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La Maçonne

GLFF : la société de confiance est-elle menacée? (conférence, 15 novembre à Enghien les Bains)

GLFF : la société de confiance est-elle menacée? (conférence, 15 novembre à Enghien les Bains)

Ce 15 novembre 2014, de 14h30 à 18h, la Grande Loge Féminine de France organise une conférence ayant pour question centrale :

La société de confiance est-elle menacée ?

  • Adresse : Auditorium – 85/89 rue du Général de Gaulle - 95880 Enghien les Bains

2 parking à proximité – ou par le train, gare d’Enghien, en provenance de la Gare du Nord.

  • Inscriptions : m.o.bich@free.fr
  • Entrée : 3€, tous publics, dans la limite des places disponibles.

Le communiqué de la GLFF en l'occasion de cette conférence donne les explications suivantes :

"Pourquoi ?
La Confiance comporte plusieurs dimensions dont les deux principales sont la confiance en soi, source de l’initiative et de la responsabilité, qui s’oppose à la fois à la soumission et à la méfiance, d’une part et la confiance en autrui, d’autre part. L’accélération des nouvelles technologies et l’apparition des réseaux sociaux transforment notre rapport au temps et aux autres.
L’être humain aime échanger son point de vue et initier des pratiques en commun afin de
poursuivre le partage de valeurs fondamentales : engagement, responsabilité, proximité,
solidarité, générosité, respect de soi-même et des autres.
Devant l’importance des choix que l’être humain doit opérer, la diversité des réponses
possibles et l’inquiétude pour l’avenir, l’enjeu de ce colloque consiste à s’interroger sur les principes, les priorités, les pratiques devant la réalité économique et l’évolution de nos
systèmes de valeurs.

Dans la quête de sens que chacun poursuit, il s’agit d’inventer des modèles de coopération, d’écoute et de participation afin de viser l’exemplarité et le parler vrai pour restituer « la Confiance ».

Comment ?
La Confiance constitue l'élément moteur des nombreuses initiatives qui ont fait notre société : confiance que l'État accorde à l'initiative individuelle, confiance que les individus accordent à l'État, aux Institutions, confiance entre les individus, entre un homme et une femme, entre malades et médecins, entre élèves et enseignants, entre l’entrepreneur et ses salariés, etc..
En bousculant des tabous traditionnels et en favorisant l'innovation, la mobilité, la compétition, l'initiative rationnelle et responsable, « la Confiance » a participé au développement de l'Europe occidentale ces derniers siècles.
Elle est la clé des relations sociales, de la réussite individuelle et collective et de la survie d’un pays. "


L’auditoire pourra débattre autour de ce thème avec les conférencières suivantes :

Jeannine Chambon-Fontaine, de l'Institut Maçonnique Européen, Chargée de mission auprès des instituts européens.

En quelques mots, l'Institut Maçonnique Européen de la Grande Loge Féminine de France ne peut être réduit à un « groupe de réflexion » ou de « veille ». Il s'agit d'une structure ayant pour but d'agir auprès des instituts européens et qui s'est dotée des moyens et compétences nécessaires pour répondre aux questions du Parlement, dans un désir de promouvoir dans les pays européens le droit des femmes et la laïcité.

Christine Morel-Maroger, Présidente de l'Akropole Développement et responsable de groupe Gouvernance à ESCP-Europe.

Diplomée de ESPC (Ecole Supérieure des Ponts et Chaussées), elle fut en charge de la revue Géopolitique de l'Institut Internationale de Géopolitique et contribua à la rédaction de nombreux dossiers thématiques sur différentes régions du monde. Par la suite, en qualité de consultante, elle a ainsi dans ses différentes missions conçues différentes méthodes d'intervention pour recruter, former et manager des équipes. Ces deux idées phares sont la Transformation au cœur de toute action humain et le Pouvoir qui se construit plus qu'il est donné.

Aux éditions l'Harmattan, elle est co-auteure de « changer la communication du changement » (2006).

Françoise Carrer, Responsable du CEDAW.

Faut-il (encore) présenter le CEDAW ? Certes oui, tant cette convention de l'ONU ne bénéficie d'aucune promotion en France. C'est seulement en octobre 2013, d'ailleurs que la France leva ses réserves dont l'une concernait le nom de famille et sa transmission par les femmes à leurs enfants.

Le CEDAW est l'acronyme pour « Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes ». Adoptée en 1979, elle a été ratifiée par 185 pays.

