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La Maçonne

Franc-maçonnerie féminine : une obédience théiste en France ?

Musée de la Poupée (Paris)
Musée de la Poupée (Paris)

Depuis l'annonce sur ce blog d'une conférence ayant pour thème « Initiation & féminité » présentée par Bruno Pinchard, de la loge de recherche Villard de Honnecourt (GLNF), il s'en est passé des choses. Tout d'abord, l'article de « ma contribution », que les lectrices et lecteurs les plus assidus de « la Maçonne » pour l'avoir déjà lu, publié sur le blog Myosotis du Dauphiné Savoie de notre frère Emmanuel – Fidèle d'amour (GLNF). « Ma contribution » est, bien sûr, un frère de la GLNF.

Ensuite, Roger Dachez, historien reconnu au point où je ne vous ferais pas l'affront de vous le présenter, sur son blog « Pierres Vivantes » nous propose, de son côté, des précisions historiques nécessaires.

Roger Dachez rappelle l'existence de trois obédiences, une mixte et deux féminines, qui ont été déclarées « régulières » mais non « reconnues » par la Grande Loge Unie d'Angleterre en 1999, en réponse à « ma contribution » qui, sous son clavier, imaginait la fondation d'une maçonnerie féminine théiste en France, par la GLNF.

Astride Mandos, mon Docteur Watson, m'avait signalée que cette idée (qui paraît-il m'était adressée) tournait sur les réseaux sociaux.

Que sont ces obédiences anglaises qui seraient devenue des modèles maçonniques ?

A lire :

Franc-maçonnerie féminine : une obédience théiste en France ?
  1. La Grand Lodge of Freemasonry for Men and Women compte 11 loges en Angleterre, 13 en Bulgarie et 1 en Grèce. Elle explique assez longuement sur son site son histoire. A priori, elle serait fondée en 2001 (bien que l'UGLE en parle dès 1999). Elle souligne qu'elle refuse l'expression « Co-masonry » utilisée en anglais pour désigner la franc-maçonnerie mixte. Elle impose à ses membres la croyance en un être suprême. Elle fait remonter son histoire à Annie Besant. Cette obédience mixte anglaise a des accords avec d'autres obédiences, bien que rares, dont pour la dernière en date, la GLEFU – que nous connaissons – qui elle aussi est présentée comme imposant une croyance en un être suprême, un dieu révélé, garantissant sa régularité.

Cette obédience est une scission du Droit Humain, lors d'une crise de dernier, qui se trouvait confronté au courant déiste se référant à la théosophe Annie Besant. Ce courant voulait interdire tout sujet de société, imposer effectivement une vision doctrinale de la franc-maçonnerie, substitut religieux.

Surtout – c'est l'essentielle caractéristique de cette obédience – remettre en place la pratique du rite Dharma, appelé aussi Lauderdale. Il s'agit d'un rite qui fut rédigé dès 1904 et révisé en 1916 par Annie Besant.

Annie Wood Besant (1947-1933) adhéra à la théosophie en 1899, après un passé tumultueux de militante socialiste et féministe. Entre autre chose, elle fut propriétaire de son propre journal, adhéra à la Fabian Society … Libre penseuse, elle considérait que l'athéisme était une libération.

Dans son livre « Pourquoi je suis devenue théosophe », traduit en français en 1911 (selon sa 14ème édition!), elle écrivait : « En somme, la libre pensée est un état intellectuel, une attitude mentale et non un credo ni une série de dogmes. » Plus loin, elle ajoute aussi : « Le second point à inculper à l'étudiant, c'est la négation d'un Dieu personnel. De là, vient (Madame Blavatsky l'a fait observer) que les agnostiques et les athées s'assimilent plus facilement les enseignements théosophiques que peuvent le faire les hommes qui croient à des dogmes formels. La théologie théosophique est panthéiste. « Dieu est tout et tout est Dieu ».

et elle cite ensuite Helena Bravasky : « Ce qui est dissous c'est cela, c'est le double et illusoire aspect de Céla, dont l'essence est éternellement Une, ce que nous appelons la Matière éternelle ou la Substance, sans forme, sans sexe, inconcevable même […] et dans lequel, par conséquent, nous refusons de voir ce que les Monothéistes appellent un Dieu personnel ou anthropomorphe. »

Franc-maçonnerie féminine : une obédience théiste en France ?

