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La Maçonne

« Genèse du Rite Ecossais Ancien et Accepté » de Philippe Michel : la nouvelle référence (livre)

« Genèse du Rite Ecossais Ancien et Accepté » de Philippe MICHEL est un rêve devenu réalité.

Il est annonciateur d'une nouvelle ère, la fin des tracas et des commentaires idiots que l'on peut entendre en loge ou ailleurs, la fin des appels à la « pureté du rite » … Grâce à ce livre, toutes celles et tous ceux qui voudront connaître le REAA et faire le point entre sa part mythique et politique et sa réalité historique, elles comme ils auront les moyens d'avoir toutes les informations détaillées sur l'évolution de ce rite qui a pris le nom de REAA. Un livre suffit et c'est celui-là.

Rien que pour cela Philippe Michel mérite une médaille (au goût de son choix) et surtout une équipe de gardes du corps. Les mécontents de cette « vérité révélée », pour reprendre une vieille expression, sur le REAA seront nombreux.

« Genèse du Rite Ecossais Ancien et Accepté » de Philippe Michel est LA nouvelle référence.

S'il y a un livre qu'il faut avoir (au minima) dans sa bibliothèque, c'est celui-là. Il devrait même être obligatoire pour tous les frères de la GLDF, son conseil fédéral y compris ses prochains grands maîtres … Mais je ne vise personne. La préface de Pierre Noël (qui ne vise personne, lui non plus) annonce la couleur posant « la question que personne n'ose poser » (mais que j'ai posé sur ce blog – mais moi, j'ose tout!) : « Et que fait le Suprême Conseil dans toute cette affaire ? ». Il rappelle que le SCDF et la GLDF se disent « propriétaires du rite » (comme le GODF avec le RF). « J'espère que personne ne prétend que les Suprêmes Conseils français sont garants des grades d'apprenti, de compagnon et de maîtres, tels qu'ils existent depuis le 18ème siècle. Tout au plus pourraient-ils se dire responsable des grades symboliques décrétés en 1829 sous leur autorité. » 

En effet, le REAA tel que nous le pratiquons en France, n'existe qu'en France (et dans les rares obédiences étrangères où il s'est répandu) et date de 1829.

C'est bien de cette genèse là dont il est question.

Afin d'éviter toute polémique, Philippe Michel a rassemblé dans cet ouvrage tous les rituels. Du moins, les essentiels. C'est brutal. Les lecteurs de Critica Masonica, d'ors et déjà, savent de quoi il retourne. Cela permet à chacun de faire sa propre analyse. C'est un livre dont la lecture se mérite. La question de la « preuve » ne se pose donc pas. 

Auteur de « le Rit Français d'origine 1785 » (publié chez Dervy), Philippe Michel n'hésite pas à souligner les références et reprises au rite français. 

En sus de ce qui apparaît une compilation, Philippe Michel dresse l'état des modifications d'un rituel à l'autre, d'un document à l'autre, d'une période à l'autre.

Ainsi, il distingue la période de 1760 à 1820 (création du REAA), le rituel type de 1804 à 1820, la période du SCDF (1821 à 1894), la GLDF et ses prémices depuis sa fondation en 1894 à la seconde guerre mondiale et pour terminer l'époque contemporaine de la GLDF après la seconde guerre mondiale.

Ainsi, pour exemple, dans le rituel « le Guide des maçons écossais » de 1820, avant que le Suprême Conseil de France s'arroge le privilège d'apporter les modifications en 1829, décrites par ailleurs, nous pouvons apprendre que l'expression « Grand Expert » apparaît pour la première fois. «La véritable tenue est d'avoir des tuniques noires en forme de domino, chapeau à la Henri IV, et une plume blanche. Le Vénérable doit, en plus, avoir des pleureuses et un manteau long ». Rien à voir avec l'amusant épisode du chapeau raconté dans cet ancien article de "la Maçonne" sur un fait réel (et sérieux). .

Suivant mes quelques connaissances en couture, ladite tunique est une tunique en forme simple et droite. A priori, courte. Quant au chapeau, je vous laisse juger par vous même..

Plus sérieusement, on découvre dans la version de 1877 de ce rituel, premier à être publié par le même Suprême Conseil de France, que le livre sacré fut remplacé par la constitution, que les proclamations qui étaient « au nom de Dieu et de St-Jean » fut remplacé par le GADLU. La religion du profane n'est plus demandée ainsi que sa croyance en dieu. L'acclamation devient Houzzaï. Le mot de maître est Moabon (et non plus Mahabone) et on pourra noter la disparition du frère Terrible. La « sellette » de réflexion est supprimée …Mais qu'étais-ce cette "sellette"? Vous le découvrirez dans les premiers rituels du REAA.

Le SCDF s'est trouvé, d'ailleurs, isolé (on appelle cela « rompre ») des anglais et des américains suite à ses modifications substantielles, héritage d'ailleurs du « Convent de Lausanne » … Amusant, n'est-ce pas de vouloir faire croire que ce même Convent aller faire revenir la GLDF à la « régularité » ?

Ces exemples, comme il en existe mille et un autres dans cet unique livre, montrent bel et bien qu'à force de triturer la vérité historique, bien des frères et des sœurs sont amenés à dire et à croire n'importe quoi. C'est pourquoi, Philippe Michel nous apporte une révolution. Il démontre que le REAA a toujours été en évolution comme d'ailleurs tous les rites. Les plus grands réformateurs furent d'ailleurs, le SCDF et la GLDF. On pourra oser ainsi que cette question "mais que cherchent-ils aujourd'hui à prouver?" 

Il est temps, histoire de ne pas passer pour des benêts incultes, de s'offrir ce livre nécessaire.

 

Vous pouvez aussi trouver l'auteur, Philippe Michel, sur son blog (ci-dessous). 

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Condorcet 19/02/2017 12:06

Je n'ai pas lu ce livre mais je vais l'acheter. C'est comme pour tout, il y a la pratique sincère et il y a les fins, et la vague auto-autoritaire de la GLDF et du suprême conseil de France de ces dernières années montre que l'on s'éloigne de la pratique poteuse de sens pour s'attacher aux fins qui sont celles du pouvoir et de son maintien par quelques uns. On sait depuis Aristote que l'homme est un animal politique mais lorsqu'une obédience s'arroge le droit de ne plus garantir les libertés primordiales soit par la contrainte (jury fraternel) soit par l'obligation de croire à des dogmes alors l'individu ne peut être regardé que comme asservi et utilisé comme moyen. Il n'est plus un maçon libre dans une loge libre et ne peut donc apporter sa pierre à la construction de l'édifice.