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La Maçonne

Le sexisme en Franc-Maçonnerie

Le sexisme en Franc-Maçonnerie

Illustration de Yaka, inspiré par l'article "Combien de femmes initiées ...", http://yakabd.over-blog.com/

Depuis plusieurs années, les associations féministes dénoncent une forme de sexisme dit « ordinaire ». Ce sexisme quotidien consiste en des remarques ou des réactions souvent anodines, qui reflètent un préjugé, un stéréotype ayant pour objet de réduire les femmes à des objets. C'est considéré que le sexisme est inscrit dans les mentalités et qu'il s'exprime quotidiennement, sans être pour autant (toujours) agressif, dans des petites phrases dommageables dans la vie professionnelle et privée.

Il existe plusieurs sites dédiés au sexisme ordinaire. Ils ont un double objectif : offrir une définition permettant aux femmes de ne pas se croire « folles » lorsqu’elles subissent certaines remarques ou comportements, des témoignages de femmes qui racontent leurs « expériences ». Messieurs, il y a de quoi – parfois -hurler de rire tant vos réflexions confinent bien souvent à la plus sombre bêtise. Comme le sujet intéresse les médias, ceux-ci s’en emparent et illustrent leurs articles de ces petites phrases guère glorieuses pour la gente masculine. En 2014, le commun des mortels n’a aucune excuse pour ignorer le sujet, sauf, semble-t-il, les francs-maçons. C’est donc faire œuvre publique & collective d’en produire ici une définition toute maçonnique, comme on les aime.

Le sexisme ordinaire touche toutes les catégories socio-professionnelles et tous les âges. Il n’y a personne qui y échappe, que l’on soit auteur ou victime. Si les féministes orientent le débat sur la vie professionnelle - qui de vous n’a jamais entendu dire qu’il existait des « métiers de femmes » et d’autres pour « les hommes » ? - les femmes politiques, elles-mêmes, ont fini par ouvrir les hostilités contre leurs collègues et confrères un peu lasses d’entendre les mêmes sottises. Entendons-nous bien, le sexisme ordinaire est la petite phrase assassine qui ne « passe » pas. Ainsi, sur le Trumbl ouvert par une euro-députée, des femmes politiques posent devant la petite phrase, celle qui tue, comme par exemple « le nucléaire, c’est trop sérieux pour que les femmes s’en occupent. » ou bien « quoi ? vous demandez aussi l’égalité dans les prises de paroles ». http://sinon-je-fais-de-la-politique.tumblr.com/

Dans le monde du travail, 80% des femmes ont entendu « elle est hystérique » ou « elle est pire qu’un homme » au sujet d’une femme ayant des responsabilités et autant considèrent que "les femmes sont régulièrement confrontées à des attitudes ou des décisions sexistes" dans le monde du travail en France, d'après une étude menée en 2013 (pour le Conseil supérieur de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes) … Pour les hommes, la situation est normale. Il n’y a que 56 % des hommes qui en ont conscience.

L’injure sexiste est plus grave que ces propos anodins, qui ridiculisent leurs auteurs. C’est l’équivalent de l’insulte raciste. Traiter une femme de « mal baisée » revient à traiter un homme de « sale arabe ». C’est réduire l’autre dans une relation de dominant/dominé … L’insulteur veut garder sa place illusoire de dominant face à la différence de l’autre. L’insulteur sexiste ramène la femme à un rôle supposé d’objet sexuel ou de bonne à tout faire. Celles qui se défendent sont forcément « folles » ou « hystériques ». Le mécanisme est simple.

L’insulte sexiste est, en France, bien que cela mérite encore quelques progrès, condamnée sous le coup d’un article qui dit ceci : « Seront punis des peines prévues à l’alinéa précédent ceux qui, par ces mêmes moyens, auront provoqué à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur handicap ou auront provoqué, à l’égard des mêmes personnes, aux discriminations prévues par les articles 225-2 et 432-7 du code pénal. »

La Belgique, choquée par un film dénonçant le harcèlement de rue, a défini l’injure sexisme comme suivant : « Tout geste ou comportement verbal ou autre, qui a manifestement pour objet d’exprimer un mépris à l’égard d’une personne, en raison de son appartenance sexuelle, ou de la considérer comme inférieure ou de la réduire essentiellement à sa dimension sexuelle, ce qui porte une atteinte grave à sa dignité »

En Egypte, un homme habillé en femme fut, de même, filmé. Avec ou sans voile, il subissait les mêmes types d’insultes dites « de rue ».

