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La Maçonne

« AD LIBITUM » & Souveraineté des loges

Dans cet article, notre frère Vabadus vous propose de faire le point sur la vision de deux obédiences : le Grand Orient de France et la Grande Loge de France autour du symbole "le Grand Architecte de l'Univers". 

Le Grand Orient de France se présente adogmatique, optant pour la "liberté de conscience". Le discours de la GLDF est un peu plus ... ambiguë. C'est pourquoi la confrontation de ces deux obédiences est utile à la bonne compréhension de toutes et de tous. 

Vabadus vous offre, encore cette fois, matière à réfléchir. 

On ne change pas une équipe qui gagne. Les illustrations sont mes choix personnels. Le Moyen Age est à l'honneur. La franc-maçonnerie ne serait pas l'héritière de ses illustres bâtisseurs?

 

 

 

 

Illustration : Charlemagne & le Pape Adrien. 

T :. P :. S :. G :. C :.
T :. P :. S :. G :. C :. d’Honneur ad vitam
T :. ill :. FF :.
Et vous, mes B :. A :. FF :. Ch:. K:.

« Les mots, a écrit Valery, perdent leur sens à mesure qu’ils prennent de la valeur ». « vous ne confondrez pas les mots et les idées. Vous vous efforcerez toujours de découvrir le symbole l’idée que vous aurez comprise et reconnue comme acceptable » dit le Trois Fois Puissant Maître au Franc-Maçon qu’on élève au grade de Maître Secret. C’est sous le double signe de cette constatation et de cette exhortation que je souhaite que soit placée notre réflexion commune ce matin sur un sujet où les mots, en effet souvent survalorisés, risquent de devenir un obstacle pour la pensée au lieu d’en être les utiles et dociles instruments.
Répondre à la question « Le Grand Architecte de l’Univers est-il assimilable à une divinité ou non ? Pourquoi ? » impose en effet beaucoup de prudence et de souplesse dans l’usage des mots . D’autant qu’elle débouche inévitablement sur une autre dont les conséquences pratiques sont bien évidentes car elles peuvent engager la vie même de l’Ordre, et qui est celle-ci « Convient-il d’accepter ou de refuser que les Ateliers qui relèvent de la Juridiction du Suprême Conseil du R :. E :. A :. A :. travaillent sous les auspices du G :. A :. D :. L :. U :. ?

Ainsi débute le rapport sur la question soumise à l’étude des aréopages du Grand Collège des Rites (GCDR) rédigé par le F :. B. Ca, 33e, Membre actif du GCDR.

Je dispose de ce rapport qui date de 1992 et qui va nous permettre de percevoir comment dans les hauts grades du REAA de la Juridiction souchée sur le GODF on aborde la question du GADLU et comment également on traite la Liberté de Conscience.

Puisque les dignitaires de la rue Puteaux ont l’habitude de se démarquer de la rue Cadet désignée par eux comme « L’adversaire » dans leur langage courant, nous mettrons en évidence comment de façon formelle et dans la réalité sont abordés à la GLDF et au SCDF ces deux mêmes sujets : GADLU et Liberté de Conscience. Ceci permettra des comparaisons avec la situation observée rue Cadet.

Rue Cadet : Ad Libitum & Souveraineté des Loges

Voici deux textes officiels figurant sur le site du GODF qui caractérisent les deux concepts étudiés dans cette note.

La liberté de conscience

 

« Au cours du XVIIIe siècle, les Grandes Loges, un peu partout dans le monde, ont décidé de ne plus recruter seulement des chrétiens mais d’ouvrir les loges aux hommes de toutes les religions. Au XIXe siècle, le Grand Orient de France a franchi une étape supplémentaire en proposant l’initiation maçonnique à tous les hommes pourvu qu’ils respectent la « Loi morale » selon la lettre des Constitutions d’Anderson (1723). Se voulant ainsi fidèlement « le centre de l'union entre des personnes qui sans cela seraient restées perpétuellement étrangères », le Grand Orient a aboli, en 1877, l'obligation pour ses membres de se référer à l'existence de Dieu et à l'immortalité de l'âme. Ainsi, est née la Franc-maçonnerie « libérale » ou « adogmatique » qui accueille croyants et non-croyants et laisse donc à ses membres une absolue liberté de conscience et de recherche. Le Grand Orient considère que les conceptions métaphysiques relèvent exclusivement de l'appréciation personnelle. Les loges du Grand Orient de France travaillent donc selon leur choix, soit sous l'invocation de la Franc-maçonnerie Universelle, soit à la gloire du Grand Architecte de L'Univers. Elles suivent une démarche humaniste équilibrée entre réflexion sur la cité et travail initiatique. »

Faut-il croire en Dieu ?

