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La Maçonne

Obédiences : Faut-il respecter la loi ?

Obédiences : Faut-il respecter la loi ?

J’ai lu un échange de commentaires sur le blog de « La MAÇONNE « à la suite de l’article intitulé : « La GLDF mérite-t-elle le pénal ? -29/8/2016

Notre Sœur a réagi suite à une affirmation d’un certain Lionel et la lecture de l’échange mérite attention.

Extrait

« Enfin, le vrai problème est peut-être en amont ; ne faudrait-il pas expliquer au candidat qu'il postule à l'entrée dans un Ordre et, pas simplement dans une Association Loi 1901 "banale" ?

Fraternellement.

Lionel.

La Maçonne

29/08/2016 17:39

Si je comprends bien, tu suggères qu'il faut prévenir les profanes qui entrent dans la GLDF qu'elle ne respecte pas la loi française?

J'espère que tu plaisantes, là ? Une obédience N'est QU'une association loi 1901 comme une autre, installée sur le sol français, se devant respecter les lois françaises et même les directives européennes comme la convention des droits humains. Si elle ne le fait pas, soit elle devient une escroquerie, soit une secte. Un choix à faire, certainement douloureux pour toi. Mais il sera à faire si cela continue dans ce sens. »

Nous proposons l’analyse qui suit pour « Lionel » qui semble croire que les membres d’une obédience doivent observer une « loi » interne qui n’a pas à respecter la loi française parce que c’est un « Ordre ». Mais cette analyse est aussi destinée à TOUS CEUX, et ils sont nombreux, qui partagent cette conception.

Observons le fonctionnement de deux religions et l’on verra les analogies qui existent avec celui de certaines obédiences.

Charia et État de Droit

Le principe de base de la religion musulmane est que tous les musulmans composent une communauté « oumma » qu’ils ne peuvent quitter sous peine de sanction car ce serait de l’apostasie.

Dans une vision littérale « islamiste » les membres de « l’oumma » doivent observer la « charia » qui s’impose en principe dans tous les pays. La « charia » n’a pas à respecter la loi civile du pays où vit le musulman si cette dernière est différente de ce qui figure dans le texte de référence islamique.

« La charia ou charî'a représente dans l'islam diverses normes et règles doctrinales, sociales, cultuelles, et relationnelles édictées par la « Révélation ». Le terme utilisé en arabe dans le contexte religieux signifie : « chemin pour respecter la loi [de Dieu] ». Il est d’usage de désigner en Occident la charia par le terme de loi islamique qui est une traduction très approximative puisque n'englobant que partiellement le véritable sens du mot (ce terme est d’ailleurs utilisé en place de droit musulman). La charia codifie à la fois les aspects publics et privés de la vie d’un musulman, ainsi que les interactions sociétales » . Wikipedia

L’affrontement qui va faire la « une « de l’actualité française pour les années à venir oppose précisément ceux qui défendent les valeurs de la République qui s’imposent à tous d'un côté et de l'autre côté aux islamistes qui veulent que les musulmans n’appliquent que les préceptes de la charia. Assimilation ou intégration pour les uns et communautarisme absolu pour les autres ?

Au Royaume Uni, l'Etat s’accommode de dizaines de structures officieuses qui disent le droit selon les principes édictés par la charia et il n’est pas question de fermer ces tribunaux islamiques illégaux car il s’agit de ne pas fâcher les Potentats du Golfe qui placent leurs pétrodollars à la City !

Des discriminations peuvent alors être subies par les femmes dans ces juridictions parallèles, puisqu’on y traite beaucoup de mariages et de divorces, généralement contraints, sans l'assentiment des femmes concernées. Ces tribunaux de l'ombre ne reconnaissent en effet pas forcément les divorces ou mariages civilement conclus devant les autorités officielles, a expliqué « The Independant. »

Il est évident que cette action des tribunaux islamiques s’étendra à d’autres domaines que celui des mariages et divorces, sapant progressivement les prérogatives de l’État de Droit assure l’égalité de traitement pour tous.

Obédiences : Faut-il respecter la loi ?

