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La Maçonne

L'agnosticisme

L'agnosticisme

Agnosticisme vient du grec agnostos qui signifie ignorant. La gnosis (gnose) étant la Connaissance. Pourtant, l'agnosticisme n'est pas une opposition à la gnose. Elle en est même très loin.

L'agnostique considère que dieu ou l'idée-dieu est inconnaissable. Au sens stricte, là où les croyants considèrent que dieu a une définition (donc est connaissable), l'agnostique refuse de trancher, alors que les athées au mieux ne se posent pas de questions, ne croyant pas son existence.

Cependant, tout comme pour les déistes, se cache derrière l'agnostique plusieurs agnosticisme & plusieurs manières d'appréhender cette méconnaissance.

Au plus pragmatique, l'agnostique considère que n'ayant pas de preuve de l'existence de dieu, il ne peut se prononcer quant à son existence, mais aussi quant à sa croyance – Il serait celui qui ne sait pas « s'il croit en dieu », il serait en somme celui qui ne sait pas se définir lui-même.

Au plus mystique, l'agnostique, même s'il considère que l'univers est la création de dieu, ce dernier agit suivant une logique qui n'est pas accessible ou compréhensible par l'être humain, étant sur une autre dimension.

Au cœur du débat, l'agnostique, toujours face à un dieu-créateur, estime que l'humanité est une des ses créations les plus infime face à l'univers entier. Elle n'est ainsi pas destinée à comprendre le dessein divin et à en comprendre toutes ses arcanes.

L'agnostique est celui qui refuse de trancher, mais surtout c'est celui qui doute … de tout, autant de la capacité humaine à comprendre, que de l'existence de dieu, que de l'assurance de son existence, que de sa représentation …

« les compagnons cordonniers prennent du pain, du vin, du sel et de l'eau qu'ils appellent les quatre aliments, les mettent sur une table, et ayant mis devant icelle celuy qu'ils veulent recevoir compagnon, le font jurer sur ces quatre choses par sa foy, sa part de paradis, son Dieu, son chresme et son baptème : ensuite luy disent qu'il faut qu'il prenne un nouveau nom et qu'il soit baptisé, et luy ayant fait déclarer quel nom il veut prendre, un des compagnons qui se tient derrière, luy verse sur la teste un verre d'eau en lui diant : « je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ». Le parrain et soubs parrain s'obligent aussitost à luy enseigner les choses apppartenantes audit devoir. »
Condamnation de la Sorbonne (1655), Sommaires des pratiques impies (in l'Esotérisme de Pierre A Riffart).

Maintenant que je vous ai tout embrouillé, passons tout de suite à une réflexion maçonnique. Après tout, c'est cela qui nous concerne ici.

L'intérêt de l'agnostique et de ce qu'il est est au cœur finalement de la franc-maçonnerie et de différents ésotérismes (si toutefois on considère que la franc-maçonnerie est fondamentalement ésotérique). Les croyants qu'ils soient théistes ou déistes, les athées aussi de leur côté, ont une approche du sujet-dieu agnostique, si cette approche est ésotérique, c'est-à-dire une quête perpétuelle vers la Connaissance.

En effet, si l'agnostique estime que dieu est méconnaissable, cela ne signifie pas qu'il n'entame pas lui-aussi cette même quête.

Les religions – hélas, il faut en parler – définissent un dogme, qui donne des caractères et des attributs à dieu. Il est donc connaissable, c'est-à-dire à la portée de l'imagination et de la compréhension humaine.

Ainsi, les catholiques n'ont pas de lignes directes avec dieu et ont des Saints pour interférer en leur faveur. Dieu n'a pas de nom. Il ne peut avoir une représentation, puisque nul ne sait à quoi il ressemble. Personne ne peut lui parler en face, à part Hénoch. Ses motivations sont incompréhensibles dans sa gestion quotidienne de l'univers et de la destinée humaine.

Si dieu était connu en sa totalité et donc « accessible » à l'humanité, les religions n'auraient pas développé la théologie et une étude biblique ne nécessiterait pas toute une vie.

