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La Maçonne

Cette guillotine que nous devons à la Révolution de 1789.

Cette guillotine que nous devons à la Révolution de 1789.

La « Révolution de 1789 » est une période de l'histoire quelque peu controversée, surtout sa suite : « la Terreur », bien que nous la fêtons tous les 14 juillet … Du côté des grandes inventions qui ont changé le monde (ou presque), les rares françaises de 1789 à 1799 sont le télégraphe aérien (de Claude Chappe), le crayon à mine de graphite (aujourd'hui appelé crayon de papier) de Conté, et enfin la boîte de conserve (Nicolas Appert).

Bien sûr, les inventions qui nous suivent sont celles des idées : l'Assemblée nationale, la démocratie, et non la moindre : la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen …

Il ne faut pas oublier dans cette liste non-exhaustive : la guillotine, présentée un beau jour de 1789 par le docteur Guillotin.

La guillotine, pour la France, est très certainement tout autant symbole républicain que le drapeau tricolore et la Marseillaise.

Une abolition qui n'aura pas lieu.

Les moyens d'exécutions sous l'Ancien Régime étaient plus sommaires : la pendaison et la décapitation, voir le bûcher pour les crimes « religieux » comme la sorcellerie. Un certain nombre de supplices sont associés à la condamnation elle-même : la peine de la roue ou l'écartèlement destiné aux régicides. Ainsi, Robert-François Damiens est le dernier condamné en 1757 pour ce type de crime.

Le détail de la sentence fait froid dans le dos : amende honorable, poing tranché, « tenaillement aux mamelles, bras, cuisses et gras des jambes » sur lesquels le bourreau répand un mélange de plomb fondu, huile bouillante et soufre, puis écartèlement par 4 chevaux pour arracher les membres ensuite jetés au feu, sans compter l’abattis de la maison et le bannissement de la famille du coupable. C'est d'ailleurs un dénommé Nicolas-Charles-Gabriel Sanson assisté de son neveu qui devient un des bourreaux les plus connus de l'histoire de France, Sanson, qui exécuta la sentence.

Cependant, dans le courant du 18ème siècle, les sentences de condamnations à mort sont bien moins nombreuses qu'au siècle précédent. De 15 à 20% avant 1750, ces condamnations représenteront que 5% de celles prononcées. Les bourreaux étaient au nombre de 160 avant la Révolution de 1789. C'était une corporation de métiers à part – non pas uniquement pour son activité particulière – mais parce qu'ils étaient rejetés par la population, exclus de toute vie sociale, ayant de difficultés jusqu'à se trouver un logement et de quoi se nourrir. Dans certaines régions de France, les bourreaux étaient issus de lignée familiale de père en fils, avec transmission du « savoir-faire » par un long apprentissage. On connait ainsi des noms : les Sanson de Paris (1688 à 1847), les Jouënne, les Férey en Normandie. Dans d'autres régions, ils étaient bien souvent des anciens condamnés qui étaient, en acceptant cette charge, graciés. Une partie de leur rémunération était tirée de la vente de cadavres des condamnés comme des animaux … et de leurs dons supposés de guérisseurs et de chirurgiens.

Le siècle des Lumières ouvrit une première brèche quant à la nature des exécutions. Les supplices furent de plus en plus mal perçus par les philosophes, très certainement aidés en cela par la population. Montesquieu en premier lieu, suivi par les encyclopédistes, décrièrent la cruauté des exécutions, voir même remettait en cause pour Beccaria la peine de mort elle-même. Ce jeune marquis, qui rompt ses liens avec sa famille pour un mariage hors de son milieu, inspiré par les philosophes des Lumières, publia à l'âge de 26 ans « Des délits et des peines » (1764) qui pose les premiers jalons de la justice moderne. Novateur, il propose une parfaite synthèse que l'on peut qualifier de laïque des arguments contre la peine de mort proposant les travaux forcés à perpétuité. Tout est, en effet, relatif.