« Pour le Grand Orient de France, il ne saurait être question pour être membre de croire ou de ne pas croire. Notre obédience a pour devise celle de la République (Liberté-Egalité-Fraternité) et comme elle, elle est laïque et garantit à tous ses membres la liberté absolue de conscience. »

Différences entre le GODF et les autres obédiences :

Le Grand Orient de France est la plus ancienne et la plus importante obédience d'Europe continentale. Tirant toutes les conséquences du principe de la liberté absolue de conscience et de l'universalisme, il laisse libre, d'une part, ses loges d'invoquer ou non le Grand Architecte de l'Univers (comme principe non dogmatique).

Rapport sur la question soumise aux aéropages. 

 

Dans un document en notre possession : "Bulletin 118 du GCDR - 5992", on trouve des informations enseignantes.

Ainsi on note qu’au 31/12/1991 l’effectif des membres des Ateliers du GCDR est estimé entre 4605 et 4735. Et l’on trouve le rapport d’étude des aréropages, pages 49 à 59. Les questions qui suivent sortent de mon clavier. Elles visent à introduire les extraits du rapport parmi les plus significatifs.

Pourquoi cette étude ?«  En la choisissant, le Grand Collège a estimé lui aussi qu’il était ni incongru ni inopportun de proposer à la réflexion de tous une question relative au Grand Architecte. Depuis 1926 en effet ce symbole n’avait l’objet d’aucune étude soumise tant aux Chapitres qu’aux Aréopages. Aussi pour couper court à toute interprétation erronée et pour faire cesser toute crainte, convient-il de dire et de répéter que la ligne suivie par le Grand Collège, constamment réaffirmée par son T :. P :. S :. G :. C :. n’a pas varié : il n’impose et n’imposera rien. Il s’en tient strictement au « ad libitum », laissé à l’appréciation de ses Ateliers, critère indiscutable de la conception libérale de la Franc-Maçonnerie à laquelle il est unanimement et résolument attaché. »

Quelles furent les techniques d’approche de l’étude ? « Comme il fallait s’y attendre, l’étude a été menée dans la plus part des travaux selon trois approches généralement empruntées et que requiert ce genre de question : historique, sémantique, philosophique, voire métaphysique ».

 

Quels sont les résultats des travaux ? « Aussi je ne veux pas tarder d’avantage à satisfaire votre impatience et légitime curiosité concernant les résultats que j’ai trouvés. Sur 49 rapports reçus, j’en ai compté 18, parmi lesquels une importante proportion émanant d’Aréopages parisiens, dans lesquels s’exprime le refus de travailler sous les auspices de G :.A :.D :.L :.U :.. J’en ai trouvé 26 qui ne sont pas défavorables sous condition à son adoption éventuelle. Il y a les 3 dont j’ai parlé, et qui ne prennent pas position à ce sujet. 2 enfin aux conclusions si indécises, si soucieuses de ménager le pour et le contre, que , malgré une lecture attentive, je ne suis pas parvenu à les classer dans l’un ou l’autre groupes. Les termes de refus et d’adoption ne sont utilisés ici que pour les facilités de classification. »

 

Quels sont les points d’accord ?« Quand au fond, là encore les points d’accord me sont apparus le plus important. Aucun Aréopage ne soutient la conception anglo-saxonne du G :.A :.D :.L :.U :.. et ne prétend en faire l’objet d’une croyance obligatoire ; et ceux qui l’assimilent à une divinité, ou plutôt au divin, en refusent l’identification avec les conceptions traditionnelles anthropomorphiques de Dieu, sources de domination et d’intolérance.

Tous voient dans l’application du "ad libitum" l’expression libérale de la Franc-Maçonnerie que nous partageons tous. A l’exception peut-être de deux qui, en exigeant que l’adoption du G :.A :.D :.L :.U :.. se fasse à l’unanimité des membres de l’Atelier, suppriment en fait toute possibilité de choix. Mais peut-être est-ce une conséquence qui a échappé à leur attention. 

