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La Maçonne

« Penser, un défi pour être libre » Corinne Drescher-Lenoir & Collectif GLFF (Voix d'Initiées)

« Penser, un défi pour être libre » Corinne Drescher-Lenoir & Collectif GLFF (Voix d'Initiées)

Le dernier volume de la collection Voix d'Initiées, exclusivement réservée à la GLFF, a pour titre : « Penser, un défi pour être libre ». Sorti en mai 2015, préfacé par Catherine Jeannin-Naltet, dirigé par Corinne Drescher-Lenoir, il a été rédigé par un collectif de la GLFF. Les textes ont été réalisés autant par des sœurs à titre individuellement que par des loges ou des groupes de sœurs. Si Corinne Drescher-Lenoir a dirigé ce volume, elle est aussi l'auteure du photomontage de la couverture comme celui inséré page 118 de ce livre.

Le projet initial avait pour thème « Oser penser » que Catherine Jeannin-Naltet introduit dans sa préface ainsi : « Oser penser », la devise des Lumières telle que Kant l'a formulée, a servi de guide à notre réflexion. Sans marginaliser la nécessité de résister et d'agir, nous avons choisi de nous intéresser à ces espaces de liberté qui permettent d'ouvrir des fenêtres que, les yeux fixés sur le danger et la violence qui imprègnent toute souffrance, nous n'aurions pas nécessairement vues. »

Et de conclure «Outre la nécessité de préserver notre liberté de penser et d'agir, il est de notre devoir de résister mais aussi et surtout d'intensifier son champ d'expression. Penser est de l'ordre de la nécessité. Penser plus, penser autrement, c'est faire converger la pensée et l'action en oeuvrant à la transformation spirituelle des passions. Ainsi pourraient se résumer les propositions de réflexions ouvertes ici par les franc-maçonnes. »

Critica Masonica (le blog adjoint à la revue du même nom) – que je sais être parfaitement féministe - se demande pourquoi un tel sujet. Sous le titre « Féminitude », qui en dit plus long que l'article lui-même, il s'interroge ainsi : http://criticamasonica.over-blog.com/2015/06/feminitude.html

« Certes, on pourra se demander ce qui justifie, en 2015, qu’une telle tâche intellectuelle soit menée explicitement par des femmes, même quand certains textes, assez rares dans cet ensemble, relèvent d’une démarche féministe. C’est un peu comme si l’on devait encore prouver que des femmes peuvent penser et écrire et c'est à croire qu'il y aurait chez les robes noires quelque retard d'émancipation à rattraper. »

Hier, c'était trop tôt. Aujourd'hui, cela semble être trop tard. Bref, ce n'est jamais le moment. Décidément, qu'un groupe de femmes – des franc-maçonnes – écrivent sur la pensée et son défi – semble toujours susciter le soupçon. Imaginons qu'un travail identique soit produit par une obédience masculine, est-ce que quelqu'un se demanderait si nos frères ont un retard d'émancipation ? Pour paraphraser Catherine Jeannin-Naltet, si oser penser est une nécessité, s'il faut penser mieux et autrement, il était aussi nécessaire d'en parler.

Le premier texte "Aie le courage de te servir de ton propre entendement" permet de définir un cadre philosophique et maçonnique, utile pour la bonne compréhension du rapport à la pensée aux philosophes des Lumières. Il n'hésite pas à aborder l'histoire de la franc-maçonnerie, via l'histoire de la pensée ésotérique.

Les deux textes suivants, plus spécifiques, présentent pour l'un « le Conte philosophique, aiguillon de la pensée » et pour l'autre « La pensée, construction et forme ». Pour le premier, le conte philosophique est présenté avec érudition comme interaction entre son auteur et ses lecteurs. Le texte suivant tente de définir l'indescriptible pensée, nous éclairant d'une réflexion philosophique comme nous proposant une présentation scientifique & biologique de la pensée.

Penser, bien sûr – mais ce qui la contraint, l'enferme est aussi débattu dans : « les Remparts de la peur » et « les Aliénations insidieuses », deux essais sur notre société. Des peurs collectives pensées pour nous à la marchandisation des cerveaux, l'acte de penser est, pour la femme contemporaine comme pour l'homme, un combat incessant contre une société médiatique, pour ne pas dire « sur-médiatisé ». Pourtant, au delà d'un tableau sombre et affranchi que ces deux textes nous présentent, surgit ici une réflexion assez fine sur ce qui nous conduit aussi à nous révolter.

« Elles ont osé » est le texte inattendu ou – du-moins – qui fait d'ailleurs l'intérêt de cette collection conçue par la Grande Loge Féminine de France. La première partie introductive co-écrite par deux sœurs est une approche poétique de la pensée, comme arme émancipatrice. La suite – sans être une liste exhaustive des penseuses ayant existées, nous démontre que les femmes ont appartenu à l'histoire de la pensée.

« Oser penser autrement » serait un petit guide à l'intention de celles qui n'osent pas. S'égarer sur des terres inconnues, conquérir et libérer sa pensée sont autant de pistes qu'une franc-maçonne peut mettre en pratique. Ce texte comme le suivant « la pensée maçonnique est un voyage » sont d'ailleurs spécifiquement maçonnique. Le collectif de la Grande Loge Féminine de France y prends d'ailleurs toute sa dimension, ce sont de nombreuses voix qui répondent, s’interpellent et s'unissent dans ses textes.

« Oser aller vers sa vraie patrie » est le dernier texte de ce volume, un hymne à être, à se construire, à s'éveiller et à se s'émerveiller.

« Penser, un défi pour être libre » est de ces livres que l'on ouvre souvent, laissé à portée de main, source d'inspiration, qui finit écorné et abîmé. C'est un livre à vivre et à penser, poussant à l'action comme à la méditation. Penser, c'est tout cela. Enfin, je pense.

Lilithement vôtre,

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JP Délas 22/06/2015 14:02

8° § présentent et non présente.