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La Maçonne

La GLIFF : une première scission de la GLFF ?

« Scission » est pour beaucoup de soeurs de la Grande Loge Féminine de France un mot masculin. C'est d'ailleurs, certainement, pour cette principale raison que beaucoup ont préféré voir en l'annonce de la fondation d'une nouvelle obédience féminine en France, la Grande Loge Initiatique Féminine Francophone – GLIFF - , un canular. 

Les fondatrices de cette nouvelle obédience féminine, la GLIFF, préfèrent, quant à elles, parler d'essaimage, estimant que la fondation d'une nouvelle obédience est un résultat naturel. La Grande Loge Féminine de France et son conseil fédéral devront même se réjouir de cette initiative puisqu'elle est en ligne droite à la culture maçonnique de l'obédience et de ses soeurs. Initiative que, par ailleurs, l'actuel conseil fédéral a incité, directement ou indirectement, non désireuses de laisser une place à la quête d'authenticité de ces soeurs.

Pas sûre, tout d'abord que les soeurs de la GLFF et surtout son conseil fédéral, vont faire une même analyse aussi positive.

C'est, en effet, ainsi que l'on peut résumer la lettre ouverte de Corinne Drescher-Lenoir rappelant le projet de la GLFF mentionnant les soeurs fondatrices de l'obédience. 

Une première scission.  

S'il s'agit pour les fondatrices de la GLIFF d'une nécessité, relevant d'une logique et d'une réflexion assumée, cela n'en est pas moins un cuisant échec pour la Grande Loge Féminine de France et, en particulier, pour Marie-Thérèse Besson – celle qui court dans les bras de la GLDF pour un « Pôle de tradition » - et son conseil fédéral qui a des difficultés pour remettre en cause sa politique obédientielle aussi désastreuse.

Aussi spiritualistes soient-elles, les soeurs fondatrices de la GLIFF représentent, même si elles n'aiment pas l'expression, le « coeur de marché » de l'actuelle grande maîtresse de la GLFF, une garantie de « tradition » qu'elle voulait réveiller au sein de l'obédience pour permettre, selon certains ou certaines, un « rapprochement » avec la GLDF et la GLAMF. La GLIFF à l'instar de la GLDF n'hésite pas à associer sa démarche à ce fameux Convent de Lausanne tant apprécié par la GLDF et à définir le GADLU comme un « principe créateur ».

Si on peut reprocher à  la GLIFF d'être une pâle copie d'obédiences masculines, c'est bien des grands maîtres d'obédiences masculines qui - publiquement - via des interviews - estiment que la GLFF est une obédience répondant à leurs critères de "Tradition" sans que la grande maîtresse ne proteste et remette les points sur les "i" ! Ils font de la GLFF une pâle copie de leur obédience, une GLFF qui leur est soumise. 

Pas une loge, pas une soeur n'a demandé au conseil fédéra des explications sur ce que couvre cette "tradition" qu'elles sont censées respecter !  

Comme je ne suis pas la plus grande fan de ces initiatives, la GLFF a bien organisé son seul et unique colloque avec la GLDF. Marie-Thérèse Besson et Philippe Charuel  ont aussi donné une conférence publique ensemble, à proximité de St-Tropez en juillet 2016 sur les perspectives de la franc-maçonnerie !  On ne compte aucun projet avec le GODF, le Droit Humain ou une autre obédience française. 

De quoi laisser n'importe quelle observatrice perplexe de ce départ annoncé. Cela suggère, certes, un mécontentement de la part de ces soeurs – c'est le moins que l'on puisse dire – mais aussi un problème plus profond au sein de l'obédience.

Les manoeuvres politiciennes de l'actuelle grande maîtresse ont été perçues, de l'intérieur, par les premières concernées et qui aurait dû, en toute logique, y adhérer, comme une approche profane. Marie-Thérèse Besson semble s'être mis à dos celles qui auraient été, pour elle, son meilleur soutien. Celles qu'elles appellent des « ménopausées qui lui cassent les pieds avec leur tradition » !

