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La Maçonne

Gambetta : "le cléricalisme, voilà l'ennemi".

Considérer que l'anticléricalisme est un des fondamentaux de la franc-maçonnerie serait prendre le risque parfaitement inutile - mais au demeurant amusant - de voir une horde de frères (voir même de soeurs) tomber sur le dos de ce blog dont l'innocence n'est plus à prouver. 

Si ce n'est pas spécifiquement un de ses fondamentaux, il faut reconnaître que cet anticléricalisme est fondateur de tout un courant de la franc-maçonnerie contemporaine comme des valeurs de la République.

Dans le contexte actuel il s’avère utile de s’interroger sur le renforcement du cléricalisme qui est lié au communautarisme voulu par les fidèles les plus radicaux des trois religions monothéistes.

L'anticléricalisme : un devoir républicain. 

 

La Révolution française, le développement de la République puis la Loi de 1905 sur la Laïcité ont conduit l’État de Droit français à imposer que la Loi des citoyens et les règles de fonctionnement de la vie des français ne soient plus dictées par l’Église. Même Napoléon s’y est mis lorsqu’il se sacra lui même devant le Pape convoqué juste pour la bénédiction des époux impériaux. L’autorité spirituelle s’effaçait devant l’autorité temporelle. On appelle cela « la séparation de l’Église et de l’État ».

Alors que l’ensemble des Français croyants ou non croyants considèrent que la religion relève du champ personnel et donc du privé on constate que les évêques revendiquent le droit de s’ingérer dans la sphère publique et politique. D’ailleurs ils ne se privent pas de citer les sujets sur lesquels ils ont tenté de peser : « À côté de ces textes importants, les évêques de France ont également pris position à plusieurs reprises sur divers sujets concernant la vie en société et la recherche du bien commun : défense de la dignité humaine de la vie humaine du début à la fin, protection de l’étranger, soucis des plus pauvres, solidarité, justice, paix, etc. » extrait de la Communication du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France du 14 octobre 2016 intitulé

« Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ».

Les représentants des autres communautés religieuses n’hésitent pas non plus à contester les actions gouvernementales au nom des intérêts et des principes de leur communauté alors que bien souvent ils sont consultés dans le cadre des élaborations de lois ou lors des enquêtes parlementaires.

Cléricalisme, radicalisme et communautarisme seront des thèmes majeurs durant toute cette année électorale. Les maçons ne peuvent demeurer insensibles à cette montée de dérives communautaristes qui clivent la société française.

 

Théocratie ou démocratie : il faut choisir. 

Un dirigeant faisant partie de mes relations professionnelles opérait il y a une dizaine d’années dans une société tunisienne. Il fréquentait, sans être marié, une femme célibataire musulmane de la bonne bourgeoisie tunisienne.

Pour cela Il fut convoqué dans un commissariat, où menaces à l’appui, on lui demanda de cesser cette relation. Étant connu comme catholique pratiquant et il fut convoqué à ce titre par l’évêque de Tunis qui lui fit la même demande que le commissaire de police mais dans un langage plus ...policé. Et pourtant à l’époque la Tunisie n’était pas et n’est toujours pas une théocratie.

Au Maroc pays théocratique où le roi est le Commandeur des Croyants, en décembre 2016 les enseignants ont découvert dans un ouvrage religieux destiné aux élèves de première que la philosophie est définie comme "une production de la pensée humaine contraire à l’islam" et "l’essence de la dégénérescence". Le manuel scolaire s’appuie sur les propos d’une grande figure du salafisme, Ibnou As-Salah Ach Chahrazouri qui décrit la philosophie comme « le summum de la démence et de la dépravation  provoquant  l’angoisse et l’errance, l’hérésie et la mécréance » !  On sait que le mécréant comme l’apostat sont des ennemis qui méritent la mort selon le salafisme en terre saoudienne par exemple.

D’autres passages enseignent aux élèves marocains à faire la distinction entre les sciences religieuses et les sciences profanes, parmi lesquelles les mathématiques, la physique ou les sciences de la vie et de la Terre. C’est un schéma très proche des concepts utilisés dans le courant wahhabite.

