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La Maçonne

Les loges sauvages : le prix de l'indépendance.

Les loges sauvages : le prix de l'indépendance.

Dans le cadre de la rubrique « devenir franc-maçonne », il est nécessaire de parler (un peu) des loges « sauvages », dites « indépendantes », sous-entendu de toute structure obédientielle.

Je n'ai rien contre ces loges, ne les considérant pas comme nécessairement sectaires.

Néanmoins, je souhaite vous raconter dans le cadre de cet article une histoire issue d'un témoignage que j'avais reçu il y a plusieurs années de cela.

Des frères et des sœurs, tous membres de loges et d'obédiences (GODF, GLFF, DH ....), ont décidé un beau jour ensoleillé de fonder leur petite loge bien à eux, faisant d'elle une loge sauvage. Ces sœurs et frères restèrent, néanmoins, membres de leur loge d'origine. Ce détail a son importance : la loge sauvage est malgré tout une structure critique vis-à-vis du système obédientiel lui-même et, surtout, se revendique ainsi. De même, appartenir à une « juridiction illégale » (ce qui signifie plus clairement non reconnue par les obédiences) est, dans nos textes, un motif de radiation. Toutefois, jusque là, on peut estimer que ces sœurs et frères ont souhaité ainsi sous la forme d'une loge (qui implique la pratique d'un rituel) faire une expérience, c'est-à-dire compléter ce « vécu » qui nous est important dans nos pratiques.

Or, un autre jour tout aussi ensoleillé que le premier, ces mêmes sœurs et frères se sont mis dans l'idée d'initier un profane dans leur petite loge bien à eux. Ce qu'ils ont fait. Celui-ci a passé quelques belles années tranquillement jusqu'à devenir maître. Tout fut bien fait. Il reçut passeport maçonnique et documents ad hoc prouvant la réalité de son initiation. Puis, un frère décède. Visiblement, il s'agissait du principal investigateur de cette expérimentation puisque la loge est, du jour au lendemain, fermée laissant ainsi notre jeune maître sans loge.

Ce dernier découvrit qu'il ne pouvait ni visiter, ni intégrer une loge adhérente à une obédience – à moins de recommencer tout à zéro. Il fut refoulé à chacune de ses tentatives, malgré des « invitations » de frères ou de sœurs. Les autres ? Ils ont retrouvé le chemin de leur loge, chemin qu'ils n'avaient jamais perdu, en baissant le nez. Cette loge était ni plus, ni moins, un caprice de frères et de sœurs gâtées et irresponsables, certainement complètement ignorants.

Nous sommes responsables de ce que nous avons reçu comme la manière dont nous le transmettons. Nous savons avec pertinence, à moins de vivre dans une bulle étanche, que même si c'est la loge qui est initiatrice, l'importance de nos réceptions tient dans l'obédience et ses relations avec les autres structures maçonniques. Ce n'est pas le principe même de la loge sauvage ou « indépendante » qui est condamnable, si celle-ci est fondée pour se soustraire au système obédientielle, mais bel et bien l'égoïsme de ces sœurs et frères qui se sont amusés. Ils ont fondé ainsi une loge, initié un profane sans même avoir pour eux-mêmes construit une réflexion à ce sujet, s'estimant bien trop important dans le paysage maçonnique local pour pratiquer une telle activité. Lassés, ils ont cassé leur jouet, abandonnant leur initié à son sort. Cela s'appelle autrement dit une escroquerie.

Comment une loge devient-elle indépendante ? Par choix de ses membres, bien sûr. Ces derniers pour une raison interne décident de quitter leur obédience et parte « avec leur loge ». D'autres encore la fondent en connaissance de cause. Une loge peut être quittée par son obédience, parce qu'elle ne respecte pas ses règles, connaît une dérive et/ou d'importants dysfonctionnements. Cela peut être aussi une étape dans la vie d'une loge, désireuse de changer d'obédience.

Il existe en France plusieurs loges, chapitres, aéropages, … indépendants. Certains sont bien identifiés sur un site dédié, s'appliquant une charte. http://www.loges-libres-et-souveraines.com/. Ils connaissent le prix de cette indépendance choisie. Ils savent bien différencier leur loge ou leur structure à celles qui adhérent à une obédience ou une juridiction maçonnique.

Si vous êtes profanes, désireux d'entrer en maçonnerie, et êtes contactés par un frère ou une sœur, il est important d'identifier dans un premier temps l'obédience. N'oubliez pas que vous avez le choix de celle-ci. S'il n'y en a pas, il est nécessaire de vérifier cette « loge indépendante » soit les statuts de cette dernière et/ou ses modalités de fonctionnement. Il en va de même pour les juridictions de hauts grades.

Dans tous les cas, n'hésitez pas à poser des questions.

Les loges sauvages : le prix de l'indépendance.