L’Église catholique et l’État de Droit

Il y a, c’est une constante de l’histoire des religions monothéistes que de vouloir imposer à tous les habitants d’un pays, les dogmes, les règles morales et les pratiques de vie qui forment le corpus idéologique des dites religions. Quand on peut obtenir cette hégémonie absolue par la théocratie c’est parfait. Sinon on s’allie généralement au pouvoir politique surtout s’il est dictatorial. Pour l’Église catholique cela a consisté à « coller » à Pinochet, Franco, Salazar, Pétain par exemple. Elle fut, d'ailleurs, dans le passé, à l'origine de bien des pouvoirs féodaux, royaux, impériaux, régissant aussi la vie des individus, le collectif dans ses moindres détails.

Tout cela découle d’une théologie morale sur laquelle s’appuyant sur l’existence d’une subordination de l’obéissance politique par rapport à l’obéissance aux lois religieuses et morales, du droit positif des États envers le droit divin et naturel. C’est à partir de cette hiérarchie des valeurs qu’en France, de Clovis à Pétain, l’Église n’a eu de cesse d’influencer la vie sociétale et les « âmes » en « collant » au pouvoir royal ou civil. Certes, dans le siècle présent elle n’a plus la même capacité de nuisance mais elle a réussi néanmoins à faire défiler des centaines de milliers de ses intégristes pour s’opposer à la Loi du « Mariage pour tous ». Par ailleurs pour toujours imposer sa loi elle emploie des procédures déceptives telle que la restriction mentale « restrictio mentalis « qui est une branche spéciale de la casuistique dont la création est imputée aux Jésuites. La restriction mentale est une façon de tromper les gens sans être un mensonge pur et simple. Selon Littré, la restriction mentale est « une réserve qu’on fait d’une partie de ce que l’on pense pour tromper ceux à qui l’on parle ».

Quand un président de l’épiscopat nous dit :

« La religion ne doit pas se mettre en contradiction avec les grands principes de la République, »

L’histoire nous permet de penser qu’intérieurement, et sans le dire, il ajoute :

« Uniquement toutefois dans les cas où ces grands principes républicains ne viendraient pas contredire la doctrine catholique du Christ- Roi ».

L’évêque français admet formellement qu’il doit respecter les lois de son pays et dénoncer aux autorités judiciaires les ecclésiastiques qui accomplissent des crimes de pédophilie.

« Oui mais sauf » si le coupable selon la Loi civile fait acte de repentance devant Dieu, promet de ne plus recommencer ; tout enfant de Dieu étant perfectible il faut lui laisser la possibilité de progresser vers le Bien !

En vertu de cette doctrine de la RESTRICTION MENTALE, en France, aux USA, en Irlande, en Australie les prêtres pédophiles n’ont JAMAIS été dénoncés jusqu’à ces dernières années. Voilà un exemple de détournement de la loi de la République.

On voit bien là une illustration des procédures réceptives des religieux qui disent en fait : « Oui à la loi civile des hommes MAIS NON si les intérêts de la communauté religieuse l’emportent dans ce cas c’est nos règles qui s'appliquent».

Obédiences : Faut-il respecter la loi ?

Les institutions maçonniques et l’État de Droit

Ce qui vient d’être évoqué pour l’Église se passe exactement de la même façon dans certaines obédiences où certains dignitaires et membres prétendent que leurs lois internes effacent les lois républicaines parce que l’obédience est un ORDRE INITIATIQUE qui échappe à la loi profane !. Or comme l’affirmait La Maçonne les institutions maçonniques sont des associations loi 1901 comme les autres et soumises aux lois civiles en tous domaines y compris en matière de Liberté d’expression. C’est tellement vrai que ces dernières années l’État de Droit s’est imposé aux obédiences sans que leurs dignitaires aient été en mesure de s’y opposer. Prenons quelques exemples significatifs

1) Suite à la chienlit régnant à la GLNF, le tribunal de grande instance de Paris a décidé en 2012 de nommer Monique Legrand, administrateur judiciaire provisoire, comme mandataire ad hoc de l "association". Comble de l’histoire la GLNF était alors devenue UNE OBÉDIENCE MIXTE !!

2) Lue sur le blog « SOUS LA VOUTE ÉTOILÉE, en avril 2015, une décision de justice qui indique à chaque maçon qu’il peut visiter les obédience et loges de leur choix

« Jugement en date du 2 octobre 2001, rendu par la 3ème chambre civile du Tribunal de Grande Instance de NICE, dans l’affaire X contre la GRANDE LOGE NATIONALE FRANCAISE - LES HAUTS GRADES DU RITE D’YORK, relatif aux dispositions prévoyant, au sein de la GLNF, que “Tout frère s’interdit de participer à des réunions, tenues ou travaux non ouverts au public, d’une association maçonnique non reconnue par la Grande Loge Nationale Française.”