Ne croyez pas qu’internet est un no man’s land dans lequel tout est permis. Bien au contraire, l’insulte sexiste n’y est pas plus tolérée et comme internet est un outil « écrit », il n’y a aucune difficulté d’en exposer la preuve.

En ouvrant un blog maçonnique d’opinion, je savais déjà – parce que pas naïve - que nos frères n’étaient supérieurs en rien aux profanes et très certainement pas dans le domaine des droits des femmes.

J’ignorais, cependant, que certains frères pouvaient toucher le fond d’un gouffre, tout en considérant, car le secret de l’insulteur est là, que c’est de leur « bon droit », voir même que c’est tout à fait normal d’insulter une femme (voir une sœur). C’est considérer comme de la paillardise, une marque de virilité, une forme stylisée de langage, bref … ce n’est pas de l’insulte. Néanmoins, certains propos peuvent être repris au masculin … Et je me demande si ces insulteurs de bas niveau aimeraient que nous leur parlions de leur déséquilibre émotionnel du fait de relations sexuelles insatisfaisantes ou de leurs problèmes prostatiques les rendant incompétents, voir même de les renvoyer à une activité masculine plus prosaïque soit par exemple de réparer la machine-à-laver, ceci en version crue … car bien entendu, si ce n’est qu’un effet de style autant s’y abonner aussi.

En tenant un blog maçonnique d'opinion, je touche deux interdits. Le premier, qui concerne toutes les femmes, est l'expression, la parole « féminine » qui n'a pas de place dans notre société. Les femmes se doivent de rester dans des sujets considérés comme féminins (éducation des enfants, soin. aux autres, etc), qui ne mettent pas en danger « la place des hommes ». Ainsi, rien d'étonnant au fait que les femmes politiques dans l'exemple cité plus haut soient plus exposées au sexisme ordinaire que d'autres femmes.

Le second interdit touche la franc-maçonnerie, très exactement le blog maçonnique d'opinion, considéré comme une affaire d'hommes. Une sœur ne peut pas en avoir une connaissance complète et transmettre son opinion, qui est par nature « fausse».

Il fut, un temps, où tout était simple. Les femmes et donc les sœurs savaient graduer les obédiences les plus sexistes des unes des autres. Ainsi, le classement officiel était, du moins au plus sexiste : le GODF, la GLDF et la palme d’or était attribuée aux « réguliers », la GLNF. Depuis, quelques temps – en fait depuis que j’ai ouvert ce blog – j’ai constaté que ce classement était d’ors et déjà estampillé de préjugés.

Un article qui dénonce, à sa façon, des insultes sexistes dont je suis la cible a été publié cette semaine. Il a été écrit par un frère de la GLNF. En lisant les commentaires, vous trouverez aussi ce même frère faire une leçon de féminisme à un frère du GODF … connu sur ce blog pour tenir LE blog profane, hiram.be … http://le-myosotis-dauphine-savoie.over-blog.com/article-il-faut-rendre-justice-124787889.html

Cela ne signifie pas que tous les frères de la GLNF soient moins sexistes que tous les frères du GODF. Cela signifie que le sexisme est présent dans toutes les obédiences et que nos frères y trouvent toujours une justification. Pourquoi ce frère de la GLNF va défendre une sœur, qu’il sait athée, féministe, …. alors que lui-même est dans une obédience et dans un système qui interdit l’initiation maçonnique aux femmes et aux athées ? Autrement dit, quel est le mécanisme du sexisme, si on ne le retrouve pas « naturellement » dans une obédience qui a tout pour le permettre ?