C'est aussi l'occasion de mettre en avant le travail – une nouvelle fois – de la Commission des Droits des Femmes de la GLFF qui a rédigé le contre-rapport au CEDAW pour la France, l'année dernière (voir sur ce lien les articles que j'avais consacré à l'époque : http://lamaconne.over-blog.com/2013/12/convention-cedaw-le-rapport-alternatif-de-la-glff.html)

Hélène Begon, sous-directrice au Commissariat général du développement durable.

Vous pourrez trouver toutes les informations nécessaires à ce sujet sur le site officiel ici

http://www.developpement-durable.gouv.fr/

Joëlle Mounier, Responsable du Groupe Bioéthique à la Commission Conventuelle de la Laïcité dela GLFF.

Tout comme l'IME présenté plus haut, le Groupe Bioéthique est directement lié à la Commission de la laïcité de la GLFF. La GLFF a inscrit dans sa déclaration de principes « la laïcité » (en sus des principes de liberté, d'égalité et de fraternité). Cette commission est, à la fois, régionale par des groupes de réflexions dans les régions, ouvert à toutes les sœurs de la GLFF et nationale.

N'hésitez pas à vous inscrire auprès de la GLFF ...

Qu'est-ce la société de confiance ?

A titre personnel, j'ai fait de mon côté quelques recherches sur cette expression et sur les domaines qu'elle couvre.

C'est Alain Peyrefitte, qui a utilisé cette expression dans le titre d'un de son livre : "La société de confiance : Essais sur les origines du développement", faisant la promotion, bien qu'ayant été ministre sous De Gaulle, du système économique et social anglo-saxon.

Des études font apparaître que les français n'ont pas confiance et, avec les italiens, aux autres, et plus exactement en leur système politique, économique et social.

Ronald Inglehart, politologue à l’université du Michigan, directeur du World Values Survey, constate dans La transition culturelle dans les sociétés industrielles avancées (1993), que "Les Français et les Italiens se retrouvent avec une étonnante régularité, au bas de l'échelle en ce qui concerne un syndrome d'attitudes, appelé librement, culture civique. Parmi les pays pour lesquels nous avons des données de 1973 à nos jours, la France et l'Italie accusent les plus bas niveaux de satisfaction à l'égard de la vie, du bonheur, de la satisfaction politique et de la confiance."

Le livre « La société de défiance. Comment le modèle social français s'autodétruit » de Yann Algan, Pierre Cahuc (Coll. Cepremap, éditions rue d'Ulm) explique que le manque de confiance des français est un des éléments, considérés par les auteurs, comme fondamental du malaise social français.

Ce malaise réduit les possibilité de croissance mais aussi de réformes. Ces deux auteurs ont, par ailleurs, démontrés que ce qu'ils appellent une défiance a un coût économique et humain important. La « défiance des français » est considéré au niveau international comme une tare culturelle, voir même définirait un caractère génétique des français. Ces deux auteurs, quant à eux, estiment que cette défiance est surtout liée aux dysfonctionnements de nos institutions, que ce soit la justice, l'éducation, la répartition des richesses … Les deux causes apparaissent être la centralisation hiérarchiques des décisions et une organisation corporatiste.

« Si les Français se défient de leurs institutions telles que l’Etat, la Justice ou le Parlement, c’est que la France souffre d’un manque de démocratie politique. Si les Français font peu confiance aux entreprises et aux syndicats, c’est qu’il existe un déficit de démocratie sociale et non pas des capitalistes et syndicalistes par nature moins dignes de confiance en France que dans d’autres pays. Au contraire les pays nordiques ont développé un modèle de redistribution égalitaire et universaliste, et des corps intermédiaires favorables à la démocratie sociale et politique. Par ailleurs ce qui distingue la France des autres pays européens d’Europe continentale ou Méditerranéenne, c’est que notre modèle social combine les deux caractéristiques de corporatisme et de centralisation étatique. » expliquent les auteurs.

Cependant, bien que nos institutions sont en cause, le travail sur la confiance autant en l'autre qu'en soi, nécessite aussi d'appréhender au mieux nos capacités humaines et les valeurs que nous véhiculons.

Le courage, l'honnêteté, l'empathie et, bien sûr, les liens sociaux deviennent des abstractions, couronnées par le résultat et la course à la réussite personnelle.

La GLFF, par une conférence pluridisciplinaire, offrira très certainement une autre réflexion que la mienne et ouvrira d'autres modalités de recherches.

C'est néanmoins un thème d'actualité …

Lilithement vôtre,

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