Voir chez l'agnostique un danger pour les religions et un déni de celles-ci, alors qu'elles sont tout autant confrontées aux mêmes questionnements à divers degrés, est finalement une approche du Moyen-Age, quand les plus grands agnostiques étaient considérés par des bulles papales hérétiques et surtout par le reste du monde ésotériques.

En effet, on peut dire que les différents ésotérismes se sont engouffrés, sinon se sont perdus dans le même questionnement que les agnostiques. Variation sur le thème de l'inaccessibilité à l'être humain de cette idée-dieu : seuls les initiés ont accès à la Connaissance, à la Gnose. Il faut que l'être humain deviennent « autre » pour comprendre.

« Le premier de ses états, qui brille par sous le signe de la Loi et de la circoncision, fut instauré par Adam ; le second qui brilla sous le signe de l'Evangile fut instauré par Ozias ; le troisième, dont le calcul des générations nous permet de fixer la date de préparation a été instauré par Saint Benoît, dont l'excellence ne sera parfaitement comprise qu'aux environs de la fin des temps, lorsque Elie réapparaîtra, et que l'incrédule peuple juif reviendra à Dieu. »
Abbé Joachim de Flore (1254) – L'Evangile Eternel. (in L'Esotérisme de Pierre A. Riffard)

L'athée – qui est, rappelons-le « celui qui ne croit pas en dieu » et tout autant à tout principe qui soit supérieur et créateur – estime aussi que les sciences ne permettront pas à détenir la preuve de l'existence d'une volonté supérieure aussi peu créatrice qu'elle soit. Il s'éloigne cependant de l'agnostique, ici. L'athée (devrais-je dire « je »?) estime que c'est l'humanité qui a inventé dieu. C'est la pensée humaine qui est infinie, méconnaissable, n'ayant ni début, ni fin, et ni motivation connue. L'intérêt de l'idée-dieu est qu'elle représente cette pensée infinie, tout autant que ce paradoxe humain de la lui faire croire comme provenant d'ailleurs, d'une autre dimension, alors qu'il en est le seul créateur, voir responsable, et qu'elle est la mieux documentée et la moins comprise.

L'agnostique a toute sa place – et je dirais même ne peut être contesté – parmi le club ouvert aux quatre vents des déistes. Ces déistes qui font face à un dieu absent/mort/créateur/pluriel et tout au moins silencieux. Peut-on dire que l'agnostique est celui qui s'interroge sur son silence, quittant alors le dogme de la parole divine , contestant sa révélation devenant un infini inconnu ?

Nous voyons bien que la frontière chez l'agnostique entre le théisme et le déisme est fragile sinon à géométrie variable. Discuter de la parole divine est aussi un exercice cher aux religieux, elle-même demeurant insondable.

« Au contraire, que nos doctrines soient inestimables et qu'elles méritent d'être crues, les Grecs le reconnaîtront par un examen plus attentif de la « parole » à l'aide de ce qui suit ; car nous apprenons le semblable par le semblable. En effet, « réponds au fou selon sa folie », dit Salomon. »
Clément d'Alexandrie.

Le déiste cherche dans la création une représentation (inconnue?) de dieu, tout autant que ses motivations et trace de sa parole. Le déiste qui ne serait pas agnostique (certains fustigent même le mot), serait alors celui qui s'est trouvé, forgé, une représentation figée, avec nom et attributs de dieu, bref une croyance affirmée et une connaissance acquise dès le berceau.

Voilà cependant bien une confrontation à faire : le polythéisme. Ceux là avaient des dieux, magnifiques, mythiques et largement représentés, que l'on pouvait nommer, appeler et avec qui la discussion était facile. Bref, pour le quidam, ces dieux capricieux ne représentaient aucune question... C'est, malgré tout, dans ces religions polythéistes qui ont créé – à croire que la complication soit de la nature humaine – les premiers ésotérismes, donnant à l'initié une connaissance des dieux. Car s'ils avaient à l'instar des dieux égyptiens une face connue, ils avaient une toute autant inconnue, que ce soit un nom caché, secret, … imprononçable et méconnaissable, tout autant qu'ils détenaient toujours dans leur Olympe le Secret de la création.

La Connaissance, la Gnose, n'est pas donnée, acquise, mais toujours une quête … qui ne peut être conduite qu'après une préparation et avoir reçu un enseignement particulier.