Par ladite décision, le TGI de NICE a dit et jugé que “la règle édictée par l’article 4 avant-dernier alinéa de la Constitution et du Règlement Général, dans son libellé actuel, constitue une violation de la liberté d’association et une discrimination non justifiée.”

3) Le 2 décembre 2010, le Tribunal de grande instance de Paris a rendu une ordonnance de référé déboutant 65 sœurs de leurs demandes : elles enjoignaient la Grande Loge féminine de France de les considérer comme membres et de pouvoir continuer leur vie normale en loges. En fait ces Sœurs refusaient la décision prise par l’obédience d’un changement de statut qui faisait passer la GLFF d association de membres à fédération de loges, si j’ai bien compris le fond de l’affaire.

4) Le 6 février 2009, le tribunal de grande instance de Paris a suspendu la radiation de cinq frères, prononcée en décembre 2008 par la chambre suprême du GODF, en raison «d’irrégularités de forme et de fond viciant l’ensemble de la procédure» d’exclusion.

On voit bien que la Justice française n’intervient pas sur des problèmes qui touchent les dogmes et la liturgie de l’Ordre mais la façon dont s’organise l’obédience en vertu de son caractère associatif.

L’État de Droit met de l’ordre dans l’Ordre et lui seul peut le faire.

La « CHAREAA » et la loi d’airain de l’oligarchie

Si l’on a bien lu et assimilé ce qui a été écrit récemment par le Collège des Invisibles qui est la dernière expression de Frères et de Soeurs publiés sur ce blog et dans le droit fil d’articles précédents parus depuis des années, on peut résumer la situation de cette obédience ainsi

-sous influence d’un Suprême Conseil « devenu fou, schizophrène, mégalomane » comme l’a dit Michel Barat, ses oligarques veulent en permanence imposer leur « CHAREAA », version corrigée sectaro-religieuse du REAA, aux membres de la GLDF dans un cadre de soumission absolue aux « lois » qu’ils édictent. S’il y a une opposition elle doit être mâtée par leurs sicaires que l’on déguise en juges.

Tout cela part d’une vision simpliste :

- l’obédience vit « hors sol » repliée dans ses murs

- la "LOI" des oligarques, autocrates se prenant pour des aristocrates, s’impose à tous et elle supplante la loi française, comme si la loi civile des citoyens que sont les francs-maçons étaient « hors les murs ».

- le droit commun est remplacé par le droit de se taire !

Voyons la réalité d’un peu plus près.

Quand les fichiers de la GLDF ont été piratés le Grand Maître a déposé plainte auprès de la Justice française qui fonctionne grâce à nos impôts.

Quand un cadre administratif est licencié en 2014 par le GM Marc Henry l’affaire est engagée devant les prud’hommes, la victime du licenciement réclamant de juger son licenciement nul et de condamner la GLDF à lui payer 500 000 € de dommages et intérêts. Cette dernière a trouvée un accord lui versant 145 000 € de peur d'une condamnation plus coûteuse.

Ils se disent en dehors du cadre du droit commun, non? Pourquoi craindre une condamnation ou déposer une plainte dans ses deux cas alors que l'on méprise foncièrement le "Droit Commun".

« Hors sol « ? Loi interne voulue exorbitante du Droit commun ?

Mais les Grands Maîtres dès qu’ils sont conviés se précipitent chez les responsables gouvernementaux pour donner leur avis sur des projets de Loi de la République !

Liberté d’expression selon la « loi » interne de l’obédience ! Mais le GM Marc Henry a bien foulé les pavés parisiens le 11 janvier 2015 pour défendre comme des millions de français les valeurs de la République et la Liberté d’expression. Il n’était pas « HORS SOL» ce jour là mais SUR LE SOL !!

Cerise sur le gâteau voici Philippe Charuel, Grand Maître de la GLDF, qui donne des leçons au gouvernement au sujet de la lutte contre le terrorisme.

Un dignitaire de l’Ordre ne peut pas, avec une formule de restriction mentale à la sauce maçonnique, défiler pour les grands principes de la République, affirmer aux profanes en conférences publiques qu’on respecte ces principes et penser :« Uniquement toutefois dans les cas où ces grands principes républicains ne viendraient pas contredire la doctrine du GADLU- Roi».

Obédiences : Faut-il respecter la loi ?

SOYONS SÉRIEUX ET STOPPONS LES CARABISTOUILLES SVP !