Il faut comprendre cela dans le contexte politique du Maroc où

  • les Frères Musulmans sont au pouvoir gouvernemental

  • le roi d’Arabie Saoudite, patrie du wahhâbisme, à un palais à Agadir qui est une sorte de résidence secondaire

  • les investissements de l’Arabie Saoudite sont importants au Maroc

La France n’est pas une théocratie comme le Maroc et ne peut laisser des « fous de Dieu » dicter leurs lois. Elle vit selon un régime démocratique sous une République qui a différentes valeurs et notamment un principe majeur : la Laïcité. Ceci implique d’être vigilant face à toutes tes tentatives d’ingérence voir de déstabilisation des valeurs de notre « Vivre ensemble » menées par des cléricaux, aussi bien par des prédicateurs salafistes qui vantent la charia dans certaines moquées françaises comme Mgr Rey, évêque de Toulon-Fréjus qui n’hésite pas à comparer le droit à l’avortement à « l’idéologie nazie » il y bien une ingérence anti-démocratique du clergé qui n’accepte pas cette loi française et continue d’agir pour la faire abolir.

Qu'est-ce que le cléricalisme & l'anticléricalisme? 

 

Cléricalisme

WIKIPEDIA Le cléricalisme est un positionnement idéologique qui prône la prédominance des idées religieuses et du clergé dans la vie publique et politique. Le positionnement opposé est l'anticléricalisme.

Le cléricalisme trouve son aboutissement dans différents systèmes politiques : religion d'état, concordat ou théocratie.

LAROUSSE : Système ou tendance en vertu desquels le clergé, sortant du domaine religieux, se mêle des affaires publiques et tend à y faire prédominer son influence.

 

Le cléricalisme génère l’anticléricalisme. C’est bien parce qu’il y des poissons dans la rivière qu’il y a des pêcheurs à la ligne au bord de l’eau.

 

Anticléricalisme

WIKIPEDIA L'anticléricalisme est un système opposé aux tendances du clergé. D'après Françoise Marcard, l'anticléricalisme s'oppose au cléricalisme, « sachant qu'il y a présomption de cléricalisme chaque fois que le fait religieux transgresse les frontières du terrain dit temporel ».

LAROUSSE Ensemble d'idées, d'attitudes ou de tendances par

lesquelles se marque l'hostilité au clergé ou tout au moins à

  • son intervention dans le domaine temporel.

 

Illustration : Couverture d'un numéro de Charlie Hebdo

Les ardeurs du cléricalisme actuel, pourquoi? 

Dans le temps l’anticléricalisme a eu différents contenus très liés aux mouvements et acteurs de l’histoire du pays. On verra d’ailleurs ci-dessous, un exemple de manifestation anticléricale dans le milieu maçonnique en 1909. Pour parler de cléricalisme il faut convenir que cela s’applique lorsque la pression du clergé dépasse le caractère de lobbying classique parce que les intervenants considèrent :

  • que le Loi de Dieu surpassent la loi des hommes et veulent l’imposer à tous

  • que les intérêts de la communauté doivent l’emporter sur l’intérêt général du pays

  • que leurs postions radicales ne sont pas négociables

La radicalité de la pression se renforce lorsqu’on s’affirme VICTIME des actions d’ennemis qui veulent nuire à la communauté que l’on conditionne d’ailleurs dans cet état d’esprit victimaire.

Il y a donc dans tout cléricalisme en action des acteurs plutôt radicaux portés par la partie la plus radicale, même minoritaire de la communauté.

L’une des trois femmes rabbins en France, Delphine Horvilleur, qui se revendique féministe et progressiste et de l’aile libérale du judaïsme, était l'invitée de la matinale de France Inter le 30 décembre 2016. A cette occasion elle a réagi « sur la place prépondérante aujourd'hui de la religion dans l'identité personnelle ce qui n’existait pas il y a seulement 15 ans». Elle a affirmé : « à cause du communautarisme, mon identité religieuse prend toute la place sur le reste". Elle se doit de « s’affirmer juive, de manger juif, de consommer juif, etc. ». Elle note que «chaque communauté s’entoure de frontières «. Delphine Horvilleur pointait la crise de la laïcité comme cause à cette évolution.

