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La Maçonne

C’était le 8 mars.

C’était le 8 mars.

Voici un article qui sera bien polémique comme certaines et certaines ne les aiment pas.

Tous les ans, sur ce blog, presque de façon maniaque, je vous concocte un article afin de démontrer la nécessité de se battre pour les droits des femmes, pour nos droits à nous toutes.

Dès les premiers mouvements féministes, l’égalité entre les hommes et les femmes passaient obligatoirement par l’instruction des filles et par leur accès à un emploi, suffisamment bien rémunéré pour leur permettre de les faire vivre, elle et leurs enfants.

C’est à l’école que les petites filles comme les petits garçons se construisent en tant qu’être sociaux, en dehors du foyer familial. Les enjeux d’une égalité homme/femme furent d’adapter des programmes scolaires, pour les filles et les garçons, identiques comme d’ouvrir les premières classes mixtes. L’école demeure toujours un enjeu social pour l’égalité des hommes et des femmes. Ceci n’a pas échappé aux premiers républicains sous la Révolution de 1789.

Former « l’homme nouveau » fut un des plus grands projets sous cette toute jeune république. La question de l’éducation des filles entrent rapidement dans le débat. L’abbé Grégoire, Talleyrand, Mirabeau, s’y opposent. Ils considèrent que les femmes sont soumises à leur « nature ». Condorcet défend une position contraire, considérant que les femmes peuvent aussi avoir droit à une instruction similaire. La régénération de la « femme nouvelle » laisse, malgré tout, la femme dans son foyer alors que pour l’homme, l’instruction est de les émanciper. Pourtant, malgré des désaccords entre différents points de vues, des expériences furent mises en place dans le but d’émanciper les femmes. « L’influence des femmes » fut autant l’argument défendant l’instruction des femmes que son contraire. Influence de la mère, comme de l’épouse, associée trop souvent au clergé, les femmes étaient incompatibles avec les idées nouvelles portées par la Révolution de 1789.

La première expérience pionnière fut menée par la Société des Amies de la Vérité, fondée par Etta Palm d’Aelders, qui dès 1791 crée une école destinée aux petites filles pauvres.

Etta Palm, avant de s’engager dans différents mouvements révolutionnaires et féministes, avait suivi une carrière d’espionne peu courante.

Léonard Bourdon, député du Loiret, propose de nouvelles méthodes pédagogiques, plus exactement une organisation du système scolaire que bien des enfants envieraient encore aujourd’hui. Il s’agit pour Bourdon de faire des jeunes enfants de futurs citoyens :

« ils forment eux-mêmes leur gouvernement ; ils font leurs lois ; ils choisissent ceux d’entre eux qui méritent d’être chargés de leur exécution, ils assignent les récompenses et les peines. »

Les enfants feraient ainsi l’apprentissage de la démocratie. Bourdon avait fondé en 1792, une école organisée suivant ces principes « la Société des jeunes français ». Sieyès défend de son côté une même idée, imaginant des écoles de garçons et de filles, organisées comme des petites républiques, avec leurs constitutions et leurs gouvernement. Pourtant, les filles ne sont pas censées devenir des citoyennes actives. Quelques expériences voient le jour au travers du pays. On remarque que ces expériences permettent à des femmes, institutrices d’ouvrir l’accès à des petites filles à un enseignement complexe. Dès octobre 1793, ces institutrices prennent une importance considérable dans les revendications féministes et même sociale de l’époque. En effet, les clubs féminins sont interdits dès octobre 1793.

De ces expériences de réformes scolaires, il n’en reste peu de trace et nous ignorons ce qu’ont devenus les enfants.

Ce sont les mouvements féministes de la fin du 19ème siècle qui redéfinissent la place des femmes face à l’instruction et au travail. Les femmes ont, pourtant, toujours travaillée : le travail n’est pas uniquement une activité salariale, mais liée à la survie et au bien-être du clan familial. Cependant, les activités domestiques des femmes – qui suivant les périodes et les lieux s’apparentaient bien plus souvent à un labeur que bien des hommes d’aujourd’hui n’auraient pas la force de faire – ont été invisibles. Quant à l’activité salariale des femmes, apportant un « second salaire », il fut longtemps sous-estimé en faveur d’une certaine idée de la famille enfermant la femme dans des activités subalternes.

De nos tricoteuses de la Révolution de 1789 qu’avons-nous appris en 2016 ? Peu de chose, semble nous dire les statistiques, surtout dans une période de crise économique.

Le travail des femmes reste tout autant invisible. Au niveau mondial, le taux d’activité des femmes a baissé en 20 ans. Le travail des femmes demeurent sous-représentés sur tous les continents, affichant un écart de salaire de 23% avec les hommes, malgré un niveau d’instruction supérieur sur cette même période. Le travail des femmes est-il resté, malgré nos avancées sociales et culturelles, un tabou ?

C'était le 8 mars cette semaine.

C’était le 8 mars.

Sources :

Caroline Fayolle, « Former la « femme nouvelle » », La Révolution française [En ligne], 6 | 2014, mis en ligne le 14 juillet 2014, Consulté le 12 mars 2016. URL : http://lrf.revues.org/1071

Souvent femme varie, l’histoire d’une espionne hollandaise de Gérald Arboit (2008) : http://www.cf2r.org/fr/notes-historiques/souvent-femme-varie-une-espionne-hollandaise-paris.php

Femmes & travail : agir pour un nouvel âge de l’émancipation (sénat) : http://www.senat.fr/rap/r12-279/r12-2795.html

OIT: D'importantes disparités subsistent entre hommes et femmes sur les marchés du travail dans le monde (rapport du 7 mars 2016) http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_457268/lang--fr/index.htm

Cette année qu'une seule obédience a communiqué au sujet de cette journée internationale des droits des femmes :

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Miserez 14/03/2016 12:39

J'ai beaucoup aimé votre article