« Oui, par celui qui a transmis à notre âme la Tétrade,
Source de la Nature éternelle. Mais applique toi à la tâche,
Après avoir prié le dieux de l'achever. En possession de ces enseignements,
Tu connaîtras la nature des dieux immortels et des hommes mortels,
en quoi les êtres sont séparés et en quoi ils sont unis. »
les Vers d'or de Pythagore (extraits).

L'agnosticisme sommeille, à divers degrés, dans chaque croyance. L'athée, quant à lui, ne fait que le croiser. L'agnosticisme peut être tout autant source d'un grand mysticisme – mais ne dit-on pas que « l'athée est un mystique raté » ? - ou d'un grand ésotérisme. L'agnostique, celui qui s'affirme l'être, réveille finalement une peur, celle que toute connaissance durement accumulée soit perdue dans les méandres de sa propre pensée. Il est celui qui nous questionne continuellement sur ce que nous sommes. Il est celui qui doute aussi de nos paroles. Il est celui qui ne sait pas.

On trouvera donc un comique de situation – et elle est bien contemporaine – chez une franc-maçonnerie qui se veut être « de tradition & humaniste », dans ce refus de voir en l'agnosticisme un réveil justement de nos traditions, dont les origines sont ésotériques. Il est un encouragement aux doutes, doutes nécessaires qui conduit vers la recherche de la vérité et de la Connaissance, amélioration de soi et de l'humanité.

L'athée, qui leur est confondu, y voit ce que justement il ne trouve pas chez les religieux, une ouverture à l'humain, suivant finalement un même chemin, réfutant que la Gnose soit de nature divine alors que l'agnostique en doutera toujours.

Pour conclure, je reprendrais la conclusion qu'à faite Roland Clément dans son livre : « la Franc-maçonnerie, entre les chantiers de l'humanisme et les mythes nourriciers », qui lui sera son dernier écrit publié, cherchant à accorder les contraires :

« Les voisinages maçonniques insolites rappellent deux évidences : d'abord, la contradiction est dans la nature même des choses et qu'il convient de la penser, non de prétendre de la détruire : l'ordre se fait à partir du chaos ; ensuite que ce voisinage même recèle un sens symbolique profond : l'initiation maçonnique ne se situe pas « dans le monde » même si elle en suit ou accompagne les combats ; elle suppose la recherche permanente d'une vérité perçue comme relative, recherche qui viole tant les idées toutes faites et qui ne se laisse jamais épuiser.

Mais le mobile de cette recherche ? Avec géométrie, mais aussi génie, génération, gravitation, (et il aurait beaucoup à dire de cette étonnante configuration), GNOSE s'inscrit parmi les significations toujours attribuées à la fameuse lettre G, que le 2ème degré a placée au cœur de l'étoile flamboyante qui guidera les compagnons. GNOSIS ou cette connaissance qui pourrait être le secret des secrets. Y a-t-il un lien, même oublié, entre l'action des Francs-Maçons et l'idée d'un principe, caché au fond de l'Homme, séculairement nié par une création perverse, ou pervertie, et qu'il s'agirait de réveiller ? »

On n'en a jamais fini avec les mythes … »

Lilithement vôtre,

Théisme & athéisme : http://lamaconne.over-blog.com/2014/01/th%C3%A9isme-%26-ath%C3%A9isme.html

Déisme : vers un dieu tout nu? http://lamaconne.over-blog.com/2014/01/le-d%C3%A9isme.html

Athéisme & franc-maçonnerie : http://lamaconne.over-blog.com/2014/07/athee-franc-maconnerie.html

Je suis athée : http://lamaconne.over-blog.com/2014/09/je-suis-athee.html

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Oissi 23/01/2015 00:19

"alors que les athées au mieux ne se posent pas de questions, ne croyant pas son existence."

C'est typiquement le genre de phrase que vous les faux franc-maçons et athéiste, vous utilisez (comme tout autre athéiste) pour éviter d'admettre vos torts quand vous vous rendez compte que enfaite la définition du mot Agnostique est mieux adaptée à votre personne, et que depuis des années enfaite vous êtes dans l'erreur en vous disant athéiste.