Le sexisme trouve les mêmes origines que le racisme : peur de l’autre, refus de la différence, ignorance, … Le raciste refuse d'admettre l'unité de l'espèce humaine et il prétend que l’humanité est et sera toujours divisée en races supérieures et inférieures. Le mécanisme à l'œuvre dans le racisme consiste à mettre au compte de la nature des situations d'inégalité résultant de l'histoire.

Le sexisme part du même constat, il n’y a pas d’unité dans l’espère humaine entre les hommes et les femmes. Ce sont deux groupes humains bien distincts, par leurs différences biologiques, qui, par hasard, se rencontrent. Le principe est de considérer que les femmes sont naturellement inférieures aux hommes et d’y trouver une justification dans l’histoire et dans les traditions.

Ceci est illustré dans les propos tenus, hélas – encore une fois hélas – par Marc Henry, Grand Maître de la GLDF, dans une interview que Gadlu.Info nous a fait le plaisir de nous transmettre.

« La Grande loge n’a jamais été mixte de son histoire. Le rite que nous pratiquons ne comprend que des figures masculines. Nous pensons, à tort ou à raison, que le domaine de l’initiation doit se faire sans mixité. Nous pensons que cela doit rester séparé. Entendons-nous bien, nous nous voyons avec les soeurs, et nous avons d’excellents rapports avec les autres obédiences. » http://le-myosotis-dauphine-savoie.over-blog.com/article-il-faut-rendre-justice-124787889.html

Sœurs, qui pour 80%, pratiquent le même rituel … Dans ce court paragraphe, il exprime bien cette différence « naturelle » entre hommes et femme. Leur destin est de vivre « séparer » malgré des « rencontres ». Sa justification est même historique. Les femmes sont inférieures, car la tradition maçonnique nous destine à une allégorie de « figures masculines », incompatible avec une unité humaine. Si les femmes étaient les égales des hommes, c’est-à-dire appartenant à la même humanité que les hommes, des figures féminines y seraient aussi présentes … comme la Veuve.

La Grande Loge de France a été mixte dans son histoire, grâce (à cause ?) des loges d’adoptions, dont certaines organisaient leurs tenues le même jour, la même heure et dans le même temple que les loges masculines. Cela a énervé plusieurs grands maîtres d'alors, qui y voyaient une mixité cachée. La GLDF se dit être issue d’une autre Grande Loge et de trouver dans l’écossisme du 18ème siècle, l’origine de son rite, le REAA. Or, l’écossisme du 18ème siècle, c’est-à-dire les rituels de Clermont (le même de Clermont auquel se réfère la GLDF) avait, comme déjà vu dans des précédents articles, établis bons nombres de rituels mixtes, dit des « loges d’adoption ». Ignorance ou encore du révisionnisme ? Je l’ignore.

Ainsi, la justification … « never », il a dit «never » .... ne colle pas avec les faits historiques, ni même avec les faits tout simplement.

« Entendons-nous bien », les frères de la GLDF rencontrent des sœurs dans leur loge, ce qui leur permet de travailler à en totale mixité en y pratiquant aussi le REAA, cela depuis plus de 120 ans.

Le sexisme est autant un préjugé que le résultat d’une situation hypocrite. Il est le refus de la réalité, celle de la place des femmes dans la société. Il faut donc à ces hommes la réduire, cette place durement gagnée, à une part congrue, tout en affirmant que « oui , j’ai fait mes études avec des filles » ou bien « mon chef est une femme, bien que ce soit un métier d’hommes ».

C’est ce tour de force que vient de nous faire Marc Henry, évoquant piteusement des figures masculines. Or, les soeurs ne sont pas sexistes. Elles se font très bien des figures masculines dans leurs rituels. Hiram ne subit aucune mutilation génitale, dans les loges féminines, ce qui porterait une grave atteinte à sa dignité. Peut-être, les sœurs devraient-elles revoir où placer le troisième coup pour plaire au Grand Maître de la GLDF ?

S’il avait travaillé en « ayant de bonnes relations avec les autres obédiences », il aurait compris qu’il y a bien des moyens d’aborder des symboles … et que les femmes les trouvent aussi.