La théosophie telle que présentée ainsi propose une doctrine, se substituant aux religions, interdisant effectivement l'athéisme, ayant défini une idée du divin et par conséquent de l'être humain, mais faisant renoncer aux religions monothéistes. Son adhésion à la théosophie et, par la suite, à la franc-maçonnerie, ne lui interdisait nullement de participer aux luttes sociales. On la retrouve en Inde aux côté de Gandhi. Mais là, c'est une autre histoire.

Annie Besant, toute théosophe qu'elle fut, n'imposait nullement à une croyance en un dieu au sens monothéiste, mais à une connaissance divine déiste. Ce principe divin est en chaque individu, ne pouvant être ni vu , ni entendu, à moins de développer des dons particuliers . Ces dons particuliers sont les résultats de l'évolution humaine, par les réincarnations. Dans son livre « les lois fondamentales de la théosophie : conférences d'Adyar 1910 », publié et traduit en Français en 1911, elle y explique assez longuement le principe de réincarnation, qui seul améliore l'humanité et l'individu en assimilant la conscience et les leçons de sa vie antérieure. Le kharma, quant à lui, est un forme de justice supérieure régit par la loi de causalité : une mauvaise action doit être suivie par une bonne action pour éviter à l'individu un déséquilibre.

Il ne s'agit donc pas de parler en théosophie des religions monothéiste, bien que la théosophie ne les considère pas incompatibles, mais estime qu'autant que la science (matérialisme), elle se trompe.

Ainsi lorsque l'on rapporte ce qui constituerait les bases de l'accord Annie Besant, pour le Droit Humain, il s'agira de lire entre les lignes et de retrouver l'origine des propos.

If (Masonry) is really anything, it is a presentment by symbol and by legend of the great fundamental truths of human life and human evolution; and therefore, just as in the great Mysteries – of which its forms are really the vessels surviving – no distinction of sex is permitted; and because of that act in what we call Co-Masonry, it came into the position of being a possible instrument for helping in the evolution of mankind …. into the really Universal Brotherhood which it proclaims. The difficulty in the French Masonry, where this movement, Le Droit Humain originated, was that they left out that universal landmark of Masonry, the recognition of the Great Architect of the Universe. But when some of us here, Theosophists, became Masons, taking our Initiations, as we had to, from France, we said quite frankly that we could do nothing (with Freemasonry ) in England unless that great landmark was restored, as we believed in the Existence (of God). As they were willing to accept us believing in Him, it was necessary that we should be given perfect freedom to use His name in our Rituals and to acknowledge His Power in our workings. So that, in this respect, English Freemasonry differs from the French – certainly so far as we are concerned, we follow the English usage and not that of the French’

http://freemasoninformation.com/2011/04/theosophy-and-freemasonry/

L'idée qu'une militante socialiste, libre penseuse et féministe soit devenue une grenouille de bénitier peut plaire.

Ayant constituée un empire théosophique autant que maçonnique, Annie Besant n'a pas quitté le Droit Humain. Elle avait, cependant, toute possibilité pour fonder une obédience complétement indépendante de la France.

Il apparaît, dans les quelques recherches que j'ai effectué sur cette personnalité pour le moins complexe, qu'elle a beaucoup écrit. On trouve des livres sur tous sujets (340 livres), des informations sur ses combats qu'ils soient en Angleterre ou en Inde, mais rien sur son implication à la Franc-maçonnerie.

Certes, elle était devenue une mystique, pratiquant au choix magie et occultisme, s'étant mise en tête d'avoir trouvé chez un jeune hindoue qu'elle a adopté une sorte de grand initié. Elle fut très certainement sectaire vu le nombre de scissions qu'elle a produit de son vivant au sein de la Société Théosophique comme en franc-maçonnerie au sein du Droit Humain.

Elle a fait d'elle un mythe, à en lire sa biographie d'une centaine de pages publié en 1918 en France. La parfaite enfant, douce et rêveuse, ayant une parfaite éducation de jeune fille, sans trop de mathématiques et de sciences, alors qu'à l'âge adulte, elle poursuivit des études scientifiques et qu'elle le rappelle aussi dans son livre « Pourquoi je suis devenue théosophe ». Une vie de souffrance – elle était née, y explique t'on, pour être martyre.

La théosophie est une doctrine « clef en main ». A ce titre, elle ne peut pas constituer les fondements d'une obédience maçonnique, puisque la franc-maçonnerie se refuse à imposer toute doctrine religieuse ou philosophie. Ce que les français, tout francs-maçons du Droit Humain qu'ils soient, ont parfaitement compris.