L'athéiste affirme qu'il est impossible que Dieu puisse exister...il nie Dieu comme vous le dites (je vous invite à regarder la définition du mot nier, qui n'a rien à voir avec "ne pas se poser la question").

L'agnostique n'affirme pas que c'est inconnaissable.... mais que à l'heure actuelle c'est inconnu, là encore une énorme erreur de votre part, nous n'affirmons jamais quoique soit.

Il y a une définition pour les croyants, ceux qui croient, pour les athéistes (qui crois aussi d'ailleurs, que c'est impossible) et pour les agnostiques qui croient que à l'heure actuelle, d'après ce que l'on sait, personne ne sait vraiment... Le problème des gens qui on du mal à admettre leurs tort c'est qu'ils commencent à inventer des définitions comme j'ai pu le voir sur certains site "un Athée agnostique" Ha ha ha... mais où vas le monde? un athée reste un athée, un croyant reste un croyant, et un agnostique reste un agnostique. Soit tu nies, soit tu crois, soit tu ne sais pas.

On ne va pas commencer à changer la définition des mots juste pour le plaisir de ceux qui n'admettent pas leurs tort, puis faut lire des livres, regarder l'étymologie des mots (la vrai) pas ce pavané toujours sur google ou wikipédia (que j'adore mais parfois faut approfondire les recherches)

Donc, reconnaissez vos tors, vous êtes agnostique ou athéiste ou croyantes, mais s'il vous plaît arrêter de changer la définition des mot.

J'ai déjà lu votre article qui a plusieurs années et qui parler sur votre athéisme et sa place en franc-maçonnerie.... à cette époque vous ne connaissiez pas la définition du mot agnostique :) et aujourd'hui après tant d'années vous avez vraiment du mal à admettre vos torts, peut-être car vous avez trop criée sur tous les toits votre athéisme et qu'il est dur d'assumer que vous aviez tort.

Du coup, j'ai vraiment du mal à croire que vous êtes franc-maçonne, mais ici on est en France plus rien ne me choque avec vos rites bidouillés, tout autant que la définition que vous faites du mot athée.

PS: l'athée nie l'existence de Dieu, hors on ne peut nier cela en se basant sur rien, qu'est-ce que Dieu? si les athées réfléchissez à ça déjà, au lieu d'affirmer des bêtises... car la vérité c'est qu'on ne sait pas qui est Dieu, si les écritures anciennes parlent des extraterrestres ou de personnages fantaisistes, de fée clochette et autres... on ne sait pas, et affirmer que Dieu n'existe pas sans montrer de preuves ou en pensant que Dieu c'est forcément ce que la Bible d'écrit, c'est absurde, car ce ne sont que des interprétation de textes anciens et certains textes peuvent être mal interprété. Ils y'a pas mal de version un peu différente de qui est dieu, bien que celui définie dans la plupart des religion pourrait tout aussi être un extra-terrestre (c'est juste que on ne sait pas si dieu est ET ou si dieu est autre chose...)

Et pour avoir parlé avec bien des croyants non fanatiques, des témoins de Jéhovah au musulman, ils me disent tous pour la plupart "nous on pensent que" et ils ne disent jamais "nous on affirme que" hors un athéiste lui affirme, quand la plupart des "croyant" ne font que "penser" comme ils me le disent (je parle bien des non "fanatiques", une athée devrait nier tel ou tel texte, en apportant des choses concrètes, mais pas nier l'existence quelque choses dont on ne peu pas affirmer l'existence ou l'absence)

Très cordialement.

X décembre 14/11/2014 11:09

Très chère,
en vous lisant, je me sens moins seul au milieu de ceux qui croient, que je respecte, mais qui, c'est une évidence, sont majoritaires.
J'ai renoncé à expliquer mon point de vue en la matière. Même en y mettant les formes, il semble que mon athéisme choque le croyant, au point de provoquer son ire.
Cela fait bien longtemps que j'ai banni le mot "je crois" de mon vocabulaire. Pour moi, il ne représente rien et manque de concret; je lui préfère mille fois le mot "je pense".
Sur ce point, je ne peux transiger et défends mon point de vue.
Vous exprimez ici de manière élégante mais franche, ce qui était un peu brouillon ou en travail chez moi, ou plutôt, ce que je n'osais exprimer aussi clairement.
En ma ville de confluent, ici en Belgique, par le passé,, j'ai eu des amis, connaissances FM, et qui parfois m'ont tendu la main. J'avais besoin à l'époque de réfléchir dans une certaine solitude physique; j'avais l'impression qu'un groupe m'empêcherait un peu dans cette réflexion, puisque alors, étant confronté à celles des autres.
Ayant pris de l'age, à présent, je ne vois plus le partage comme un frein et le pratique avec certains qui ne soient pas obtus; même si j'apprécie toujours une certaine retraite...
Je vous lirai encore, avec grand plaisir et curiosité.
Merci de vous exprimer,