Cela n'explique pas plus le comportement de ce frère de la GLNF, qui lui aussi a les mêmes « figures masculines » dans son rituel – A la lumière des propos de Marc Henry, autant dire qu'il cumule les "bonnes raisons" d'être sexiste car, par dessus le marché, son obédience, la GLNF, ne souhaite pas « tenir de bonnes relations avec les autres obédiences ». Elle se contente de faire avec, en bon voisin.

La définition de l'humanité des uns et des autres est au cœur de la question. Humanité qui est constitué d'hommes et de femmes, sans que les uns soit supérieurs aux unes. Travailler à ce sujet est , dit-on, le travail de tout maçon. On parle alors « d'humanisme ». Quelles sont les valeurs humanistes de Marc Henry, qui n'est pas aller plus loin que les religions judéo-chrétienne dans sa définition?

Humanité qui est une Unité d'êtres humains, dont aucun ne peuvent être moitié d'êtres, ou incapables par raison ou par droit, par nature donc. Les « figures masculines » de nos rituels sont l'égales de « figures féminines » qui manqueraient, différentes, mais les unes et les autres sont l'expression d'une même humanité et de son unité.

Bien sûr, ma position de blogueuse maçonnique d'opinion, la « UNE », la sœur, la femme qui parle de maçonnerie, me mettra bien plus que d'ordinaire en situation d'être insultée et méprisée par des frères qu'ils soient du GODF, de la GLDF, de la GLAMF, et même de la GLNF, etc.

Cela ne m’empêchera pas de placer un troisième coup et de préférer l'épée. Tout est symbole et tout symbole peut être remis en cause.

Il y a quelques sœurs qui se joignent aux hurlements de ces frères, voulant tout autant interdire aux sœurs et aux femmes, une expression libre et féminine, sinon féministe. Ces bienheureuses qui ont tout compris depuis qu'elles sont initiées, alors que d'autres femmes y sont pour chercher, encore chercher … toujours chercher, ne trouvant que des parcelles de réponse et des milliers de questions.

A croire que pour eux, pour être une sœur, une Maçonne, il faudrait choisir entre la défense des droits des femmes et la franc-maçonnerie. Je veux tout. Je veux tout pour mes sœurs, celles d'aujourd'hui et celles qui ne sont pas encore nées. Je veux tout pour les femmes. Il n'y a que 100 000 femmes initiées au monde. Non pas que je considère que la franc-maçonnerie est la seule voie, mais c'est celle que je connais, celle aussi qui, me semble être, la plus complète. Je veux qu'un jour nous puissions les compter par milliers.

Le racisme est un délit. Ce n’est pas une forme de pensée, c’est sa négation. Le sexisme et tout propos qu’il soit ordinaire ou insulte, l’est tout autant … Le sexisme en maçonnerie a les mêmes structures et justifications que dans le domaine professionnel, économique et culturel. Rien donc qui nous fasse espérer chez ces frères & dans toutes obédiences qui acceptent de tels propos - voir les cautionnent - qu’ils auront les moyens de changer le monde.

Lilithement vôtre, .

Un jour, je ferais un article sur les "riot grrrl" ...

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joaben 22/10/2014 09:32

Je n'avais pas lu l'article de Dachez ... excellent !

joaben 21/10/2014 21:54

En tout cas, nous avons là des echanges d'une grande richesse..
Cher Patrick ... il s'avere que je connais bien UGLE depuis 15 ans pour le pratiquer. Et je confirme une part de tes propos. L'idée "franchouillarde" est totalement inadaptée vis à vis de l'approche anglaise. Ca meriterait un sujet en soi.
@LM concernant l'atheisme "dogmatique" il me semble qu'il tombe dans le travers reproché aux religieux.
@PBMA : La Bible peut être abordé sans crainte ni devotion, comme un support utile. Ramené à l'epoque de son ecriture, la Bible est remarquablement progressiste. Lu à nos yeux d'aujourd'hui, elle est un peu ringarde, bien sûr.
Mais je t'invite à examiner ce personnage de Marie de Magdala, pas du tout secondaire, émancipée et fort riche en enseignement. Les tenues ouvertes maconniques sont des moments particulierement interessants d'echanges entre FM et non FM.
N'hesites pas si le sujet t'interesse à les visiter.

ma contribution 19/10/2014 23:43

Dans la Bible le Livre d’Esther établit un parallèle entre l’antisémitisme et la misogynie.

