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La Maçonne

Obédiences : faut-il supprimer le serment maçonnique ?

Notre frère Vabadus offre, tout à votre intention, un nouvel article remettant en cause et re-situant le « Serment maçonnique » dans son contexte social, culturel et religieux.

Cette réflexion entre en ligne droite de « la Nouvelle Franc-maçonnerie », rubrique de ce blog. Alors que d'autres font du plus vieux avec du vieux pour les vieux, il est question ici – comme la franc-maçonnerie sait le faire – de s'adapter et de réfléchir aux causes et conséquences des désordres qu'opèrent certains et certaines à la tête des obédiences. Il est, surtout, question de redonner les obédiences aux frères et aux soeurs et non plus les laisser entre les mains de quelques uns (et unes).

Le « Serment maçonnique » est un ensemble d'éléments aux origines diverses. Le mien fut de promettre « fidélité à la patrie » (respect des lois de la République), de préserver les secrets qui me seront dits (comme rien ne me fut dit qui ne se trouve déjà dans un bon livre …) et d'être assurée de ne m'agenouiller devant rien … Je dois avouer que c'est plutôt bien réussi ! C'est sûr que je ne m'agenouille devant rien, ni personne. J'ai eu la chance d'avoir prêté un serment qui correspondait à ce que je suis dans une obédience qui a réfléchi à ceux-ci (bien avant moi !) du moins pour un de ses rites.

La dimension morale d'un serment maçonnique est, par ailleurs, très présente. Probité, honneur, respect de l'opinion d'autrui, liberté de conscience, secours à ses sœurs et frères, quête constante de la Vérité, de la Justice, ne pas dévoiler le nom d'un soeur ou frère même à un autre maçon …. en sont logiquement les piliers pour une obédience libérale & adogmatique.

Je ne suis pas la plus grande fan du moralisme ambiant et plutôt niais que supposent certains passages de nos serments. D'autant plus que les grands « donneurs de leçons » - et cela peut être des « donneuses de leçons » - sont les derniers à respecter leurs propres serments, se considérant au-dessus de la mêlée. Il y a des tartufes partout, y compris en franc-maçonnerie.

On ne peut pas dire que les exemples largement présentés dans différents articles sur ce blog donnent spécialement envie de préserver des serments faisant promettre probité et honneur, qui sont au final si peu respectés ! Ils apparaissent ainsi artificieux.

Ainsi, faut-il les supprimer? C'est la question que se pose Vabadus courageusement... et certainement bien des frères et des soeurs qui me lisent.

Obédiences : faut-il supprimer le serment maçonnique ?

Obédiences : faut-il supprimer le serment maçonnique ?

En octobre 2015 notre Sœur La Maçonne s’insurge à la lecture d’une circulaire.de la GLDF Cela a donné lieu à un article dont nous rapportons certains extraits

GLDF : une soumission entière est demandée

15 OCTOBRE 2015 - « C’est encore une circulaire qui me parvient – la numéro 8 – sur fond de contestations des frères de la GLDF. Nous nous étions peu ou prou demandé comment les éminents spécialistes de la maçonnerie universelle-humaniste-et rassembleuse-du-REAA allaient vivre l’échec d’une CMF devenue inutile. La réponse n’a pas tardée à venir : mal et la circulaire n°8 nous le montre. »

« L’affaire est simple. En septembre, les loges de la GLDF ont installé leur collège d’officiers. Elles ont découvertes une modification substantielle du rituel dit « d’installation ». » (in GLDF : Une soumission entière est demandée)

Voici le texte modifié :

"Promettons solennellement, en présence des Grands Officiers installateurs délégués par le Conseil Fédéral, de nous conformer strictement et scrupuleusement aux Règles Traditionnelles de l'Ordre, à la Constitution et aux Règlements Généraux de la Grande Loge de France, aux décrets et arrêtés émanés ou à émaner du Conseil Fédéral, que nous déclarons reconnaître ici pour seule et légitime autorité de la Grande Loge de France et auquel nous promettons aussi fidélité et soumission entière." Circulaire n° 8 de la GLDF