Désap. 14/11/2014 12:23

Cher Monsieur,
En Franc-maçonnerie, le "groupe" n'a pas pour fonction l'influence, surtout pas, il est uniquement là pour transmettre la définition et la fonction des symboles dont la combinaison doit mener le Maçon à construire des raisonnements dont les fondements doivent être exclusivement objectifs quel qu’en soit les conséquences et particulièrement en dépit de ses intérêts propres et de la remise en cause de ses certitudes.
Ainsi, la Franc-maçonnerie est l'antithèse des religions, elle ne peut mener qu'à relativiser toute explication du seul sujet que nous considérons incompréhensible : Dieu.
Il n'est jamais trop tard, Voltaire fut initié deux mois avant son départ, il confirma qu'il apprit.
Voici le plus beau proverbe maçonnique : "frappez, on vous ouvrira".
Sincères sentiments.
Patrick

Désap. 13/11/2014 13:53

Regrettable que tu sois si bornée, si engagée et si sectaire sur d'autres sujets.
Ton article est très intéressant, son sujet est l'un de mes préférés, nous aurions pu débattre de manière enrichissante si je pouvais m'exprimer chez toi.
Mais Madame a choisi de faire de la politique par ailleurs, de plus en bâillonnant son opposition, pire, des opposants concernés.
On avait dit, pas de discussion ni politique ne religieuse ; parfois la régularité a du bon.
Tiens, parce que quoique tu penses, quelques soient les apparences, qu' il convient de dépasser (doxa maçonnique), tu pourrais réfléchir et faire un article sur le sujet suivant :
- Les Bâtisseurs des Cathédrales avaient-il le choix d'interpréter à leurs convenances les règles d'organisation des chantiers et les lois de mise en oeuvre des matériaux, ou bien ses règles et lois devaient-elles être strictement respectées et pourquoi.
Bien Frat. ma Frangine, bien Frat. crois-moi.

Désap. 13/11/2014 19:53

Bon, je dois partir, c'est dommage.
Tu as raison à propos du secret des Bâtisseurs, il y tenait également pour préserver le montant de leurs salaires.
Historiquement : réunion de chantier toujours sur le chantier, aujourd'hui également, c'est le respect dû au chantier.
Pour les femmes, bien entendu ! Beaucoup ont dirigé des Loges opératives, suite au décès de leur mari particulièrement ou de leur père plus rarement, d'où l'incohérence de la FM régulière à ce sujet, tu connais mon avis, bien que le problème de nos épouses soit également à prendre en considération.
Tu sais, confidence : je pense que les Opératifs étaient largement supérieurs à nous et à tous niveaux, particulièrement spirituel.

La Maçonne 13/11/2014 19:29

En effet, on devrait remettre en place le décor et en particulier l'obscurantisme catholique.
Je pense (et c'est une opinion et non pas un "fait") que les bâtisseurs tenaient au secret plus pour se protéger de l'église que d'éventuelle concurrence. Le texte que je cite (les cordonniers) est une condamnation de la Sorbonne pour hérésie!
Ne remettaient-ils pas en cause les dogmes sur l'univers et ses lois?

J'ai aussi les textes de Strasbourg. Fort heureusement, les choses ont évoluées. Il y avait deux interdits : les handicapés et les apprentis devait être de bonne naissance, c'est-à-dire "affranchis" (sans maître) et ne pas être des serfs (les esclaves de l'époque). Par contre, il y avait des femmes et en particulier une qui a repris le travail après son père et a qui on doit au moins une statue.