« Le frein le plus puissant pour arrêter les crimes n’est pas le spectacle terrible mais momentané de la mort d’un scélérat, c’est le tourment d’un homme privé de sa liberté, transformé en bête de somme, et qui paie par ses fatigues le tort qu’il a fait à la société... Ainsi donc, les travaux forcés substitués à la peine de mort ont toute la sévérité voulue pour détourner du crime l’esprit le plus déterminé. Je dirai plus : beaucoup regardent la mort d’un œil tranquille et ferme, les uns par fanatisme, d’autres par vanité... Mais ni le fanatisme ni la vanité ne persistent dans les fers et les chaînes, sous le bâton et sous le joug, dans une cage de fer, et les maux du malheureux, au lieu de finir, ne font alors que commencer. »

La question de la peine de mort est revue lors de l'élaboration du Code Pénal de 1791. Les peines ne devaient plus profilés une notion de vengeance et se devait servir d'exemples. Les condamnés ont ainsi la possibilité de s'amender, de s'intégrer dans la société, et donc s'améliorer. Il était déjà constaté que la peine de mort n'avait aucun effet pour réduire les crimes ou encore il est évoqué les erreurs judiciaires, irréparables si le condamné est tué. « En Angleterre, la peine de mort menace presque tous les vols ; et dans nul pays, on ne vole plus habituellement qu’en Angleterre ».

Encore une fois, la proposition faite lors des débats, présentée comme plus humaine, est assez relative. La détention du condamné est, bien sûr, proposé, mais dans un cachot obscur où le condamné sera voué « à une entière solitude » et enchaîné par des fers. L'approche humaniste est que cette condamnation ne doit pas excéder 24 ans ! (avec un minimum de 12 ans). L'objectif est aussi d'exposer le condamné au peuple pour des motifs assez obscurs comme son édification :

« Une seule fois par mois, les peines du condamné ne seront pas solitaires. Les portes du cachot seront ouvertes, mais ce sera pour offrir au peuple une imposante leçon. Le peuple pourra voir le condamné chargé de fers au fond de son douloureux réduit ; et il lira tracé en gros caractères, au-dessus de la porte du cachot, le nom du coupable, le crime et le jugement ».

Par contre, la peine de mort est maintenu pour les « crimes politiques » au nom de la sûreté de l'état. Deux camps s'opposent : les abolitionnistes et ceux qui veulent maintenir la peine mort. Parmi les abolionnistes, on trouve Robespierre, Pétion et Duport. Le premier argument fut d'ailleurs de considérer que la peine de mort est synonyme de barbarie et de tyrannie. Le dernier argument, assez insuffisant, était de considérer que la peine de mort niait la loi de la nature. Un être humain n'ayant pas le droit, quelque soit la forme que cela peut prendre, de tuer un autre être humain. Que ce soit suivant la morale, les voix sinueuses de la religion, elle n'a pas de rôle modérateur vis-à-vis du crime, et offre au contraire comme réponse un autre crime. Derrière ce débat, il y a bien sûr une réflexion plus profonde sur la politique, souhaitant s'attaquer aux causes même de la criminalité : la justice, une gouvernance des peuples honnête et juste, l'instruction, le travail, … la lutte contre la misère.

Les adversaires, ceux qui ont finalement réussi à maintenir la peine de mort jusqu'à nos jours dans différents pays occidentaux, ont considéré, finalement, comme réalité naturelle : la loi du Talion. Le criminel, l'assassin doit être condamné selon son crime. Pour les uns – les abolitionnistes – l'être humain peut se racheter, s'améliorer avec les soins et les aides nécessaires tout au long de sa vie, pour les autres, l'être humain est mauvais – du-moins toute une catégorie – l'amélioration de l'humanité n'est guère possible.

Pour finir ce chapitre, la peine de mort fut (comme on le sait) maintenu, mais n'était plus condamné à mort pour attentats aux bonnes mœurs, ceux religieux, et les vols ne sont plus susceptible d'être assorti d'une condamnation à mort. Le supplice, les tortures sont quant à eux supprimés des pénalités possibles. Les modalités (techniques) de la peine de mort sera la « tête tranchée ».

Cette guillotine que nous devons à la Révolution de 1789.

Vers l'invention de la guillotine ...