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sylvain Draghi 07/02/2016 15:11

De la pure langue de bois pour ne pas révéler les déviances de la FM et la désintégration spirituelle qui s'y produit depuis des années. La FM c'est de l'immobilier, des flux financiers opaques, une existence exclusivement politicienne dans les hauts grades et des milliers de gogos qui cotisent au veau d'or....... Je ne vois pas l'intérêt des loges libres reprenant l'ensemble des rituels et symboles du courant maçonnique. Si c'est juste pour critiquer librement la FM alors c'est bien le révélateur que la FM n'est qu'une pure escroquerie! CQFD

Brantome 08/11/2015 10:09

Bonjour a tous , je viens de lire avec intérêt c est article, et je ne crois pas avoir tout compris .

Qu y a t il d opposable a ce que des franc maçons (es) régulièrement constitués , se constituent en loge régulière , et reçoivent dans cette loge ! Fusse t elle indépendante de toute structure "dominante"
En quoi cela ferait il de ses frères ou sœurs des franc macons dont on ne pourrait reconnaître dans d autres structures administrative leur qualité ????
Accepter cela c est accepter que seule la structure administrative a un pouvoir consacrant "déjà c est drôle" .
C est accepter qu une loge travaillant au rite trucmuche puisse être consacrée par un grand maître qui ne soit pas forcément du dit rite ... Alors la je comprends pas bien ...
C est accepter aussi que l on doive être initié deux fois " la c est du grand art ".

Ceci étant je n ai rien contre les obédiences dans leur ensemble ,ni contre les loges libres par ailleurs . Car n'oublions jamais que libres elles étaient jusqu a la volonté egemonique de quelques unes qui décidèrent de se grouper pour exclure les autres
Créant la non reconnaissance , et non pas la non régularité ... Les accords de 1813 venant ensuite enfoncer le clou .....
Alors la seule chose importante est de savoir si dans cette loge, ou dans un système associatif quelqu il soit qui se veut maçonnique , il y a des dépositaires du rite pratiqué, j ai bien dit des . Car un Loge aussi régulière soit elle qui ne pourrait pas transmettre le rit dans sa pureté au profane qu'elle invite et dans sa totalité ne serait effectivement pas digne d appartenir a notre institution : l ordre maçonnique .

Enfin c est juste mon avis .

Bien a vous

La Maçonne 08/11/2015 11:39

Pour ta question sur le rite - vu l'histoire des rites - modifiés, figés, réorganisés - la notion de "dépositaires" me semblent artificielle.
Un rite qui existe est celui qui est utilisé.
De là, nous pouvons tous nous dire "dépositaires" d'un rite. C'est son "succès" qui fait sa qualité (même si on peut penser que sa qualité fait son succès)

La Maçonne 08/11/2015 11:33

Il y a toujours existé des "règles" concernant les reconnaissances entre différentes structures.
Par exemple, les frères initiés au DH n'etaient pas "reconnus" par le GODF. Le GODF a considéré que les freres en mixité étaient initiés qu'à partir de 1920. Pour les soeurs, il a fallu attendre 1960-1970!
Au regard de l'histoire, effectivement c'est critiquable. On peut d'ailleurs faire le même procès à la GLUA ....
Nier l'existence de ce processus est irresponsable.
Dans mon récit, il s'agit de souligner cette irresponsabilité de ces soeurs et freres qui étaient à la fois dans des obediences et fondaient une "loge sauvage" abandonnant sur le bord de la route celui qu'ils avaient initiés.
L'initiation est un tout. Y compris veiller à la bonne continuité du parcours. Ce que cette loge sauvage n'a pas fait.
Il existe plus de 200 obediences en France. Bon nombre ne sont pas "reconnues" quelque soit leurs qualités intrinsèques. Même si dans les faits, il y a une certaine souplesse. L'exemple est les loges mixtes virées de la GLRF dont j'ai parlé sur ce blog, qui travaillent à une intégration dans une obédience avec laquelle leur obedience d'origine n'a aucun accord -
Ces loges mixtes veillent à la continuité du parcours de ses membres - c'est à dire elles font ce en quoi elles ont une raison d'exister.
Ce n'est pas dans la transmission d'un degré qu'une loge justifie son existence mais dans ce qu'elle est en mesure ou pas de travailler à la continuité de la démarche de ses membres.

Charvy 31/10/2015 09:02

Et le comportement des loges refusant de reconnaitre selon les principes maconniques, suffit d'ouvrir son rituel pour savoir "a quoi reconnaitrai-je que vous etes macons?" N'est il pas plus "criminel"?

Pierre-Philippe Baudel 30/10/2015 19:20

Oson le dire : l'encadrement de cette loge aura été "criminel". Ni plus ni moins. Au reste, ces 'Maçons' mériteraient une sanction.

TS 28/10/2015 15:07

il est clair que l'ego de certains maçons n'a pas de limite , c'est souvent au détriment de SS ou de FF .

Lionel MAINE 27/10/2015 13:04

Qu'ils sont mignons, ces trois frères !
Ce serait vraiment insultant pour eux d'affirmer que "l'homme est un loup pour l'homme" !
Il est par contre des "meutes obédientielles" qui font froid dans le dos !