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La Maçonne

Le Collège des Invisibles communique : Halte à la répression au sein des obédiences

Le Collège des Invisibles communique : Halte à la répression au sein des obédiences

Certaines obédiences sont-elles en passe de devenir des sectes ?

On peut s’interroger au vu d’un certain nombre de procédures engagées à l’encontre de SS et de FF traduits devant les diverses instances disciplinaires de leurs obédiences respectives.

 

Leur crime, en premier lieu la revendication de leur liberté de conscience, d’opinion et d’expression, avoir contesté une vérité officielle soit de leur loge soit de leur obédience, dont les dirigeants sont plus soucieux de cantonner la réflexion pluraliste, humaniste, éthique, et spirituelle des SS et FF en la réduisant à celle d’un comportement et à une idéologie de cour de caserne.

Malheur à celle ou à celui qui n’est pas tout à fait dans la ligne des dignitaires, dirigeants qui s’octroient le droit de penser pour tous, dirigeants qui font fi du principe de la souveraineté des loges, ou de celui du « maçon libre dans une loge libre ». Malheur aux récalcitrants qui osent manifester leur désapprobation à l’imposition d’un nouveau dogme quasi religieux ou encore à celui qui précise que dans la recherche de la vérité et de la justice. Les francs-maçons n’acceptent aucune entrave et ne s’assignent aucune limite.

Si pour le maçon la recherche de la vérité constitue un tout premier devoir, le fait de la chercher, de vivre pleinement cette recherche, de partager ses doutes avec ses SS ou ses FF, devient maintenant quasi subversif puisque ces attitudes sont désormais assimilées par un certain nombre de dignitaires comme constitutives d’un crime de lèse-majesté.

 

Cette évolution du comportement de certains dignitaires s’inscrit dans une démarche autocratique moins circonstancielle qu’il n’y paraît, et trouve son fondement dans une continuité de comportement qui remonte à une dizaine d’années. Les théistes, déistes, et autres adeptes du comportement religieux, confondant maçonnerie et religion de substitution, n’ont jamais admis être dépossédés du pouvoir autocratique que la démocratie des loges et des convents leur avait légitiment enlevé au cours des ans. Mais chassez le naturel chez les dévots et il revient au galop.

C’est dans ces conditions de révolte contre l’autocratie et l’exigence d’un retour à la démocratie qu’avait été créée en 1894 la Grande Loge de France. C'est dans cet esprit de démocratie que fut créée, plusieurs décennies plus tard, la Grande Loge Féminine de France. Après les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, sa première Grande Maîtresse montrait du doigt l'inertie et l'inaptitude de la franc-maçonnerie à défendre les droits fondamentaux, appelant les sœurs à sortir les débats des cartons.

Au mépris des convictions des maçons adogmatiques, certains dignitaires de la Grande Loge de France se sont comportés au cours de ces dernières années en revanchards de 1894 n’hésitant pas pour rassurer leur dogmatisme à qualifier de maçons « déistes adogmatiques » tous ceux qui refusaient d’entrer dans le jeu d’une régularité illusoire en profitant fraternellement que la GLNF avait un genou à terre, mais dont les maçons de la véritable tradition de 1894 n’appréciaient pas l’attitude sur le plan formel et n’avaient que faire sur le plan du fond.

Ces maçons de la tradition adogmatiques ont voulu demeurer dans la tradition des origines de leur obédience, et le déisme n’a jamais été leur problème puisque la spiritualité dont ils se revendiquent est immanente, ou bien encore transcendante dans l’immanence ; la simple croyance en l’homme et en son perfectionnement leur suffisant amplement et le chantier est suffisamment vaste sur ce terrain qui est bien loin d’être achevé.

Il ne suffit pas de faire de beaux discours narcissiques, il faut être à l’œuvre en poursuivant au dehors l’œuvre commencée dans le temple, et c’est là au pied du mur si l’on peut dire que l’on reconnait le maçon.

La mise en place de cette politique qualifiée de la régularité s’est accompagnée de menaces, mensonges, exploitation abusive de pouvoirs, ou d’exploitation de recherche des principes revendiqués pour une régularité devenue fallacieuse par ceux-là mêmes qui n’ont jamais cessé de la bafouer en ne coupant pas le cordon ombilical avec un Suprême Conseil de France en mal d’autocratie, cordon que la GLUA a toujours refusé pour sa reconnaissance de nouvelles obédiences, ce que ces dignitaires, à moins d’être autistes ou de mauvaises foi, ne pouvaient ignorer en engageant la GLDF dans cette voie sans issue.