Les évèques de France, champions historiques du cléricalisme. 

La volonté des évêques de France de vouloir peser sur la sphère publique a donc été réaffirmée dans le texte du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique » déjà évoqué. Il y est notamment écrit ceci :

« La laïcité de l’État est un cadre juridique qui doit permettre à tous, croyants de toutes religions et non-croyants, de vivre ensemble. Elle ne doit pas dépasser son objectif en voulant faire de la laïcité un projet de société, qui envisagerait une sorte de neutralisation religieuse de cette société, en expulsant le religieux de la sphère publique vers le seul domaine privé où il devrait rester caché ».

Donc le clergé fait de l’ingérence comme l’implication forcenée des évêques dans la lutte contre la « Loi du mariage pour tous », avec Mgr Barbarin en tête des cortèges de manifestants en 2013. Il défilait comme Alain Escada leader de Civitas un groupuscule de 500 personnes classé « extrême-droite ». Ce même Escada parcourait les télés, les radios et parlait au nom des catholiques. Ce coup de force médiatique fut aidé par certains évêques et politiques, qui ont repris des thèmes fortement marqués, mis en avant par Civitas.

Voir l’article de Luc Chatel dans le Monde des Religions de février 2015 « Les fous de Dieu » L’histoire du fanatisme Judaïsme - Christianisme - Islam - Hindouisme - Bouddhisme.

Le cléricalisme catholique a pour complice objectif l’extrême droite et la fachosphère qui s’attaque aussi bien à l’Islam qu’à la Franc-Maçonnerie. Dans le programme du parti politique «Civitas pour une Cité catholique » il est proposé : «  Obligation de rendre publique son adhésion à la Franc-Maçonnerie ou toute autre société secrète, à tous les élus, à tous les fonctionnaires, journalistes et à terme interdiction totale de la Franc-Maçonnerie. »

Causes du renforcement du cléricalisme catholique. 

 

Il faut noter que la crispation des évêques français résulte en grande partie de la perte constante des affectifs depuis des décennies dont les causes sont connues:

-1) crise du catholicisme en France

Lire à ce sujet Le Monde des Religions n°49 – septembre 2011

« La France devient-elle athée ?

La crise des monothéismes et ses cause

De l’athéisme philosophique à l’athéisme pratique

Les conséquences de la montée de l’indifférence religieuse

Le Monde des Religions n°55 – septembre 2012

Critica masonica – article : « La mort annoncée des religions traditionnelles françaises. Temporalité et conséquences sociales (1/4) » auteur Jean-Pierre Bacot

« Nous voudrions revenir sur un sujet que nous avons déjà abordé à plusieurs reprises (dans Une Europe sans religion dans un monde religieux, Le Cerf, 2015 et sur le blog Critica Masonica), la mort annoncée du catholicisme français, phénomène que les statistiques les plus récentes ne font que confirmer à échéance d'une demi-génération et qui devrait toucher également  la partie mainstream du protestantisme et du judaïsme. » début de l’article à lire en intégralité.

-2) Perte d’influence et de relais politique de la part de l’Église

Il y a une perte constante d’influence et de relais politique accentuée depuis la défaite de Sarkosy en 2012, d’où l’investissement sur Fillon en 2016-2017. Par ailleurs la perte du relais par JM Le Pen conduit à des relations dangereuses avec des partis intégristes telles que Civitas.

-3) Évolution historique de la France refusé par les fondamentalistes

Il y a une opposition absolue à l’organisation politique de la France de la part des fondamentalistes catholiques comme expliqué par le journaliste Luc Chatel dans un article de janvier 2015 du Monde Des Religions intitulé « Christianisme – Intransigeance d’hier et d’aujourd’hui «

« Cette époque est marquée en France par la loi de 1905, dite « de séparation des Églises et de l’État » qu’ils contestent vivement ; Il s’agit pour eux du prolongement d’un événement mortifère : 1789 et la disparition de l'État de droit divin. « 

C’est pour cela que les évêques ont fortement soutenu Pétain quand, dès 1940, il a « effacé «  la République et revalorisé les valeurs chrétiennes.