Une telle injure dans la bouche d'un grand maître d'une obédience masculine aurait été la cause d'un tollé au sein de la GLFF. Le pauvre homme aurait dû quitter le pays pour éviter les foudres des 14 000 soeurs !

Cette insulte sexiste, par excellence, dans la bouche d'une femme âgée – elle-même – de plus de 65 ans et donc ménopausée – grande maîtresse d'une obédience féminine – dont le projet commun est parfaitement bien décrit par la lettre ouverte de Corinne Drescher Lenoir, montre un aspect du problème de la GLFF – qui n'est pas des moindres – et surtout le plus facile à régler. 

La GLFF a une grande maîtresse qui n'aime pas les femmes, qui méprise le genre féminin assez pour user d'insultes tout droit sorties des poubelles du masculinisme contre des soeurs de la GLFF. Cela en dit assez long sur sa personnalité, mais surtout sur la cause de la fondation d'une GLIFF ou, tout au moins, sur son élément déclencheur. 

L'héritage que Corinne Dresher-Lenoir vente et que je partage totalement devrait être, en premier lieu, respecté par la grande maîtresse en place, tant par ses actes que par ses propos.

Marie-Thérèse Besson n'a jamais dit que  Philippe Charuel était un andropausé qui lui cassait les pieds avec sa tradition et son "Pôle de tradition". Depuis deux ans, Marie-Thérèse Besson manipule les loges et les soeurs,  désireuse de faire entrer la Grande Loge Féminine de France dans la "grande famille des obédiences de Tradition" que composent la GLDF et la GLAMF, trahissant l'héritage des femmes libres que furent nos fondatrices. Si on doit rappeler à l'ordre des soeurs qui s'égarent, il semblerait que la première qui s'est égarée et qui – j'oserais dire n'a jamais réussi à passer la porte basse – est celle qui est élue pour représenter l'obédience. 

Jeter une pierre aux unes, les accuser de faire de leur future GLIFF, une pâle copie d'obédiences masculines, sous dépendance, est, à mes yeux, particulièrement injuste. Depuis deux ans, la Grande Loge Féminine de France fait de même, sans qu'aucune soeur, qu'aucune loge ne proteste, ne s'interroge, ne demande des explications.  

Une deuxième scission. 

Ces mêmes observatrices s'attendaient, non pas à une création issue de soeurs du courant le plus spiritualistes, considérant qu'elles devaient trouver en la personne de Besson, la grande maîtresse qui leur fallait, mais de celles les plus libérales reprochant, de leur côté, la perte de l'héritage des fondatrices de la GLFF, de leurs « esprits libres », de leurs valeurs et de leurs démarches engagées, humanistes et féministes. Ce que Marie-Thérèse Besson appelle dans son mot adressé aux députées lors du convent de 2016 des « combats d'arrière-garde » qu'il faut cessé. Elle n'a pas, encore, établi la liste des « combats » que la GLFF devrait abandonner. La GLDF saura le lui dicter. 

C'est, néanmoins, l'héritage des fondatrices de la GLFF qui est menacé … très officiellement. Au regard des actualités du monde, traiter les combats de la GLFF « d'arrière garde » est particulièrement inquiétant. 

C'est au sein du rite français – les Ordres de Sagesse – qu'a lieu la première scission, celle-ci forcée par la radiation d'une 100aine de soeurs et la démission d'autant en guise de protestation – le tout fondant des chapitres « clandestins ». Ces soeurs furent, durant quelques temps, menacées de radiation au sein de leurs loges bleues – pour avoir fondé une juridiction de hauts grades « non reconnue » par la GLFF - menaces aiguillonnées par le GODF qui voit d'un mauvais oeil cet espace féminin lui échapper. (1) Ces dernières avaient tenté de faire reconnaître leurs chapitres. Le conseil fédéral leur a reproché de n'avoir aucune patente à présenter. La demande de reconnaissance n'est jamais parvenu au convent pour qu'il statue. 

