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La Maçonne

La loge & le rituel pour choisir

La loge.

La loge* est, à la fois, espace-temps et symbole en elle-même. Espace, parce que la loge est le lieu où se retrouve les sœurs et les frères se constituant en petit groupe. Une loge porte un nom, un numéro et un orient, qui est la ville où se situe la loge. Les premiers francs-maçons se retrouvaient, pourtant, non pas dans les temples – c'est-à-dire dans des endroits dédiés – mais dans les arrières-salles de tavernes, des salons de l'aristocratie, … Ce qui signifie que la loge est un espace à elle-seule. Les francs-maçons contemporains l'oublient bien souvent : elle peut exister dans n'importe quel lieu. Elle est aussi un instant, qui d'ailleurs dure plusieurs heures. La loge, en effet, existe grâce au rituel. Le reste du temps elle n'est qu'une association comme une autre. Si une franc-maçonnerie sans rituel ne peut exister et n'a aucun sens, c'est aussi vrai pour la loge.

Elle est, elle-même, au travers de ce rituel, un symbole. Suivant nos sensibilités, nos réflexions, et nos expériences, une loge ne revêt pas une signification unique. C'est ce qui fait, selon moi, la richesse de la loge : elle ne peut être enfermée dans une seule définition.

Le rituel.

Tout le monde a croisé, au moins une fois dans sa vie, un rituel. Nos vies sont rythmées d'ailleurs de rituels. De ceux que nous nous créons : celui du matin avant de partir au travail, de ceux que notre société (bien que profane) nous impose comme une cour de justice, l'armée, l'école, … Il y a, bien entendu, les rituels religieux.

Tous ces rituels ont pour objet d'organiser nos existences. Ils sont plus ou moins présents et, même, disons-le, encombrants ou dérangeants. Qui peut supporter, à part les militaires, de défiler au pas ? Un rituel nous relie, pourtant, les uns aux autres, intègrent nos identités.

La franc-maçonnerie possède ses propres rituels pour toutes occasions ou presque. Ils sont, souvent, la cause de discussions sans fin et sans fondements sur la pureté de ceux-ci. Sans fondement : parce qu'aucun rite n'est « meilleur » qu'un autre. Aucun ne peut prétendre, non plus, ouvrir à une autoroute vers une initiation supérieure. Bref, que l'on pratique tel ou tel rituel, il faut comprendre que c'est uniquement le travail personnel que l'on fait qui fait de la femme ou de l'homme, « l'initié ».

Une loge – dite aussi loge bleue – travaille aux trois premiers degrés : apprenti, compagnon et maître. Les rituels sont autant les cérémonies d'initiation et d'élévation aux différents degrés pratiqués. Ils ouvrent et ferment les travaux, permettant ainsi de cadrer une réunion dans un espace-temps lui même symbolique (de midi à minuit, décors du temple, dispositions des membres de la loge dans le temple, etc).

Les rituels les plus courants, et disponibles pour les femmes, sont le Rite Français, le Rite Ecossais Ancien & Accepté, le Rite Ecossais Rectifié, le Rite Français Moderne Rétabli et le Rite de Memphis-Misraïm.

Le Rite Français trouve ses origines aux alentours de 1785, lorsque le GODF a souhaité uniformisé les rituels utilisés dans ses loges. Il est pratiqué par la GLFF, la GLMF et la GLMU.

Le Rite Ecossais Rectifié, datant de la même période, a été rédigé par le martiniste Willermoz, trouvant une origine dans la Stricte Observance Templière. Ce rite est pratiqué par quelques loges de la GLFF.

Le Rite Ecossais Ancien & Accepté est, à l'origine, un système de hauts grades (à partir du 3ème degré). Il fut rédigé en 1801. Le Suprême Conseil en France, désireux d'avoir ses propres loges bleues, a, par la suite, rédigé un rituel spécifique pour les trois premiers degrés, qui s'est figé aux alentours de 1829. Le REAA est un des rituels les plus récents. Il fut largement diffusé par les obédiences mixtes et féminines. Ainsi, il est le rituel unique du Droit Humain et 70% des loges de la GLFF le pratique.

Le Rite Français Moderne Rétabli, pratiqué en France, fut rédigé dans les années 1960 grâce aux travaux de René Guilly (pseudonyme René Désaguliers) en reprenant le Régulateur du Maçon (1801) qui présente le Rite Français et des recherches sur des documents antérieurs. Il est pratiqué par quelques loges de la GLFF, de la GLMF et GLMU.

Le rite Memphis-Misraïm entre dans la famille des rites dits « égyptiens ». Il apparaît en France aux alentours de 1813-1814, importés par les frères Marc, Michel et Joseph Bédarride. Il fut interdit dès 1822 sous la Restauration. Quelques loges à ce rite ouvrirent en 1831. Le Rite de Memphis (oriental) fut rédigé par Jacques-Étienne Marconis de Négre en 1839, après avoir été exclu par les loges Misraïm. Le rite actuel fut rénové par Robert Ambelain au sein de la Grande Loge de Memphis-Misraim. Cette obédience éclata en 1995. Il est actuellement pratiqué par la Grande Loge Féminine de Memphis-Misraïm.