Tous enfin, et c’est le principal, font de la liberté de conscience la valeur la valeur suprême de notre Ordre, la seule qui réponde à sa vocation initiatique. »

 

Illustration : Miniature BnF

Rue Puteaux : "Adogmatisme" et embrouilles. 

 

Les bases formelles de la GLDF

Nous avons extrait de son site officiel les textes qui définissent l’obédience en matière de GADLU et de l Liberté de conscience.

 

En se référant aux Principes de la Franc-Maçonnerie universelle la GLDF affirme :

"Dans la recherche constante de la vérité et de la justice, les Francs-Maçons n'acceptent aucune entrave et ne s'assignent aucune limite. Ils respectent la pensée d'autrui et sa libre expression."

 

En référence au REAA, (Rite Ecossais Ancien & Accepté), la GLDF (Grande Loge de France) est définie ainsi :

« La Grande Loge de France, Ordre initiatique traditionnel, travaille aux trois premiers degrés du Rite Écossais Ancien et Accepté, qui en compte 33. Ce rite, caractérisé par sa dimension spirituelle, est pratiqué par le plus grand nombre d'Obédiences dans le monde.

La Grande Loge de France invoque dans tous ses travaux le Grand Architecte de l'Univers, expression symbolique d'un Principe créateur librement interprétable par chacun des membres de l'obédience selon ses convictions spirituelles ou religieuses personnelles. »

 

Dans un chapitre consacré à la RELIGION il est indiqué ceci :

« Attachée aux résolutions du Convent universel de Lausanne (1875), et conformément aux principes de la Franc-maçonnerie traditionnelle, la Grande Loge de France invoque le Grand Architecte de l'Univers.

La Déclaration de Principes à laquelle elle se réfère précise en effet : "La Franc-maçonnerie proclame, comme elle a toujours proclamé, l'existence d'un Principe Créateur, sous le nom de Grand Architecte de l'Univers". C'est donc « A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers" que les travaux sont ouverts et que les engagements sont pris par chaque Frère de la Grande Loge de France.

La Grande Loge de France est attachée au principe de la liberté absolue de conscience. Elle ne suscite s'immisce dans aucune controverse touchant à des questions religieuses. Ainsi, la foi en un dieu révélé, personnel et transcendant n'est ni critiquée ni imposée.

C'est à cette conception de la laïcité, respectueuse des convictions religieuses et spirituelles de chacun, que la Grande Loge de France invite ses membres. Se référant volontiers à la tradition déiste des Lumières, celle de Newton ou de Leibnitz, sa démarche n'est ni théiste ni athéiste, non plus qu'anticléricale. Tout au contraire, elle laisse chaque Frère libre de ses convictions et de sa pratique, tout en invitant chacun à respecter les convictions de chacun. Elle considère en effet le respect d'autrui - dans la réciprocité - et la vertu de tolérance comme composantes essentielles d'un " vivre ensemble " harmonieux. »

Dans son glossaire, le Grand Architecte de l’Univers est défini ainsi :

« Tous les travaux rituels sont ouverts en référence au « Grand Architecte de l’Univers », formule marquée par la sémantique du XVIIIe siècle mais conservée ainsi de nos jours par volonté de respecter la Tradition maçonnique. 
Il se présente pour les Francs maçons de la Grande Loge de France à la fois comme un principe et un symbole.

Le principe. 
L'évocation du Grand Architecte renvoie au principe physique créateur / organisateur de l’univers que l'on trouve dans de nombreuses civilisations. Il est assimilable à ce que la science contemporaine qualifierait de principe physique assurant l'unité et l'intelligibilité de l'univers, qui s'exprime à travers les lois de son organisation. 
Le Grand Architecte de l’Univers n’est donc pas pour les Maçons de la Grande Loge de France la définition anthropomorphique du dieu d'une religion, mais une référence initiatique dont l'évocation manifeste leur intérêt pour une démarche de conception et de construction du sens de leur vie, intégrant des valeurs intellectuelles et morales, mais aussi une recherche et une construction spirituelle libre, non religieuse, non dogmatique et non autoritaire.