Mais avant de savoir qui? Mettons nous d'accord pour définir où? Est-ce que les réunions de chantier avaient lieu dans la cathédrales en construction ou à l'extérieur? Là, nos rituels divergent ... Du moins le REAA.

Désap. 13/11/2014 19:10

Je complète mon propos en précisant qu'il s'agirait de réfléchir sur l'exécution du chantier d'une Cathédrale, des fondations à sa livraison, plus que sur l'évolution de la Construction.

Désap. 13/11/2014 18:51

Ma chère Soeur (oui, oui c'est sincère), tu ne croyais certainement pas si bien tomber :
Je suis maintenant artisan dans l'automobile de collection, mon premier métier que j'ai appris par l'apprentissage dès 16 ans, après avoir exercé 17 ans à mon compte dans la construction immobilière.
Ainsi je me permets, ton raisonnement sur les outils est juste, sauf qu'il ne s'agit pas du sujet proposé, en effet je parle des règles qui régissent un chantier de construction et des lois physiques qui conditionnent la correcte mise en oeuvre des matériaux.
1/ sur les règles, je te prie de croire que l'esprit est toujours le même sur les chantiers depuis les Cathédrales, voire les Pyramides, elles ne sont qu'aménagées dans leur pratique par la règlementation sociale.
2/ s'agissant des lois physiques, elles sont tous simplement intangibles puisque basée essentiellement sur l'équilibre et le gravité, lois fondamentales, seules la mises en oeuvre des matériaux est facilité par le progrès technique.
Il y a donc de quoi développer et faire un parallèle avec notre chère FM.
Concernant le passage du Roman au Gothique, il a fallut particulièrement rectifier des erreurs dues à l'obscurantisme du catholicisme, ce qui fut possible suite aux "discussions" que nos chers Templiers ont eu à l'occasion de leurs voyages orientaux.
Là aussi, il y a de quoi philosopher, si ça te dit, j'adore, et ça nous changera les idées, et on se redécouvrira surement Frangine, Frangin.
Bises,
Patrick

La Maçonne 13/11/2014 18:08

Je ne suis pas bornée. Ma conception de la FM n'est pas de la "borner". Bien au contraire de la volonté actuelle des dirigeants d'une GLDF .... Elle est au contraire de l'ouvrir & d'en tirer au maximum une liberté pour tous, à tout point de vue & à tous les sujets.
Pour répondre à ta question/sujet : j'ai une formation technique (genre 2% de filles blablabla). Lorsque l'on travaille avec ses mains (en "opératif") avec des outils, on apprend une chose qu'il y a bel & bien leurs utilisations qui est un "art" et donc de produire quelque chose, mais il y a un "art" bien supérieur à tout, c'est de les avoir inventer ... Car avant de donner des outils aux Hommes, il a fallu que d'autres les inventent et donc bousculent les règles de leur époque ... Il y a donc deux façons de voir l'outil et ses règles - de savoir bien les utiliser (ce qui est déjà pas mal et même suffisant) ou bien savoir les utiliser, comprendre leurs origines et de là conduire une réflexion en objectif de les améliorer ou d'en créer d'autres et donc de remettre en cause "les règles" et l'outil lui-même.
Pour les bâtisseurs, tu parles des cathédrales ... mais du style Roman au gothique, il a fallu remettre en cause quelques règles et revoir la mise en œuvre des matériaux, inventer d'autres techniques et outils ...

Jean-Yves 11/11/2014 17:04

Longtemps j'ai pensé que le mot agnostique voulait dire : qui ne se fait une religion de rien...
Je pense que je suis athée, simplement, et agnostique parce que je ne dis plus (à présent que je suis FM), "je crois".

