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La Maçonne

Rituel de la maçonnerie d'adoption au 18ème siècle.

Comme on ne cesse de le lire, la maçonnerie dite d'adoption serait une maçonnerie pour couturière usant et abusant d'une symbolique censée éveillée la « nature féminine ». Il n'en est rien même au 18ème siècle.

J'ai ainsi lu pour vous plusieurs textes issue d'un livre « la vraie maçonnerie d'adoption » publiée en 1787, recoupé par la lecture d'un autre texte daté approximativement de 1775 notant quelques différences et pour terminer « le Manuel de la Franc-maçonnerie » daté 1856 qui, grâce à l'informatique, se trouvent très facilement.

 

La loge : fonctionnement & décors. 

En 1787, les loges d'adoption étaient ouvertes aux visiteurs uniquement possédant le grade de compagnons. Il s'agit d'une particularité apparaissant avec le GODF lorsque celui-ci, désireux de se débarrasser des loges d'adoption et des femmes, a tenté de les limiter comme, d'ailleurs, l'épisode de la réception de Voltaire le montre.

Les ouvertures et fermetures se font par 5 coups à distance égale. Seul trois officiers détiennent le maillet : le grand-maître appelé vénérable maître en 1775, la soeur inspectrice et la soeur dépositaire – l'équivalent des 1ère et 2ème surveillantes. La grande maîtresse n'avait aucun rôle à part décoratif (1775). Dans la version de 1856, cette « grande maîtresse » tient le premier maillet.

 

Ce sont les soeurs inspectrice et dépositaire qui font tout le travail. Les frères présents ne sont là que pour les aider – des sortes de serviteurs. La prise de parole se fait en levant la main, comme nous connaissons encore, ou en faisant une demande faite à l'oreille des officiers, méthode qui s'est perdue dans les limbes des vieux manuels maçonniques.

 

Le cordon est bleu moiré, en sautoir, avec au bout une truelle aussi bien pour les soeurs que pour les frères. Dans la version de 1775, c'est un peu plus compliqué. Il y a effectivement le vénérable maître revêtu d'un cordon bleu ou noir, avec une même truelle, mais il doit avoir un chapeau sur la tête (pas un borsélino, hein?), une épée nue à la main gauche, une truelle à la droite et un maillet … qu'il tient aussi (fort heureusement, on n'a pas gardé le geste ! ). 1856, simplifie certainement la tenue et le décorum, la truelle du cordon disparaît – certainement trop « masculin » pour ces dames – au profit d'une échelle de cinq échelons.

 

Devant le vénérable de 1775, sur la table, il y a une grande et une petite cuvette, dans la petite de la cire pour faire le sceau et dans l'autre une truelle (encore une!). Les frères présents doivent, quant à eux, tenir une épée nue pour former la voûte d'acier. Un grand inspecteur est, quant à lui, placé à l'occident. Il porte un cordon bleu. Son symbole est un petit marteau.

Les soeurs sont toujours coiffées. Elles portent ainsi que les frères un même tablier blanc, une truelle pendue à un ruban bleu. Deux frères terribles décorent aussi la loge derrière le grand inspecteur.

La version de 1787 précise que les soeurs sont assises sur le rang devant. Les frères gardent leur épée en main.

 

La loge, en 1787, est tendue de rouge. L'entrée s'appelle l'Europe, à l'extrémité c'est l'Asie et à gauche (en entrant), c'est l'Amérique et à droite l'Afrique.

En « Asie » (autrement dit l'orient), il y a un dais rouge frangés d'or, avec un autel et huit figurines peintes représentant : la sagesse, la prudence, la force, la tempérance, l'honneur, la charité, la justice et la vérité. Dans la partie Europe (à l'entrée) se trouvent le frère inspecteur et inspectrice et dépositaire (les surveillants) disposant d'une table.

On note pour les tableaux de loges des modifications sensibles. Dans la version de 1787, il s'agit d'un simple tapis représentant les quatre parties du monde désignées par quatre figures peintes.

En 1775, il était un peu plus élaboré. Il est toujours un tapis placé au centre de la pièce, sur lequel est écrit : « voyez la planche ci-contre ». L'arche de Noé flottant sur les eaux, la tour de Babel et l'échelle de Jacob sont représentés.

Derrière le grand inspecteur se trouve une table sur lequel se trouve un squelette peint au naturel sur un fond de toile noire, s'y trouve aussi (?) un pommier chargé de fruit. Le pied de l'arbre est entouré d'un serpent, Adam est à droite et Eve à gauche. « cet arbre doit être fait en relief ou en carton découpé. ». A côté de cette table se trouvent les deux frères terribles, le chapeau enfoncé sur la tête et tenant chacun un flambeau.