Assuérus en colère contre Vachti, abdique devant les menaces de guerre totale que mènerait le «deuxième sexe »: « Le roi Assuérus avait donné ordre d’amener la reine Vachti en sa présence et elle n’est pas venue ! » (Esther 1, 17)

L'incident, venant à la connaissance de toutes les femmes, aura pour effet de déconsidérer leurs maris à leurs yeux.

Par ailleurs on souffle alors à Assuérus l'idée qu'il y aurait une conspiration générale qui serait fomenté pas «les autres», c’est à dire les Juifs et que la seule solution est de les faire disparaitre.

"Il est une nation répandue, disséminée parmi les autres nations dans toutes les provinces de ton royaume ; ces gens ont des lois qui diffèrent de celles de toute autre nation ; quant aux lois du roi, ils ne les observent point : il n’est donc pas de l’intérêt du roi de les conserver (ibid, 3, 8)."

Seul un anéantissement total peut lever la menace : la mort de Vachti comme celle du peuple juif.

Intervient donc Esther. En sortant de sa clandestinité, elle est consciente de la double menace qui pèse sur elle, comme femme et comme juive.

Mais elle décide «d’assumer l’altérité » et pleinement consciente du danger, déclare : « Et si je dois périr, je périrai ! » (ibid 4, 16).

Par ailleurs, sa féminité et son judaïsme sont précisément ses seules armes.

Au bout de trois jours de jeûne et de transformation interne (comme celle d’Israël au pied du mont Sinaï, avant le don de la Thora), Esther se présente « dans la cour intérieure du palais du roi, en face du palais du roi » (ibid 5, 1), face à face avec le roi « assis sur son trône royal, dans le palais de la royauté, vis-à-vis de l’entrée du palais » (ibid).

Tout va se décider en un clin d’oeil. « Esther se revêtit de ses atours de reine » (ibid) est-il écrit en guise de description. Selon Rachi (sur ibid 5, 1), elle était revêtue de « l’esprit saint» et le traité talmudique Meguila (14, 2) définit cet instant de résistance féminine auquel elle se consacre corps et âme, comme une prophétie.

Son apparition provoque un revirement et elle trouve grâce aux yeux du roi. À ce moment, Assuérus cesse d’être terrorisé par la femme, par « l’altérité », celle qui viole la loi et à son insu cesse également de craindre « l’altérité » juive d’Esther. Avec un savoir-faire d’analyste, Esther, étape par étape, ramène Asuérus à la lucidité.

D’abord, en éveillant sa mémoire : «Cette même nuit, le sommeil fuyait le roi, il ordonna d’apporter le recueil des annales relatant les événements passés, et on fit la lecture devant le roi » (ibid 6, 1).

À ce moment, dominant totalement les fastes royaux et ses arcanes, elle prépare la suite des évènements, d’un festin à l’autre, jusqu’au dévoilement de la folie passionnelle de Aman.

Esther ne parvient cependant pas à faire annuler les décrets du roi ou à supprimer une fois pour toute la misogynie et la haine des Juifs. Toutefois, elle réussit pour un temps à changer le cours de l’histoire et à sauver les Juifs du royaume.

La force anarchique qu’implique le « c’est le contraire qui eut lieu» (ibid 9, 1), caractérise la voix féminine dans le mythe. Elle renverse les pouvoirs de gouvernement ou les vérités pétrifiées et soulève colère ou moquerie. Mais par l’artifice du rire, par le pouvoir de l’Eros ou par la puissance de la révolte, elle parvient aussi à renverser les plans.

