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La Maçonne

La lire maçonne (ou recueil de chansons des francs-maçons).

La lire maçonne (ou recueil de chansons des francs-maçons).

Comme vous devez l’avoir remarqué, j’aime la musique sous toutes ses formes particulièrement sensibles « aux voix ». J’ai capté sur la page d’un ami « facebook », accessoirement frère de la GLNF, cette annonce que je vous livre telle qu’elle : la Province de Paris (comprendre les loges de la région parisienne) sous l’initiative du Grand Maître Provincial souhaite fonder une chorale pour animer les colonnes d’harmonie lors d’événements spéciaux.

Bien sûr, mon esprit alerte et mon immense culture musicale m’ont conduite à faire une référence aux « Prêtres », ce groupe de trois prêtres (ah ! qu’oserions nous dire sur la symbolique des nombres ?) que nous connaissons toutes et tous pour avoir vu une publicité et/ou un extrait de leurs œuvres incomparables.

La chose est pourtant sérieuse : ce sera un chef de chœur professionnel qui dirigera cette future chorale de francs-maçons.

Pour vous mettre de suite dans l’ambiance, voici une chanson complète de nos prêtres – qui selon moi est presque du massacre … Au secours !

La lire maçonne (ou recueil de chansons des francs-maçons).

Vous croyez que je me moque de nos frères (de la GLNF, je vais finir par m’y perdre). Bien sûr que non, c’est l’occasion de sauter sur LE vrai sujet maçonnique de cette décennie : la colonne d’harmonie et son importance, que je dirais capitale, en tenue et qui remonte à la préhistoire de notre Ordre.

Il nous est parvenu du fond des âges un recueil de Charles-Emmanuel de Vignoles, intitulé :" La lire maçonne, ou Recueil de chansons des francs-maçons , revu, corrigé, mis dans un nouvel ordre et augmenté de quantité de chansons qui n'avoient point encore paru, par les frères de Vignoles et Du Bois, avec les airs notés, mis sur la bonne clef, tant pour le chant que pour le violon et la flute." Le titre donne envie.

Cette édition est, en fait, la seconde et date de 1766. Bien que de langues françaises, il est dédié aux Pays-Bas et comprends plusieurs chansons en hollandais (traduites). Ce recueil, même si anciens pour nous, n’est pas le premier dans son genre.

« Les Compilateurs des précédents recueils avait fait un amas informe, et sans choix, de toutes formes de poésies, de discours et de chansons, la plupart à boire, & bien moins dignes des festins réglés des Francs-Maçons, que des Banquets désordonnés de Comus ou de Silêne. Aussi ces dernières n’étaient-elle presque d’aucun usage dans les loges bien constitués. Il n’y avait que quelques bonnes pensées, enchâssées parmi un tas de mauvaises, come des diamants dans la fange, qui pussent les sauver du mépris général qu’elles méritaient par leurs endroits vicieux. »

nous indique l’éditeur (dans son mot après les deux introductions de l'auteur).

Après quelques recherches ardues, Comus est une divinité mineure latine, de la joie et de la bonne chère. Il est une divinité patronnant tous les festins et autres banquets, ainsi ce que l’on pourrait appeler pudiquement les « débordements du libertinage ». Il est proche du Silène grec, cité aussi dans cette présentation, divinité de l’ivresse.

A le croire, les recueils précédents étaient bien plus drôles que celui qu’il vendait à ses contemporains, même si certains chants furent préservés de sa prohibition moralisatrice. Cette édition fut augmentée de 500 couplets qui ne furent jamais imprimés et surtout d’airs nouveaux d’opéra, à la mode de l’époque. Oui, il fallait suivre la mode musicale … ce qui n’est plus le cas (trois fois hélas ! ) de nos jours.

On y trouve des chansons appelées « d’unions » qui sont des chansons dont le thème est l’amitié (virile), la joie d’être ensemble et le partage d’une bonne bouteille (ouf!). Ce qui dans le fond une tradition qui est toujours respectée. Les chansons suivantes sont destinées aux apprentis, aux compagnons (il est à souligner que les années 1760 étaient des années charnières où l’on trouvait des systèmes à deux degrés qu’à trois degrés) et aux maîtres. Plusieurs textes sont des hymnes à la gloire des francs-maçons et de la franc-maçonnerie, vantant leurs différents mérites et vertus. On trouve des textes plus touchants sur le départ d’un frère ou à l’intention d’un visiteur.

Si on comprend assez rapidement que le frère De Vignoles ne fréquentait pas une des loges mixtes existantes à l’époque, il y a cependant quelques références aux femmes. Dans cette chanson, par exemple, intitulée : « la véritable humanité ».

La partie suivante est destinée aux événements spéciaux de la vie d’une loge. Ainsi se trouve des chansons remerciant des vénérables mais aussi des officiers de Grande Loge. Gloire d’un maître de loge, pour les visites du Grand Maître en loge, pour les anniversaires de loge, tous les événements ou presque sont chantés.

Optimisme, bonheur, égalité et je ne compte plus les textes sur l’amitié, la félicité ou encore les préceptes et autres arts, œuvres expliqués aux « nouveaux venus ». Les thèmes sont joyeux, certes un peu grandiloquents … Nous sommes en 1766, il faut penser qu’ils ne savaient rien faire sans emphase ! Les textes sont un chouia puéril et désuet, mais juste un peu.

Ce qu’il faut retenir est que cette franc-maçonnerie était joyeuse, que la quête du maçon de l’époque était le bonheur et l’amitié … Ceci pourrait donner un rôle bien particulier à nos colonnes d’harmonie, puisque nous ne disposons pas d’une chorale. En effet, ne peut-elle pas apporter cette étincelle et cette joie de vivre, que l’on trouve dans ce recueil ?

Si la future chorale de la GLNF souhaite des chansons maçonnes, je le lui en ai tout plein trouvé ! Vous voyez, je ne me moquais pas.

La lire maçonne (ou recueil de chansons des francs-maçons).
La lire maçonne (ou recueil de chansons des francs-maçons). La lire maçonne (ou recueil de chansons des francs-maçons).

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xm 12/04/2016 20:28

Ma TCS,

Tu es vraiment éclectique en musique. C'est un compliment.

Je me souviens quand tu avais mis un morceau des Sales Majesté lors de notre crise de la CMF. Ca m'avait fait bien sourire à l'époque.

Mais je pense qu'il n'y avait pas beaucoup de Frères qui connaissait ce groupe.

La Maçonne 12/04/2016 20:53

J'aime beaucoup la musique ... et tous les genres de musique, même si j'en écoute pas en boucle à longueur de journée.
Le fait d'être toujours en voiture ...