Photographie provenant du site de l'OWF
Photographie provenant du site de l'OWF
  1. L'Order of Freemasonry for Women est issue d'une première scission, maintenant historique, du Droit Humain.

Son (très beau) site présente l'histoire de l'obédience. J'ai noté dans les nouvelles de l'obédience qu'elle a fêté les 60 ans de la franc-maçonnerie féminine au Canada, qui ne compte que 3 loges. Pour tout dire, la GLFF n'a pas fait mieux, avec une seule loge (mais pas en 60 ans). Il faut cependant prendre le temps de parcourir les biographies des Grandes Maîtresses de l'obédience pour apercevoir les grandes lignes de l'histoire de cette obédience.

Adélaïde Litten (1873-1951) fut « Grand Maitre » (suivant la traduction du masculin choisi par les sœurs) de 1928 à 1938, ce que l'on peut appeler les années cruciales pour le développement de cette obédience – comme en général le développement des obédiences mixtes et féminine. Initiée en 1909, dans la loge n°2 « Emulation », c'est sous son mandat que l'OWF décida de devenir exclusivement féminine. Marion Lindsay Halsey (1861-1927), initiée aussi en 1909, fut par son 2nd mariage en 1910 l'épouse de Réginald Halsey, Grand Maître adjoint de la Grande Loge Unie d'Angletterre. Elle fut Grand Maître de l'OWF de 1912 à 1927. Sous son impulsion, l'OWF demanda à la Grande Loge Unie d'Angleterre d'être reconnue (1919). Ce qui leur fut refusée en 1920. L'OWF était alors mixte.

Elle reprenait la charge de la grande maîtrise après Cobb. Le Révérend William Frederick Cobb (1854 – 1941) fut Grand Maître de l'obédience de 1908 à 1912. Il fut initié en 1902, inspiré par Annie Besant. Il souhaitait ainsi une maçonnerie où les femmes seraient sur un même pied d'égalité que les hommes. Rapidement, il désapprouva la doctrine théosophique et, avec quelques autres sœurs et frères, décidèrent d'une scission. Il souhaitait fonder une obédience mixte sous le modèle de l'UGLE.

En 1920, les hommes étaient encore reçus comme visiteurs, mais n'étaient plus initiés dans l'obédience. En 1930, les hommes furent refusés comme visiteurs. Il y avait cependant encore des frères dans l'obédience. Il fut décidé qu'une obédience féminine avait plus de chance d'être reconnu par l'UGLE. En 1935, les frères n'eurent aucun mandat et fonction dans l'obédience. Lors du mandat d'Adélaïde Litten, les effectifs ont doublé. L'obédience est passée de 9 loges à 20.

L'obédience a continué à s'organiser, avec en 1950, la fondation de la loge « Voyagers » n°40, dont l'objectif est d'initier des femmes étrangères. La fondation d'une loge de recherche en 1978, la loge « Doris Jones Memorial Lodge No. 300 ». En 1964, l'obédience comptait déjà 173 loges. Le développement s'est avéré même fulgurant durant le mandat de Mildred Rhoda Low (1899 – 1976) entre les années 1964 – 1976, avec la fondation de 13 nouvelles loges par an.

Photographie provenant du site de l'Hounorable Fraternity of Ancient Freemasonry
Photographie provenant du site de l'Hounorable Fraternity of Ancient Freemasonry
  1. Pour cette troisième obédience, the Hounorable Fraternity of Ancient Freemansons est une scission de la précédence en 1914. On n'y apprend pas grand chose de plus. Le motif de la scission de 1908 est présentée comme étant lié à des décisions parisiennes incompatibles avec la tradition maçonnique. L'imprégnation théosophique des loges anglaises, d'alors, n'est pas mentionnée. On imagine que la scission de 1908 trouvent ses motifs dans un peu des deux récits . Le terme « Soeur » a été supprimé en 1908, peut-on aussi lire, parce que jugé inconvenant pour une maçonnerie qui se veut universelle. Cette obédience a ouvert récemment une loge « universitaire », comprendre qu'elle est destinée aux étudiantes qui y seront initiées, proposant par ailleurs des cotisations réduites.

    HFAF mentionne sur un onglet spécifique sa « régularité » par rapport à l'UGLE. Elle est aussi la seule qui mentionne l'existence d'une maçonnerie féminine continentale : la GLFF et la fondation des autres obédiences.