Il y a 1,3 million d’associations en France avec 11 millions de membres. Si chaque association se mettait à concocter un règlement intérieur hors du Droit commun cela deviendrait ingérable. Car il faut bien penser aux conflits qui naturellement surgissent comme on l’a vu précédemment à ce moment là c’est bien le recours à la Justice qui permet de régler les litiges.

Prenons le simple exemple de la GLNF qui, jusqu’en 2010 a une belle croissance de ses effectifs en fermant les yeux notamment sur quelques admissions d’affairistes. C’est l’obédience à l’état liquide pourrait-on dire. Puis c’est la crise et c’est alors l’obédience à l’état gazeux. Puis l’administratrice LEGRAND remet l’obédience sur les rails et elle passe à l’état solide.

Finalement tout le monde a été satisfait de la manifestation de l’État de droit pour rétablir une situation interne qui avait volé en éclats. La GLNF a été relancée, elle a retrouvé ses marques ou « landmarks » anglais et prospère à nouveau.

Maçon libre : ni « Loi » ni « soumission absolue »

Une obédience ne peut avoir de « loi » interne exorbitante du Droit commun !

La très grande majorité des catholiques, des protestants, des juifs, des agnostiques, des athées …et des Sœurs et Frères sont républicains et considèrent que l’État de Droit doit l’emporter quand il s’agit de juger et d’arbitrer des conflits. Et pour cela il faut une référence commune admise par tous et c’est le droit commun.

Une obédience peut disposer, comme toute association, des principes et des textes réglementaires qui régissent son fonctionnement et les droits et devoirs de ses membres. Mais ces textes de référence doivent être en totale congruence avec le droit commun.

L’ÉTAT DE DROIT donne des droits et des garanties à chacun des citoyens. Il en résulte particulièrement que la Liberté d’expression des citoyens- maçons est protégée et ne saurait être foulée aux pieds par des quarterons d’autocrates ne supportant pas d’oppositions à l’exercice de leurs pouvoirs.

Obédiences : Faut-il respecter la loi ?

Obédiences : Faut-il respecter la loi ?

Vadabus – parce que c'était lui – qui prenait sa plus belle plume nous a expliqué ci-dessus l'orientation religieuse de « l'ordre initiatique » dont les membres se considèrent « hors la loi » et surtout hors du devoir de la respecter.

Ils estiment, en effet, que « l'initiation », leur qualité « d'initié », les autorisent à mépriser le droit commun. S'il s'agit d'une tradition, il s'agit de celle des sectes. Ce sont bien des sectes qui sous le couvert d'une promesse d'une « amélioration de soi », de progression spirituelle, d'un mieux être, enferment l'individu dans un vase clos, le privant de ses libertés fondamentales dont celles de penser et de s'exprimer, estimant recevoir une loyauté sans faille de ses adeptes. Le législateur, d'ailleurs, a bien des difficultés pour définir la limite entre une secte, nocive pour l'individu comme pour la société, et une nouvelle religion ou une nouvelle pratique religieuse que l'on pourrait considérer comme « sans danger » pour les droits de ses adeptes.

Le fait est qu'une démarche dite « spirituelle » est, pour le législateur, foncièrement irrationnelle.

Nos « grands initiés » qui estiment qu'un « Ordre Initiatique » est au-delà du droit commun leur donnent raison. Il faudrait craindre, à les entendre, qu'un vénérable et deux surveillants dans une même voiture grillent tous les feux rouges. Le code de la route leur étant bien trop profane. Notre frère Vabadus dénonce une « aristocratie ». C'est, en effet, dans cet état d'esprit que sont « les grands initiés de l'ordre initiatique » lorsqu'ils annoncent sans ambiguïté que la loi, ben … c'est pas pour eux. Ils sont au-dessus de ce type de contingence. Il n'y a qu'un pas pour qu'ils disent que la lumière qu'ils ont reçu est juste « divine » … Lorsque l'on connaît le rituel d'élévation du REAA au 3ème degré, ils sont même « oint » par l'esprit d'Hiram. Les justifications ne manquent pas. Quant à leurs réelles qualités d'initiés, on en doutera au vu de pareille lecture littérale et dogmatique des rituels. Je les imagine bien devant un tribunal expliquer à un juge qu'un "Ordre initiatique" n'est pas une "association comme une autre" et qu'elle se doit de prévoir des règles "hors la loi"!