Dans l’article La Maçonne écrit notamment ceci: « Il est tout bonnement demandé aux frères officiers des loges d’abandonner tout sens critique, leur libre-arbitre et leur liberté de conscience. Il leur est interdit de remettre en cause les textes comme les Règlements Généraux ou les Rituels. Ils sont interdits de penser. Demander aux frères une « soumission entière » est leur retirer toute liberté. Pour des maçons censés être des « hommes libres et de bonnes mœurs », on soulignera la contradiction factuelle. »

Face à la bronca venue des Loges le texte a été ANNULÉ par le Conseil Fédéral.

Le présent texte vise à présenter l’emploi des serments maçonniques dans trois types d’obédience :

  • l’obédiences pieuse ou religieuse
  • l’obédience adogmatique ou libérale
  • l’obédience « grise » ou obédience ambiguë

À partir de ces analyses nous tenterons de répondre à la question :

« Faut-il supprimer le serment ? »

Le serment dans une obédience pieuse

Le premier personnage, dans la légende, qui n’a pas respecté l’INTERDIT de Dieu est Adam. Il fut puni avec Êve. Ainsi on note le premier cercle vicieux : Serment, Parjure, Péché, Sanction

Quand les gaulois signent un traité avec Alexandre le Grand au IVème siècle avant notre ère ils invoquent comme caution de leur parole le ciel, la terre, la mer. C’est donc une alliance cosmique qui garantit la parole.

Pierre jura fidélité à Jésus

« Alors Jésus lui dit : “ Vraiment, je te le dis : Toi aujourd’hui, oui cette nuit-ci, avant qu’un coq chante deux fois, tu me renieras trois fois+. ” 31 Mais il disait de plus belle : “ S’il me faut mourir avec toi, non je ne te renierai pas. (Marc)

Mais plus tard Pierre dira : « Je ne connais point cet homme. « .Et aussitôt le coq chanta.

Au Moyen Age le serment est bien sûr prêté devant Dieu qui lui garantit une « validité » universelle. On doit ici référer, à l’un des commandements du Décalogue – « tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur, ton Dieu, pour tromper ».

Comme l’a expliqué l’historien Roger Dachez :

« le serment a la valeur d’une ordalie, c’est-à-dire d’une épreuve dont Dieu était généralement le témoin et le juge puisqu’on invitait les foudres du ciel à s’abattre immédiatement si l’on mentait – l’épreuve de la « main au feu » en était une variante, parmi bien d’autres. »

Selon ces références bibliques ou à la pratique de l’Europe médiévale – deux références importantes pour l’imaginaire de la franc-maçonnerie religieuse –, le serment a toujours revêtu le caractère d’un acte sacré. Dans dans cette tradition « magico religieuse » le serment imposé aux Frères est connoté :

  • on s’engage sur la Bible et devant Dieu

  • les châtiments en cas de parjure font toujours état de sanctions « physiques : « Gorges coupées, cœur arraché », etc.

La formalisation de l'engagement sous la forme d'un serment donne à celui-ci la nature d'un engagement de l'individu dans sa référence au sacré, au transcendant, engageant celui-ci dans le monde des vivants comme dans le monde des morts, parce qu'il est prêté sur la Bible.

Marius Lepage a bien résumé cette vision des choses lorsqu’il a affirmé

« Le serment est un acte sacramentel, dont la portée dépasse la personnalité de celui qui le prête. Il nous engage dans les mondes visibles et invisibles, pour le présent et pour l'avenir. Que celui-là qui ne se sent plus à l'aise entre les colonnes se retire loyalement. Il agit en homme libre et de bonnes mœurs. Mais qu'il n'oublie jamais son serment, sous peine de félonie. Nul ne peut être en ces questions son propre juge, nul ne peut reprendre sa parole donnée. Les récits de chevalerie ont conservé, comme les plus beaux exemples de la valeur morale des preux, les gestes qui nous les dépeignent préférant mourir plutôt que se parjurer, si indigne soit leur adversaire. ».