ITINÉRAIRE D’UNE ÉCRIVAINE ISRAÉLIENNE À TRAVERS LES SOURCES JUIVES Mikhal Govrin Manifeste littéraire juif, à la première personne et au féminin

ma contribution 19/10/2014 23:26

Les grandes dialectiques ou oppositions de notre humanité (homme-femme, juif-païen, maître-esclave …) qui dégénèrent en conflits partent de la question ou du problème de l’altérité ou de la différence qui, au lieu d’inciter au regard serein du visage d’autrui, fait peur et créée de la violence interne à l’humanum : racisme, antisémitisme, misogynie, domination de l’homme par l’homme ont la même origine : la volonté de puissance, voire de « Toute-Puissance », ce phantasme qui nous ronge de l’intérieur et engendre le refus de l’altérité et finalement le totalitarisme.

babel 19/10/2014 17:23

MTCS La Maçonne, eh oui il faut des pionnières comme toi dans la blogosphère maçonnique exclusivement masculine jusqu'à toi! de nature curieuse j'ai fait un grand voyage dans cette multitude de sites et de blogs dits maçonniques. Je vois bien d'où viennent les insultes dont tu parles et nul doute que ces FF sont contre la mixité et sont intolérants. Moi ce qui me peine c'est l'image de la FM qu'ils véhiculent (sur un espace public donc visible par les profanes) et qui va alimenter encore et encore les fausses idées et préjugés sur la FM. Voilà ce qui me peine. C'est mon idéal que ces FF piétinent. Certains blogs devraient afficher les 3 filtres de Socrate, on avancerait alors tous ensemble. Nous sommes FF et SS au delà des obédiences et des rites me semble t-il? LM continue ton travail et ignore les insultes de quelques frères égarés qui n'ont, décidément, pas grand chose à faire d'autres que de passer des heures derrière un écran, ce que j'interdis à mon fils de 13 ans:)

La Maçonne 21/10/2014 21:48

Merci Babel,
Je suis exposée ici - via ce blog - ce qui met en lumière certains comportements.
Ce que je ne veux pas pour l'avenir est que des soeurs en loge ou ailleurs se fassent "brimees" voir insultees par ce type d'individus dès qu'elles ouvriront un peu trop la bouche. C'est pourquoi ce blog, s'il le permet, nous oblige à prendre les distances nécessaires avec ces freres et les obediences qui permettent ces comportements ...
Nous ne pourrons pas éradiquer le sexisme ce siecle ci, mais y travailler et assurer aux femmes un lieu de paix sont les minimums.

babel 21/10/2014 17:55

LM, je confirme ce que tu dis sur le GODF. Comme ce n'est pas une obédience mixte, Il est vrai que les SS du GODF ont moins de droits et de liberté que ceux qui t'insultent et portent atteinte à ta dignité mais ceux là le GODF les accueille (bon ils viennent pas, pour eux on est pas FM, tant mieux)! le temps fera son œuvre.... pour le reste si les obédiences concernées ne voient pas (ou ne veulent pas voir) comment ses membres se comportent et le préjudice causé, c'est qu'ils ne lisent pas les blogs et c'est bien dommage car il va bien falloir que ces hommes qui se disent FM répondent un jour de leurs écrits! ce que j'ai lu est absolument inacceptable, la tolérance a ses limites... le sexisme est du racisme. Moi aussi je te lis depuis que tu existes et j'apprends grâce à toi.... au moins toi, tu transmets quelque chose à ceux qui cherchent.... et pour les grincheux violents et aigris, soit on ignore, soit on agit c'est comme tu veux.........tu n'es pas seule!

joaben 20/10/2014 19:29

On est d'accord. Ce n'est pas une décison obédentielle qui va changer un état d'esprit. Pour autant, à la difference de GLNF, GLAMF qui cultivent au plus haut niveau ce sexisme (ils en sont même fiers !) le GODF dans ses principes l'a enlevé, ce qui est un pas énorme.
Au moins le sexisme au GO ne peut être qu'initiative individuelle.
De même le fait qu'un FM GLNF ou GLAMF puisse apparaître sympa n'enlève rien à la nature de GLNF avec ses statuts proches des sectes, les comportements odieux tolérés, les arnaques financieres que ne veulent pas voir les victimes et que dissimulent ceux qui dirigent.
Puis qu'FDA est évoqué, ne s'opposait-il pas à l'arnaque de l'OAF à l'époque Stifani ... arnaque, pourtant aggravée par l' "ultime lien" et qui devient acceptable par ce qu'on est dans le camp "arnaqueur"....
Lorsqu'on entre en kippa ou en burka ou avec un crucifix dans une loge, où on salue sans le respect de la loge qu'on visite que penser de tels comportements ?

