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La Maçonne

La trêve des confiseurs, c'est maintenant !

 

« La trêve des confiseurs » est une expression marquant un point d’arrêt durant la période des fêtes de fin d’année. Arrêt des turbulences politiques, des batailles rangées ou en désordre (pourquoi d’ailleurs une bataille doit être  rangée ?),  …. Bref, signale une période de paix sur le monde. Comme il s’agit d’une période signalée par des dates strictement christiques, vous êtes tenté de parier qu’elle a des origines papistes et lointaines. Je tiens ici à vous préserver de cette tentation funeste. Gardez-vous en ! Son origine est à la fois politique, médiatique et républicaine, même si on observe des trêves « de dieu » et autres dès le Moyen Age.

En décembre 1874, les parlementaires bossaient sur la constitution de la IIIème République – en gros, ils s’écharpaient – Ils finirent par décider de suspendre les discussions entre Noël et Nouvel An afin de permettre une relance économique. La France sortait de la guerre avec l’Allemagne de 1870 et surtout de la période noire de la Commune de 1871. La situation économique était plutôt précaire pour la grande majorité des citoyens. L’expression fut trouvée par les journaux satiriques, voyant là l’occasion de se moquer de ces politiques préférant les banquets à chose nationale. Les confiseurs désignés par cette expression populaire n'étaient, en fait, qu'un surnom donné à ces hommes politiques par une presse contestataire.

Dans ses mémoires, le duc de Broglie expliquait : "On convint de laisser écouler le mois de décembre [1874] pour ne pas troubler par nos débats la repris d'affaires commerciales qui, à Paris et dans les grandes vielles, précède toujours le jour de l'an. On rit un peu de cet armistice, les mauvais plaisants l'appelèrent la trêve des confiseurs.

Aujourd'hui, s'ils suffisaient que nos parlementaires et le gouvernement déclarent une trêve pour relancer l'économie nationale, cela se saurait.

Pour vous, j'ai retrouvé le "Journal Amusant" du 26 décembre 1896 (n'ayant rien trouvé de cette période), avec un article intitulé "Trêve à rebours" signé par Jules Hoche, journaliste et écrivain français totalement oublié de nos jours. 

« La semaine qui approche verra couler à travers les journaux, grands et petits, le flot habituel d'articles célébrant la Noël et le nouvel an, la grande trêve des confiseurs, le rapprochement des coeurs, le resserrement de tous les liens relâchés par quarante-neuf semaines de combat pour la vie ou pour la mort.

Je vois d'ici la bouche enfarinée ou mielleuse des confrères penchés sur leurs articles de concorde, d'apaisement et de fraternité, sachant d'expérience combien l'article d'étrennes, aussi facile à lire qu'à écrire, est doux au coeur du journaliste.

Pour cette fois, cependant, je demande la permission de ne pas leur emboîter le pas. Car, toutes réflexions faites, je ne suis plus du tout du même avis qu'eux.

D'abord les fêtes de Noël et de nouvel an me paraissent aujourd'hui une institution archi-vermoulue, sentant le rance et la vétusté, et qu'on ne saurait trop battre en brèche.

Pour le nouvel an la cause est jugée d'avance. Ses partisans les plus convaincus admettent généralement que les embrassades, réveillons et autres fricassées de museaux fraternels ne sauraient compenser la perle de temps et l'ennui des visites, la corvée des cartes, des étrennes, etc. »

Maintenant que ceci est dit, qui n'aime pas les cadeaux? 

 

Le Journal Amusant - 1896 - fichier Gallica.

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hector 24/12/2016 12:33

tu veux un bonbon ?