Il est lumineux que dans ces obédiences le numineux l’emporte sur la raison.

Les obédiences pieuses sont plutôt destinées aux post-catholiques.

Imaginons qu’un post-catholique dans son nomadisme en quête de mysticisme cherche une Église de substitution afin de combler son besoin. Il peut, et c’est très prisé, devenir bouddhiste, pentecôtiste. Il peut aussi se tourner vers les obédiences pieuses où il retrouvera un cadre aussi peu éloigné que celui qu’il a quitté :

- dogme et liturgie basés sur un théisme chrétien,

- des dignitaires choisis parce qu’ils représentent le mieux les valeurs de l’Ordre et auxquels on doit une dévotion absolue

- une organisation volontairement non démocratique

Il fera des prestations de serments ayant un caractère « sacré ». Celui qui prête serment dans une obédience pieuse doit vivre une expérience numineuse lui donnant le sentiment d’une présence divine. La démarche mystique doit débuter avec la prestation de serment de l’apprenti

Attention tous les serments l’engageront totalement sachant que toute critique des actes de gouvernance est considérée comme un non respect de ses engagements et doit être sanctionnée.

Et en prime s’il choisit bien son rite il pourra réciter des prières !

Et si on lui propose de consolider sa démarche mystique dans les hauts grades voici le type de serment qu’il devra respecter au REAA

Au 30ème: « Je jure fidélité, jusqu'à la mort, aux lois et règlements de l'Ordre Ecossais. Je jure obéissance à mes supérieurs dans l'Ordre en tout ce qu'ils me commanderont de non contraire à l'honneur. »

Au 32ÈME en tant que « Chevalier » il devra s’engager ainsi :

4ème serment : Je jure de m'intégrer profondément, pour ce combat, à la cohorte des Chevaliers du Royal Secret, jusqu'à l'obtention d'une parfaite concordance de nos moyens communs, afin de réaliser ensemble le plus haut potentiel d'influence et d'action.

5ème serment : Je jure obéissance aux ordres et instructions que notre Commandeur obéissant lui-même aux prescriptions supérieures, nous donnera dans ce but.

Les obédiences pieuses sont parfaitement honorables. A travers le monde si on trouve 80% des Maçons qui sont des adeptes de ce type d’organisation, c’est que cela correspond bien à un besoin de spiritualité religieuse.

Un esprit facétieux disait un jour du GODF que c’était l’organisme profane qui ressemblait le plus à la Franc-Maçonnerie !

Avec le même esprit ou pourrait dire d’un obédiences pieuse qu’elle est une Église de substitution qui ressemble le plus à la Franc-Maçonnerie !

À signaler afin que le tableau soit complet, que les effectifs de ces obédiences sont en fort déclin depuis des décennies au Royaume-Uni comme aux USA. Ce qui veut dire qu’elles ne captent pas la Jeunesse.

Le serment dans une obédience adogmatique

Des personnes en quête de « spiritualité laïque » se dirigent vers des obédiences adogmatiques. Les caractéristiques d’une obédience adogmatique sont bien connues et il est inutile de ratiociner à leur sujet. Voici à titre d’exemple le SERMENT DES OFFICIERS D’UN ATELIER DU GODF - extrait du blog Sous la Voute étoilée :

« Sur mon honneur et ma conscience, je promets d’accomplir avec zèle et dévouement, les devoirs du poste auquel je suis appelé par les suffrages de mes Sœurs et de mes Frères. Je promets aussi d’observer fidèlement la Constitution, le règlement Général du GODF et le Règlement particulier de la l’Atelier »

Ce texte de serment maçonnique est compatible avec la Liberté du Maçon.

Le serment dans une obédience « grise » ou ambiguë

Une obédience pieuse on sait ce que c’est, c’est une obédience « blanche ». Une obédience adogmatique on sait ce que c’est, c’est une obédience « noire » ou « rose ».