C'est Joseph-Ignace Guillotin, docteur est député, qui dès octobre 1789, souhaitait un projet de réforme où tous les condamnés, quelques soient leurs rangs sociaux, devraient être exposés au même type de peine dans un programme en 6 points et présenta une condamnation « égalitaire » une « machine à couper les coups » déclarant :

« Messieurs, avec ma machine, je vous fait sauter la tête en un clin d’œil, et sans que vous éprouviez la moindre douleur » ou encore « Le supplice que j’ai inventé est si doux qu’on ne saurait que dire si l’on ne s’attendait pas à mourir et qu’on croirait n’avoir senti sur le cou qu’une légère fraîcheur ». Le véritable concepteur de la Guillotine n'est pas ce bon docteur Guillotin aux formules savoureuses, mais un autre médecin Antoine Louis. Cette invention n'exista réellement que bien plus tard …

Pourtant, il faut modérer l'origine même de l'invention. Guillotin s'était inspiré, très certainement, de « guillotines » plus anciennes, portant d'autres noms. On en trouve trace en Ecosse, « maiden » (« jeune fille » que l'on repris en français sous le nom de « la Veuve »), dès 1564, plus tôt enore en 1260 à Naples (manaia), en Hollande (en 1233), ainsi qu'en France, sous le nom de doloire. On retrouve, de même, des guillotines en peinture avant son invention officielle et révolutionnaire, un St-Mathieu guillotiné par Cranach, Durer guillotinant le fils du général romain Titus Manlius ou encore l'exécution du célèbre Thomas More (ah ! Utopie!) en 1535.

C'est un bourreau – hé oui ! - qui s'inquiète le premier des modalités pratiques de la décapitation.

Charles-Henri Sanson, descendant d'une grande lignée de bourreau, alors qu'un embouteillage de condamnés à mort encombrait les prisons, écrit ainsi: « tout condamné aura la tête tranchée ». Cela a le mérite d’être clair mais, on ne peut adopter la technique de la décapitation - à l’épée - utilisée naguère pour les seuls nobles. La décollation ainsi faite risque de devenir l’occasion de scènes scandaleuses car elle suppose à la fois adresse de l’exécuteur et obéissance scrupuleuse, grande fermeté du patient, ce qui n’est pas dit d’avance, vu que tous les condamnés à mort seront désormais décapités. Le corps à corps entre le bourreau et le condamné subsiste et il est gros de dangers et de dérapages : en cas de faiblesse du condamné, « l’exécution deviendra une lutte et un massacre ».

Charles-Henri Sanson n'est pas totalement inconnu. En sus d'avoir assisté son oncle dans l'exécution de Damiens, en intervenant pour faire cesser par ailleurs son supplice, il exécuta avant la Révolution le Chevalier de la Barre, condamné pour blasphème, ainsi que l'empoisonneur Antoine-François Desrues (1777). Il rata la décapitation en 1766, de Thomas Arthur de Lally Tollendal, condamné par décapitation, devant s'y reprendre à plusieurs fois. Ceci explique d'ailleurs son message à l'intention des députés. C'est d'ailleurs cette exécution ratée qui scandalisa Voltaire, ainsi que l'opinion publique, qui entrepris sa réhabilitation.

C'est, dans ce contexte, que la guillotine fut « commandée » au docteur Louis qui en traça le plan. La première guillotine fut fabriquée par Tobias Schmidt, fabriquant d'instruments de musique et amis de Sanson. Les premiers essais auront lieu dans les mains expertes de notre bourreau le 17 avril 1792 sur d'abord des cadavres, sur un mouton vivant et quelques jours plus tard sur le premier condamné : Nicolas Jacques Pelletier, voleur et assassin.

La guillotine, fille des Lumières, répond à une double attente : moins douloureuse (c'est à prouver!) et utilisable sur toutes et tous, quelque soit leurs rangs. Disons-le, elle raccourcit d'une tête les différences sociales. « On ne saurait imaginer un instrument de mort qui concilie mieux ce qu’on doit à l’humanité et ce qu’exige la loi, du moins tant que la peine capitale ne sera pas abolie », disait Louis-Marie Prudhomme

Par ailleurs, étant mécanique, la peine de mort devient impersonnelle, éloignant le bourreau du supplicié. Le bourreau devient un machiniste, une sorte d'ouvrier des temps modernes. La machine, par ailleurs, réduit le nombre de bourreau à sa plus simple expression. Mieux encore, elle réduit le temps de mise à mort. En cela, elle devient non plus uniquement un outil de justice, mais celui de massacre et d'assassinats en série sous la Terreur.