Le symbole. 
Dans le souci permanent du respect de la liberté de conscience, la Grande Loge de France laisse cependant la possibilité à chaque Maçon de l'obédience de sublimer ce principe en un symbole de son choix et de sa sensibilité, par une définition librement interprétable : il peut devenir alors, s'il le souhaite, le symbole transcendant ou immanent d'une forme religieuse – mais sans aucune exclusive ni obligation -. 
La liberté de chacun est ainsi affirmée, permettant d'accueillir croyants et non croyants, dans le respect indispensable des convictions de chacun. » 


 

La revue maçonnique de la Grande Loge de France « Points de Vue Initiatiques N°172 » de juin 2014 consacre son thème principal au «Franc-maçon à la Grande Loge de France »

Présentation : « ce numéro spécial associe deux traditions qui se confondent : celle de la Maçonnerie spiritualiste et celle de l’obédience qui la conserve avec rigueur et vigilance. Il rappelle les points essentiels qui fondent et légitiment la Maçonnerie écossaise pratiquée à la Grande Loge de France.

Une spiritualité adogmatique qui assume sa naissance et son histoire s’y associe avec un engagement humaniste sensible  à travers son fonctionnement et quelques grandes figures de maçons.

 

En résumé la GLDF, tout en se référant aux Principes de la Franc-Maçonnerie Universelle s’affirme :

  • être partie intégrante de la Franc-Maçonnerie ÉCOSSAISE

  • être garante de la Liberté de conscience

  • disposer d’une « spiritualité adogmatique « qui est « écossaise »

 

 

Voici la présentation « formelle » de l’obédience. Mais il est vrai que la référence au Convent de Lausanne jette un trouble sur certaines affirmations car ce ne sont que quelques Suprêmes Conseils du REAA européens qui ont apporté une formulation du GADLU dont chacun sait bien :

  1. qu’elle a été formulée par des juridictions théistes
  2. qu’elle permettait de fait d’intégrer, en 1875, des déistes venant s’ajouter aux théistes présents dans les obédiences

Ses définitions ont été rejetées par l’ensemble des Grands Loges  anglaise, écossaise et américaines car la référence à Dieu n’était plus explicite.

N’oublions pas également les injonctions fondamentales formulées par ces Suprêmes Conseils réunies à Lausanne qui sont :

  • accomplir une mission de réalisation du plan divin auprès de tous les hommes
  • pour accomplir cette mission s’appuyer sur une armée composée de tous les frères qui pratiquent le REAA, et du 1er au 33ème degré.

 

Face au "formel", quel est le "réel" de la Grande Loge de France? 

 

 

BASES DE LA PRESTATION DE SERMENT DE L’APPRENTI

À noter qu’à la GLDF un profane qui récuserait la Bible pour sa prestation de serment pourrait se voir proposer de choisir un autre livre de référence figurant dans une liste qui contient : les Védas de l'Hindouisme; le Tripitaka du Bouddhisme; le Coran des musulmans; le Tao Te King des Taoïstes; les Quatre Livres de la doctrine de Koung-Fou-Tseu; le Zend Avesta du Zoroastrisme. Que des livres religieux !!!!

 

AFFIRMATIONS DE PERSONNALITÉS MEMBRES OU ANCIENS MEMBRES DE LA GLDF

 

Nous allons voir à travers quelques déclarations de personnalités comment le « FORMEL » défini ci-dessus est respecté ou non dans le monde RÉEL de la GLDF

 

Marc Henry

« Pour le Rite Ecossais Ancien et Accepté, la conception du Grand Architecte de l’Univers s’entend selon le texte adopté par le Convent de Lausanne de 1875, cadre dans lequel s’exprime la liberté de conscience de chaque Frère. »

Marc Henry c’est ce dignitaire qui a porté la Parole de Jésus dans les colonnes du Figaro  et qui voulait avec A-N Dubart faire basculer les Frères de la GLDF dans le théisme

 

Philippe Charuel actuel Grand Maître

Dans un entretien à TV8 Mont Blanc en 2015 le GM P Charuel indique qu’il y a au sein de la GLDF : "Des musulmans, des chrétiens, des cherchants, mais j'aurais des difficultés à dire qu'il y a des athées."