Le convent avait, finalement, voté, très sagement, un statu quo considérant que le problème n'avait rien à voir avec les loges bleues et craignant que 200 radiations mettent en danger l'existence de plusieurs loges. 

Marie-Thérèse Besson ne semblerait pas l'entendre de cette même oreille ayant, d'après quelques sources, ré-ouvert le dossier reprenant la liste des parias. Après tout, mettre en danger l'existence du rite français et de plusieurs loges à ce rite au sein de la GLFF ne peut que lui plaire (ou plaire à Charuel, ce qui revient au même). Hasard ? Une première loge de ces dernières a disparu …. corps et biens. Le conseil fédéral n'en fait nullement la publicité se trouvant dans une situation – dit-on – unique. 

S'il faut décompter les coups de poignard, comptons d'abord  ceux-là. Il me parait inutile et assez vain de jeter la pierre sur des soeurs alors que, depuis deux ans, le conseil fédéral et la grande maîtresse a ouvert des représailles contre des soeurs,. Elle mène une véritable entreprise de destruction de la Grande Loge Féminine de France et lui retire son identité et ses spécificités. 

 

La clandestinité. 

Certes, on peut faire le procès de ces soeurs pour leur « anonymat ». Certes. Mais avant de les juger, faudrait-il aussi compter les coups de couteaux qui sont sur mon propre dos.

Je n'appartiens pas au courant des soeurs de la GLIFF. On le sait – trop athée (merci mon dieu!) pour en faire partie. J'ai largement développé ce point en défendant un point de vue libéral en accord avec ma démarche mais aussi avec l'héritage de la GLFF, défendant les frères de la GLDF – les libertés de conscience, d'opinion, d'expression, … C'est bien – pour avoir mener ces combats – que je suis radiée – par Besson soutenant les agissements d'une loge en dérive, infichue de rédiger un seul ordre du jour à ses tenues depuis une année.

C'est aussi à cause de mes prises de position, libérale voir libertaire, qu'elle a fait du chantage à des organisateurs d'une biennale afin de m'empêcher de participer à une table ronde qui n'avait rien à voir avec la GLFF, faisant une véritable atteinte aux libertés d'opinion, d'expression et de la presse. Ceci à la demande de Charuel (GLDF). C'est aussi pour avoir venter - depuis la création de mon blog - une maçonnerie féminine, constituée de femmes libres, indépendantes de toute obédience masculine ... que je suis radiée. Défendre la GLFF, lui être fidèle, être fidèle à son héritage, est pour Marie-Thérèse Besson un crime. Ce ton libre, féminin et féministe la dérange assez pour fomenter menaces et représailles. (2)

Mon erreur n'est pas ce que j'ai écrit au sujet de la crise de la CMF et de la GLDF, ni encore d'être restée fidèle à mes engagements, à mon obédience, à son histoire et à ce qu'elle propose, mais d'avoir dévoilée ma véritable identité à la GLFF et en particulier à son conseil fédéral – identité que Charuel indique lors de congrès régionaux aux frères de la GLDF. C'est encore lui qui explique, très heureux de le faire, qu'il a ordonné à Besson de me radier ! 

Si j'ai une expérience à transmettre aux soeurs de la GLFF est bien celle-là : surtout, mes soeurs, restez anonymes … 

La clandestinité est devenue pour bien des soeurs de la GLFF une « seconde nature », soit dans leur vie quotidienne, soit même au sein de la GLFF, pour ne pas se démarquer des autres. Pour être libre, vivre librement sa démarche, même selon l'héritage de la GLFF, il est nécessaire aujourd'hui à des soeurs d'entrer dans la clandestinité. Affaire d'époque ? Peut-être. Cela montre aussi que la GLFF ne procure pas les lieux nécessaires aux femmes – peu importe leurs orientations – de paix et de concorde leur permettant de débattre et de poursuivre leur parcours maçonnique. 

