendant au moins trois (3) ans consécutifs.
Les Représentants des Loges et des Provinces sont nommés par Ordonnance du Grand Maître, celui-ci ne disposant d’aucun pouvoir d'appréciation. Au préalable, et à moins qu'ils n'aient déjà la qualité de RF ou de TRF, ils sont nommés à un titre de Passé Grand Officier National (RF).

Article 40 - Le mandat des membres du Grand Collège Actif et des Représentants des Loges et des Provinces ne peut excéder celui du Grand Maître. Toutefois, ils continueront à l'exercer jusqu'à ce qu'ils soient reconduits dans leurs fonctions ou remplacés.

joaben 07/10/2014 18:26

Cher MC ... tu as bien retnu la leçon.J'ai déjà eu la même il y a quelques années sur l'aspect "ordinal" pretexte à violer tout aspect maconnique.
1) La structure de base, traditionnelle, modèle en FM est LA LOGE. La loge élit un "CHEF DE L'ORDRE" le VM ! Tous les maîtres et eux uniquement votent ! Donc pas la moindre trace d'une reproducton au sommet. Il n'y a donc pas la moindre justification traditionnelle à procéder autrement en GL.
2) La GL, selon la tradition est l'emanation des loges pour LES SERVIR ... pas pour leur dicter quoi que ce soit !
"La Grande Loge a quant elle pour tâche de protéger les Loges et les Frères et de les maintenir ordonnés à la « règle »," dis-tu ! D'où sors-tu çà ?
Il te suffit pourtant de lire comment se fait une installation à GLNF (même aujourd'hui, malgré les méfaits de Servel) La seule relation est la remise de la charte, contrat entre la loge et la GL !

Examinons maintenant ce que tu avances sur l'AG :
- Les "conseils provinciaux" ... sous Stifani il s'agissait de "conseils de VM" ... il sont donc composés à majorité de nommés, sous allégeance donc au GM.
- Les délégués des provinces (ton ultime lien osait les appeller "délégués de loge" ) sont exclusivement des officiers provinciaux(sous allégeance donc).

Ainsi donc le SGC ... qui a quasiment doublé de volume alors que le nombre de loges a
diminué de 70 %.. est toujours composé de nommés par le pouvoir central et garantit une majorité à toutes les décisions ... sans parler des loges zombies(loges sans mebres ... mais votantes 50 % dans certaines provinces).

MC ... tu t'es bien gardé de poster les "criteres posés par l'article 39" qui permmettent d'être candidat .... peux-tu les poster, STP ?

Tu sais, mon cher MC, quelques soient tes efforts pour donner des atours chatoyants à cette honte des statuts Servel, la réalité est là :
- Il s'agit d'une volonté de verrouillage de tout risque de contestation.

Ne serait-i as plus simple de l'assumer comme tel ?

Oui, la com GLNF s'est dépensée pour faire avaler cette imposture là aux votants mais c'est plus la peine de te fatiguer ! C'est voté maintenant.
Il s'avere que la baratin "ordinal" est totalement bidon ... y compris vis à vis de constitutions de l'ordre GLNF. qui instituent "liberté" et "égalité" ... c'est çà l'ordre maconnique.

Je connais plusieurs FF que j'aime bien(tiens un AGM bien connu) qui eux aussi propageaient ces bétises comme "tout vient du GM" ... parles leur en maintenant !

Je comprends, MC que tu sois attaché à çà ! Moi aussi j'y ai crû ! Mais prends la peine de te renseigner hors de la propagande GLNF ! Tu vas tomber des nues !

ma contribution 05/10/2014 23:59

Une courte contribution d'un FM traditionnel à propos de l'autorité.

Il existe au moins trois grands courants concernant la manière dont est légitimée et conférée l’autorité. Il existe aussi un état d’exception que j’évoquerai.