Pourtant, les obédiences ont sorti les grands plats pour éviter cela. Toutes indiquent, sous un forme ou une autre, le respect aux lois du pays, ont des commissions « laïcité », « droits de l'Homme », … Elles défilent dans les rues à chaque entorse de l'un ou l'autre « droit universel ». Elles font jurer à leurs nouveaux venus un respect inconditionnel aux lois, à la patrie, … et traquent sans répit tous ceux qui ont un procès profane ouvert, les suspendant voir les radiant de l'obédience, comme elles travaillent à valider la conformité de leurs règlements généraux avec la législation en vigueur. Elles ont toutes cherché, à un moment dans leur histoire, à travailler afin de se préserver de tout dérapage, comme de toute accusation. Cela n'a pas suffit.

Vabadus prenait comme exemple la GLNF. Une des théories est qu'un « ordre initiatique » ne peut pas être démocratique. Personne ne sait expliquer pourquoi. Tant et si bien que les frères de la GLNF se sont trouvés dans une situation des moins démocratiques qui puissent exister : le collège d'électeurs du Grand Maître était désigné par le Grand Maître. Stifani n'avait qu'à virer les frères de ce collège et mettre à la place d'autres qui lui prêtaient allégeance pour rester en place. C'est comme si un Président de la République désignait les députés au Parlement et se faisait élire par le Parlement ! Il faudrait, à l'échelle d'un état, une révolution digne de 1789 pour virer le potentat. La révolution fut faite par les frères de la GLNF. Que dire de ces deux obédiences, la GLFF et la GLDF, qui savent élire leur Grand Maître tous les ans, mais en ayant un seul candidat, celle et celui en fonction, qui se gardent bien, les trois années n'étant pas écoulées, de faire des appels à candidature comme il serait logique de faire ? Le « un an, ne pouvant pas dépasser une durée de trois années », c'est transformer en « trois ans et on organise une élection bidon ».

Quant au GODF, lorsque l'on lit les tractations qu'a effectuées le nouveau Grand Maître, promettant un poste de Grand Maître adjoint à un autre candidat pour qu'il se retire, on crierait tous au scandale si on apprenait qu'un politique faisait la même chose à l'échelle d'un pays ou d'une localité. « Si tu retires ta candidature, tu seras mon premier ministre », avec les variantes « mon premier adjoint », « tu pourras récupérer la mairie », etc. Oui, cela se fait en politique. Or, les francs-maçons ne sont pas obligés d'être aussi peu respectueux du vote des leurs que le sont les politiques des choix des citoyens.

S'il y a les aspects strictement réglementaires, ce n'est pas faute de n'avoir pas tenté de mettre en place les outils nécessaires, mais c'est bien l'état d'esprit et la psychologie des frères et des sœurs, qui se situent « au dessus des lois », qui est en cause.

Je suis persuadée que dans l'avenir le premier combat des francs-maçons dans leur obédience ne sera plus de traquer ceux qui ont commis dans leur vie professionnelle ou personnelle des actes délictueux, mais les responsables des dérives en tout genre auxquels nous assistons régulièrement. L'avenir comme l'image d'une obédience ne tiendront plus à sa capacité à suspendre tel ou tel pour un procès, mais à remettre en cause ses exécutifs qui se suivent et se ressemblent dans le mépris des textes réglementaires de leur obédience mais aussi des lois comme des droits fondamentaux. De quoi aura l'air une obédience si elle est condamnée pour une atteinte à un droit fondamental, comme la liberté de la presse, la liberté d'opinion, le respect de la correspondance privée, le droit à la défense, … pour avoir pousser des frères et des sœurs à la démission, pour discrimination … ?

Je suis, certainement, en avance de quelques années. Il faudra quelques scandales bien juteux, qui feront la une des journaux, pour que la majorité des frères et des sœurs en prennent conscience. Or, il sera trop tard.

Comme pour les scandales et « les affaires », des années 90, le mal sera déjà fait. D'autant plus que dans ce cas précis, la remise en cause risque d'être certainement bien plus violentes pour les obédiences. En effet, ce ne sera pas quelques uns qui salissent les autres, mais toute une obédience qui sera épinglée. Il n'y aura pas d'échappatoire possible. Les « on ne savait pas », les « on n'a pas compris », ne seront pas très plausibles du côté de l'exécutif comme du côté des loges.