 

Une critique que l'on ne veut pas lire. 

La critique des fondatrices de la GLIFF porte aussi sur le fonctionnement même de la Grande Loge Féminine de France. Elles prévoient, afin d'éviter les problèmes que connaît actuellement la GLFF, d'ors et déjà une « commission d'éthique » ayant pour objectif de responsabiliser les élues lors de leur mandat. Les conseillères de l'ordre (et non plus « fédérales ») seront élues chaque année et non pas, comme à la GLFF, pour trois années. La Tenue de Grande Loge sera ouverte aux Vénérables des loges et non plus aux députées, désireuses de travailler sur la vie initiatique de l'obédience.

Parlons de la responsabilisation des élues de la GLFF.

Le conseil fédéral de la GLFF, c'est un peu comme le clitoris. Il faudra un bon siècle pour que les scientifiques statuent sur son utilité même si nous avons toutes une idée sur la question. Il ne sert à rien, juste pour le plaisir … et l'orgasme n'est pas toujours au rendez-vous. La seule différence est qu'il nous a pas fallu attendre 2007 pour obtenir la première image en 3D du conseil fédéral. Ce serait injuste de ne pas en convenir. Malgré une constitution, somme toute pas si mal fichue que l'on voudrait nous faire croire, qui devrait obliger le conseil fédéral à rendre des comptes aux loges, il fait concurrence à l'armée dans un rôle de « grande muette » fort déplaisant. Son silence, depuis 2015, est assourdissant. Le conseil fédéral n'est qu'un exécutif, en charge uniquement de faire respecter les règlements de l'obédience et d'assurer son rayonnement.

L'obédience est arrêtée, devenant invisible, suspendue en attente d'une implosion se satisfaisant de conférences, colloques. Hormis cela, qu'a-t-elle fait ces deux dernières années? Quels sont les grands chantiers? 

Dans tous les cas, quoique puisse être les demandes des soeurs de la GLIFF, il sera mal aisé d'en trouver la trace dans l'extranet de la GLFF. Le débat est confisqué aux loges et aux soeurs de l'obédience. L'absence de communication du conseil fédéral fait que la démarche démocratique, élément fondateur de la GLFF, est devenue impossible, voir inexistant.

Aujourd'hui, le conseil fédéral de la GLFF n'a travaillé qu'à empêcher les loges de prendre des décisions nécessaires. Il a interdit à des soeurs de s'exprimer et a entraîné une première scission. Il nous a divisé dans le cadre d'une politique obédientielle dévastatrice. C'est assez pour avoir un regard un peu plus critique sur ses missions – missions qu'ils ne respectent pas. Par contre, ce dernier se permet de juger des soeurs, de les insulter, de décider de ce qui est « initiatique » ou pas et des « combats » que la GLFF devrait mener … comme des relations de la GLFF avec d'autres obédiences. Alors qu'il s'agit là de décisions et de débats incombant au seul convent. 

Il me paraît, à moi, parfaitement injuste de critiquer des soeurs selon leurs démarches, alors qu'aucun débat en convent n'a été possible en fonction de demandes concrètes de ces dernières. Il me paraît aussi injuste de leur reprocher une décision, alors que nous sommes toutes parfaitement conscientes que le conseil fédéral ne tient – lui-même – pas ses engagements vis-à-vis des soeurs qui les ont élues.

Quant à communiquer avec le conseil fédéral, j'ai testé pour vous : quatre lettres en cinq mois, dont trois en recommandé, sans obtenir de réponses ! Si Marie-Thérèse Besson sait injurier des soeurs de ce courant "spiritualistes", les traitant de « ménopausées casse-pieds » - autrement dit de folles dont les demandes sont si insistantes qu'elles sont devenues particulièrement pénibles - c'est que contrairement à son communiqué adressé aux loges, elle possède toutes les informations utiles. 

Ce sont autant de coups de poignard dans le dos des soeurs de la GLFF.