Derrière le vénérable, il y a une grande étoile en relief, avec devant une glace en forme de porte, le tout couvert d'un « voile de taffetas couleur de feu ». A côté du vénérable, il faut croire que l'on se soit quelque peu lâché sur la décoration de la loge, il y a deux tabourets, avec deux terrines auxquelles on met le feu.

 

L'acclamation, pour ces deux recueils du 18ème siècle, est « vivat » (cinq fois). En note de bas de page sur la version de 1775, on peut ainsi lire :

« Comme vivat est en usage dans la maçonnerie adomhiramite , bien des maçons prétendent que, par finesse , il faudroit dire EVA ; mais ce mot n'ayant aucune signification dans notre langage , c'est un ridicule qu'il ne faut pas imiter, vu que vivat prime l'applaudissement non seulement chez les François , mais chez les latins desquels nous tenons ce mot. »

 

Ridicule qui fut atteint au 19ème siècle à en croire le troisième document : « le Manuel de la Franc-maçonnerie » publié en 1856. Dans sa présentation sur la franc-maçonnerie d'adoption, il précise ceci : « Cet ordre consiste en cinq grades principaux, les trois premiers qui sont : apprentie, compagnonne et maîtresse, sont obligatoires; les deux autres sont appelés hauts grades , et ne sont que de satisfaction, ce sont la maîtresse parfaite et la sublime écossaise; le fond de ces grades est tiré de l'histoire de l'Ancien-Testament. »

 

Si les textes précédents faisaient de la maçonnerie féminine, une maçonnerie proto-féministe, elle est présentée – alors qu'elle n'existe pratiquement plus lors de la publication de cet ouvrage – comme une fausse maçonnerie tout juste bonne à rappeler à ces dames « les vertus de leur sexe ».

Pour la loge, les choses se sont simplifiées. Les soeurs se réunissent dans le même local que ceux des hommes. Il est donc bleu, même autel, même dais. Sur les deux colonnes / climat, Afrique et Amérique (qui reste a priori à la même place), deux rangs de sièges sont aussi nécessaires sans que des précisions soient données à ce sujet.

 

La tableau de loge garde sa sophistication relevée plus haut avec quelques détails en plus: huits pieds de longs, quatre de large. A l'Europe, un soleil – à l'opposé, la lune – l'arche de Noé sur le mont Ararat, la tour de babel et entre les deux, une échelle de cinq échelons. La loge est éclairée par cinq cassolettes – deux aux côtés du tableau de loge et deux autres devant la soeur dépositaire et inspectrice et la cinquième sur la table de la vénérable. Une étoile à cinq branche est toujours présente sur le dais derrière la vénérable. Apparaît, par contre, une bible et une épée nue sur l'autel qui n'existaient pas dans les versions du 18ème siècle. L'apparition des bibles dans les loges datent, en effet, du 19ème siècle.

La grande inspectrice (avec le 1er surveillant) est placée à la tête de la colonne d'Amérique et la soeur dépositaire (avec le 2nd surveillant) sur la colonne d'Afrique. L'acclamation est, par contre, EVA (dit trois fois !) – les signes et les attouchements sont expliqués -

L'instruction de l'apprentie. 

Si les cérémonies de réception sont certainement bien plus intéressantes à étudier que les catéchismes (ou instructions) des apprenties, c'est pourtant ces derniers que je souhaite vous faire découvrir, exposant le corpus symbolique des loges d'adoption du 18ème siècle jusqu'au 19ème siècle.

« Je le crois ». C'est une réponse certainement les plus fortes à la question rituelle que l'on connaît encore : « êtes vous franc-maçonnes ? ». Si cette première réponse survit aux modifications, les réponses suivantes varient sensiblement d'une instruction à l'autre.

« Pourquoi le croyez-vous seulement ? »

1775 Parce qu'une Apprentie n'est sûre de rien.

1787. C'est que la maçonnerie étant un assemblage de toutes les vertus, il n'appartient à aucun bon maçon et maçonne de se persuader être parfaits, et surtout à une apprentie, dont les sentiments ne sont pas encore assurés

(note de l'auteur en 1787 :  Dans un grand nombre de loges, au lieu de cette réponse honnête et juste, c'est une impertinence humiliante , que l'on fait adresser aux femmes par les femmes mêmes ; et pour comble de ridicule, bien des frères y applaudissent.).