La Maçonne 20/10/2014 16:51

Ce n'est pas parce que le GODF initie des femmes - qui n'ont d'ailleurs pas les mêmes droits que les hommes au sein du GO - que les sexistes qui s'y trouvaient ont disparu d'un coup de baguette magique!!!
Aucune page n'est tournée. Bien au contraire, je constate même un recul ... à l'image de la société.

joaben 20/10/2014 15:31

A lafois, babel, c'est evidemment gênant vis à vis d la réalité de la FM qui n'a rien à voir avec l'image répugnante que dégagent ces blogs.
Toutefois, quoiqu'archi-minoritaire cette tendance de petits groupes dans la FM est une réalité que nous ne devons pas occulter.
Nous devons, en FM nous interroger sur pourquoi et comment de tels comportements peuvent prospérer dans notre institution.
Il est à remarquer, que, même gênés, peu de FM réagissent, beaucoup préférant se laver les mains, détourner le regard. Et là c'est plus grave.
Il en est de même des déviances obedentielles où beaucoup privilégient le suvisme de l'institution, plutôt que s'interroger sur le bien fondé de telle ou telle mesure.
D'ailleurs, c'est sur ce reflexe soumis institutionnel que mise clairement la direction GLDF pour espérer faire passer ses reformes vers plus de sectarisme.

Ainsi, visiter des loges féminines qui était fort bien accepté à GLDF, deviendrait ainsi une "violation des serments maçonniques" ... parjure qui serait finalement qu' "affaire de conscience"...
Le renouveau de la FM, surtout de la FM religieuse impliquera plus de courage des FM à oser s'opposer aux directives de ces groupes obedentiels.
@LM ... oui il y a aussi des machiste et des sexistes au GO ... mais le GO initie des femmes. Cette page est tournée maintenant.

La Maçonne 20/10/2014 10:28

Merci, Jean-Pierre.

Jean-Pierre Bacot 19/10/2014 21:13

Cela fait un bien fou de lire ça un dimanche soir
Même si on se dit que rien n'est jamais gagné
Il faut en tout état de la Cause marteler l'idée qui risque de vous faire des tonnes d'ennemis selon laquelle il n'existe pas de différence ontologique entre l'exclusion d'une femme, d 'un noir, d 'un juif, d 'un homosexuel, ces trois dernières catégories pouvant être évidemment féminisées
Continue Lilith aussi peu que nous soyons à tenir ces positions , nous ne les lâcherons pas

La Maçonne 19/10/2014 19:10

Merci Babel. Même si je ne me considère pas comme pionnière. C'est peu de chose, du moins, par rapport au travail fait par d'autres.
Ces frères piétinent, en effet, tout.
Hélas, je crains qu'ils se sont perdus et qu'ils resteront ainsi, sans comprendre que rien ne peut justifier de tels débordements. C'est néanmoins important de savoir qu'ils existent - et ne dérangent pas leur obédience respective....
Comme quoi..

La Maçonne 19/10/2014 12:58

Je suis d'accord avec Yaka. Le but n'est pas entretenir le clivage mixité et non mixité, et poser l'un ou l'autre choix comme un dogme.
La mixité n'est pas garante d'une absence de réactions sexistes de la part des frères.
Ici, je présente une réflexion sur l'être humain que nous sommes et l'humanité que nous voulons.
Je me concentre sur le fond, pas sur la forme maçonnique, c'est à dire obedientielle.
Sur la justification donnée par MH, une justification qui n'est pas nouvelle.
Pour Joaben, je donne deux exemples de frères, un GODF et l'autre GLNF, tenant des blogs, face au mien....