Une pluralité disparue. 

Je suis pour la pluralité des démarches au sein des obédiences, estimant que la Grande Loge Féminine de France pouvait se targuer d'être exemplaire sur ce point.

L'essaimage du courant le plus spiritualiste de l'obédience fait la démonstration du contraire. Cet équilibre – qui fut maintenu, malgré crises et incompréhensions, jusqu'alors – est rompu. Certainement définitivement pour toute la Grande Loge Féminine de France si les soeurs de l'obédience n'y prêtent pas plus attention.

En fin de compte, ces soeurs fondatrices reprochent de ne pas avoir le droit d'exister au sein de la GLFF. Les 800 à 900 soeurs qui démissionnent par an partagent, elles aussi, le même sentiment. 

Ces soeurs, que l'on imaginait bien volontiers servir de « têtes de gondole » (elles ne vont pas aimer l'expression) dans les projets de Marie-Thérèse Besson vis-à-vis de la GLDF, appartiennent aussi à l'histoire de la Grande Loge Féminine de France, à ce qu'elles pouvaient (aussi) transmettre aux plus jeunes. La GLFF est en train de perdre une partie de son patrimoine. L'héritage que Corinne Drescher Lenoir présente dans sa lettre ouverte n'est pas aussi lisse. Il ne s'agit pas que de femmes à l'esprit libre, menant des combats féministes, travaillant pour le bien-être de toutes … Il s'agissait de femmes – elles aussi en quête – L'initiatique n'a pas été oublié lors de la fondation de la GLFF. Il n'est pas ce que l'on veut nous offrir, aujourd'hui, un « ni-ni », semé d'interdits et de considérations mièvres.

Les fondatrices de la GLFF étaient aussi des ésotéristes au sens noble de l'expression qui, dans ce domaine, prenaient aussi des risques.

Gisèle Faivre, par exemple, née en 1902, avant d'être initiée en 1934, avait étudié le soufisme, l'hermétisme. Elle était une proche du russe Georde Ivanovitch Gurdjieff, surnommé le « nouveau Pythagore » ayant participé à ses groupes de travail. Elle suivit aussi Papus, devenant martiniste. En 1972, elle intégra la loge Isis, qui apporta à l'obédience, le nom initiatique (qui ne fut pas adopté), la médaille et la robe noire « véritable athanor au sein duquel la transmutation peut s'opérer ». La définition de maçonnerie "hors sol" devait être bien différente à l'époque ! 

A force de vouloir éliminer et limiter des soeurs parce qu'elles dérangent, il ne va finalement rester que des bonbonnes qui tricoteront des écharpes pour le secours catholique et dont la seule ambition sera de terminer la lecture du « Boucher » au bout de 30 ans de maçonnerie !

Conclusion

Pour faire bien le compte, la GLFF a

  • des « ordres de sagesse » clandestins de tendance libérale, dont les soeurs seraient encore menacées de radiation par l'actuel conseil fédéral et dont on ne sait rien,

  • des soeurs de tendance nettement spiritualistes, entrées elles aussi en clandestinité, prévoyant la fondation d'une obédience (la GLIFF),qui risquent le même traitement spécial, 

  • 800 à 900 démissions de soeurs par an., dont on ne sait rien - à part qu'elle entre dans de tristes statistiques et dont la grande majorité ne rejoint aucune autre obédience. 

  • un conseil fédéral et une grande maîtresse qui - quoique l'on fasse ou dise - a mené une politique de division, refusant de répondre aux questions qu'on pourrait lui poser sur ces décisions. 

Une seconde scission – du courant libéral – de la GLFF pimentera l'actualité du microcosme maçonnique d'ici un an à deux ans si la GLFF continue sur cette voie. Cela permettra à toutes celles qui se veulent les héritières des fondatrices de la GLFF de trouver une obédience à leur mesure. 