En tentant de profiter des difficultés conjoncturelles de la GLNF, et dans une attitude chevaleresque s’il en est, ces dignitaires en politiciens des basses œuvres qu’ils sont, ont tenté de substituer leur obédience à la GLNF dans l’espérance d’une reconnaissance aussi absurde qu’inutile de la GLUA pour les raisons sus-indiquées. Des commissions communes GLDF -SCDF avaient été mises en place aggravant de facto toute possibilité de reconnaissance par la GLUA et les autres obédiences reconnues par elle.

De plus en agissant ainsi c’était agir sans tenir compte des convictions intimes d’un grand nombre des FF de leur propre obédience, puisque la réponse à l’appel de Bâle s’est effectuée la veille de la réunion d’un convent en mettant les FF députés devant le fait accompli. Pour tous ces frères agnostiques sans être déistes et encore moins théistes, la seule alternative restante s’imposait de fraternellement déguerpir de leur obédience dans la mesure où ils ne se soumettaient pas à la nouvelle ligne oubliant que le serment de ces frères concernait celui prêté lors de leur initiation et que toute modification ultérieure du dit serment ne les concernait pas. C’est bien connu la loi n’a pas d’effet rétroactif elle ne dispose que pour l’avenir.

Bien évidemment une telle situation ne pouvait rester sans réaction, et de nombreuses loges ont manifesté leur opposition de principe tant sur le fond que sur la forme, car si l’on peut assez facilement modifier des institutions il est beaucoup plus difficile de modifier des esprits qui se veulent libres. C’est ce qu’ont exprimés un certain nombre de FF et de loges et plus particulièrement des loges dans le nord, dans l’ouest, dans le sud-est, et aussi dans la région parisienne.

Une loge parisienne soutenue par de nombreuses autres de cette région mais également de province a même organisé dans le grand temple de la rue Puteaux une tenue commune afin de manifester ses inquiétudes et ses oppositions, et une autre de Bretagne – sans autre moyen de communication - n’a pas hésité à se servir des blogs pour lancer un appel d’opposition à toutes les loges de France.

Outre les loges, de nombreux frères à titre individuel ont échangé pour manifester leurs inquiétudes sur les tenants et aboutissants de la situation ainsi créée et sur la nouvelle politique de leur obédience. Pour les dignitaires de cette obédience qui ont dû reculer au regard de la bronca, mais n’ont toujours pas digéré leur échec, l’échange d’information même à titre privé constitue, ou peut constituer, un acte contraire à la loyauté, à la probité, à l’honneur et à la délicatesse, et les dignitaires qui se partagent le pouvoir de cette obédience depuis de nombreuses -trop nombreuses- années pour certains -, ont senti le danger de ce que pouvait être la pratique de la démocratie pour eux et leur pouvoir.

Faute de mieux, ils ont alors sorti le grand jeu du fétichisme de la soumission totale en cherchant à institutionnaliser cette notion, ainsi l’affaire aurait été entendue pour l’avenir, mais là encore nouvel échec grâce à la vigilance de certaines loges et de nombreux frères.

Bref les tentatives autocratiques de cloisonner l’obédience se sont traduits par des flops et le désir de décloisonner l’obédience par le dialogue, la concertation, et l’information entre les ff :. se manifeste aujourd’hui toujours plus grandement.

Au fétichisme institutionnel particulièrement grave s’ajoute maintenant, afin de faire taire les SS et FF :. plus ou moins récalcitrants, l’application de règlements dont le moins que l’on puisse dire c’est que la rigueur des principes juridique ne constitue pas la première des vertus.

Si l’on peut concevoir de manière plus ou moins précise ce qu’est l’honneur, la probité, la loyauté, il n’en est pas de même de la délicatesse. Avec un tel flou juridique dans la définition du ou des termes autant dire que l’arbitraire le plus total est désormais admis ce qui permet les poursuites actuelles contre un certain nombre de FF de cette obédience, engendrant un nouveau malaise lié tant à la violation du secret de la correspondance, qu’à la dignité d’homme de tout frère mais également à celle d’être responsable de son propre destin afin de ne pas être considéré comme un pion par quelque institution qu’elle soit.

Face à cette nouvelle dérive quasi-sectaire, et à cet arbitraire juridique où l’instructeur d’un jury fraternel peut se permettre de confondre sa fonction investigatrice avec celle d’un procureur sans que cela ne soulève la moindre interrogation de principe des collègues d’un jury qualifié de « fraternel », mais qui en la circonstance se comporte en quasi instance d’inquisition ou d’exécution de basses œuvres on peut dire que les ténèbres ont pris le pas sur la lumière.