Attention de ne pas confondre autorité et pouvoir. Si l’autorité peut conférer un pouvoir, le pouvoir n’est nullement capable de justifier ou de conférer, en tant que pouvoir c’est-à-dire en tant que force, l’autorité, laquelle fait fondamentalement appel à des notions de reconnaissance et de moralité.

- Première justification : le droit divin. Celui qui exerce le pouvoir tire son autorité de Dieu et n’a de compte à rendre à personne sinon à Lui. Il en est le vicaire et parfois même se prend pour lui. N’en disons pas plus… du droit divin découle le monarchisme absolu mais aussi toutes sortes de régimes oligarchiques, aristocratiques ou cléricaux.

- Deuxième justification : le souverainisme démocratique. Celui qui exerce le pouvoir tire son autorité du suffrage direct ou indirect des hommes. La démocratie républicaine ajoute au souverainisme démocratique et au seul suffrage une moralité, des devoirs et des droits de citoyens. Les gouvernants sont tout à la fois des représentants du peuple mais aussi de la « chose publique». Parfois la démocratie ou la société en viennent à s’opposer à l’Etat. Parfois des républicains cessent d’être démocrates. Cet état de droit appuyé sur un souverainisme démocratique peut entraîner un état d’exception que j’évoque plus bas.

- Troisième justification : le droit naturel. L’homme est à l’image de Dieu –ou d’un principe créateur, organisateur- et il existe un ordre naturel que l’humanité étend à la société. L’homme est alors naturellement « équipé » pour se gouverner lui-même et organiser le monde. Il n’est donc pas soumis à un quelconque monarque de droit divin mais c’est au nom d’une dignité, d’une capacité et d’une responsabilité, lesquelles sont inscrites par Dieu dans sa nature, qu’il est capable de se gouverner, lui et la société. La démocratie chrétienne revendiquait cet héritage du droit naturel appliqué au politique. C’est une autre idée –et plus ancienne- de la « vicariance » que celle du droit divin ou du souverainisme. Les gouvernants sont les vicaires « par participation » -selon la formule de St Thomas d’Aquin- de la multitude mais leur autorité vient pourtant toujours de Dieu par le biais des hommes qui sont aptes à se répartir les taches de la vie sociale et à confier à certains d’entre eux la tâche de gouverner la multitude.

La quatrième justification est l’état d’exception. Comme le théorise Carl Schmitt, c’est quand le péril menace que « le Führer protège le droit » en légitimant un état d’exception. L’état d’exception est extrêmement difficile à arrêter car l’exception devient vite la règle. C’est le système le plus totalitaire qui soit bien que prétendant défendre le droit !

Par contre,

Dans les sociétés anciennes ou traditionnelles, pré-démocratiques au sens moderne du terme, c’est-à-dire au sens du souverainisme ou de l’état d’exception, l’autorité venait de quatre critères bien particuliers et définis :

- L’ancienneté - ou l’expérience
- La moralité - ou la sainteté de vie
- L’intelligence - ou la fécondité intellectuelle
- La reconnaissance par les pairs - ou parfois mais rarement la reconnaissance par acclamation populaire, comme un « santo subito »

Dans les sociétés traditionnelles (que ordres initiatiques, religieux, chevaleresques ou églises reflètent encore de nos jours), et ce n’est pas un mystère dont on doit s’étonner ou s’offusquer, on est face à une « méritocratie » engendrant une aristocratie, laquelle a, contrairement à la noblesse de sang, la particularité d’être renouvelable par tous ses membres et de se régénérer en fonction des mérites. Nous ne sommes donc pas là dans une démocratie souverainiste appuyée sur la seule volonté populaire, mais ni non plus dans une théocratie ou un régime de droit divin.