Je pourrais me contenter de dire « je vous l'avais bien dit que la GLFF allait mal » ! Elle va mal. Son avenir n'est pas de compter d'un côté les scissions, de supputer sur les prochaines, de faire le nombre des démissions et de lister les insultes de sa grande maîtresse faites aux soeurs. 

Il est temps, aujourd'hui, de reprendre la GLFF là où elle a été abandonnée depuis presque deux ans – de lui redonner une éthique, son héritage, son identité dans toutes ses spécificités, et le respect qu'elle mérite – En un mot, de lui rendre sa dignité. 

Le dynamisme d'une obédience ne se mesure pas à sa capacité à faire des conférences, mais à préserver ses soeurs, ses loges, ses spécificités et à mener ses propres débats sans en avoir peur. A permettre à toutes les femmes d'y trouver une place sans qu'aucune ne soit menacée ou contrainte d'entrer dans la clandestinité pour mener son parcours.

L'annonce de la fondation de la GLIFF doit être comprise comme une alerte.  

 

(1) Ci-dessous, on trouve l'article en réponse à l'article de Gérard Contremoulin, qui montre assez bien "l'agacement" du GODF vis-à-vis des soeurs du rite français entrée dans la clandestinité. 

(2) Ces soeurs ont été menacées de radiation pour être membres d'une juridiction non-reconnue par la GLFF. (article 157). La radiation est décrite comme "automatique".  La notion de preuve au sujet de cette appartenance et de "justice maçonnique" n'apparaissent pas. Il n'y a aucune procédure spécifique. N'importe quelle soeur peut ainsi être radiée, du jour au lendemain, au moindre soupçon de ce type d'appartenance ceci sans qu'elle puisse se défendre. L'article 157 ne reconnait ni droit à la défense, ni droit à l'association, ... aux soeurs de la GLFF.  Autant considérer que cet article et son utilisation par le conseil fédéral relève d'une véritable "chasse aux sorcières" qui ne peut s'appuyer que sur des "on-dit" et des délations d'autres soeurs. Sans se préoccuper des risques juridiques pour la GLFF - je sais par expérience que Besson et son conseil fédéral s'en fichent ouvertement (soit elles se considèrent au dessus de ces préoccupations par trop profanes, soit elles ont un mauvais avocat) - Besson aurait ouvert des menaces vis-à-vis des soeurs soupçonnées d'appartenir aux "ordres de sagesse clandestins", en fonction d'une liste émise des années auparavant, sans même être assurées que ce chapitre "clandestin" existe vraiment ! 

Pour retrouver la lettre de Corinne Drescher-Lenoir. 

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Rose 30/11/2016 13:17

Très belles illustrations comme toujours et bonne analyse. merci pour tes prises de position qui n'ont jamais dévié des valeurs FM, pour ton impertinence et ton indépendance.
Merci pour tout ce que tu fais.

Réglisse 23/11/2016 18:27

Très bonne analyse chère La maçonne et courageuse. Je crains pour ces soeurs une véritable chasse aux sorcières sans pitié ... Puissent-elle bénéficier de la même clémence que pour celles qui en 2009 ont assigné grave la GLFF et coûté des milliers d'euro aux soeurs de la GLFF en frais de justice pour finir par un pschitt circulez mes chéries y'a rien plus à voir tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Ça craint vraiment tout ça ! Courage les frangines et osez mettre votre grain de sable dans cette machine à broyer toutes pensées contraires à celle d'une "élite" qui se partage l'obédience depuis des années.

La Maçonne 24/11/2016 18:22

Merci Réglisse pour ton soutien à ces soeurs.