Nul n'est censé ignorer la loi. Nul n'est censé l'ignorer mais surtout une obédience maçonnique se doit pour elle, pour ses membres, pour les autres obédiences, d'être exemplaire. « L'amélioration de soi » passe aussi par l'exemplarité. Qu'est-ce la valeur d'une initiation si, au final, on accepte des comportements de voyous, des atteintes délibérées aux droits fondamentaux, aux droits communs comme au sens commun, et à la démocratie ?

Obédiences : Faut-il respecter la loi ?
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Condorcet 07/09/2016 19:49

Mon Cher Loïc, je vous rassure je ne suis aucunement l'auteur de l'article que j'ai découvert comme vous.
Par contre ceux qui ont détourné les lois, ce sont ceux qui ont imposé l'évangile de jean alors qu'il n'y a pas si longtemps on pouvait prêter serment sur la bible à plusieurs endroits (je n'insiste pas) les les constitutions et les règlements généraux, voire sur une feuille blanche. La restriction à nos libertés n'est pas une vue de l'esprit elle est bien réelle. En reprenant votre formule :"Vous n’êtes pas sans ignorer qu’avec un peu d’habileté intellectuelle, les lois peuvent être détournées de leur objet à seule fin de satisfaire des intérêts partisans au détriment de l’harmonie générale." je crois comme je vous l'indiquais dans le précédent post que vos arguments se retournent contre vous.
Il n'y a rien d'autre à ajouter sauf à admettre qu'une vision de cour de caserne est susceptible de profiter à l'harmonie générale.

La Maçonne 07/09/2016 21:00

Je confirme que Condorcet n'est pas l'auteur de ce texte. Il est d'ailleurs signé Vabadus (mais passons).
Je ne sais pas comment prendre les "ayatollah" du code civil ... est-ce à dire que selon Loïc, vouloir respecter la loi comme les RG de son obédience serait du fanatisme? Diantre ! J'ai bien aimé "la lettre et l'esprit" ...

Brumaire 07/09/2016 19:30

Pan sur les doigts, Brumaire: on rectifie : "un retour au cabinet de réflexion leur serait..."

Brumaire 07/09/2016 12:17

Chère Maçonne, toutes les obédiences françaises ont des statuts (respectant la loi de 1901) et des RG qui ne peuvent aller contre leurs statuts.
Pour le "reste", elles sont, et c'est vrai, des associations pas tout à fait comme les autres, puisqu'elles font du progrès personnel comme de l'Humanité, leur principe de base; un progrès qui ne s'acquiert que par un processus initiatique lent, car respecter la loi morale dans toute son existence est un travail de tous les instants.
Il ne faut pas chercher de contradiction entre les lois de notre République et les lois maçonniques: les premières relèvent des règles de vie en société, les autres d'une règle encore plus exigeante, et sûrement pas contradictoires.
Seulement, certains maçons en sont restés au stade plancher...et une fréquentation assidue de leurs rituels, comme un retour au cabinet de réflexion leur serais sans doute salutaire...

La Maçonne 07/09/2016 19:38

MTC Brumaire, la question n'est pas définir la franc-Maçonnerie... Ce qui serait impossible en un seul article et ce que ne font pas les obédiences.
Le problème n'est pas non plus de savoir si les RG sont respectueux de la loi... Ils le sont. Le problème est qu'aujourd'hui il est constaté une méconnaissance de ceux ci au niveau des loges mais aussi des CF... Voir des interprétations de ceux ci parfaitement illégaux.
Par exemple, l'article que cité le CF de la GLDF pour une chambre du milieu contre des frères concernent la communication des loges, qui dit que les loges doivent envoyer leurs communications et formulaires au siège de l'obédience. Pour la GLDF, c'est traduit par "les frères n'ont pas le droit de communiquer entre eux" ...voir même n'a pas le droit de communiquer tout court avec qui que ce soit.