La théorie du droit naturel pourrait apparaître comme un bon compromis, ce qu’elle n’est en fait pas du tout. Toute son originalité réside dans le fait que son ancienneté et son anthropologie théologique classique ne l’empêche pourtant pas d’être une théorie politique adaptative des plus modernes et des plus exigeantes du point de vue démocratique, particulièrement en s’appuyant comme elle le fait de manière fondamentale sur la dignité humaine. Un philosophe comme Jacques Maritain représente bien ce courant. Il a participé activement aux travaux d’élaboration de la charte des droits humains de 1948 … tandis que le juriste Carl Schmitt contribuait à l’élaboration de la Constitution de la Vème République française !!!

Pour en arriver sans transition à mon obédience mais après tout ce rappel …

La GLNF dans ses nouveaux statuts contient selon moi désormais les deux approches, traditionnelle, avec les quatre critères d’autorité liés à la reconnaissance des mérites et à la cooptation, et moderne au sens démocratique, avec des suffrages directs et indirects depuis la base jusqu’au sommet. Il suffit de lire ses nouveaux statuts.

Je dirai rapidement qu’elle peut encore mieux faire sur son versant démocratique sans pour autant perdre son caractère ordinal.

Le problème de toutes démocraties réside dans le fait que celle-ci a absolument besoin d’un « outil» non démocratique pour rester réellement démocratique et se prémunir du totalitarisme. Outil ou instance qui garantit l’application de la « charte démocratique » qu’elle s’est donnée. Cette instance peut porter divers noms : éducation/formation/transmission/initiation; notions qui ne peuvent que rester traditionnelles.

joaben 05/10/2014 11:44

Du fait de la stupidité agressive du blog à injures de isere dauphiné-savoie, ces malotrus questionnent ... tout en se protégeant des réponses , prêtant leurs reponses au silence dû à leur bannissement.
Voici la "question" posée par un de leurs injurieurs (le mot "commentateur" ferait insulte à la notion de commentaire si on l'affectait à leurs propos) :
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Maître FOLACE ->Maître FOLACE • il y a une minute
Allez faisons du GLUA/GLEFU dans le texte... Précision : "avec l'aval du GM" pour l'instant... car je n'ai pas vu de communication officielle qui démente ou condamne les propos de JLT (JOABEN LE TABOR) qui lui ont été présentés dans la lettre ouverte mentionnant ces propos "déplacés"(euphémisme)... mais peut-être cela viendra-t-il au compte rendu du prochain convent. Comme il dit pour la GLDF faut pas être pressé...
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Le dit Folace fait référence à l'action de brutus qui a consisté à publier sur blog public des emails privés. En complément de photos et d'élements d'identification ...
La même bande s'est livré à un bombardement intensif par email du GM de GLEFU pour se plaindre de ... recevoir des emails de la part de celui à qui ils en envoient ... et qu'ils conspuent publiquement sur blog !!!
Le GM de GLEFU les a poliment et ferment envoyés promener, invités à régler leurs différends personnels ailleurs.
Ce qui a déclenché une nouvelle surenchère hystérique paranoiaque que l'on constate sur leur blog.
Ils existent mainteant au travers de leurs fantasmes d'un complot où GLNF-DH-GLEFU-GO-Joaben mais aussi les GM de GLAMF seraient associés ... tous pour faire du mal aux fantasmes brutusiens(rejetés par son GM de GLAMF) de parts de marché "déistes" qu pourrait conquérir une CMF imaginaire qui d'echec en échec va finir par conquérir le monde maçonnique.
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Donc, Folace, puisque la laĉheté de votre blog empeche reponse directe, voila donc la reponse ici ... désolé, lamaconne, mais comme tu es aussi impliquée...