Brumaire 19/11/2016 17:51

Ma chère Maçonne, je partage largement l'appréciation de Condorcet et le pointage qu'il fait des déviances de certaines obédiences. Je n'en trouve pas beaucoup, hélas, qui échappent à ces déviances...
Cependant, je souhaiterais dire que les FF.: et/ ou SS.: qui sont dans les hauts grades, voire membres de SC sont loin d'être tous des manipulateurs/trices, voulant mettre au pas (de l'oie) et le petit doigt sur la couture du pantalon/robe, les FF.:et SS.: qui n'ont pas choisi (ou pas pu continuer) la poursuite initiatique.
Ceci dit, certain(e)s dirigeant(e)s d'obédiences, j'allais dire d'entreprises, à force de vouloir montrer leurs biceps un peu partout, et de faire du marketing à tout va, ont oublié ce pourquoi ils(elles) étaient entrés en maçonnerie, et ce qu'est la maçonnerie. Si on oublie que c'est le seul endroit qui reste où on apprend à penser librement, où on ne fait pas de prosélytisme, même déguisé, où on est assis à côté de personnes qui ne pensent pas forcément comme nous, mais qui ont un idéal humaniste, le même que le(la)voisin(e), et qu'on n'est pas là pour se faire admirer par tout le monde, c'est qu'on n'a pas grand-chose à y faire.
Merci pour avoir annoncé la création de la GLIFF, mais, pour moi, ce n'est pas une bonne nouvelle, même si je peux comprendre certaines de ses raisons. Encore un émiettement de plus en France, et un échec de la GLFF.
Pourquoi avoir mis les deux adjectifs "initiatique" et "francophone" dans leur titre?
Une Grande Loge est, par essence, initiatique, sinon, c'est une association comme des milliers d'autres en France.
Francophone: pourquoi se refermer ainsi sur un territoire, même de langage, alors que la maçonnerie a vocation universelle, même si l'universalité n'est pratiquée véritablement, à ma connaissance, que par un seul Ordre maçonnique?
Décidément, il est temps qu'on finisse 2016, en travaillant pour que 2017 soit une année de reconstruction maçonnique, car pour le reste, s'il y a un mur en mai, on y va tout droit...

uneSoeur 19/11/2016 16:54

Bonjour,
Merci beaucoup ma Chère Soeur la Maçonne pour ce texte et les illustrations toujours magnifiques. Une Obédience Féminine, une Obédience Masculine, une Obédience Mixte (la GLMF) je peux le confirmer bien évidemment ! Oui, @Condorcet, heureusement qu'il y a les blogs, et je m'autorise même à ajouter celui de la Maçonne. Il s'agit d'un comportement général, d'Obédiences gangrènées, où la mégalomanie, la mythomanie occupent l'espace.