Comprenez que, compte tenu de ce qu’est la GLDF, il n’y a aucune logique à la présence d’athées sur les colonnes des temples de l’obédience ! On a entendu ce genre de discours prononcé par des Inspecteurs des Loges de la GLDF.

Alain Graesel

Dans une note communiquée à Jean-Laurent Turbet et diffusée sur le blog de ce dernier le 16 décembre 2015 Alain Graesel reprend dans l’esprit la définition officielle de la GLDF en matière de GADLU et de Liberté de conscience. La note de fond d’Alain Graesel est précédée du texte suivant –extrait – lire l’article complet sur le blog de JLT:

 

" Bonjour Jean-Laurent,

 

Les lectrices et les lecteurs de ton bloc-notes pourront trouver ci-dessous un texte sur la libre conception du Grand Architecte de l'Univers (GADLU) à la Grande Loge de France.

À la fois principe et symbole, il permet aux Frères de toutes origines, qu'ils soient croyants ou non croyants, de travailler en référence aux principes fondateurs de la maçonnerie de tradition. Il respecte toutes les sensibilités et croyances sans imposer une croyance particulière.

Je crois qu'il n'y a pas la moindre ambiguïté.

Une telle conception ne peut que médiocrement intéresser ceux qui veulent travailler "A la Gloire du Très Haut" et ce n'est pas possible dans les loges de la Grande Loge de France.

Et elle ne peut pas satisfaire non plus les obsédés de l'anticléricalisme qui terminent leur tenues par "À bas la calotte" – si, si, ça existe encore …-. Et ça non plus ce n'est pas possible dans les loges de la GLDF.

Cette conception est métaphysique et non religieuse, mais sur le plan symbolique, chaque frère de la Grande Loge de France pourra la prendre à la manière qui lui convient. »

Amitiés, Alain"

 

Roger Dachez

« A la GLDF, au contraire, toutes les loges font référence au Gadlu… mais ce dernier y est un symbole interprétable. « Il n’est pas recommandé d’y voir Dieu, confie Dachez. Lorsque j’ai été initié à la GLDF il y a 35 ans, on me recommandait de ne pas parler de Dieu afin de ne pas heurter la sensibilité des non-croyants. » extrait d’entretien au blog La Lumière diffusé le 2 janvier 2015

 

LA DOCTRINE DU SUPRÊME CONSEIL EN MATIÈRE DE GADLU

 

Jean Verdun

Dans son livre « « La Nouvelle Réalité Maçonnique ». Jean Verdun révèle que lorsqu’il était GM de la GLDF il a accédé au 33ème et constaté qu’à ce sommet on avait gommé le GADLU et qu’on faisait OUVERTEMENT RÉFÉRENCE à DIEU. Il écrit alors dans son ouvrage :

"qu’on lui présente cela comme un scoop" : ”le GADLU c’est Dieu ! " Et on lui fait comme un clin d’oeil pour dire, je cite : « tu as joué coeur et c’est carreau qui sort. Tu as perdu Grand Maître. Rien de grave. »

 

Alain-Noël DUBART

A-N Dubart GM qui descendait de charge déclarait au Convent de 2012 - Journal no 106 – page 3 :

« le GADLU principe qui n'est pas Dieu mais qui n'est pas non plus un non Dieu permettant ainsi au croyant et au déiste agnostique de travailler ensemble dans la même Loge »

Si l’on comprend bien, la GLDF ne devrait pas disposer comme membres des athées et des agnostiques !!! C’est assez proche de ce que disait le Grand Maître Philippe  Charuel à TV8 Mont Blanc! Ces dignitaires ne semblent pas avoir connaissance de la notion de « Centre de l’Union »

 

Position officielle de l’Ordre Écossais

L’Ordre Écossais de la rue Puteaux affirme :

« En adhérant à la devise ORDO AB CHAO, le Maçon de Rite Écossais Ancien et Accepté reconnaît l'existence d'un Principe d'Ordre à l'oeuvre dans l'Univers.