Choisir sa loge & son rituel

Chacun de ces rituels ont leurs spécificités. Choisir une loge, voir une obédience, suivant le rituel pratiqué est pour les femmes compliqué. Hormis le REAA qui est pratiqué dans toutes les villes de France, il y a peu (ou pas assez) de loges à d'autres rituels.

Le Rite Français demeure assez bien représenté au sein de la GLFF et permet donc une pratique en non-mixité au moins dans les principales villes de France. La GLMF et la GLMU permet, quant à elles, d'offrir des possibilités en mixité. Il faut, par ailleurs, souligner que le REAA pratiqué par le Droit Humain permet de travailler « au nom de l'humanité » **, faisant dire par différents auteurs qu'il est, de ce fait, francisé. Ce qui est, selon moi, plutôt faux, car le Droit Humain a travaillé dès son origine « au nom de l'humanité » et ce n'est que sous l'impulsion de Annie Besant que des loges travaillant en invoquant le GADLU se sont ouvertes. 

Quel que soit le rituel pratiqué et diffusé par les obédiences – qu'elles soient mixtes ou féminines – et les modalités de pratiques, cela n'empêche rien : il n'existe pas d'interdits sur les sujets des loges. Chaque obédience, de plus, a modifié ses rituels au fil des ans, des décennies … C'est d'ailleurs mon petit plaisir personnel de comparer ses différences durant mes visites …

Il ne s'agit que d'une question de volonté, parfois de courage, de travail et de ne pas se laisser impressionner par une lecture de l'histoire souvent faussée et orientée sur les origines des obédiences mixtes et féminines. Mais cela est une longue histoire …

 

 

 

* Une obédience est la réunion de plusieurs loges.

** les loges de la GLFF travaillant au REAA invoquent le GADLU.

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Joaben 03/09/2015 19:54

J aime beaucoup le titre car il met l'accent sur l'indispensable : loge et rituel.
Helas, pardon a mon impertinence, a la fin tu le traites dans le domaine futile et non maçonnique : l'obedience.
Ce qui aboutit a classer et diviser ce que loges et rituels unissent,comme tu le montres bien.

Jean Marc 01/09/2015 16:12

Bonjour,
Article succinct, mais qui fait bien le tour de la question. Certainement très intéressant pour les profanes ou les nouveaux Francs-Maçons(nes).
Toutefois un regret, lorsque tu écrits : "Le Rite Français demeure assez bien représenté au sein de la GLFF et permet donc une pratique en non-mixité au moins dans les principales villes de France. La GLMF et la GLMU permet, quant à elles, d'offrir des possibilités en mixité.". Il est bien dommage que tu ne parles pas ici des Loges mixtes du GODF. Je suis moi-même fondateur de l'une d'entre elle, notre projet est basé sur la Fraternité, la Laïcité, mais aussi et surtout la Mixité c'est à dire l'égalité H/F (F/S) non seulement en droit et en dignité, mais également en considération.
C'est pourquoi je regrette ton manque de connaissance concernant les Loges Mixtes du GODF, ce qui transpire un peu souvent dans tes écrits.
Viens nous voir plus souvent, ce serait un plaisir que de t'y rencontrer.
Je te donnerai volontiers notre adresse en MP
Très Frat

La Maçonne 01/09/2015 17:24

Merci Jean-Marc pour ton commentaire.
Je connais mieux la "mixité" au GODF pour avoir décliné l'offre de faire partie des fondateurs d'une loge mixte.
Ceci dit, si des loges pratiquent le RF, l'objectif de l'initiation pour une femme n'est pas se battre contre 50000 frères moins la minorité que l'on peut estmer comme foncièrement avoir pris du recul sur la mixité en loge - que l'on ne trouve pas nécessairement en loge mixte au GODF.
Vu l'accueil énervé que certains frères pro-mixite du GODF ont fait à ce blog il y a 2 ans, (alors que je n'avais rien fait à part juste exister), il y a encore du boulot sur vos colonnes - travail que sait faire et même a fait les obédiences historiquement mixtes.
La mixité n"est pas de mettre des hommes et des femmes ensemble et espérer que "cela marche" ...

La Maçonne 01/09/2015 11:47

Je ne connaissais pas le Petit Architecte...
Il devrait être pourtant mieux invoque .. et plus réaliste

Brumaire 01/09/2015 10:40

Juste une précision pour tes lecteurs, ma chère Maçonne: aux premiers temps du Droit Humain, celui-ci travaillait ''A la gloire de l'Humanité''.Au fil du temps, l'invocation s'est doublée du GADLU.
Actuellement, les ateliers choisissent eux-mêmes entre ''Au progrès de l'Humanité'', ''A la gloire du Gadlu'', ou les deux à la fois.
J'aime bien aussi le ''PADMU'': Petit Architecte De Mon Univers, mais peu l'ont invoqué celui-là! une expression entendue un jour dans une planche dont je ne citerai pas l'auteur.