Si la GLFF n'a pas de photographie, elle a la soeur Ka et ses "p'tites maçonnes". Ici la Grande Secrétaire au prise d'insolubles problèmes matériels.
Si la GLFF n'a pas de photographie, elle a la soeur Ka et ses "p'tites maçonnes". Ici la Grande Secrétaire au prise d'insolubles problèmes matériels.

Ces différents points d'histoire relatés sur le site d'OWF essentiellement, amènent deux constats :

  • le choix de constituer une obédience exclusivement féminine a été faite dans l'espoir que l'obédience soit reconnue plus facilement par l'UGLE. Ce qui n'est pas le cas de la maçonnerie féminine en France qui a été fondée dans le désir de permettre aux femmes d'être initiées et donc d'intégrer la franc-maçonnerie,

  • les choix inhérents aux orientations théistes de l'obédience est autant lié à la nature mixte de l'obédience à son origine, lors de sa scission avec le Droit Humain, avec un pasteur anglican comme Grand Maître, que le désir d'être reconnue par la même UGLE.

Avant de jeter la pierre sur ces sœurs, pionnières, un autre aspect est à souligner, vrai autant en France qu'en Angleterre. Si le but était la reconnaissance avec l'obédience masculine locale – car l'UGLE est avant toute chose une obédience anglaise – il était aussi de ne pas être isolé de mouvement maçonnique et d'obtenir pour leur avenir une sorte d'assurance qualité.

Le résultat n'est pas folichon et guère enviable. Ces obédiences ne sont pas plus reconnues en 2015 qu'en 1915. Elles demeurent isolées, s'interdisant par ailleurs des relations avec les obédiences qu'elles soient mixtes ou féminines dites « irrégulières », copiant leurs comportements sur l'obédience masculine dominante. Leur développement, paradoxalement, même si on peut considérer que 6000 sœurs pour l'OWF et 4000 sœurs pour HFAF en un siècle d'existence est peu au regard des effectifs de la Grande Loge Féminine de France et du Droit Humain, a été malgré tout assuré sans aucune reconnaissance et sans même avoir reçu l'estampille magique de « régularité ».

Les photographies qui illustrent cet article, provenant des sites de nos sœurs anglaises, montrent un autre aspect absent en France. Ce type de photographies montrant des sœurs en décors maçonniques, posant en groupe, sont très rares. Elles n'ornent d'ailleurs pas le site de la GLFF. Aucune autre obédience continentale d'ailleurs affiche ses membres. Il faut avouer que nos sœurs anglaires ont une belle et fière allure. Ce qui paraît être accessoire ne l'est pas : il y a une différence culturelle notable entre les deux courants maçonniques français et anglais, que note Roger Dachez dans son article.

De même, si les obédiences féminines et mixtes, comme d'ailleurs les obédiences libérales dans leur ensemble, montrent un intérêt pour leur société, les questions de droits, les commémorations constituant les passages obligés à notre démarche de citoyennes et de citoyens, les sites des obédiences féminines anglaises sont muettes.

Elles présentent une maçonnerie de décorum, charitable certes, demandant à leurs futures membres de croire en dieu, mais une franc-maçonnerie qui s'est éloignée des préoccupations du monde et de leur société, comme des droits des femmes en Angleterre.

N'oublions pas non plus de préciser que la franc-maçonnerie française est une maçonnerie « de planche », c'est-à-dire de travaux partagés en loge. Rien n'est spécifié sur leur site à ce sujet, pas même de mention particulière sur les rites pratiqués alors qu'elles ont hérité du rite Dharma autant du REAA "à la française".

Les loges universitaires, initiant des étudiants, est aussi une autre particularité que l'on imagine plutôt mal reproduire en France. Il s'agirait, selon un site consacré au sujet de l'UGLE, d'une coutume remontant à Newton. L'UGLE a fondé ainsi 55 loges, qui au vu des informations ressemblent plus exactement à des clubs sélects d'étudiants (organisation de bals, de dîners, …). L'objectif est de rajeunir les effectifs de l'UGLE, vieillissante et dont les effectifs seraient à en croire un site étudiant de 250 000 frères. http://www.universitiesscheme.com/web/events.html

Une obédience féminine théiste sous la forme anglaise en France? Pour récompense : un vague texte de l'UGLE pour les féliciter de leur "régularité" au bout de 90 ans d'existence ? Croyez-le ou non, cela fait bondir.