ma contribution 11/11/2014 22:21

Oui intéressant Gaudius. La théologie apophatique (ou négative) reste pourtant encore une "théologie", c'est à dire une parole sur Dieu, même négative, ce que n'est certes pas l'agnosticisme. Bien entendu il faudrait s'entendre plus précisément sur ce que l'on donne comme contenu et comme profondeur à "connaitre" ou à "gnose". La ou les gnoses proposent souvent de lier le chemin de connaissance à celui de salut. On ne connait vraiment que si on aime et on aime vraiment que si on connait. La connaissance peut être une sorte d’antidote aux fanatismes de tous poils (de même d'ailleurs que l'agnosticisme ou mieux encore l'apophatisme, qui consiste à tenter de dire ce que Dieu n'est pas). Rien ne s’oppose pourtant là à l'idée de révélation et à la foi. On a trop souvent interprété la gnose comme un mouvement philosophique et mystique qui ne faisait reposer le salut de l’homme que sur ses seules propres forces, forces de connaissance, d'initiation de percer et d’interpréter des mystères, et cela le plus souvent dans une vision dualiste de l’homme comme prisonnier de la matière et d'un monde hostile; mais la gnose peut-être autre chose, rapprochée de la notion ou de l'attribut d'intelligibilité de Dieu ou entendue comme Sagesse (par exemple grecque Sophia ou biblique Sapience). La théologie négative suppose toutefois une attitude intellectuelle assez exigeante et que l'on retrouve surtout chez les "mystiques". J'aime assez ce qu'écrit Michel de Certeau dans La Faiblesse de croire: « Un événement est impliqué partout, mais « saisi » nulle part. Jésus est l'Autre. Il ne peut être l'objet possédé». On est face à une forme supérieur de connaissance qui avance sur une ligne de crête: respecter l'insaisissable de l'altérité et dépasser le clivage du sujet et de l'objet. Belle mais rigoureuse attitude spirituelle.

Gaudius 11/11/2014 11:31

Un article bien intéressant. J'ai été étonné de voir associer agnosticisme et mysticisme. Selon vous, l'agnosticisme peut-il être aussi rapproché de la théologie apophatique (ou négative)?

ma contribution 10/11/2014 00:33

"théiste", "déiste", "athée", "gnostique", "agnostique" ... la maçonne aurait elle fait le tour de la question, celle de la complexité et de la diversité de nos rapports au Divin, à l’Être, à Dieu, à la Sagesse, aux Dieux ? Presque… mais il y a encore une autre catégorie définissant le rapport, ou le non-rapport, de la grande majorité de nos contemporains à ces questions, celle de "l'indifférence".

Nous avons tous été confronté à l'occasion d'une discussion, de famille ou de collègues de travail, qui s'aventure sur ces territoires oubliés, par exemple suite à un décès dans notre entourage, qu'à un certain moment quelqu'un finalement dit, avouant tout haut ce que beaucoup pensent tout bas dans ces occasions : « je ne me pose pas cette question parce que j’y suis totalement indifférent».

La phrase a souvent comme conséquence radicale de mettre un terme au débat.

La spécificité du problème de l’indifférence : l’indifférent est celui ou celle qui refuse de parler lors de débat précis. L’indifférence religieuse par exemple serait alors l’état d’une personne indifférente à la question religieuse.

J’ai cherché des mots qui ont une analogie avec l’indifférence religieuse :
L’incrédulité (c’est à dire la répugnance à croire), l’agnosticisme justement (l’impossibilité ou le refus de se prononcer sur l’existence de Dieu ou sur la possibilité de le connaître), ou le scepticisme, système de pensée dans lequel la sagesse absolue réside dans le fait de ne rien dire, de ne rien penser, de ne rien juger, de ne s’engager en rien.

L'indifférent ne me semble rien de tout cela. D’autres mots permettent d’approcher le sens de l’indifférence. Ce sont l’insensibilité, le désintérêt, l’apathie, l’impassibilité ou la froideur.

Que dit l’étymologie du mot indifférent. On peut le décomposer : « In-dis-ferre ».
«in», préfixe privatif à valeur négative signifiant «absence de…»,
«différent», mot lui aussi décomposable en «dis», marquer une séparation et «ferre», qui signifie porter.

Donc littéralement indifférence signifie : absence de marque de séparation portée ou plutôt ce qui ne porte pas de marque ou de trace de séparation. On peut dire aussi par extension : Qui ne présente aucun motif de préférence, qui ne porte pas intérêt à …, qui est de peu d’importance, qui n’éprouve pas de sentiments pour quelque chose ou quelqu’un, (qui évoque l’absence, le désert, ou plus exactement), qui se refuse à évoquer une quelconque préférence, prise de position ou altérité.