Duterroir 19/10/2014 11:14

Le racisme comme la sexisme sont comme la crasse, on frotte, on lave, on rince et on essuie... et demain tout est à recommencer.

joaben 19/10/2014 09:35

Comme tu le dis si bien, le sexisme s'apparente au racisme, à une volonté de se donner de l'importance en méprisant l'autre.
Qu'en est-il de GLNF puisque tu l'abordes ? L'auteur du blog pour qui tu as quelque sympathie s'est spécialisé dans les manifestations de mépris, tout en poussant des cris d'orfraie et se victimisant. Qu'il voit dans ton blog un allié de circonstance est possible.
Mais en tirer des conséquences au delà est bien dangereux. Ne serait-ce qu'en étendant à toute la GLNF le comportement de cet individu (que ce soit ce que tu crois apprécier, mais aussi ses comportements qui ont valu une gêne publique de son GM par ses outrances.
Rappellons aussi les comportements particulierement odieux d'associer la FM au sionisme et à l'action militaire à Gaza, se présenter en kippa et parlant hébreu en visite en loge, houspiller un musulman. Je n'ai pas l'habitude e m'en prendre aux personnes(je l'ai même défendu face au lynchage ordurier vis à vis de son epouse sur l'autre blog "alpin") mais ce personnage n'hesite pas à se liver à délations, divulgations, dénigrements personnels.
Revenons à la question sexisme :
La distance au sexisme en FM ne se mesure pas dans une alliance de circonstance au travers d'une amitié, mais par des actes concrets. GLNF manifeste-t-elle quelque ouverture en la matière ? Non ! Le mépris est même inclus dans l'initiation.
Alors bien sur quelques GLNF visitent en cachette des loges ouvertes , en jouant des numeros où ils feraient honneurs à leurs hôtes de les gratifier de leur visite. C'est dire le niveau de puerilité et de niaiserie où ame cette soumission contre-maçonnique à des organes parasitaires, artificiels et facultatifs que sont certaines de ces obediences.
Il est à noter que GLUA annonce ne plus interdire les visites dans les loges féminines ... Ce n'est donc même plus un problème de la loge mère.
Pour justifier leur sexisme, les amateurs evoquent le risque de jalousie de leur femme ou les risques de séduction qui detourneraient de la recherche initiatique..
Bizarre que dans la vie courante, leur femme ne soit pas jalouse des collègues femmes avec qui leur mari passe 10 heures par jour ni que les dirigeants d'entreprise n'aient pas constaté une baisse de productivité due à la mixité de leurs equipes...
En fait, la réticence vient plutôt de la gêne à proférer des propos d'un machisme répugnant lors des agapes ou aperos.
Il est à noter aussi que ce sexisme est mal assumé.
Alors, dédramatisons. Ces attitudes absurdes reculent(même à GLUA). Il est pour le moins curieux que la FM soit un de leurs derniers refuges.

Yaka 19/10/2014 08:03

Je me demande s'il ne faut pas faire une petite mise au point ? La demande n'est pas d'ouvrir les loges mono-genre à l'autre sexe ( que se soit chez les frères oú chez les sœurs, mais bien de reconnaître que la Franc-Maçonnerie est mixte. Si pour certains d'entre nous leur vision s'est arrêtée aux constitutions d'Anderson, que cette même vision ne peut plus évoluer, pourquoi n'en font-ils pas de même avec le code civil ? Les lois se sont adaptées au fil des siècles, qu'avons-nous gardé de l'époque romaine ou médiévale ? Tout est en perpétuel mouvement. Se masquer derrière un texte de près de 300 ans pour éviter de croiser des femmes est ringard. Dire que l'on a pas envie de travailler en mixité est un acte plus sain que celui de rejeter la faute sur James ; "c'est lui qui l'a dit, nous on obéit".

Homme libre 18/10/2014 20:30

J'ai parfois entendu parler des FF autoproclamés spiritualistes qui parlaient des femmes, en ce compris des soeurs, en employant le terme "les bonnes femmes". Tout est dit me semble t'il concernant le haut niveau spirituel de ces ff:.

elle 18/10/2014 15:49

dans ma ville le GO ne veut pas de femmes , je fais donc 25km pour aller en tenue du DH! vous avez dit fraternité ?