- 4) Perte de crédibilité du message d’évangélisation suite au discrédit du clergé

Les évêques ont une autre raison de crispation identitaire car maintenant c’est la société civile qui porte un regard inquisiteur sur les turpitudes de l’Église qui sont de plus en plus connues du fait des médias qui divulguent ce qui restait caché auparavant

Au Vatican

Odon Vallet vaticaniste reconnu, historien des religions et catholique assumé, affirmait à la télévision lors d’un débat à une heure de grande écoute, suite à l’élection du Pape François, que la grande question que l’on se posait à la Curie après l’élection d’un nouveau Pape était de savoir s’il en était ? Homosexuel bien sûr !

Dans les ouvrages italiens qui décrivent les scandales sexuels des prélats du Vatican on donne les noms des boites gay qu’ils fréquentent la nuit.

Deux ouvrages consécutifs révèlent des scandales financiers que l’on nomme Vaticaleaks

Quant au grand dignitaire Bertoni, ancien Secrétaire d’État au Saint Siège, on a découvert qu’il avait détourné 220000 euros à un hôpital pour enfants afin de financer des travaux pour son somptueux appartement de 500 mètres carrés au coeur de Rome où il vit avec deux bonnes soeurs en toute chasteté chrétienne cela va de soi!

En France

En France on finit par apprendre, par exemple, comment l’Église protégeait les prêtres coupables de crimes de pédophilie pendant des décennies. Monseigneur Barbarin vient juste d’admettre qu’il a eu un peu de retard à réagir !

Il est évident que les évêques italiens et français se trouvent gènes de la tonsure à produire maintenant des homélies de Tartuffe à l’encontre des pratiques homosexuelles condamnées par l’Église depuis toujours  comme par les autres religions monothéistes !

Les évêques qui prétendent être tuteurs des musulmans. 

Malgré tout ce qui précède les évêques ont encore l’illusion de pouvoir être des guides pour la communauté arabo-musulmane d’où vient le DANGER  comme ils l’affirment :

« Le monde arabo-musulman est devenu de plus en plus une source de dangers pour beaucoup de nos concitoyens : terrorisme, prosélytisme, tensions internationales, mais aussi statut des femmes, situation des chrétiens d’Orient, etc. Et le risque est de n’appréhender les questions légitimes de sécurité qu’à travers un prisme culturel. Incivisme, violence, communautarisme, embrigadement, etc., tous ces éléments se confondent dans le visage de l’étranger. »

Aussi il faudrait solliciter ces évêques qui peuvent

« apporter leur contribution, le christianisme peut partager son expérience doublement millénaire et sans cesse renouvelée d’accueil et d’intégration de populations et de cultures différentes dans la naissance d’une identité qui ne nie pas les autres appartenances. »

En d’autres termes la communauté arabo-musulmane pas bien civilisée et dangereuse, arrivée récemment en France, peut avoir comme tuteur ceux qui ont l’expérience de deux siècles de civilisation du pays !

 

Message caché : ce sont les arabo-musulmans qui sont christianophobes et les « ennemis », comme le pensent les cathos et les évêques tradis.

 "Crétin la semaine, chrétien le dimanche". 

On peut envisager que François Fillon, surnommé St François de Sablé par Thomas Legrand lors de son édito politique du 6 janvier sur France inter, devait avoir mal lu St Augustin qui avait désacralisé la société civile et qui posait la Cité de Dieu au dessus de tout séparant ainsi l’Église et L’État. Il rejetait l'idéal gréco-romain du bien de la polis, de la civitas comme forme la plus haute du bien humain. Seule la Cité de Dieu pouvait apporter espérance dans le bonheur.

Or Fillon fait comprendre que, parce que chrétien, il est inspiré pour apporter le bien aux humains sur cette terre de France comme il l’a déclaré récemment dans ces propos rapportés sur « Lab Europe1 » :

. « Sur TF1, mardi 3 janvier, François Fillon s'était dit "gaulliste" et "chrétien". Des raisons pour lesquelles le candidat Les Républicains à la présidentielle sans slogan ne "prendra jamais de décision contraire à la dignité humaine" alors que ses adversaires taxent son programme de "brutal", notamment en matière de santé. 