1856 - C'est qu'il est de la prudence humaine de douter de tout, et qu'une apprentie n'est sûre de rien.

 

L'apprentie n'est sûre de rien - du moins, peut-on dire qu'elle cultive le doute sur ce qu'elle peut être ou considérer être.

La porte de fer & d'acier.

La version de 1775 est plus courte que celle de 1787 - et la version de 1856, bien que plus tardive est très proche de celle de 1775. Rien n'indique d'ailleurs quels ont été les usages d'une formule ou l'autre.

L'apprentie fut reçue, dit-elle, sous une porte (ou voûte) de fer et d'acier. Que signifie-t-elle ? « Force & stabilité de notre ordre » pour les versions de 1775 et 1856 – alors que celle de 1787 lui font répondre : « Comme la solidité d'une voûte dépend de la jonction et liaison des pierres, qui toutes aboutissent à un point central, de même chaque membre de notre ordre doit aspirer à l'honneur, point essentiel lui fait notre force, et que nous devons joindre à cette amitié sincère et vertueuse qui caractérise les vrais maçons. ». Hé ben ! Nous sommes assez loin d'un simple exercice de couture.

L'instruction continue ainsi :

D. Pourquoi cette voûte est-elle de fer et d'acier.

R. Pour vous avertir que nous devons fuir les criminels plaisirs de l'âge de fer, si nous voulons jouir de l'innocente volupté de l'âge d'or.

 

Illustration : tablier d'adoption du 19ème siècle.  

 

Noé, Babel & Jacob. 

Les trois symboles de ce degré ; hormis Adam & Eve qui apparaît que dans un seul des trois documents, sont trois symboles de constructions : l'arche de Noé, la tour de Babel et l'échelle de Jacob – qui peut aussi entrer dans cette catégorie.

Noé – qui comme on le sait fut un mythe qui a précédé celui d'Hiram (avant 1730) – S'il n'est pas repris dans une quête du Secret antédiluvien, il demeure toutefois, présent en maçonnerie d'adoption. La Tour de Babel est l'autre construction mythique et biblique.

Quant à l'échelle de Jacob, qui est le bijou de la Vénérable maîtresse en 1856 mais avec 5 échelons, il est aussi le signe de l'apprentie. Echelle qui conduit au ciel, les échelons définissant les différentes étapes, la symbolique n'en est pas moins solide.

L'apprentie étant reçue entre « Entre la tour de Babel & l'échelle de Jacob & au pied de l'arche de Noé. », c'est à dire entre deux accès célestes possibles : un bon, promis à une future construction – celle de la « maison de dieu » c'est-à-dire le « Temple de Jérusalem » - et un mauvais, promis à la destruction et à la colère divine.

Au pied de l'arche de Noé, l'apprentie est l'héritière de l'ancienne humanité que représente Noé, détentrice de ses secrets et aussi fondatrice d'une nouvelle humanité – cela, bien sûr, aidée par la franc-maçonnerie.

 

Ce bref aperçu symbolique de la maçonnerie d'adoption au 1er degré montre bien qu'elle était élaborée suivant un modèle masculin. La symbolique dite de « bâtisseurs », que les femmes ne sont pas censées comprendre, est bien plus présente, faisant le tour – si je puis dire – de tous les bâtiments bibliques, même ceux qui prennent l'eau ou se font démolir, dès le premier degré alors que les frères n'en voient rien.

C'est surprenant de lire ou d'entendre des frères au 21ème siècle estimer que cette maçonnerie faisait appel à des symboles genrés et stéréotypés quand ils n'en réclament pas pour les femmes. Ignorance, certes. Qui connaît de nos jours ces rituels ? Mais surtout, cela reflète autant une incompréhension du fait maçonnique de leur part – il s'agit de symboles spéculatifs - que la marque de leur étroitesse d'esprit à une époque où les femmes deviennent architectes, ingénieures et mathématiciennes dans le monde profane.

 

 

 

Parce que vous avez été sage, voici - rien que pour vous - les "catéchismes" des apprenties pour le rituel dit d'adoption. 

1775 - Instructions des Apprenties.

D. Quelle doit être l'attention d'une Maçonne ?

R. C'est de s'assurer si la Loge est couverte.

D. Etes-vous Apprentie ?

R Je le crois.

D Pourquoi ne dites-vous pas que vous en etes sures -

R. Parce qu'une Apprentie n'est sûre de rien.

D. Comment avez- vous été introduite en Loge ?

R. Les yeux bandés.

D. Pourquoi ?

R. Pour m'apprendre , qu'avant de parvenir aux sublimes mystères il faut vaincre la curiosité , & me faire connaître combien aveuglément les profanes parlent de nos mystères.