C'est bien peu promettre aux femmes lorsqu'il existe en France plusieurs modèles d'obédiences mixtes et féminines, leur permettant tout.

Il est oublié, bien souvent de préciser, que si la franc-maçonnerie régulière se résume à juste une affaire de croyance en un Dieu monothéiste, les obédiences libérales ne l'interdisent pas.

Astride Mandos aura le mot de la fin : les femmes aujourd'hui seraient tout à fait capable d'en fonder une sans l'aide d'une obédience masculine. J'ajouterai même si cette obédience féminine théiste n'existe toujours pas, c'est peut-être que les femmes n'en ont pas besoin.

Lilithement vôtre,

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Aristote57 03/05/2015 19:15

Pour compléter ce que dit R. Dachez, en fait la GLUA va encore plus loin dans son rapport signé par son GS N. Brown : "Freemasonery for the future" ( http://www.freemasonrytoday.com/ugle-sgc/ugle/item/511-future-of-freemasonry-study-is-published )
Elle lève toute interdiction de visite avec les loges féminines !
"while membership is restricted to men, women are far from excluding visiting them"

Aristote57 02/05/2015 20:35

"Dans le cadre des Tribunes Libres que le Myosotis du Dauphiné-Savoie met à la disposition des Frères (ET Sœurs, pourquoi pas ?) qui souhaitent s'exprimer librement,"

Dixit FDA, le propagandiste de l'"ultime lien" ...
Drôle de conception de la "liberté" pour lui ! : La liberté pour lui est une liberté de choix des louanges à ses passions ... Toute expression divergente n' y a pas sa place ...
Des fois que les scores "soviétiques" soient entachées de légères divergences ...
On est avec cette obedience dans une pantomine permanete !

Brumaire 02/05/2015 12:39

Après avoir été faire un tour sur le lien que notre Maçonne nous a signalé, je m'aperçois que:
-les femmes-qui-ont-l'initiation-de-par-leur-nature-, devraient être systématiquement VM de loges exclusivement masculines. Comment n'y a t-on pas songé plus tôt?
-les femmes-qui-sont-toutes-clairvoyantes, à l'image de Sara, Marie, etc...devraient toutes inviter ces- pauvres- hommes- des- loges- masculines à fonder des loges mixtes, afin de les initier à leur extralucidité.
On en vient donc à dire n'importe quoi, pourvu que cela justifie des siècles d'autisme.
Comme je vous l'ai écrit il y a un certain temps, je conçois de manière évidente la diversité des obédiences dans leur genre, le désir des unes comme des autres de travailler entre femmes ou entre hommes, ce ne serait plus drôle du tout si tout le monde était en mixité. Ce qui, en revanche est inacceptable, ce sont les ''arguments'' qui divisent et qui méprisent, qui justifient leurs positions sexistes par des tortillements risibles, et qui vont même jusqu'à en appeler à des textes dits sacrés, que ce soit d'un côté ou de l'autre.
Comme si les FM, hommes, femmes, hommes et femmes, n'avaient pas autre chose à faire!!!

Aristote57 04/05/2015 13:17

" désir des unes comme des autres de travailler entre femmes ou entre hommes, ce ne serait plus drôle du tout si tout le monde était en mixité."
Soit ! Mais cette question concerne-t-elle l'obedience ou tout simplement la loge dont c'est le rôle officiel reconnu par toute la FM : (qui initie-t-on ? Qui recoit-on ?) De quoi se mêle l'obedience à vouloir justement uniformiser des paratiques ?

Aristote57 02/05/2015 17:02

Ouf ! tu me rassures, Brumaire ! Je commencais à me demander si de telles inepsies laissait à ce point indifférent ... N'oubliez que ce tissu d'inepsies provient d'un personnage à la tête de la "loge de recherche" de GLNF ... et qu'on peut imaginer encore tenant compte d'efforts diplomatiques pour ne pas trop choquer.
Ce qui te donne une idée de ce qui anime ce groupe dirigeant la GLNF.
Vous croyez toujours que j’exagère lorsque je rappelle les faits de ce groupe, qui de surenchère en surenchère dans l'odieux finit par ne plus s'en rendre compte ...
Mais ne sommes-nous pas aussi un peu coupables en ne réagissant pas ... ou que mollement ?
Ou alors le fait que ces ignominies soient enrobées d’obséquiosités mielleuses convenues suffit à leur donner une apparence de sérieux ?