Loïc 05/09/2016 19:58

Bravo, voilà une belle plaidoirie, très longue et bien documentée... une interminable litanie profane, oserais-je dire. Mais soyons sérieux : comment osez-vous comparer, en cette époque si troublée, la GLDF, qui vous obsède et sur laquelle, manifestement, vous aimez tant cogner, à une bande d'excités sanguinaires capables des pires horreurs, comme nous en sommes hélas témoins quotidiennement. Vous n'êtes pas seulement ridicules, vous êtes écoeurant(es). Car voyez-vous, il y a tout de même une petite différence entre les fous de dieu, quel que soit le nom qu'on lui donne, et la FM pratiquée dans mon obédience : c'est qu'on peut quitter la GLDF plus librement qu'on y est entré, sans risquer d'être lapidé, torturé, décapité, pendu ou crucifié. Je regardais samedi matin des témoignages de réfugiés politiques sur LCP, où ces pauvres jeunes gens avaient réussi à échapper à leurs tortionnaires... c'était très éprouvant, et si vous aviez entendu leurs paroles et vu leurs corps mutilés, leur chair meurtrie, vous ne vous risqueriez pas à des jeux de mots plus que douteux comme cet infâme “chareea“, que même un publicitaire en mal d'inspiration n'aurait pas eu l'audace de tenter... Puisque vous semblez l'oublier, nul n'est obligé d'entrer dans un ordre initiatique et nul n'est contraint d'y rester. D'ordinaire, je n'aime pas donner de conseils, mais à votre place, je m'interrogerais néanmoins sur le bien-fondé de ma démarche, si j'en étais arrivé, comme vous, à penser de telles aberrations. Vous parlez de droit, mais vous n'êtes que de piètres justiciers...
Et pendant que j'y suis, puisque votre laborieux argumentaire aborde tant de sujets, on peut à mon sens être contre le “mariage pour tous“ (un autre slogan pathétique) et contre le non moins fameux “droit à l'enfant“ (comme si un enfant, pur mystère de la vie, devait être réduit à quelques lignes dans un code civil...) sans être un abominable facho ou un fanatique catholique. Mais il est vrai que pour les personnes de votre espèce, ne sont démocrates que celles et ceux qui pensent comme vous. C'est sûr, vous êtes de vrai(e)s francs-maçon(ne)s...
Loïc

La Maçonne 07/09/2016 18:36

@Loic
Pour Philippe Charuel, cela ne le rends pas plus estimable. Y avait-il un autre candidat au moins? Non. Bien sûr. Et que penseriez vous si aux présidentielles, il n'y avait qu'un seul candidat ?
Ensuite, quitte à parler des règles maçonniques, c'est encore lui qui braille ma véritable identité à des centaines de frères ... Ce n'est non seulement pas respecter nos règles mais aussi la loi. Hé oui! Un blogueur a le droit à l'anonymat et à veiller que son anonymat soit respecté (respect de la vie privée) ... Au même titre que tu peux, toi aussi, commenter sur ce blog en préservant ton anonymat.

Loïc 06/09/2016 23:01

Madame la Maçonne, pensez-vous sérieusement parler au nom “de tout le monde“ et de révéler, par votre sublime parole, ce que la multitude “pense tout bas“ ? Mais alors, vous la farouche gardienne de la liberté de conscience, que faites-vous des députés, élus par les loges, qui viennent de reconduire à 83% Philippe Charuel à la grande maîtrise ?

Quant à vous, cher Condorcet, je ne vois pas en quoi les arguments que j’aurais fourni se retourneraient contre moi, pour la simple et bonne raison que je n’en ai donné aucun : je vous ai juste fait part de mon écoeurement face à l’article présenté sur ce blog et dont vous semblez être le talentueux auteur. Je le répète : les parallèles qui y sont dressés sont tout simplement scandaleux et dénués de la moindre mesure.
Vous n’êtes pas sans ignorer qu’avec un peu d’habileté intellectuelle, les lois peuvent être détournées de leur objet à seule fin de satisfaire des intérêts partisans au détriment de l’harmonie générale. Les extrémistes religieux (puisque le thème vous tient à cœur, mais cela pourrait également s'appliquer aux grandes entreprises par exemple) le savent pertinemment et s’en servent sans la moindre vergogne, tout comme les ayatollahs du code civil, dont semble aujourd’hui victime la maçonnerie. C’est que dans les lois comme partout ailleurs, il y a la lettre... et il y a l’esprit. Mais au point où nous en sommes, je vous propose de remplacer l’Evangile de Jean par le Dalloz et de travailler, comme le suggère Lionel, à la gloire de la loi 1901.
Bien cordialement.

La Maçonne 06/09/2016 13:35

Sans parler des conséquences pour la FM
Imaginons qu'une obédience soit condamnée pour des faits graves : tout l'anti maconnisme s'en felicitera et demandera la fermeture, voir l'interdiction de la FM.
Avec un gouvernement de type "droite décomplexée" limite FN qui se profile à l'horizon 2017, ce sera lui donner l'occasion de satisfaire son électorat à moindre frais.

