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La Maçonne

Droit Humain : hommage aux enfants d'Izieu (communiqué)

Droit Humain : hommage aux enfants d'Izieu (communiqué)

11 450, c'est le nombre d'enfants juifs déportés en France. Plus de 7000 furent arrêtés à Paris et Ile de France et 4500 en Province. La plupart – pour ne pas dire la grande majorité – ne survécurent pas. Les enfants nés dans les camps étaient tués – généralement noyés – devant leur mère. Il y avait en 1940, 330 000 juifs. 75000 furent déportés avec 2500 survivants, auquel s'ajoute 4000 victimes mortes ou exécutées pendant leur internement en France. Il y a, en sus, 66 000 déportés pour d'autres motifs, dont 42 000 pour faits de résistance, avec 23000 survivants. Pour l'Europe, 5 millions de déportés avec tout juste 65 000 survivants.

Derrière ces chiffres se cachent une cruauté sans commune mesure, un déni complet du de la vie mais aussi des responsabilités que l'on trouve aussi en France.

En effet, dès 1940, le gouvernement de Vichy a mis en place la déportation des juifs et, donc, leur extermination sans que l'Allemagne nazie en fasse la demande ou l'impose.

C'est seulement en 1942 que l'Allemagne nazie met en place la « solution finale », aidé en cela par le gouvernement français de Vichy. Les accords (nommés Bousquet-Oberg) permettent aux français, en 1942, d'être seule à prendre en charge les rafles des juifs. Ce sera la belle époque du tristement célèbre Camp de Drancy.

Roger Bousquet, Secrétaire Général de la Police dans le 2ème gouvernement de Pierre Laval, et Karl Oberg organisent, le 2 juillet 42, la rafle du Vel d'Hiv. Roger Bousquet propose alors de « faire arrêter les juifs étrangers sur toute la France ». Dans la nuit du 16 au 17 juillet, 12884 juifs dont 4051 enfants sont arrêtés par la police française. Rassemblés au Vélodrome d'hiver, ils furent conduit à Drancy. Le 26 août, 10 000 juifs sont arrêtés par la police nationale dans la zone sud.

Afin d'augmenter le nombre d'arrestation, le 26 août, Bousquet communiqua au préfets de sa propre initiative, de nouvelles mesures annulant celles qui étaient censés protéger les enfants. Désormais, ceux de moins de 18 ans et les parents d'enfants de moins de 5 ans ne sont plus épargnés. Déçu par le résultat de la grande rafle, il ordonne la poursuite et l'intensification des opérations de police. De nombreux enfants, alors réfugiés dans des famille d'accueil, sont alors arrêtés et ensuite déportés.

En zone libre, les rafles sont aussi nombreuses. La France est le seul pays qui a organisé des déportations de juifs, en prenant des initiatives personnelles pour les augmenter, dans une zone non occupée par les allemands.

Les enfants d'Izieu furent déportés à l'initiative de Klaus Barbie. Ils furent neuf jours plus tard réduits en cendre. Izieu était sous la zone d'occupation italienne et ne risquait guère lors de l'installation de la colonie une rafle de cette envergure.

Ces crimes odieux ont été conduits par des hommes. Certains ont été condamné à mort, après guerre, dont Pierre Laval (président du conseil), Joseph Darnand (Fondateur du service d'ordre légionnaire et de la Milice), et Pétain (dont la peine fut commuée en réclusion à perpétuité).

René Bousquet est jugé le 23 juin 1949 et condamné à la « dégradation nationale » pour sa participation au gouvernement de Vichy. Il bénéficia d'un non-lieu partiel lors de son procès à la Haute Cour de la Libération (pour la période de 40 à 42). Il mena, par la suite, une brillante carrière de banquier. Après la mort de son ami Jean Baylet, il siégea au Conseil d'Administration de « la Dépêche du Midi » et fit campagne en faveur de François Mitterand en 1965 ainsi qu'en 1981.

C'est seulement en 1986, que le passé de Bousquet le rattrapa. Un procès débuta alors que François Mitterand est accusé de vouloir épargner Bousquet. Le Juge d'instruction n'est pas déchargé de ses autres dossiers et il n'a qu'un seul traducteur pour traduite 1000 pages d'archives allemandes. Finalement en 1989, les fils et filles de déportés juifs de France, la Fédération nationale des déportés, et la Ligue des Droits de l'Homme déposent une plainte contre René Bousquet pour « crimes contre l'humanité » pour avoir déportés 194 enfants.

Il fut inculpé en 1991. Ce procès n'aura pas lieu, étant assassiné devant chez lui en 1993.

Les procès pour « crimes contre l'humanité » ne se tiennent en France qu'à partir des années 70. Klaus Barbie fut ainis condamné. Retrouvés par les époux Klarsfeld en Bolivie, il est arrêté le 5 février 1983 et ramené en France. Il est jugé à Lyon en 1987. Il mourut en 91 en prison à Lyon.