La guillotine : l'outil de la Terreur.

Il ne faut pas, non plus, s'en conter. La démocratie, cette autre invention de la Révolution, ne peut être séparée de la guillotine qui devint l'instrument, sinon le symbole, du Tribunal révolutionnaire. Elle fut assez bien nommée : « sainte guillotine », « rasoir national », ou « le raccourcissement patriotique », « autel de la patrie » … . J'ai un faible – de très mauvais goût – pour la « faux de l’égalité ».

Avant tout, si le régicide était quelques années plus tôt durement condamné, c'est par un régicide – justement – que la guillotine libéra le peuple et ouvrit à une démocratie.

De ce royal condamné, tout fut dit ou presque. Il fut guillotiné le 21 janvier 1793, conduit, non pas dans la charrette des condamnés, mais dans la voiture du maire de Paris, précédé de 200 gendarmes et le trajet protégé par 80 000 hommes en armes dont 20 000 environ entoure l'échafaud, peint en rouge. Celui qui l'actionna ne fut nul autre que Sanson pour lequel la machine fut finalement inventée. Une étonnante ironie de l'histoire … Celui qui exécuta le dernier régicide de l'histoire de France en devint un.

Si la guillotine se veut plus humaine, cette exécution comme bien d'autres qui suivirent annonça le contraire : chants, farandole, voir même bain de sang … C'est aussi Sanson - plus tard accusé de royalisme - qui écrivit une lettre pour réhabilité la mémoire de Louis XVI lors de ses derniers instants.

De 1792 à 1795, on compte entre 13 800 et 18 613 guillotinés (il est tenu compte des exécutions sans jugement). Sur ce nombre, 2794 le furent à Paris, sous la Terreur. On ajoute 25 000 décapitations par simple décision administrative. Cela correspond à un total, pour la seule période révolutionnaire, de 38 000 à 43 000 guillotinés.

Pour la période dite de « la Grande Terreur » soit les 40 jours de dictature de Robespierre, l'âpre défenseur de l'abolition de la peine de mort, il y a eut 1373 condamnés (du 10 juin au 27 juillet 1794).

La Terreur ouvrira sur un autre mode d'exécution pour les prochains siècles. Les prochaines crises politiques seront assortis de répressions politiques identiques. Avec pour les gouvernements marqués à gauche, notera-t-on, une répression judiciaire usant de la guillotine, alors que les gouvernements de droite traiteront les mêmes causes en usant de moyens plus conservateurs comme l'armée. La guillotine, en effet, même si elle existe sous des formes plus anciennes, demeure, en effet, un symbole de modernité. Elle ne fut, pourtant, jamais nommée dans le Code Pénal. Elle a été uniquement désignée sous une formule : « manière indiquée et mode adopté par la consultation du secrétaire perpétuel de l’Académie de Chirurgie. »

Le spectacle de la mort.

La mise en scène des condamnations n'a pas été complétement exclue des « méthodes » devant incité la population à plus de mesures vis-à-vis du pouvoir en place. Les condamnés étaient véhiculés, les bras attachés dans le dos, dans des charrettes. Le trajet durait une heure à une heure et demi. Des prêtres habillés en civil se cachaient dans l'assistance pour donner l'absolution aux condamnés qui défilent devant eux. C'est toujours Charles Henri Sanson qui, à Paris, officiera avec comme aide, son fils, nouvel apprenti d'une confrérie qui a vu arrivée la modernisation de son outil de travail avec bonheur. Les vêtements et effets personnels sont collectés et scrupulusement notés par des greffiers pour être fournis aux hospices, alors que les corps sont jetés au fond des fosses communes.