Il ne s’agit en rien, de la part des indifférents, d’une forme d’hostilité envers la question, comme pourrait l’être une attitude ouvertement athée ou anticléricale, mais plutôt d’un désintérêt pour tout ce qui touche ce "territoire"… parce que cela ne leur dit rien, parce qu’ils ne se sentent pas concernés, parce qu’ils n’ont, tout simplement peut-être, pas vu le film.

Il y a sans doute divers degrés ou différentes formes d’indifférence "religieuse". Pour certains le religieux n’est pas totalement absent de leur vie mais ne réapparait qu'à certaines occasions où une attente émotionnelle demande à être comblée. C’est le jeu du « supermarché » où chacun choisit d’investir ses énergies en fonction des priorités ou des émotions du moment. Pour beaucoup ces choses "religieuses" "philosophiques" ou "métaphysiques" sont aussi du domaine de l’étrange et du passé, souvent par méconnaissance, et portent une forte charge archaïque, péjorative, bref ringarde. Pour d’autres, il s’agit de ne pas reconnaître à quelque parole ou écoles de pensée que ce soit, à quelque discours d’où qu’il vienne, le droit d’éclairer ou de questionner la vie quotidienne (les comportements économiques, sociaux, familiaux, relationnels, éthiques), et ceci au nom de la liberté, de l’autonomie, du respect de la conscience.

Les questions que sont la mort, la souffrance, l’imprévisibilité de la vie, l’altérité, la croissance et l’éducation spirituelle sont cachées ou évacuées de la vie sociale. Par contre, la recherche d’émotions, de santé, de beauté, et d’épanouissement personnel à travers la consommation, même d’objets chargés de significations religieuses, se taillent la part belle du paysage culturel de notre époque.

Enfin il faut dire que les progrès techniques et les nouvelles technologies nous ont ouvert, depuis longtemps déjà, la vision d’un monde où la maîtrise par l’homme de son univers l’emporte largement sur l’attitude fondamentalement de contemplation, d’étonnement, de recherche des principes, de prise de position…

Mais on ne peut être indifférent à tout et à tous. Parier sur le fait que le désir de rencontrer autrui, le désir d’échanger, de recevoir et de donner, le besoin d’entendre une parole qui vienne d’un autre et la responsabilité de répondre à sa parole, ne sont pas morts ...

N’existe il pas aussi une indifférence par exemple des croyants eux-mêmes qui se manifesterait par une forme de passivité ou de paresse à rejoindre leurs contemporains : face à certaines questions, est-ce qu’une attitude qui insiste trop sur la foi ne devient pas complice de l’indifférence religieuse ? La foi empêche t’elle de se demander «mais qui est Dieu ?».

Christophe 09/11/2014 22:21

Si je n'étais athée je serais polythéiste: je goutterai à tout et m’assoirai au côté des dieux pour jouer au échec. Si je gagne, l'olympe sera mienne, ce sera bien ennuyeux. Mais si je perds, fruit oh combien délicieux, je me contenterai d'être Sisyphe et je chérirai ma pierre brute en rêvant de la belle à mes côtés pour un instant, cette éternité qui est nôtre.
Mais où est-elle donc?

André Miossec 09/11/2014 18:25

Il serait bien, ma soeur, de laisser les textes concernant les Compagnons là où ils se trouvent, que ce soit en pour ou en contre, il s'agit là d'interprétations d'un ésotérisme dont, pas plus que les Sorbonnards de l'époque, tu n'as compétence à interprétation. Pas plus que moi d'ailleurs, Compagnon Peintre-Doreur, n'en ai à saisir celui des C:. Cordonniers dont tu fais état. Il s'agit d'un autre monde.

Christophe 09/11/2014 22:27

A notre frère et ami cordonnier, si tu viens à ma table, j'y mettrai le sel, ensuite, si tu le souhaite, nous partagerons :-)

La Maçonne 09/11/2014 19:31

Cher Monsieur, je ne vous autorise pas, quant à moi, de me dicter ce que j'ai "le droit" ou pas d'analyser ... et de comment le faire.
Par ailleurs, vous pouvez ouvrir un procès à Riffart, auteur de "l'Esotérisme", collections "Bouquins" dont le passage en question est tiré. Ils apprécieront, à leur juste valeur, vos interdits.