Et les saillies e cette fine équipe ne sont pas étrangeres au sujet que tu evoques. Imaginons un instant une obedience gérée selon les principes de cette bande ... on peut comprendre que pas plus GLAMF que CMF ne veut entendre parler d'eux ...

joaben 05/10/2014 10:53

Il me semble que même si nous sommes encore petits, tu as oublié aussi GLEFU que je soumettrais volontiers à tes critiques.

joaben 05/10/2014 10:22

Chère Anne dans ton panorama, tu me sembles oublier la GLNF :

- un GM actuel qui proclame le GM, lui-même "ultime lien entre Dieu et les hommes"...
- Des nommés(Grands Officiers) qui "prêtent allégeance" au GM. Nous en avons quelques uns sur ce blog dont on peut conster l'ouverture d'esprit(sic).
- Les loges n'existent qu'au travers de la GLNF (juridiquement, financierement, initiatiquement... selon la culture du monde GLNF) ceci en opposition avec la GL mère(GLUA). Ainsi tout ce que les freres financent pour leur loge deviendrait "propriété GLNF" même si la loge quitte GLNF... quand je parle d'arnaque...
- Le corps électoral qui élit le GM est composé à 100% de nommés directement ou indirectement.
- En Agénérérale(qui n'élit pas le GM) le corps electorale est composé à 40 % de nommés (25 % sous Stifani)

NB : il est à noter l'hypocrisie et l'imposture de la derniere reforme de verrouillage mise en place par le GM actuel(Servel) qui propage un discours mensonger que le SGC(les nommés en AG) comporterait des "délégués de loge", mensonge effronté(en fait des nommés sous allégeance), imposture qui a fini par s'ancrer comme etant vraie ! (cf certaines des militants de Servel la repandent ici).
Concernant GLAMF, ces sordides pratiques honteuses ont helas partiellement traversé, maisil faut reconnaitre que les loges disposent d'une indépendance juridique et financiere, que le GM est élu (au suffrage indirect). Je ne suis pas tendre avec GLAMF, la culture de l'exclusion étant encore bien presente mais ces structures sont toute de même notablement plus respectables que ces structures de quasi-secte au service de profits immobiliers qu'est la GLNF.
AveC CMF, au contact de GLDF, qui malgré tout ce que nous lui reprochons(d'ailleurs par son rapprochement avec GLAMF) et la proximité des obediences liberalles GLAMF ne peut que s'ameliorer.
Quant'à GLNF le schéma de fermeture , de verrouillage, isolement, auto-satisfaction, arrogance ne peut que la conduire à se rabougrir dans des discours auto-suffisants, les dirigeants se cooptant autour du maintien des intérêts et cultivant une soumission de principe, un silence et une allégeance. GLNF va, comme Servel l'a entamé, évoluer de plus en plus vers la secte classique. Les discours stéréotypés des militants le montrent.

joaben 05/10/2014 11:57

Je vais t'envoyer les constitutions GLNF par email pour que tu juges sur pieces.
Je ne vois pas de difference strategique entre GLMAF et GLNF vis à vis des "libéraux". Attention ! faut pas confondre le "bruit" de la bande à brutus et la réalité GLAMF. La réalité GLAMF, ce sont ses statuts, rituels et les déclarations de ses GM, c'est plus représentatif que les discours fantasmatiques d'une frange dissidente.
Il est à noter que dans la pratique, les GLAMF sont nettement moins terrorisés que les GLNF vis à vis de consignes obedentielles. De nombreux FF GLMAF participent activement à nos tenues. Des GLNF aussi, mais en se montrant honteux, gênés pour beaucoup.
A mon avis, GLAMF ne s'etant jamais dotée d'un projet maconnique, on y reste par inertie ou par groupe ou parce qu'on veut croire encore un peu aux illusions brandies de reconnaissance.
GLAMF est-elle perenne ? Je ne crois pas ! Une fois les illusions tombées, ceux qui sont attachés aux "reconnaissances" rejoindront GLNF, ceux du REAA GLDF et ceux qui ont decouvert la liberté maconnique les obediences libérales. Quelles sont les parts de ces populations ? Je dirais sur la base des sondages GLAMF faits 50 %, 35 %, 15 %.

La Maçonne 05/10/2014 11:04

Je ne connais pas les constitutions de la GLNF.
Ensuite, autant le retenir, cette obédience ne demandera pas à être reconnue par les libéraux.
Par contre, la GLAMF risque de le faire ses prochaines années.