La période de la Terreur furent très certainement la plus meurtrière, même s'il manque de données essentielles. Les condamnations capitales au début du 19ème siècle représentent malgré tout un peu moins de la moitié des sentences sous le Consulat et l'Empire. La sévérité est sans contexte le modèle choisit par les tribunaux. Les assises (1811) condamneront en 1816 plus de 500 personnes à mort. Le début du 19ème siècle ne fut guère plus humain que le siècle précédent. Sur la même période, l'Angleterre atteint des pics de 1000 condamnés, à tel point, soulignent les historiens, que les individus accusés pour meurtres est huit fois moins nombreux que les condamnés à mort ! A partir de 1850, on comptera qu'une 50aine de condamnés, dont le nombre se réduira peu à peu jusqu'aux années 1970, malgré trois remontées. Soit en 1900, où le banditisme augmenta terrorisant la populaition conduisant certainement à une justice plus sévère et après les deux guerres mondiales. On y retrouvera les premiers serial killers français comme Landru ou Petiot.

Extrait d'un article de 1827.
Extrait d'un article de 1827.

Cette guillotine que l'on cache.

Les débuts difficiles et meurtriers du 19ème siècle reflètent un retour à l'ancien régime : les vols ainsi que le faux monnayages sont passibles de peines de morts. On renoue aussi avec de vieille méthode, comme couper le poing pour un parricide, et faits nouveaux, les atteintes à un fonctionnaire, s'il décède dans les 40 jours ou si elle portent une intention de meurtre. Les tentatives et les complicités sont aussi associés aux crimes, eux-mêmes. Après la révolution de 1848, dans ses débuts, souhaitant éloignant la peur d'une nouvelle Terreur, supprime la peine de mort pour des raisons politiques. Avant la seconde guerre mondiale, la France connut une période noire allongeant la liste des condamnations à mort. Vichy continua l'oeuvre amorcée et condamna à mort de nombreux citoyens, pour vols, trahisons, espionnages, utilisation d'une radio, détention d'une arme, …

Pourtant, sous la Monarchie de Juillet, la notion de circonstance atténuante permet de réduire le nombre de condamnés, presque de moitié d'une année sur l'autre dès 1832 (90 condamnés contre seulement 50 en 1833). La présence de jurés permet effectivement de réduire les condamnations à mort aux crimes les plus graves,en tenant compte de la personnalité de l'accusé et des circonstances du crime.

Une autre tendance apparaît dans le courant du 19ème siècle : la guillotine devient de moins en moins place publique, même si on maintient suivant la période, une mise en scène plus ou moins sophistiquée. Il fut, effectivement, rapidement mis en cause l'impact des exécutions publiques sur la population.

Dans le courant du 19ème siècle, les récits se suivent présentant des foules de badauds morbides, venant au spectacle. Les criminels célèbres attirent bien plus que les autres, jusqu'à 3 à 4000 personnes. Des rapports police signalent des rassemblements de 25 à 30 000 personnes. … Après 1870, les exécutions ont lieu rapidement après la sentence. Tout est fait rapidement : entretien avec l'aumonier, verre de rhum, toilette, … et camisole de force.

La société du 19ème siècle, méprisante autant vis-à-vis des plus démunis comme des femmes, font d'eux les spectateurs avides de sangs, de ces exécutions comme le montre l'extrait de cet article relatant une double exécution de la mère et de sa fille pour avoir tué le mari et père en 1827.

Les symboles républicains de l'exécution disparaissent, eux, peu à peu. Les chemises rouges pour les assassins, les incendiaires, le voile noir pour les parricides, …perdent leur sens. Les horaires changent : celles organisées à midi et de l'après-midi permettaient d'avoir foule passent au matin, faisant venir l'ouvrier avant son travail. Finalement, elles auront lieu à l'aube à 4 heures du matin.

De même, les lieux de l'exécution quittent les centres villes pour les organiser à proximité des prisons, dans des banlieues ouvrières. La dernière exécution publique a lieu en 1939. Ses photos ayant fait le tour du monde, conduisit à produire un décret mettant fin à ce type de manifestation. Elles ne montraient aucune femme et une assemblée d'hommes d'à peine une 100aine de personnes.