Aristote57 30/04/2015 11:09

Rappelons que si Anne ne le dit pas directement qu'il y a là réponse documentée à un certain aspect de la com GLNF actuelle.
En souci d'image (le sexisme, s'il ne derange nullement en soi les dirigeants fait tâche vis à vis d'une image voulue plus lisse et souriante) la GLNF cherche à se donner une image plus présentable sur ce sujet du sexisme institutué, pas glorieux !
Evidemment, pas question d'aller vers quelque renoncement, ni même d'oser aborder le sujet(voir la conference de B. Pinchard), la position reste bloquée : "c'est notre liberté de discriminer qui on veut" ... imaginons un meême pretextete sur la couleur de peau ... Passons !
En fait, l'astuce pour se dédouaner du sexisme à la GLNF serait de ressortir la tactique d'il y a un siecle en Angleterre qu'evoque LM :
jeter aux femmes qui veulent être FM, un nonos qualifié de "régularité" délivré par leur GL "régulière" qui devrait suffir pour avoir la paix ... et se donner bonne conscience ! Bien sûr ce nonos serait factice : pas question de recevoir ces réguliers en loge ! sauf pour quelques activités péripheriques bien sûr !
Est-il imaginable que cette insulte aux franc-maçonnes, même bien enveloppée dans des tonnes de compliments hypocrites sur leur fémininité, leur initiation naturelle et que "elle sont tellement mieux que les mâle ... qu'il est impossible de maconner ensemble" puisse recevoir un accueil favorable ?
Nous verrons !
J'exagere ? Relisez le discours du "theoricien" de VdHonnecourt et le soutien qu'il a reçu ici et sur le blog FDA ... C'est carrément explicite ... certaines d'entre vous sertaient interessées !

Brumaire 29/04/2015 18:26

Annie Besant ''qui reste une figure de détermination et de construction'', c'est sans doute vrai pour la détermination, mais pour la construction, ce n'est pas du tout mon avis, ce serait plutôt un empire de déconstruction. Pour preuve, avant elle, la fédération US était, au début du XX° siècle, la plus importante du Droit Humain, elle l'a réduite à peau de chagrin. Qu'on soit théosophe, chrétien, ou adorateur des pommes de terre germées, peu me chaut, mais qu'on garde pour soi ses convictions intimes, et que ces convictions ne se retrouvent pas dans des rituels maçonniques! Ce n'est pas cette attitude de respect qu'a eu A.Besant...Et qu'un GM d'une obédience maçonnique soit en même temps président de la société de théosophie, ou pape, cela me gêne, pour ne pas dire autre chose.

joaben 29/04/2015 20:56

Chere brumaire, tu commences à me connaître et le peu d'importance que je donne aux structures obedentielles. Donc que des obediences se divisent m'importe peu. Ce qui m'importe c'est que les FM se rassemblent. Et pour çà, ils ont intérêt à ne pas écouter les obediences.
Je ne connais pas autant que toi l'histoire Annie Bezant que toi et que tu vois de ton côté(DH). Moi je la vois côté GLFMW.
Je suis d'accord pour qu'on ne projette surtout pas nos convictions dans des rituels ... en tout cas ca demande de grandes précautions.
C'est un des biais de beaucoup de projeter leur passions et leur religion dans la FM.
Tiens il te suffit de regarder le blog bien connu de Dauphiné-Savoie ou celui qui y officie mélange sionisme, drapeau israelien et symboles maçonniques.
Et on a voit plusieurs projeter leur foi chretienne ou juive sur la FM et y voir du coup, une vulgarisation pour les nuls de leur religion, une version bis ou un annexe.
C'est d'autant plus nigaud de ne pas se rendre compte (et du coup de passer à côté de la FM) que les récits bibliques qui y sont mentionnés ne sont que des supports symboliques qui pourraient fort bien être remplacés par d'autres(voir Ambelain).
NB ... en y reflechissant, les fondateurs de la FM n'ont'ils pas projeté leurs convictions politiques, morales ?
Bon, j'avais pas de volonté de defendre A Besant à tout prix. J'entends ce que tu dis et la theosophie, pas trop mon truc.