En réalité tout cela est révélateur d’une grande faiblesse, soit par ignorance volontaire ou non, consciente ou non, et dont les hommes de l’ombre sont les fantassins du sauvetage d’un système hiérarchisé ou la sanction ressemble plus à la lettre de cachet qu’à une décision de justice ou les droits de la défense sont respectés.

L’époque est donc propice pour replacer le débat sur son véritable terrain qui est celui de la dignité humaine, la liberté de penser, et celle de la libre expression au sein de toute obédience. Car les loges sont et demeurent libres et souveraines et les instances d’exécution sont là pour exécuter et non pour décider aux lieu et place des loges. Les interventions répétées lors des congrès régionaux ou autres de l’exécutif au sein d’instances législatives sont la démonstration de la faiblesse des institutions.

Après avoir été menacée durant plusieurs années pour ses articles défendant les principes adogmatiques de la franc-maçonnerie en France, se joignant ainsi aux frères de la Grande Loge de France, « la Maçonne » est aujourd'hui radiée de son obédience dans une procédure qui relève plus du non-droit que du respect de principes juridiques de toute démocratie et des valeurs de toute République digne de ce nom.

La connivence entre la GLFF et la GLDF s'est révélée lors de l'épisode Bordelais, au cours duquel la Grande Maîtresse de la GLFF et le Grand Maître de la GLDF ont semble-t-il menacé les organisateurs d'une manifestation maçonnique afin de faire évincer « la Maçonne » qui avait été invitée à une table ronde. Par cet agissement nos deux dignitaires ont atteint l’inacceptable, car c'est la liberté d'expression et d'opinion de tout franc-maçon qui est menacée à travers la répression dont la bloggeuse « la Maçonne » a été victime.

Si pour certains dignitaires la pensée d’autrui et surtout leur libre expression trouvent aujourd’hui leurs limites dans la répression, ce qui revient à organiser l’absence de toute critique, et donc l’interdiction de toute remise en cause de faits et actes des dirigeants qui se prennent soit pour des élites, ce qu’ils ne sont pas, soit se considèrent comme les propriétaires de leur obédience dont ils ne sont pas titulaires des titres de propriété, en oubliant que les obédiences ne sont qu’une fédération de loges et que les véritables propriétaires de l’obédience sont les loges et non les titulaires des charges provisoirement occupées par des titulaires qui doivent rendre des comptes sans oublier l’essentiel qui consiste à affirmer la foi en l’homme et en l’amour de l’humanité, voire en une société plus juste et plus éclairée et dont la libre circulation de la parole et des idées est la condition.

Dans la situation objective ou se trouvent aujourd’hui ces obédiences qui se revendiquent pourtant des vertus démocratiques et des droits de l’homme, la non acceptation de toute critique de la part de SS ou de FF doit être replacée dans un débat plus large sur les finalités même de certaines obédiences maçonniques, et sur la place de leur fonction émancipatrice et éducative au sein de la société.

Il est d’autant plus important que le débat soit posé en ces termes, au moment où la maçonnerie peine à recruter des jeunes qui aujourd’hui semblent douter du bien-fondé de l’institution maçonnique et surtout de ses capacités libératrices émancipatrices.

Face à l’ensemble de ces atteintes, le comité des invisibles n’entend pas se dérober et remplira pleinement sa mission, sans complaisance, quel que soit l’obédience incriminée.

 

 

Le Collège des Invisibles communique : Halte à la répression au sein des obédiences
Le Collège des Invisibles communique : Halte à la répression au sein des obédiences

Vous pouvez retrouver "le Collège des Invisibles" sur sa toute nouvelle page FB.

N'hésitez pas à cliquer sur l'image !

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uneSoeur 27/08/2016 13:32

Bonjour,
@liberté l'Obédience à laquelle j'adhère depuis de nombreuses années entre parfaitement dans ta description ! Etre le bouc émissaire de tels agissements (c'est mon cas) peut détruire psychologiquement 1 S.. et/ou 1 F:.., et là, on peut prendre conscience de la Fraternité.....hors discours !
Bien à vous,

liberté 27/08/2016 07:44

Lorsque l'exécutif d'une obédience maçonnique, quelle-qu’elle soit, confond ses pouvoirs administratifs avec ceux du législatif on ne s'étonne plus de rien.
Ainsi dans des réunions théoriquement réservées au législatif, il n'est pas rare de voir s'inviter les membres de l'exécutif pour y apporter la bonne parole, et ainsi peser insidieusement sur les décisions à prendre, quand ce ne sont pas des commissions Théodule qui se substituent sous des prétextes divers au législatif. Ensuite on vient nous parler de démocratie, de liberté, de fraternité?
La maçonnerie, et surtout certaines obédiences, ont bien besoin de balayer devant leur porte et retrouver le bon sens propre à toute démocratie.A défaut, il fautque ces obédiences soient claires avec elles mêmes et suppriment les mots de Liberté, égalité, fraternité, démocratie, droits de l'homme, éthique, et j'en passe, de leur vocabulaire usuel.
A trop en dire dans les mots tout en faisant l'inverse dans la pratique on finit par perdre toute crédibilité.