D. Comment êtes-vous parvenue à la Maçonnerie.

R. Par une voûte de fer & d'acier.

D. Que représente cette voûte ?

R. La force & la stabilité de l'Ordre.

D. Où avez-vous été reçue ?

R. Entre la tour de Babel & l'échelle de Jacob & au pied de l'arche de Noé.

D. Que représente la tour de Babel ?

R. L'Orgueil des enfants de la terre , dont on ne peut se garantir , qu'en opposant un si coeur discret , qui est le caractère d'une vraie Maçonne.

D. Que représente l'échelle de Jacob ?

R. Cette échelle est toute mystérieuse , les deux montans représentent l'amour de Dieu & du prochain , & les échellons les vertus qui dérivent d'une belle âme.

D. Que représente l'arche de Noé ?

R. Le coeur de l'homme agité par les passions , comme l'arche était par les eaux du Déluge.

D. Quelle qualité devons-nous apporter en Loge ?

R. L'horreur du vice & l'amour de la vertu.

D. Comment nommez-vous celles qui ne font pas vraies Maçonnes ?

R. Des profanes.

D. Ceux qui sans être Maçonnes et qui font dignes de l'être, comment les nommez-vous ?

R. Tous les hommes vertueux sont nos amis , mais nous ne reconnaissons que les Maçons pour Frères. -

D. A quoi devons-nous nous appliquer ?

R. A épurer nos moeurs.

D. Comment me prouverez-vous que vous êtes Apprentie ?

R. Par mes signes & mots.

D. Donnez-moi le signe d'Apprentie ?

R. On le donne.

D. Donne^-moi le mot ?

R. On le dit.

D. Que signifie le mot d'Apprentie ?

R. Ecole ou académie de vertu.

D. Quelle est cette école

R. La Maçonnerie.

D. Quel est le devoir des Maçons & Maçonnes ?

R. D 'écouter, d'obeir , travailler & se taire. .

D. Qu'écoutez- vous ?

R. L'explication des Mystères.

D. De quelle espèce est votre obéissance ?

R. Libre 8c volontaire.

D. A quoi travaillez-vous ?

R. A me rendre utile & agréable à mes Frères & Soeurs.

D. Sur quoi vous taisez-vous ?

R. Sur les mystères de la Maçonnerie.

 

Manière de fermer la Loge.

Le Vénérable dit : Mes Frères & Soeurs , nous avons écouté, obéi, travaillés & nous nous sommes tus. La Loge est fermée. Faisons chacun notre devoir. Le grand Inspecteur 8c la grande Surveillante répètent la même chose , chacun de leur côté.

 

 

 

1787 – Instructions des apprenties

C'est le vénérable qui interroge, il ne doit s'adresser qu'aux deux soeurs inspectrice et dépositaire, mais indifféremment, parce qu'elles doivent être égale ment instruites toutes deux.

D. Ftes-vous apprentie ?

R. Je le crois.

D. Si vous le croyez, pourquoi ne dites vous pas oui ?

R. C'est que la maçonnerie étant un assemblage de toutes les vertus, il n'appartient à aucun bon maçon et maçonne de se persuader être parfaits, et sur-tout à une apprentie, dont les sentiments ne

sont pas encore assurés (note : Dans un grand nombre de loges, au lieu de

cette réponse honnête et juste, c'est une impertinence humiliante , que l'on fait adresser aux

femmes par les femmes mêmes ; et pour comble de ridicule, bien des frères y applaudissent.).

D. Comment avez-vous été reçue ?

R. Par cinq coups.

D. Où avez-vous été reçue ?

R. Dans un lieu inaccessible aux profanes

D. Qu'avez-vous vu ?

R. Rien que j'aie pu comprendre

D. Etes-vous contente de votre sort ?

R. Tous mes frères et soeurs peuvent en juger.

D. Comment ?

R. Par mon empressement à être reçue , et pour récompense duquel ils m'ont donné leurs suffrages.

D. Promettez-vous un profond silence sur tous les secrets de la maçonnerie ?

R. Celui que je garde en est un sûr garant.

D. Donnez-moi le signe de l'apprentie.

R J'obéis, vous me comprenez.

DQuel est le mot ?

R. Eéix Féax.

D que signifient ces deux mots ?

R. Académie ou école de vertu.

D. Quelle est cette école ?

R.La Maçonnerie.