joaben 29/04/2015 09:36

Etonnant quand même que cet article si bien construit suscite aussi peu de réaction lorsqu'on a lu par ailleurs les passions que déclenchent les volontés de discrimation féminine.
Peut être ton article est trop bien construit finalement ?
Je vais donc critiquer dans le sens inverse e ma position habituelle :
Finalement cette mise en avant de loges FEMININES n'est-il pas un support de la discrimination car finalement çà avalise ces barrieres artificielles contre-maçonniques qu'ont élevé ces groupes facultatifs que sont les obediences(pas seulement sur les questions de sexe) ?
Mettre en place des groupes féminins voire ostensiblement mixtes, ne seraient-ce pas d'autre barrieres, etiquettes ... sans rapport avec la FM ?
Comme quoi ... je ne m'en prend pas qu'à la GLNF ou ses avatars GLAMF, GLIF...!

joaben 29/04/2015 14:39

Désol d'avoir été ambigu. Je ne visais pas ton article, qui constate une réalité qu à de maniere générale mettre en avant qu'une obedience soit feminine, ou mixte.
Je n'ai pas parlé de "secte" qui a une définition très variable. Les membres se défendent toujours de faire partie d'une secte.
Et finalement comme le decrit bien milivudes, le caractere sectaire peut être partiel et progressif.
Parmi ces critères, les appellations gourouesques, revendication d'être de droit divin ou d'en être un lien, le refus d'expression, contestation, des statuts oppressifs, l'interdiction d'appartenir à une autre groupe, les exigences d'allégeance, les circuits financiers ténébreux, l'arrogance.
Si je ne vois vraiment pas GLFMW dans ce cadre, il paraît qu'il existe une certaine obedience dirigée par un "ultime lien avec Dieu" qui répond à beaucoup de ces caractéristiques ... tu en as entendu parler ?
Tiens son service de propagande vient de publier un article de plus à la gloire du sionisme et voulant y amalgamer la FM ... ah oui, il represente (Grand Officier sous allégeance) une obedience qui ne se mêle pas de politique et religion paraît-il !
Mais ca doit être une autre caracteristique de ces groupes, la duplicité.
Ceci dit depuis leur suffisance, pour se dédouaner de leur sexisme méprisant, ils veulent bien jeter aux FM femelles un bibelot : ils sont prêts à leur accorder une "régularité" de pacotille. Chacun connaissant votre frivolité, ca devrait suffir pour avoir la paix. Vous discuterez chiffons et parfums, c'est çà votre "féminité", à part des FM mâles. Tiens l'un d'eux m'expliquait il y a peu que la femme est incompatible avec la FM parce qu'il y a "secret" maçonnique ! Comment leur confier un secret ?
De tels propos tenus parfois doctement, méritent-ils autre chose qu'un claque ?
n'oubliez pas, que c'etait un autre de tes articles, la GLNF s'est fendue d'une conference à la gloire de "la féminité" ... bien ... pour induire que la dite féminité serait menacée par l'initiation ou pire à pratiquer la FM en compagnie de mâles.
Je me demande si les grossièretés des machistes ne sont pas préférables à ces hypocrisies.

La Maçonne 29/04/2015 13:43

Surtout qu'il ne s'agit pas d'une "mise en avant"
des obédiences féminines mais une réflexion à leur sujet avec un éclairage différent de ce qu'on peut raconter ou penser.
Ensuite, nous avons une définition différente de la secte. Cette obédience mixte anglaise oblige comme la GLNF à ses membres la croyance en un "dieu révélé", mais en sus est theosophe....
Leur premier GM était aussi président de la société de theosophie.
Obédience à visiter avec un chapeau en papier alu, au cas où des extra terrestres nous enleverraient ou qu'un esprit vienne nous posséder... On ne se méfie jamais assez du machiavélisme des ET Et des esprits.

YaKa 28/04/2015 21:37

une toute petite correction au risque de la voir remonter dans le temps ;-)

Annie Wood Besant (1947-1933) 1847

Brumaire 28/04/2015 18:55

Chère LM, merci pour ton article qui va sans doute être fort commenté, car ce dont tu parles éclaire les FM français d'un jour différent de ce dont ils ont l'habitude.
Juste deux précisions: 1:c'est vrai qu'A. Besant a développé le Droit Humain dans les pays anglo-saxons, en y développant en parallèle sa théosophie. Elle a eu beau jeu de le faire car GMartin lui a donné carte blanche, lui qui ne parlait pas un mot d'anglais. Elle a donc fait ce qu'elle a voulu, et, au passage, a transformé dans ces pays ce qui caractérisait le Droit Humain des débuts en imposant ses rituels qu'elle avait fortement connotés de théosophie, qui en ont été plus tard, mais pas partout, débarrassés:ainsi, la fédération orientale (Inde, NZélande) a été sortie du Droit Humain, car non conforme aux principes de l'Ordre: on y était surtout théosophe et très peu FM...
2: La fédération britannique du Droit Humain s'appelait, jusque récemment: Co-Freemasonry, mais, pour les mêmes raisons que la Gde Lodge for Men and Women, elle s'appelle Freemasonry for Men and Women LE DROIT HUMAIN.