Arseniv 26/08/2016 21:34

Et si on décidait une bonne fois de s'en foutre des obédiences, en se repliant non point sur son ego, mais sur sa loge. On gaspillerait moins d'énergie, même s'il faut concéder que la sainte alliance des écossais et écossaises sexistes commence à nous courir sur le haricot.
Attitude régressive de celles et ceux qui ont peur de la liberté et d'un monde sans Gadlu
Gémissons espérons et agissons ...

Nabucco 26/08/2016 15:31

je partage l’intégralité de cet article

uneSoeur 26/08/2016 13:07

Ma TC S:. La Maçonne,
Merci et félicitations pour ce développement de ce qui est de plus en plus courant dans nos Obédiences. Encore un petit peu......membre moi-même d'une Obédience moyenne, mixte, laïque, multi rites, qui travaille pour une humanité plus éclairée, au respect des autres et de soi-même..... etc....etc.....etc.... eh bien : les choses se passent ainsi ! Depuis 3 ou 4 ans, les décisions se votent à l'unanimité....c'est joli non ? Le Collège des Invisibles a du travail....... Fraternellement

uneSoeur 26/08/2016 14:52

"staffs sommitaux" c'est ça ! mon F:. Gilles, composés d'une star et de ses courtisans et courtisanes..... d'où l'unanimité des votes... Nombreux sont les FF et les SS qui souffrent de cette mégalomanie et autres abus de pouvoir...
Bien à vous,

Gilles Poulet 26/08/2016 11:51

Comme d'habitude, percutant et clair. Les Obédiences, faut-il une fois encore le rappeler?, sont des instances administratives en charge, pour l'essentiel de la com., des trésors d'archives et de quelques autres broutilles, mais certainement pas des esprits, ni des consciences. Aucun GM ni aucun VM ne peut me dire quoi et comment penser , ne suis-je pas maçon libres dans une loge libre? Visiblement, c'est ce mantra, vieux comme la maçonnerie adogmatique, que certains staffs sommitaux (comment les appeler autrement au vu de leurs manœuvres?) ne supportent plus, pour autant qu'ils ne l'aient jamais supporté.
Bon combat ma TCS, car on est initié ou pas, personne ne peut te retirer ta qualité de maçonne et c'est là qu'on s’aperçoit que les étiquettes ne sont... que des étiquettes.

Bilboquet 26/08/2016 09:03

... J'oublie un petit détail ...
Je ne suis pas d'accord avec le paragraphe sur les déistes, théistes etc. Je ne pense pas que le problème est là en tant que tel. Mais s'il s'avérer que ce soit quand même cela, pour ces personnes il faudrait "relire" consciencieusement les Constitutions d'Anderson, les remettre dans leur contexte politique et religieuse/philosophique, et ne pas lire au 1er degré ce document, ce qui malheureusement se fait.
Bien à vous et continuez le bon combat que je soutiens ...

Bilboquet 26/08/2016 08:56

Bonjour chère S:.,
C'est toujours avec in grand intérêt que je lis votre blog. De même que vous je suis fortement interpellé avec les dérives qu'on constate dans la FM:. qui pour moi sont deux:
Le pouvoir que certains arrogent oubliant que le fait d'être officier est un devoir de "service" vis-à-vis de ses SS:. et/où FF:.,, et pas une position de ... pouvoir;
Le second est aussi que de plus en plus de SS:. et/ou FF:. considèrent la venue en L:. plus pour y "Travailler" mais pour s'"Amuser". Elles/ils confondent FM et service clubs...
Personnellement je suis fort affecté par le sort maçonnique qui vous a été réservée, ainsi que celle de certain(e)s Maç:. de ma connaissance qui ont subi des problèmes identiques et dont on a sali en plus leur nom par des propos injurieux, sans oublier qu'elles/ils n'ont même pas été soutenu(e)s par ces Maç:. qui désapprouvaient ce qui leur arrivait, préférant faire l'autruche. Ceux-ci ont préféré faire l'autruche pour ne pas subir le même sort. Belle fraternité !