La devise DEUS MEUMQUE JUS lui signale sa double nature :

- divine, relevant de l'Être universel dont il procède

- humaine, soumettant ses actes à la seule détermination de sa conscience d'homme libre. »

 

Très Illustre Frère Hubert Greven Grand Commandeur du Suprême Conseil de France

 

Dans le numéro 160 de PVI de juin 2011, pages 101 et 102,  Hubert Greven écrit ceci : « Par la recherche de la paix intérieure, par un effort de volonté sublimée, l’initié construit son temple spirituel sur le modèle de la Jérusalem Céleste de la vision apocalyptique de Jean. En se construisant lui-même, il fait jaillir la source de la vraie vie spirituelle qui permet d’opérer la liaison entre le profane et le sacré, entre l’humain et le divin, quand le Temple du Père se trouve au coeur de l’initié. »

Rue Puteaux, on révèle Jésus au 18ème et Dieu le Père au 33ème et la flamme de l’Esprit Saint inspire tous les membres de l’armée du REAA du 1er au 33ème degré. Ils sont forts ces Écossais !!

 

 

Dans PVI N°172 : FRANC-MAÇON À LA GRANDE LOGE DE FRANCE- Présenté ainsi par GADLU INFO le 22 août 2014.

 

Le Grand Architecte de l’Univers est traité par Alain-Noël Dubart

« L’invocation au Grand Architecte de l’Univers, à l’ouverture des travaux, confère sa spécificité au Rite Écossais Ancien et Accepté. En affirmant la primauté de l’esprit sur la matière, le Rite Écossais Ancien et Accepté est en recherche de transcendance, position qui fait la force de la Grande Loge de France… »

Le Rite Écossais Ancien et Accepté est traité par Hubert Greven

« En étant reçu à la Grande Loge de France, le nouvel apprenti n’intègre pas seulement une obédience historique mais un ordre initiatique dont le Rite Écossais Ancien et Accepté est le véhicule. Par le moyen du rite, le maçon disposera des outils pour se parfaire progressivement en gravissant les degrés… »

 

Je reprends ci-après un commentaire qui est adressé au gestionnaire du blog ’Alain Subrebost, membre de la GLDF :

« l'écossais 23 août 2014

Mon TCF

Mon TC Alain,

Ce numéro spécial retient toute ma meilleure attention.

Toutefois je ne peux que m’étonner des propos de notre frère Hubert Greven dans son article intitulé Le Rite Ecossais Ancien et Accepté, à partir la page 87.

« La Franc-maçonnerie écossaise est une super maçonnerie pratiquée par des hommes de qualité supérieure qui vouent leur vie au service d’un ordre universel fondé sur les valeurs immémoriales de l’humanité. Voilà pourquoi le Rite Ecossais Ancien et Accepté est apprécié et pratiqué par des hommes toujours plus nombreux de par le monde et qui forment l’élite de l’authentique Franc-maçonnerie initiatique, traditionnelle et chevaleresque. »

Je m’interroge donc :

–    Pourquoi le REAA est une « super maçonnerie ? Quid des autres rites,

–    Pourquoi le REAA est pratiqué « par des hommes de qualité supérieure » ? Quid des autres Soeurs et Frères,

–    Pourquoi le REAA est « l’élite de l’authentique Franc-maçonnerie » ; est-ce de l’eugénisme maçonnique ? Une « élite » et qui plus est « authentique ». C’est à dire que hors le Suprême Conseil de France (SCDF), instance des Hauts-grades du REAA, et de son enfant naturel, la Grande Loge de France (GLDF), point de salut ?

Si je comprends bien sur les plus de 170 000 SS & FF en France, seuls les 33 000 frères de la GL sont l’élite, membres d’une super maçonnerie, etc.

Ces propos de l’ancien Souverain Grand Commandeur du Suprême Conseil de France, fondatrice de la GLDF en 1894, sont graves.

Après tout, une dérive sectaire ne commence-t-elle pas comme cela…

Très fraternellement.

En savoir plus sur http://www.gadlu.info/points-de-vue-initiatiques-n172-franc-macon-a-la-grande-loge-de-france.html#Dh6vVq9dEdLwd4Al.99

J’ajouterai que si on peut parler de « dérive sectaire », on pourrait aussi estimer que le Grand Commandeur Greven se prend implicitement pour le « boss » d’un mouvement « synarchique REAA ».

 

Deux systèmes opposés sur le champ Initiatique + REAA

 

Si l’on se place délibérément sur le champ « INITIATIQUE +REAA » et que l’on confronte les deux systèmes de fonctionnement Cadet et Puteaux on constate que ce sont deux modèles opposés. Ce n’est pas tant sur le plan « formel » ou de la « morphologie » qu’éclatent les oppositions car il y de nombreuses similitudes  entre les deux organisations. Mais c’est sur le plan de la « physiologie » c’est à dire la « façon de vivre » que se remarquent de façon nette les différences.