Condorcet 19/11/2016 15:09

Ma très chère Sœur,
Je ne connais pas les tenants et aboutissants de ce qui se passe à la GLFF hormis les péripéties de ton cas personnel et ce jusqu’à l'exclusion de ton obédience. J’ai suivi tout cela d’assez loin au travers les différentes informations communiquées par les blogs, d’où leur utilité pour avoir une information autre qu’officielle, et ce qui m’a le plus attristé c’est que la GLDF semblait y être pour quelque chose.
Dans toutes ces histoires de scission on constate toujours la même chose. D’une part, la recherche par une obédience d’une doctrine intangible engendrant une absence de liberté des loges, et des FF et des SS au sein des loges, si ce n’est celle de déguerpir avant toute exclusion. D’autre part, la remise en cause par l’obédience de son histoire originaire comme si elle en avait honte.
Derrière tout cela, le goût du pouvoir par certains dignitaires qui cherchent à faire adopter des règles sinon comme un dogme au moins comme des rails ou la force de l’habitude finit par triompher de la pensée libre qui elle n’a pas de frontières en dehors de celles du nadir et du zénith.
En effet comment dans le même temps revendiquer une morale universelle et s’enfermer dans une morale de boutique associée à un dogmatisme de ce qui se perçoit de plus en plus comme une religion de substitution que l’on masque à grand peine sous le vocable de spiritualité. Aussi n’en déplaise à certains la spiritualité c’est tout autre chose et je leur conseille de lire les ouvrages de notre ami Bernard Besret que je connais bien par ailleurs.
Au bouillonnement des pratiques et des idées ou seules les qualités intellectuelles et morales sont requises comme le sont la noblesse des sentiments, l’ampleur de l’horizon intellectuel, la hauteur d’esprit, les attitudes de certains dignitaires et les réformes engendrées par certaines obédiences au lieu de dissoudre les contradictions au sein des loges ne font que les exacerber tout en limitant la liberté des FF et des SS. Rassembler ce qui est épars qu’ils disent et ils ne font que diviser.
A titre d’exemple, mais je pourrais y revenir plus longuement par la suite, l’inventaire des restrictions liberticides au sein de la GLDF depuis une bonne dizaine d’années : Névrose obsessionnelle anti-GODF - déviance Déiste (Evangile de Saint Jean – Interview du TRGM) - volonté d’imposition du terme « soumission au Conseil Fédéral » lors de l’installation du VM - Affaire de la CMF - - Nomination et non élection de deux Grands Officiers - Interdiction de double appartenance - Inter-visite et liberté de conscience - Refus de recevoir les SS :. - Procès d’intention envers les membres accusés « d’indélicatesse » vis-à-vis du TRGM – Non respect des procédures judiciaires pourtant prévues dans les R.G. - Passage en force sans en référer au Convent de décision engageant tout le monde (TGL décentralisée par exemple) - Limitation de la Liberté d’expression - Non-respect de la législation Française et Européenne en matière de liberté - Fichage des FF avec indication de leur appartenance à d’autres associations ou mouvements - Mainmise de plus en plus évidente du SCDF sur les Loges Bleues - création d’un pôle d’historiens maison – création d’un pôle de conférenciers tous plus ou moins liés à l’affaire de la CMF, etc.
Cela commence à faire beaucoup. Je n’ai absolument rien contre ceux qui se revendiquent d’une certaine forme de spiritualité, mais qu’ils respectent comme des ff :. à part entière les FF qui n’ont pas cette conception des choses. Le principe d’égalité devrait être la règle, mais depuis une bonne dizaine d’années nous avons le sentiment de n’avoir droit qu’à un strapontin.
Lorsque l’on ne traite plus ou pas les FF et les SS avec égalité, il reste une solution, la scission ou le départ et ceux qui par leur comportement en sont les responsables ne doivent pas s’en étonner.

Bilboquet 19/11/2016 13:16

Merci encore ma S:. pour ces réflexions ! Je suis partisan de l'expression "un(e) Maç:. libre dans une L:. libre ". Une fois qu'une GL essaye de "dicter" des lois (lesquelles d'ailleurs ?) on rate quelque chose. En plus quand j'entends des expressions tel que "Pôle de tradition" cela me fait rire; Un pôle n'existe pas seul. Il suffit de se souvenir des cours sur le magnétisme et l'électromagnétisme pour savoir que s'il y a pôle il y a nécessairement un autre pôle ... L'observation que je fais dans la FM française et d'autres est que de plus en plus de GL's cherchent un "centralisme" qui voudrait imposer aux Maç:. de base "leur" point de vue ! Alors à quand la fraternité, l'égalité ?

Bernie 19/11/2016 11:30

Ah !!! Nous voilà plus informées .
On la trouve où la lettre ouverte ? Merci !

xm 20/11/2016 09:40

La lettre est sur Hiram.be

La Maçonne 19/11/2016 13:44

C'est sur le blog hiram.be - je viens de le mettre en lien après ma signature.

Bernie 19/11/2016 13:05

Non, je parle de la lettre de Corinne Drescher-Lenoir dont vous faites mention .

La Maçonne 19/11/2016 11:40

Sur l'extranet de la GLFF. Une soeur me l'avait rapporté mais je n'ai aucune copie. Elle ne dit pas grand chose - Elle indique seulement que le CF "ne sait rien", que la GLFF est dynamique et appel à la "fidélité des soeurs vis-à-vis de la GLFF". Si c'est censé calmer les esprits ... (et si cela marche !) ...