Invité d’iTélé mercredi 4 janvier, le président du MoDem François Bayrou a vivement reproché à François Fillon sa volonté de mettre en avant sa chrétienté pour expliquer certains choix politiques. Il a déclaré :

Qu’est-ce que ça à voir ? Je suis croyant, je ne vais pas m’offusquer d’un mouvement de foi mais comment peut-on arriver à mélanger la politique et la religion à ce point de cette manière déplacée ? Le principe de la France c’est qu’on ne mélange pas religion et politique (…) On a l’impression qu’on en est à un point - en raison d’un certain nombre de dérives - où on considère que tout doit être l’objet d’une instrumentalisation politique. ».

Ce que dit Fillon c’est comme si à l’époque le Président du Conseil Pierre Mendès-France avait déclaré que, parce que juif il avait été inspiré et avait décidé que les enfants des écoles devaient boire quotidiennement un verre de lait et du sucre.

Il faut s’attendre à ce que cette crétine bassesse politique soit servie aux français pendant toute la période électorale de 2017. Il faut dire que Fillon, « collaborateur «  du Président Sarkosy a été à bonne école. Comme l’avait noté en 2010 dans un édito, le journaliste Thomas Legrand, qui déclarait ceci à propos de la visite de Sarkosy au Pape après les propos aussi peu « chrétiens » que possible lors de son discours de Grenoble :

« Nicolas Sarkozy a donc été très loin au Vatican vendredi ! Il a assisté, avec une ferveur affichée à une prière avec le pape (ce qu’aucun président de la cinquième république n’avait fait avant lui), il a fait ostensiblement le signe de croix à quatre reprises, là où le pourtant pieux mais discret et respectueux général de Gaulle marquait une réserve et affichait la neutralité qui sied au chef d’un Etat laïque comme la France... La ferveur religieuse et opportune manifestée par Nicolas Sarkozy pouvait faire penser à ce reproche ce que les curés d’autres fois adressaient aux fidèles hebdomadaires qui assistaient à la messe, une fois par semaine et se confessaient pour passer un coup d’éponge trempée dans l’eau bénite sur les pêchers du reste de la semaine. On disaient « crétin la semaine, chrétien le dimanche »"

 

La maçonnerie française et le cléricalisme. 

 

La vigilance anticléricale historique de la GLDF

Le 26 octobre 1909 le VM de la Loge n° 217 « LE LIBRE EXAMEN » adresse un voeu au Conseil Fédéral de la GLDF « pour être transmis au Conseil municipal de Paris »

La lettre débute ainsi :

« J’a une proposition à vous faire. Vous connaissez le crime horrible qui a été commis par la Sainte Église d’Espagne, représentée par ses moins et se jésuites. Ces moins et ces jésuites ont pour complices ceux du monde entier ; aussi il faut les combattre par tous les moyens, en attendant qu’on puisse les abattre. »

Dans le texte que vous pouvez lire il est proposé de « débaptiser » toutes les 125 rues et autres lieues qui portent des noms de saints « et pour commencer le nom de Saint Dominique, le plus terrible des inquisiteurs, qui ne s’est illustré qu’en ordonnant d’atroces supplices, serait remplacé par celui de Francisco Ferrer victime des inquisiteurs de nos jours. ».

La lettre montrant la détermination des Frères de la Loge se termine ainsi :

« Ce voeu a déjà été exprimé il y a plus de 25 ans, dans cette même Loge, par le F :. Maurice Faure, aujourd’hui sénateur de la Drôme.

Les circonstances actuelles permettent de le renouveler avec plus d’urgence qu’à cette époque déjà ancienne et je vous demande de bien vouloir l’adopter ».

À noter :

L’anarchiste et franc-maçon Francisco Ferrer a été fusillé le 13 octobre 1909. Il existe une Loge Francisco Ferrer n° 415 à la GLDF à Paris et une autre numéroté 30 au Droit Humain à Angers.