Une obédience « grise » on ne sait pas bien ce que c’est ! C’est comme un radis : rouge à l’extérieur et blanc à l’intérieur. C’est « transgenre » ! C’est l’obédience « adogmatique » qui veut ressembler le plus possible à une obédience pieuse. Ainsi fondamentalement depuis les années 50, certains dignitaires de la GLDF formatés SC n’ont eu de cesse d’agir pour transmuter la GLDF en obédience pieuse. Certaines tentatives sont restées célèbres et dramatiques.

En 1964 il y la tentative désastreuse du Grand Commandeur Riandey du SCDF qui provoquera une crise au sein de la GLDF entraînant une perte de 15% de ses effectifs. Riandey ira à la GLNF accompagné de nombreux frères et il fondera le Suprême Conseil pour la France (SCPLF).

De 2012 à 2014 il y la tentative de A-N Dubart assisté du GM Henry de faire prendre la place de la GLNF par la GLDF !

« Caramba, encore raté ! » comme dit le perroquet dans les aventures de Tintin. Ce fut un échec cuisant assumé par le seul GM Henry.

Alain Bauer dans un entretien sur Hiram be en décembre 2014, a livré son analyse après l’échec de la CMF. Avec une ironie mordante il pointe les ambiguïtés de la GLDF.

« Pour des raisons mystérieuses certains cadres de la GLDF semblent toujours à la recherche d’une supposée « régularité perdue » et passent beaucoup de temps à négocier avec les grandes loges américaines ou anglaises une « reconnaissance » tout en connaissant les conditions de celle ci (Dieu, pas d’intervisites, …). Chaque fois ces responsables de la GLDF viennent expliquer qu’ils vont se conformer à la règle quitte à travestir les faits outre manche et outre atlantique voire en France. Et échouent quand la vérité éclate. »

A défaut de pouvoir faire basculer la GLDF dans le théisme « régulier » on tend à s’en rapprocher en modifiant les éléments structurant le corpus idéologique de la GLDF, en introduisant des marqueurs d’une obédience pieuse. C’est la zone grise en marche !

Voilà comment s’exprime un GM d’une obédience « grise » s’affirmant adogmatqiue :

« le GADLU principe qui n'est pas Dieu mais qui n'est pas non plus un non Dieu permettant ainsi au croyant et au déiste agnostique de travailler ensemble dans la même Loge » agnostique »

Propos du GM Dubart au Convent de 2012 (- Journal de la GLDF no 106 – page 3) :

Pour bien comprendre cette formulation « pas Dieu et pas non plus un non Dieu » je vous demande d'imaginer Eve s'adressant à Adam et lui disant :

« Adam mon chéri tu vois le fruit rouge qui se trouve sur l'arbre et bien ce n'est pas une pomme mais on ne peut pas dire non plus que ce n'est pas une non pomme! Alors tu peux manger ce fruit que j'ai déjà croqué »

Cette formule donne surtout pour la GLDF un texte de remplacement à la formule andersonnienne

« Un Maçon est obligé de par son Titre d'obéir à la Loi Morale et s'il comprend bien l'Art, il ne sera jamais un Athée stupide ni un Libertin irréligieux. »

Ce texte devient : "Un Maçon de la GLDF doit être un Croyant ou un déiste agnostique". Belle formule adogmatique !!!

Mais s’il y des marquages par la parole il y a surtout des marqueurs écrits. Ainsi Le GM Dubart (encore lui !!) fait adopter par le Convent de juin 2012, l’obligation d’ouvrir la Bible au texte sur LE PROLOGUE DE JEAN.