Des réponses judiciaires tardives à des crimes odieux qui ne les effacent pas.

Les enfants d'Izieu sont un double symbole … des enfants réfugiés qu'une folie meurtrière a condamné, dont la mémoire n'a finalement été retrouvé que bien après l'arrestation de Barbie, dans un lieu de mémoire dédié.

Aujourd'hui, si ces crimes sont encore présents dans nos mémoires, n'oublions pas ceux du présent qui condamnent tout autant des générations entières d'enfants dans le monde.

Lilithement vôtre,

Droit Humain : hommage aux enfants d'Izieu (communiqué)

MAISON D'IZIEU

DROITS DES ENFANTS


DROIT HUMAIN
Fédération Française




Le 20 Novembre 2014 , Journée Internationale des droits des enfants, une délégation du Conseil National, conduite par son Président, s’est rendue à la Maison d’Izieu (Ain), Mémorial des enfants juifs exterminés, accompagnée de nombreux Frères et Sœurs membres de la Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN.


Avant de déposer une gerbe au pied de la stèle, Michel Meley s’est exprimé en ces termes :

« Voici ce que nos fils et nos filles ne devront jamais oublier. Ils le transmettront à leurs fils, à leurs filles, à leurs descendants, qui le transmettront aux leurs jusqu’à la fin des générations. Car nous ne devons jamais perdre la mémoire de ce qui a été le mal absolu . Un télex du 6 avril 1944 signé « Le Commandant de la Sipo et du SD à Lyon 4B 61/43 » le SS Obersturmführer Klaus Barbie annonçait la liquidation de la « maison d’enfants juifs » à Izieu.
En voici les termes :

« Lyon N°5.269.6avril 1944.20h10. Au B.D.S. section Roem 4B Paris Objet : Maison d’enfants juifs à Izieu ( Ain ) Ce matin, maison d’enfants juifs « Colonie d’enfants » à Izieu ( Ain ) a été enlevée, 41 enfants au total, âgés de 3 à 13 ans, ont été capturés. En outre a eu lieu l’arrestation de la totalité du personnel juif, soit 10 individus, dont 5 femmes. On n’a pu s’assurer ni de l’argent comptant ni de valeurs diverses. Le transport à Drancy aura lieu le 7/4/44 ».
Des villes entières ont été et sont encore détruites , des hommes, des femmes et même des enfants ont été et sont encore supprimés, exterminés. Mais si nous les effaçons de notre mémoire c’est comme s’ils n’avaient jamais existé. Ne meurent vraiment que ceux que l’on oublie…..
Nous ne pouvons, ni ne devons oublier les enfants de cette colonie, victimes de la barbarie nazie, Albert Bulka …4 ans mais aussi Sami, Hans, Jacob, Lucienne, Liliane, Sigmund, Sarah …… je ne peux citer tous ces petits réfugiés dont la vie a été volée à Auschwitz-Birkenau.
Mais en ce jour dédié aux droits des enfants nous devons les graver en nous. En ce jour dédié aux droits des enfants nous devons transmettre un message fort aux enfants et aux adolescents d’aujourd’hui……mais aussi aux adultes afin qu’ils aient clairement conscience de ce qui ne doit plus jamais se produire.

La bête immonde ne doit pas renaître. Francs-Maçons qui ambitionnons travailler au Progrès de l’Humanité nous devons être un rempart et éveiller les consciences afin que le martyr des enfants d’Izieu ne soit pas à jamais inutile. Francs-Maçons du Droit Humain poursuivons le combat de nos fondateurs pour donner aux enfants les droits élémentaires à l’alimentation, aux soins, à l’éducation. Poursuivons le combat de nos fondateurs pour protéger les enfants de l’exploitation, de la maltraitance Poursuivons le combat pour qu’ils ne soient plus ni cibles ni soldats. Recueillons nous mes Soeurs et Frères, Mesdames et Messieurs. Que le souvenir de ces jeunes victimes innocentes irrigue à jamais notre juste combat. 

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Fredus 22/11/2014 20:47

Quel rapport entre la FFDH et les enfants d'Izieu ? Pourquoi les FM devraient-ils tenter de devenir les champions du devoir de mémoire ? N'est-ce pas plutôt l'historienne (spécialiste) Annette Wieviorka qui a raison, en expliquant dans l'un de ses ouvrages qu'avec la mort des derniers survivants de la déporation, nous entrons dans "l'ère du témoin" ? J'avoue, là, avoir un peu de mal à suivre le raisonnement du Président du Conseil national...

Fredus 23/11/2014 19:16

Erratum : la thèse d'Annette Wieviorka est évidemment que nous SORTONS de l'ère du témoin pour entrer dans celle de l'Histoire.

Les lecteurs de ce blog auront sans doute corrigé d'eux-mêmes...