Le cléricalisme dans les hauts grades

Il existe des Juridictions des Hauts grades notamment du REAA, où des grands prêtres prêchent la bonne parole généralement issue des Écritures Saintes, comme le GM Marc Henry la portait dans les colonnes du Figaro, sans que les adeptes ne mouftent ! La Maçonnerie des hauts grades (mais est-ce encore de la Maçonnerie ?) engendre ses propres déviations marquées de Radicalisme, de Cléricalisme et de Communautarisme au parfum sectaire.

La vigilance anticléricale historique du GODF

Dans un communiqué publié le 16 décembre 2016 le GODF s’insurge contre le fait que le théologien et prêtre catholique Michel Deneken, ancien doyen de la Faculté de Théologie catholique de Strasbourg, vient d’être élu président de l’Université publique de Strasbourg.

Dans ce texte le GODF a raison sur le fond de souligner :

« Alors que l’indépendance des professeurs d’Université est un principe fondamental reconnu par les lois de la République, M. Deneken est entièrement soumis au « devoir d’évangélisation » que lui impose sa hiérarchie. Sa gestion passée comme sa conception du rôle de la théologie (censée « nourrir les sciences ») ont d’ailleurs été fortement contestées par plusieurs syndicats et associations universitaires locales. ».

Il est également raison de mettre en évidence la réglementation :

« Le GODF rappelle que l’art. L141-6 du Code de l’éducation dispose : « Le service public de l’enseignement supérieur est laïque et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique ».

Que diraient les chrétiens si l’on mettait à la Direction d’une Faculté de théologie catholique un Franc-Maçon parfaitement athée ? 

(Vous pouvez retrouver le texte complet de ce communiqué du GODF, sur son site, en cliquant ici)

 

L’anticléricalisme : un devoir républicain et maçonnique  

On peut toujours discuter du caractère pointilliste de la vigilance anticléricale du GODF mais on ne peut contester que sur le fond, en vertu des valeurs qui sont celles des membres de cette obédience, le GODF a raison de combattre le cléricalisme. Ce faisant il rend service à l’ensemble des français et conforte les valeurs de la République.

A chaque obédience le choix de ses valeurs et de sa finalité. Si des obédiences pieuses (GLNF, GLAMF, LNF,) ou grises comme la GLDF préfèrent s’intéresser à « La Cité de Dieu » chère à St Augustin, c’est leur choix mais alors elles ne sont pas fondées à critiquer le GODF et et d’autres obédiences adogmatiques qui ont fait le choix de s’intéresser à la Cité des Hommes !

 

A chacun sa formule maçonnique et …À bas la calotte !

 

 

 

"J’ai toujours été intact de Dieu et c’est en pure perte que ses émissaires, ses commissaires, ses prêtres, ses directeurs de conscience, ses ingénieurs des âmes, ses maîtres à penser se sont évertués à me sauver. […]

Et je m’en allais, là où ça me plaisait, là où il faisait beau même quand il pleuvait, et quand, de temps à autre ils revenaient avec leurs trousseaux de mots-clés, leurs cadenas d’idées, les explicateurs de l’inexplicable, les réfutateurs de l’irréfutable, les négateurs de l’indéniables, je souriais et répétais : “C’est pas vrai!” et “C’est vrai que c’est pas vrai!”.

Et comme ils me foutaient zéro pour leurs menteries millénaires, je leur donnais en mille mes vérités premières."

(Jacques Prévert / 1900-1977 / Choses et autres)

 

Le texte (page 1) de la loge "le libre examen"

Le texte (page 2) de la loge "le libre examen".

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Lionel MAINE 10/01/2017 11:19

J'ai, par "tradition" paternelle, comme Jacques Prévert, ce bonheur d'être "intact de dieu".
Par contre, ma mère fut baptisée par le "père" Robert Alesch ; si le parcours de cette ordure ,(le cureton, pas ma mère !) vous intéresse, une brève recherche sur le web vous édifiera !
Merci pour l'iconographie et, quitte à faire "chier" une fois plus les "cléricards" (terme forgé en réponse à celui de "laïcard") "A BAS LA CALOTTE" !!!

Christian 10/01/2017 08:12

La loi de 1905 est, dès le début, la loi traitant de la séparation des Eglises et de l'Etat. Il est important d'insister sur le pluriel des Eglises.