 

Du côté Cadet on a un système de type autogestionnaire à la base et un sommet peu intrusif sur le fond. Le pouvoir n’est pas autoritaire.

La force du système tient dans la formule du « ad libitum  » qui conforte la souveraineté des Loges car elle s’applique tant à l’emploi du GADLU qu’en matière d’adoption de la mixité. Par ailleurs il y a une « culture » forte sur le principe de la Liberté de Conscience. C’est donc un mode de fonctionnement qui a de l’avenir car il devrait être attractif pour des Jeunes en quête de démarche initiatique sur la base d’une spiritualité laïque avec un REEA non dogmatique.

 

Du côté Puteaux on observe un fonctionnement de type « centralisme démocratique » des années 70 modèle « Fabien-Marchais «  avec ce que cela comporte d’embrouilles érigées en système et de carabistouilles employées comme mode de communication. Le Soviet Suprême est entre les mains d’oligarques se considérant comme grands prêtres définissant seuls le dogme. Ils voudraient que la « base «  soit en soumission entière, revoir la circulaire n°8 !

Cette réalité est adaptée à une obédience pieuse destinée à des croyants théistes ou déistes à qui l’on offrirait une religion de substitution. Mais il conviendrait de revoir les discours et les textes car on quitterait la FM pour entrer de plein pied dans le champ de l’Église. Il faudrait changer l’étiquette sur la bouteille en remplaçant le mot WHISKY maçonnique avec mention «  J & B », par « Canada dry maçonnique  » ou mieux Écossais dry.

La GLDF ne serait plus alors taxée d’obédience ambiguë. Cette formule a peu d’avenir mais l’offre peut être attractive, non pour des JEUNES, mais pour des individus en quête de mysticisme et de reconnaissance sociale  !

Le texte ci-dessous de Gil Garibal, auteur reconnu et membre de la GLDF, paru dans le Journal de la GLDF n°87,  montre comment se caractérise ce type de clientèle attiré par un modèle « religieux ».

« Chacun est libre de fréquenter une Église où il veut. Ouvrons donc nos temples, pas à tous ceux qui viennent y frapper mais aux personnes bien dans leur tête, au clair avec des croyances respectables, partant ni esclave de l'invisible, ni d'elles mêmes. Au moment où tant d'individus disent éprouver « un vide spirituel » demandons précisément à nos postulants ce qu'ils entendent par spiritualité, ce mot fourre-tout au final trompeur, voire dangereux quand il est chargé de contre-sens.

C'est ainsi l'homme est souvent dans ce qu'il cache: nous n'avons pas-et plus- à donner à ceux entre autres qui, rongés par le regret viennent chercher une religion privée ou de « substitution » pour compenser les avatars d'un parcours individuel. La tolérance est limitée par l'intolérance. Ce sont toujours des « dépossédés » qui insidieusement, au fil des degrés d'un rite qui n'est pas religieux, installent ou tentent d'installer un dogmatisme régressif et, attention parfois un parfum sectaire. Ce sont eux, qui dans leur psychorigidité en matière de croyance, nous feraient croire que la Tradition est un système figé, pétrifié, tourné vers un passé idyllique et synonyme de vérité. »

« Pour que vive comme l'eau vive, la Franc-Maçonnerie!

 

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John 08/11/2016 10:51

Quand je lis que le GOF propose d'interdire le voile à l'Université, je n'y vois ni du respect ni de la tolérance... Sous couvert de "laïcité" et d'"agnosticisme", nous sommes bien là en face d'athéisme militant. Peut-être que la GLDF tire un peu trop dans le côté "théiste", mais elle reste plus neutre que le GOF, qui tire bien plus fort de l'autre côté.