Or si j’ai bien compris, ce texte est fondamental sur le plan de la théologie pour l'Église Catholique car il évoque « La Lumière » qui émanant de Dieu « qui « éclaire tout homme ». Elle symbolise pour le catholique la vie, le salut et elle éclaire le chemin des hommes. Dieu est lumière mais également le Messie. La « Lumière » de Dieu dissipe les ténèbres qui symbolise le mal, le châtiment, la perdition et la mort. Les Ténèbres et le Mal sont symbolisés par Satan, le Diable et Lucifer. Dans la Bible il est évoqué la guerre que les « fils de Lumière », c'est-à-dire les esséniens, doivent mener à la fin des temps contre les « fils de Ténèbres », c'est-à-dire les païens et les mauvais juifs. (fin du petit cours de catéchisme pour athée stupide !).

Lorsque le GM Dubart fait passer cette réforme en fin de mandat au Convent de 2012, il sait bien :

  • que cette ouverture de la Bible au Prologue de Jean répond parfaitement à un oukase anglais qui veut que le VLS soit ouvert sur un texte qui marque un lien avec la TRANSCENDANCE si on veut que l’obédience soit reconnue par la GLUA

  • que depuis 2010 il a eu des discussions secrètes avec les GM des 5 GL européennes, ce qui a conduit à l’Appel de Bâle qui a eu lieu quelques jours avant le Convent

Il sait bien que cette obligation d’ouvrir au Prologue de Jean élimine proprement le SYMBOLE du VLS car elle restitue à la Bible son caractère de LIVRE RELIGIEUX. Ainsi désormais les serments seront « sacrés » et leurs non respects seront qualifiés de PARJURE et renforceront les sanctions.

Parjurer c’est « péché » ! Le GM Marc Henry n’utilise certes pas le mot péché » dans sa circulaire n° 35 mais c’est tout comme quand il dit :

« Il faut que chaque Frère de la GLDF « s’engage en conscience à respecter les termes et le cadre des engagements pris lors de son initiation et par suite réitérés. ».

(Le GM Marc Henry est tout de même le seul dignitaire de la GLDF à avoir formellement porté la Parole de Jésus dans les colonnes du Figaro depuis 1894 !)

Avec la Bible ouverte au Prologue de Jean cela permet de faire jouer les liens : SERMENT, PARJURE, PÉCHÉ, SANCTION.

Chacun comprend mieux la formule du serment contenue dans la circulaire n°8 "Promettons solennellement …….aux décrets et arrêtés émanés ou à émaner du Conseil Fédéral, que nous déclarons reconnaître ici pour seule et légitime autorité de la Grande Loge de France et auquel nous promettons aussi fidélité et soumission entière."

Ne pas se soumettre « absolument « comme l’exige la circulaire n° 8 devient « péché » !!

Les Frères croyants et non croyants de la GLDF ne méritent ces démarches déceptives. L’un d’eux se lèvera-t-il un jour pour renvoyer ces obscurantistes à la grogne de l’Éternel qui dit :

«Si vous êtes sortis de votre grotte pour détruire mon monde, retournez-y ! » -(Talmud)

Faut-il supprimer le serment maçonnique ?

L’historien Roger Dachez, mais il n’est pas le seul à le faire, s’interroge sur l’utilité du serment sur son site Pierres Vivantes :

« Il va de soi que dans les sociétés « désenchantées » de l’Europe moderne, nul ne croit plus vraiment que Dieu va terrasser les menteurs et, d’autre part, on imagine difficilement que quiconque puisse pour le même motif trancher la gorge d’un des Frères ! Si l’on ajoute le fait que le l’objet du serment est, littéralement, de préserver des secrets que l’on trouve en vente dans toutes les bonne librairies depuis plus de deux siècles et demi, on peut comprendre que le serment maçonnique soit parfois considéré comme étant à la fois inutile, sans objet et finalement un peu ridicule. Reconnaissons que beaucoup de maçons, de nos jours, ont à un moment ou à un autre, éprouvé ce sentiment. »

L’homme a toujours été attiré par tout ce qui est mystérieux ou secret et le milieu maçonnique continue à entretenir l’ambiguïté sur ce point. Et plus les rites entretiennent le côté magico-religieux de l’Ordre plus il vont fasciner. C’est le cas dans la maçonnerie pieuse où le « divin » prime sur l’humain. Le serment des Maçons s’inscrit bien entendu dans cette nébuleuse magico-religieuse qui plait à certains Maçons en quête de mysticisme.