Condorcet 06/09/2016 11:26

Mon Cher Loïc:
C'est amusant de constater que vos propres arguments se retournent contre vous. La question est pourtant simple, est ce qu'une organisation quelle qu'elle soit, obédience maçonnique ou non, se trouve dans l'obligation de respecter les lois de la République...OUI ou NON.?
De la réponse apportée à cette interrogation on sait si l'on est dans un état de droit d'une part ou appartenant à un mouvement à tendance sectaire d'autre part. En réalité est ce qu'un mouvement quelqu'il soit se doit-il d' accepter ou de refuser de faire partie de la communauté nationale, ou bien dans la mesure, où il s'en refuse, peut t'il avoir la prétention de prétendre au droit à quelques règles dérogatoires. Depuis la nuit du 4 août 1789 les privilèges ont été abolis me semble-t'il.
La question n'a jamais été de penser comme tel ou tel qui est une question de fond, la question est purement formelle, est ce que le cadre dans lequel on agit et qui permet l'échange, le libre examen, et la libre expression le permet oui ou non.
A une époque ou le communautarisme fait une entrée en force dans la société, il serait plus intelligent de s'interroger sur les limites et les contraintes de toute institution plutôt que de s'enfermer dans la suffisance de certitudes qui refusent tout débat de fond.
La véritable liberté ne consiste pas à fuir en quittant telle ou telle institution comme vous semblez le suggérer mais au contraire à affronter le réel en luttant contre le dogmatisme sous toutes ses formes, encore faut-il en avoir le courage.
Puisque vous citez la GLDF, mais on pourrait citer d'autres institutions, avez vous étudié l'évolution de cette obédience depuis sa création en 1894, c'est à dire lorsqu'elle avait pris ses distances avec le SCDF?
Les problèmes que vivent cette obédience ont trait au retour en force de ce SC au sein de l'obédience. Avant ce retour en force, c'était la liberté, et la sérénité voire la paix au sein de l'obédience,
Richard Dupuis a tout fait en son temps pour maintenir le SCDF à distance de l'obédience car il savait quels en étaient les enjeux de fond. Malheureusement la digue de la sérénité à sauté et ce surtout depuis une dizaine d'années.
Espèrons sans trop gémir qu'on en revienne à des temps plus sereins.

La Maçonne 05/09/2016 20:20

En fait, tu as répondu à toutes les questions que l'on pourrait se poser en lisant ton commentaire dont "mais bon sang! Mais pourquoi il s'énerve ainsi?"
Parce que l'on ose dire ce que tout le monde pense tout bas : il n'existe pas de sainte-mere-gldf et sa sainte écriture le REAA .... En plus, nous sommes pour le "mariage pour tous" et l'adoption pour les couples homo comme la procréation assistée ...c'est vrai, j'avoue tout, je suis une indécrottable libertaire ...

Gilles Poulet 05/09/2016 17:27

Remarquable analyse! En effet, le RG d'une Loge ne peut pas violer le RG de l'Obédience, lequel ne peut violer le Droit positif qui organise la société. CQFD Le reste n'est que billevesées, joujou temporaire de "grosses têtes" pas si bien faites que ça au demeurant. Quant à la dimension initiatique derrière laquelle ils tentent de se cacher pour violer le droit, c'est ne rien comprendre au phénomène initiatique qui n'a que faire des petits arrangements triviaux.

Lionel Maine 05/09/2016 15:31

Chère "la maçonne",
Bonjour,
Pour votre gouverne, un citoyen français, belge, voire européen, ne peut pas devenir membre de la Grande Loge de France;
Seules des collectivités autonomes de francs-maçons réunis en associations déclarées ou, notez le bien sur vos tablettes , non déclarées le peuvent.
C'est ce qu'on appelle ... des Loges !
Vous noterez aussi que le caractère initiatique de la GLdF implique une formation progressive qui ne permet pas d'attribuer des prérogatives à chacun sans tenir compte de sa progression dans les divers degrés.
Certes, dans le salmigondis d'arguties juridiques de votre article, on perçoit mal quelque caractère initiatique; gageons qu'il est lui aussi invisible !
En vous laissant glorifier la Loi de 1901.
Fraternellement.
Un certain Lionel.

La Maçonne 05/09/2016 20:27

Le fait est que l'on vient de te répondre ... Et si maintenant, pour toi les RG c'est de l'initiation progressive ... Y'a comme un problème.