Pour les pouvoirs publics, cette publicité et cette mise en spectacle sont des criants échecs. De même, les condamnés ne se laissent pas guillotinés, tous, comme les autorités voudraient qu'ils fassent, à des fins, bien entendu, d'éducation des masses. Les pouvoirs politiques voudraient des condamnés dociles, repentants, … Non pas des cris d'innocence, de haine contre la société … Pire encore, les condamnés qui se rebellent face à la terrible échéance.

Les ratés de l'exécution - bourreaux ivres, violences inutiles, guillotine mal entretenue qui nécessite plusieurs essais - marquent les esprits.

Ainsi, dès 1939, la guillotine est envoyée en prison ...

Et les femmes?

C'est une condamnée qui marqua le plus l'opinion publique : Georgette Lebon, épouse Thomas, fut la dernière condamnée place publique, à la fin du 19ème siècle . Elle fut condamnée pour avoir tuée sa mère, qu'elle jugeait possédée en la jetant dans la cheminée familiale avec l'aide de ses frères. Prenant peur, elle courut se confesser alors que son mari terminait le travail jusqu'à l'arrivée des gendarmes. Elle fut porté dans la charrette, sortit de force de celle-ci, portée jusqu'à l'échafaud, se débattant, pleurant et hurlant, voir même un assistant fut obligé de tenir sa tête afin que la guillotine fasse son oeuvre. Le spectacle de cette exécution troubla la population et obligea les politiques à conduire une réflexion sur la place de la guillotine sur la place publique. La femme qui suivit le fut seulement en 1942 pour infanticide. Elles n'ont pas été nombreuses

Sous la Révolution, de nombreuses femmes furent exécutées - et tout autant trompées par une justice révolutionnaire avide de trouver son lot de coupables - Charlotte Corday est la plus connue. On associe, aussi, à la guillotine, Olympe de Gouges. Il y a les filles, les mères, qui accompagnent les leurs à l'échafaud. Celles encore qui cache des contre-révolutionnaires chez elles. Il faut compter aussi, lors de la période de la Révolution, des religieuses (béatifiées comme victimes de la Révolution) qui furent exécutées. .

Barbare, meurtrière, la République et la démocratie n'ont pas réussi à éloigner son ombre des cours des prisons avant 1981.

Lilithement vôtre,

Sources : 

Différents articles Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillotine#La_guillotine_.C2.AB_ultima_ratio_.C2.BB

"La guillotine et les exécuteurs des arrêts criminels pendant la révolution : d'après des documents inédits tirés des archives de l'Etat" par  Lenôtre, G. (1855-1935) - Éditeur : Perrin (Paris) - Date d'édition : 1893

http://www.enap.justice.fr/ressources/index.php?rubrique=108

http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/05/08/les-francais-juges-plus-favorables-a-la-peine-de-mort-qu-en-2014_4630334_3224.html

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nekam 19/07/2015 18:23

Un blog maçonnique qui fait un article sur la guillotine sans mentionner que Guillotin était franc-maçon, voilà qui est curieux

le coq 16/07/2015 00:23

. Soit en 1900, où le banditisme augmenta terrorisant la populaition conduisant certainement à une justice plus sévère et après les deux guerres mondiales
1894 EXPLOSION DU POLE POLYNESIEN, favorisant la peste de bombay, et les mouvements sociaux de 1896, 1900 n'est qu'une conséquence du deplacement du pole magnetique , de la pertubation sociale qui en découle et des recoltes faibles et des maladies.
Etant au pouvoir, je vous considère comme responsable ET DONC comme traitre à l'humanité , tout comme 1937 et tout comme 2041

TS 21/07/2015 08:24

C'est quoi comme variété d'herbe qu tu cultives .

La Maçonne 16/07/2015 21:29

Il est vrai qu'au début du 20ème siècle, une augmentation du banditisme a "obligé" une justice plus dure ... Mais cela n'excuse pas les gouvernements de l'époque.
Par contre, n'étant pas au pouvoir et ni de machine à voyager dans le futur; je ne peux pas vous répondre au sujet de 2041 et - encore moins sur le déplacement du pôle magnétique.

hector 15/07/2015 10:10

Article un peu long !
il aurait fallu le couper un petit peu !
Bon je déconne !!!!!!