pyramd 02/11/2016 19:31

le titre "Souveraineté des loges " est un sujet en soi. Mais le dévelopé se focalise sur 2 obédiences (GODF et GLDF).
Alos bien sûr nous avons quelques siecles de presence oppressive de "Grands loges", "obédiences" et on finit par s'habituer et trouver normal des actions contre-maçonniques.
Ooooh !, mais comment une grande obédience peut-elle être contre maçonnique, va-t-on s'émouvoir en préparant le bucher pour l'impertinent.
Ce qui permet de clore confortablement toute interrogation.
La question ne serait-elle pas plutôt l'inverse ?
Car autant la loge est un élément intangible, obligatoire pour être maçon et pratiquer la Franc-maçonnerie, autant l'obédience est un élément facultatif( la preuve en sont les loges libres comme la FM avant la 1ere GL de 1717). Facultatif, mais fort utile faut-il préciser !
Donc la seule et vraie question n'est pas la souveraineté qui est indiscutable des loges, mais ce que peut amener d'utile une obédience, quels services ?
Et ca ne va pas de soi, même si la question est tabou pour beaucoup.

templum 02/11/2016 10:51

Il me semble (d'expérience!) que seuls les REAA "français" sont décrits par cet excellent article.
les USA, Amérique du sud, GB et autres contrées s'affirment écossais mais non supérieurs.
ce rite...cet Ordre est dévié chez nous afin de remplacer un "socialisme" héritier des Lumières.
Donc sectaire par rapport à d'autres pratiques maçonniques.
Pratiqué ainsi le REAA emm...les autres et pas seulement au GO ou surtout à la GLDF.
Ils contestent à la fois les "pratiquants" et les "non-pratiquants".
Déisme? une pratique centriste?
Saint-Empire? d'accord mais en soi comme la Jérusalem du RER.

hector 02/11/2016 10:44

avec 30 ans de pratique, je déclare :
" Pour moi, comme pour les FF de la GLDF le GADLU est un immense sac ! ! ! !
Chacun peut mettre ce qu'il désire à l'intérieur ..........
Donc il y a des déistes, des théistes et des athées ! "

pyramd 02/11/2016 19:39

Je rejoins hector. En effet la plupart des frères deviennent insensibles aux gesticulations au sommet ... et c'est très bien.
En fait il s'agit là de discussions sur des pretentions profanes sur le marché maçonnique, qu'il convient de segmenter, comme pour la lessive.
N'y a-t-il pas des sujets maçonniques qui méritent que nous nous penchions dessus ?
Pour rester dans le hors-initiatique sur un blog public :
- Le FM et les réseaux sociaux
- l'apport de la FM sur la fin de vie terrestre.
- spiritualité, quelle consistance ?

Condorcet 02/11/2016 11:58

Sauf que ce n'est plus le cas depuis l'affaire de Bâle et sous couvert de spiritualité dans les dires on nous apporte du religieux dans les faits.

Lionel MAINE 02/11/2016 11:25

Une Boîte de Pandore en quelque sorte !
Avec le même nombre d'années de "praxis", je déclare :
"Je préfère m'asseoir fermement sur le couvercle, afin de laisser le "fond théologal" y reposer, bien au fond !!!

Lionel MAINE 02/11/2016 06:47

Le Convent de Lausanne de 1875 s'est cloturé en ces termes :
"Au nom de Dieu, de Saint-Jean, et des Suprêmes Conseils réunis ..."
"Ite missa est" !!!

La Maçonne 02/11/2016 07:46

Pour moi, ce convent est un accord permettant de favoriser des relations entre SC, de les uniformiser d'un pays à l'autre, et de leur assurer un pouvoir sur les loges. Pour la partie "croyance en Dieu", ils ne font que répéter qu'anderson.
La formule de fin - que tu rappelles Lionel - ne remet pas cette obligation en cause.
J'ai lu aussi tout le texte de ce convent ...

Lionel MAINE 02/11/2016 07:43

Saine lecture que notre regrettée Très Chère Sœur !
La G.L.S.E fût une belle aventure !

La Maçonne 02/11/2016 07:40

Oui - l'ouverture aux déistes est relative ... De plus, le SC de France ne l'a respecté que deux ans (1877) craignant pour ses relations avec les anglais.
A quelque part, c'est devenu une ouverture au déisme parce que la GLUA qui se fâchait avec le GODF - et le GO belge - le voyait ainsi.
La GLDF fait un revival tardif en sus d'éviter de préciser que le SC n'a respecté cet accord que 2 ans .... J'ai lu toutes les œuvres de Jupeau-Requillard