Duterroir 05/10/2014 10:07

Voilà magnifiquement pointée la maladie de sénescence DES obédiences: la formation d'une cléricature qui désespère beaucoup de FF et de SS, ceux précisément dont tu nous parles dans ton papier. Y a t-il un remède autre que le suffrage universel? J'avoue chercher encore.

joaben 05/10/2014 12:03

Là est notre divergence, Anne ... Le "lieu d'exercice des valeurs" FM c'est la Loge. Elle seule est obligatoire ! La GL est facultative, comme toute l'histoire de la FM la montré.
Une fois la GL-obedience ramenée à sa place (au service et aux ordres des loges, sous menace permanente de dissolution si elle dérive) les problèmes tombent tous seuls !

La Maçonne 05/10/2014 10:58

Hélas, dutterroir. Je ne connais pas de remèdes non plus.
Dès l'apprentissage, j'imagine qu'il faut sensibiliser au fonctionnement de nos obédiences et expliquer que c'est notre lieu d'exercice pratique à nos valeurs. Que les idées, c'est bien. Mais les concrétiser, c'est mieux. Nous sommes dans un siècle où tout nous est donné. Peut être que le problème est là....

ma contribution 05/10/2014 02:39

On ne peut évidement pas se contenter de "spiritualité", comme de se contenter d'une entre "soi-même" et "son proche", tout en se désintéressant des "institutions". Paul Ricoeur énumère dans un texte "Ethique et morale" de 1990 les dimensions de la visée éthique propre à l'existence humaine, c'est à dire aussi à la recherche du bonheur au sein d'une cité.

Il écrit "Je définirai la visée éthique par les trois termes suivants : visée de la vie bonne, avec et pour les autres, dans des institutions justes. Les trois composantes de la définition sont également importantes." Il dit bien qu'elles sont EGALEMENT importantes; ce n'est donc pas du relativisme et c'est exigeant. C'est une sagesse pratique.

Si il y a une sorte de "souci" de soi et de "souci" -voire de "sollicitude"- pour l'autre, la nécessité de la justice, autrement dit la nécessité d'une institution qui soit "juste", est indispensable à la réalisation de la visée éthique. Si l'institution protège les personnes c'est à nous de protéger ce qui nous protège. Autrement dit les hommes doivent veillez à ce que ce l'institution qui les protège soit et demeure juste. La raison de ce devoir envers l'institution n'est pas tant commandée par la sollicitude mais plutôt par la responsabilité. Et comme le dit dans le même esprit et très justement Hannah Arendt, "la cité est fondamentalement périssable et sa survie dépend de nous".

"La justice s'étend plus loin que le face-à-face. L'institution concerne les structures du vivre-ensemble d'une communauté, elle est irréductibles aux relations interpersonnelles et pourtant reliées à elles. Elles est un système de partage, de répartition, portant sur des droits et des devoirs, des responsabilités et des pouvoirs; bref, des avantages et des charges. La visée éthique s'étend alors à tous ceux que le face-à-face laisse en dehors, c'est à dire au tiers. Le sens de la justice est pourtant solidaire de celui de l'injuste, qui bien souvent le précède. C'est bien sur le mode de la plainte que nous pénétrons dans le champ de l'injuste et du juste : « C'est injuste ! » - telle est la première exclamation. Le problème est de former l'idée d'une égalité proportionnelle qui maintienne les inévitables inégalités de la société dans le cadre de l'éthique : « à chacun en proportion de sa contribution, de son mérite ».

C'est alors parfois la sollicitude qui rétablit l'égalité là où elle n'est pas donnée, comme dans l'amitié entre égaux.

La Maçonne 05/10/2014 11:10

On ne peut en effet effacer l'institution devant nos idées et valeurs. Nos idées n'ont aucune force si elles sont forgées au sein d'institutions sectaires, aucune cohérence entre ce que nous pronons pour les autres et faisons pour nous.