Dans les obédiences pieuses la question de la suppression du serment ne peut donc pas se poser car, on l’a vu, c’est une pièce essentielle du corpus religieux.

Peut-on supprimer le serment dans la FM adogmatique ?

Les engagements que l’on peut attendre d’un Homme libre, d’un Maçon probe et correct sont :

  • de ne pas dévoiler le nom de ses frères

  • de se conformer aux règles statutaires de l’obédience et de l’Atelier auquel il appartient

  • c’est d’être discret concernant les travaux en loges

Par ailleurs on peut lui demander de souscrire entièrement à la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du Citoyen et aux valeurs de la FM Universelle.

On peut donc envisager une prestation de serment « laïque et humaniste » portant sur des symboles et/ou sur livres qui ne seraient pas porteurs de vérités intolérantes.

En conclusion cette interrogation sur la suppression du serment ne peut faire débat que dans des obédieneces adogmatiques où travaillent des Frères et des Sœurs Libres.

NB Pour nourrir ma réflexion sur le sujet traité ci-dessus, j’ai notamment lu un article paru dans Hiram be intitulé : « Secrets maçonniques mythiques et serment symbolique hyperbolique «

Je vous incite à lire cet article aux idées iconoclastes qui a été rédigé par le Frère Guillaume. Ce Frère est belge et en le lisant et en écrivant cet article il me revenait en mémoire une histoire inventée par mes soins. Je me fais plaisir en vous la racontant d’autant qu’elle est parfaitement en situation avec ce qui précède.

« Il était une fois, dans un grand musée bruxellois, deux individus qui ne se connaissent pas, regardant un tableau présentant Jésus sur la croix, œuvre réalisée dans un style belge mélangeant ceux de B Buffet et de S Dali sur le même sujet.

La première personne s’adresse à la seconde personne et lui dit désignant la peinture : « Ceci est Dieu »

L’autre personne lui répond : "Ceci n’est pas Dieu"

Le premier individu rétorque, courroucé, le ton très martial : "Comment pouvez me contester Monsieur ? Savez vous bien qui je suis ? Je suis le Grand Maître de la Deuxième Puissance Maçonnique de France et donc je suis parfaitement qualifié pour vous parler de Dieu ! Vous qui êtes vous

Et l’autre personne de répondre : « Je m’appelle Magritte ».

Obédiences : faut-il supprimer le serment maçonnique ?

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Astérix 30/09/2016 22:51

- A la GLDF, le convent allait s’opposer à la décentralisation de la TGL comme l'avaient fait entendre la majorité des congrès régionaux et la commission ad hoc chargée d'étudier le sujet, le GM retire la proposition, donc la TGL n’est pas décentralisée

Mais le Conseil Fédéral s’en fout des décisions des congrès et de la commission et des TGL décentralisées sont organisées par les Conseillers fédéraux de 3 régions

Le SCF qui n’a rien à faire dans une TGL s’invite de force et on bouscule tout l’ordre du jour en dépit de toutes les règles des Congrès régionaux

Décidément tout fout le camp à la GLDF quand on accepte arbitrairement de passer par-dessus les RG !

uneSoeur 28/09/2016 11:06

Bonjour,
Avant de lire cet exposé, je m'accrochais, encore, à l'idée que j'étais membre d'une Obédience adogmatique et libérale, mais non..... : Obédience "grise" ou Obédience ambiguë est plus adapté. Alors, comment s'en sortir sans sortir ? A combien pourrions nous évaluer le nombre de FF et SS qui souffrent de tous ces abus de pouvoir, et qui sont, sincèrement, en phase avec les valeurs fondamentales de la Franc Maçonnerie ?