D. Comment y êtes-vous parvenue ?

R. Par un frère secourable , qui étant de venu mon guide, m'a remise à la porte du Temple des vertus, dont l'éclat a dissipé les ténèbres qui n'enveloppaient

D. Avez-vous entré dans le Temple (note de l'auteur : Dans tous les manuscrits dont j'ai parlé , cette demande et les trois suivantes , avec leurs réponses, ne sont que dans le quatrième grade ; mais en récompense il y en a beaucoup du grade de compagnonne et de maîtresses.)

R. Oui , très-vénérable , en traversant une voûte de fer et d'acier.

D. Que signifie cette voûte ?

R. Comme la solidité d'une voûte dépend de la jonction et liaison des pierres, qui toutes aboutissent à un point central, de même chaque membre de notre ordre doit aspirer à l'honneur, point essentiel lui fait notre force, et que nous devons joindre à cette amitié sincère et vertueuse qui caractérise les vrais maçons.

D. Pourquoi cette voûte est-elle de fer et d'acier.

R. Pour vous avertir que nous devons fuir les criminels plaisirs de l'âge de fer, si nous voulons jouir de l'innocente volupté de l'âge d'or.

D. Pourquoi une profane est-elle privée de la lumière à sa réception ?

R. Pour lui faire comprendre combien ses semblables raisonnent aveuglément sur la maçonnerie.

D. Quels sont les devoirs d'une apprentie ?

R. D'obéir , travailler et se taire.

Le vénérable ajoute: « Nous avons obéi, travaillez,et nous nous taisons c'est pour » quoi nous allons fermer cette loge, en faisant notre office par cinq ».

Tous les frères et soeurs applaudissent ; puis le vénérable dit : « La loge est fer mée , mes frères ». Les deux officières répètent ces dernières paroles.

1856 – Instructions des apprenties.

D. S.\ grande inspectrice, êtes-vous apprentie maçonne?

R. Je le crois, grande maîtresse.

D. Pourquoi dites-vous, je le crois?

R. C'est qu'il est de la prudence humaine de douter de tout, et qu'une apprentie n'est sûre de rien.

D. Comment avez-vous été introduite en loge?

R. Par cinq coups et les yeux bandés

D. Pourquoi les yeux bandés?

R. Pour m'apprendre qu'avant de parvenir à la connaissance des sublimes mystères,

il faut vaincre sa curiosité et nous faire connaître en même temps l'aveuglement des profanes.

D. Qu'a-t-on exigé de vous avant d'être en loge?

R. Trois gages : mes boucles d'oreilles, mes manchettes et mes gants.

D. Pourquoi?

R. Pour me faire connaître la confiance que l'on doit avoir envers les maçons et les maçonnes.

D. Comment êtes-vous à la maçonnerie?

R. Par une porte de fer et d'acier.

D. Que représente-t-elle?

R. La force et la stabilité de notre ordre.

D. Où avez-vous été reçue?

R. Entre la tour de Babel, l'échelle de Jacob, et au pied de l'arche de Noé.

D. Que représente la tour?

R. L'orgueil et la faiblesse des enfants de la terre, dont on ne peut se garantir qu'en

leur imposant un coeur discret, qui est le caractère d'un vrai maçon.

D. Que représente l'échelle de Jacob?

R. Cette échelle est toute mystérieuse : les deux montants représentent l'amour de Dieu

et du prochain ; et les cinq échelons, les vertus divines qui dérivent d'une belle âme.

D. Que représente l'arche?

R. Le coeur de l'homme agité par, les passions humaines, comme l'arche l'était par les

eaux du déluge.

D. Quelles qualités doivent apporter en loge un bon maçon et une bonne maçonne?

R. L'horreur du vice et l'amour de la vertu.

D. Comment nommez-vous ceux qui ne sont pas maçons?

R. Profanes ; mais si tous les hommes vertueux sont nos frères, tous les maçons

sont nos amis.

D. A quoi nous appliquons-nous particulièrement?

R. A régler notre conduite et nos moeurs.

D. A quoi nous reconnaît-on?

R. A nos mots, signes et attouchements.

D. Donnez-les moi?

R. Les voici (elle les donne). Feix Féax.

D. Que signifie le mot sacré?

R. École ou académie de vertus

D. Ouelle est cette école ?

R. La maçonnerie.

D. Quel est le devoir des maçons et des maçonnes?

R. D'écouter, obéir, travailler et se taire sur tous les mystères de l'ordre.

D. De quelle espèce est votre obéissance?

R. Libre et volontaire.

D. A quoi travaillez-vous?

R. A me rendre meilleure

 

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