Aristote57 28/04/2015 20:56

GLFMW est en effet partie prenante essentielle de GLEFU. Si le personnage d'Annie Bezant n'a pas la même importance au niveau fédéral elle en reste une figure qui donne exemple de détermination, construction.
C'est aussi là que nous voyons à l'aide de quels ressorts l'Europe, pas seulement maçonnique peut prendre sens.
Des Anglais chantant l'hymne européen et des francais, italiens travaillant sur un rite anglais.
Ne serait-ce pas une forme de "régularité plus que la régularité gnangnan à vocation d'exclure ?

La Maçonne 28/04/2015 20:39

Merci pour ces précisions, Brumaire. L'obédience mixte dont je parle (anglaise) scission du DH se dit être "proche" de la Nouvelle Zélande et de l'Inde. Annie Besant a, effectivement, développée un empire ... comme je le dis. Le mot est important.

Aristote57 28/04/2015 09:41

Bravo pour cet article, bien documenté.
D'autant plus qu' il met en évidence une des erreurs classiques qui a hanté les acteurs de la crise GLNF et qui continue.
D'analyser les "choses" anglaises avec un raisonnement francais, voire "franchouillard".
Souvent avec l'arrogance qui est dans la réputation qui nous est faite à l'etranger, non sans raison.
Il en est ainsi de la question "theiste-déiste" sur laquelle une frange de GLAMF veut s'inventer une "3e voie" par differentiation . La dite 3e voie n'ayant aucun contenu ... mais un numero(3) ...
Cette question, les anglais s'en désinteressent. Car il ne sont pas empreints d'une tradition dogmatique catholique ou le "croire" prend une signification de soumission obligatoire aux dits dogmes édictés par un pape infaillible, faute de quoi on est anathème ...
La croyance en un GADLU est purement pragmatique et sert de lien dans les récits des rituels. Ce qui crispe des français non croyants indifferent les anglais non croyants.
Les anglais fonctionnent d'autre part en mode purement contractuel.
Ainsi pour que la reconnaissance soit retirée à la GLNF, peut leur importait les turpitudes internes, seuls comptaient le respect ou non des Basic Principles.C'est pourquoi la situation financiere, les statuts à la sovietique, les derives immobilieres ne les dérangeait pas ... TANT QU'IL N'Y AVAIT PAS DE CONTESTATION INTERNE suffisament forte. D'où la responsabilité que portent les GLAMF de l'epoque dans la molesse de leur contestation.
Et il en fut de même lors de la re-reconnaissance : il n'y a aucun quitus de UGLE.
Concernant l'approche féminine, il en est de même UGLE voulait garder sous contrôle et a donné un hochet de pseudo-reconnaissance, sans visite(à l'epoque) aux loges feminines. C'est ce dont rêve la GLNF pour teter de se dédouaner de son sexisme. Ainsi ce serait GLNF qui "concederait" une "régularité" à des GLF qui se soumettraient et ne contesteraient pas le pouvoir mâle en place.
Il est vident que si des obediences non sexistes (et c'est possible) se laissent ainsi berner ce serait un nouveau recul de la FM et une avancée vers la pacotille.
En fait parler de franc-maconnerie masculine, féminine, mixte est un piège tendu par les sexistes, qui garde son efficacité, comme on le constate, même les victimes s'y coulant :
Il faut parler de franc-maconnerie et laisser à ceux qui veulent élever des barrieres pour diviser les franc-maçons que ce soit sous pretexte de sexe, couleur de peau, religion de se justifier de leurs actions.
La francmaconnerie RASSEMBLE ce que des ambitieux d'obedience ont dispersé.
Il est temps d'abattre ces barrieres qui, PAR DEFINITION, sont contre maçonniques. Il y a des resistances, pas seulement de ceux qui les ont élevés ... mais de ceux qui ont été parqués à côté.