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La Maçonne

Critica Masonica n°9 (février 2017)

Sans déroger à la règle, ce numéro 9 de Critica Masonica - que vous pouvez suivre en suivant son blog ici - propose des études complètes et fouillées sur le fait maçonnique tant que se passer de cette revue peut paraître criminel.

Ce numéro ouvre sur une étude sur le protestantisme signée par Pierre-Yves Ruff. « Le courant protestant libéral, la République et la franc-maçonnerie » a pour objet de balayer les idées reçues sur l'influence du protestantisme autant en franc-maçonnerie que pour la république. Le protestantisme, contrairement au catholicisme, n'est pas organisée autour d'une hiérarchie centralisatrice. Il y a, ainsi, plusieurs protestantismes, qui se croisent, se rencontrent mais aussi parfois s'affrontent. L'étude de Pierre-Yves Ruff souhaite décrire ce que l'auteur considère être une mutation « fortement marquée par l'exégèse et la philosophie allemandes ». Il définit ainsi les spécificités du protestantisme, son évolution au travers des longues périodes de persécutions. L'un de ses protestants français – au moins par son origine – qui a marqué l'histoire de la franc-maçonnerie est Désagulier. Ainsi, cette étude permet d'éclairer les apports du protestantisme en franc-maçonnerie comme à la république en France.

(Illustration : Arthur Groussier, au centre, en 1914)

On retrouve avec plaisir Philippe Michel dont j'ai présenté le dernier livre "Genèse du REAA" (que vous pouvez retrouver en cliquant ici). Il livre, cette fois, un article non pas sur le REAA mais sur le Rite Français. Dans « Évolution du Rite Français de 1785 à nos jours », on y découvre l'origine du « passage sous le bandeau », la mutation des trois voyages lors de l'initiation, comme celle du second degré ou encore l'apparition brutale de la truelle. Surtout, on y discerne combien au nom de l'idée du rationalisme et de la modernité, le rite français fut d'un côté dépouillé et de l'autre côté, au nom d'un besoin d'une démarche initiatique, il fut tenté de renouer avec ses spécificités qui font, de lui, un rite authentiquement maçonnique.

 

(illustration : Hunting Party de Josh Corpus)

Stéphane François, spécialiste de l'ésotérisme de l'extrême-droite, que les lecteurs de Critica Masonica connaissent grâce au numéro spécial, propose pour ce numéro deux articles.

Le premier « Qu'est que l'ésotérisme traditionnel ? » complète avantageusement, faisant l'effort d'une définition, ses études précédentes. Le second article « « Pop occultisme : une tentative underground de réenchanter le monde » ravira toute une génération qui a baigné dans l'héroic fantasy, genre littéraire qui est une des extériorisations de mouvements underground.

La franc-maçonnerie est une pratique. A ce titre, elle fait appel à une gestuelle. C'est l'étude de Yolande Bacot sous le titre « Corps et esprit entre contrainte et sublimation. Réflexion philosophique sur la gestuelle maçonnique ». Cette réflexion « vise à questionner la place du corps dans la pratique maçonnique, son rôle en regard des enjeux et finalités qui sont les nôtres et la dimension éthique qu'elle revêt. »

Si le corps est présenté comme se devant être contraint dans les conceptions dites « spiritualistes » (pour ne pas dire traditionaliste), il était nécessaire de comprendre la place du corps dans une approche libérale où celui-ci ne représente pas le siège du démon ou, au moindre mal, encombre l'esprit par sa matérialité. Ainsi, se demande Yolande Bacot, pourquoi « bien se tenir » et de manière factuellement inconfortable ?

Adon Qatan nous l'avait promis. Les lecteurs de Critica Masonica s'en souviennent (sinon relire ici l'article de "la Maçonne" au sujet du numéro 8 de Critica Masonica). La deuxième partie de son article sur la gnose a pour titre « La Gnose : le mot et la chose. Histoire d'une révolution spirituelle ». Celles et ceux qui voyaient dans la gnose un substrat maçonnique que l'on ressert dans les pseudo-études sur la franc-maçonnerie pour les rendre plus intelligente vont se sentir seuls (et détrompés) après la lecture de cet article. Du messianisme « originel » (si j'ose dire) mettant le doigt sur la supercherie catholique, en passant par le manichéisme, les cathares, et divers ésotérismes, l'auteur nous démontre que là où est la gnose, elle ne peut y être.

(Illustration : Macrion et l'apôtre Jean). 

L'article suivant est aussi signé par Adon Qatan. Il a pour titre « Du nouveau Pater qui est très ancien (et autres bizarreries sur le même sujet) ». Les lectrices et lecteurs assidus de Critica Masonica savent – depuis l'origine de cette revue – que tous les sujets sont possibles y compris les plus improbables. Cet article en est, très certainement, la meilleure preuve. En effet, son auteur y propose une étude sur le « Notre Père ». Pourquoi cela ? Voilà comment nous explique Adon Qatan l'événement majeur qui secoua le catholicisme en son entier.

« Seulement voilà, tout arrive ! Le 15 octobre 2013, l'incroyable nouvelle tombe. La sixième demande du Notre Père va être modifiée. Du « et ne nous soumets pas à la tentation », les Catholiques devront impérativement passer au « et ne nous laisse pas entrer en tentation » -ô sainte soumission ! Un collège de 70 traducteurs (ô sainte septante) emporta la conviction des autorités vaticanes, sur la fois des plus anciens textes néotestamentaires disponibles en grec. Mais cette rectification ne devait être liturgiquement effective qu'en 2015, le temps que les nouveaux missels soient imprimés. » Or, ce Pater (ou un autre) remonterait à Marcion, hérétique dont on a gardé la trace.

De même, cette modification fait écho à ce que Adon Qatan présente comme « une des plus minuscules et premières hérésies du tout début de XXIème siècle » (après JC, bien sûr !) conduite par un groupe de catholiques ayant souhaité voir apporté cette même modification. L'article explique qui était Marcion et qu'elle était son église « hérétique », et pourquoi cette modification du Pater représente une modification importante non seulement dans la liturgie catholique mais aussi représente une modification du paradigme catholique. En effet, Dieu ne « soumet pas (ou plus) à la tentation » le fidèle. Il ne fait plus le bien et le mal pour passer son temps. Ce qui va nous le rendre bien plus sympathique.

On quitte le catholicisme, dans l'article suivant, pour retrouver le bouddhisme avec Christophe Richard, auteur « Don bouddhique et Chaîne d'Union maçonnique ». Après avoir présenté le don pour le bouddhisme, l'auteur nous démontre que cette notion particulière s'intègre parfaitement dans la démarche maçonnique, en particulier, au travers de la « Chaîne d'Union ».

Du bouddhisme, on découvre autant une autre religion, japonaise celle-ci, et sous un angle atypique : les blogs de ses anciens adeptes. C'est Denis Andro qui nous propose sous le titre « Le désenchantement des initiés. A propos des blogs d'anciens adeptes de Mahikari » cette étude concernant une « nouvelle religion ». Mahikari fut créé par un ancien militaire qui reçut, en 1959, un message divin. En 1974, suite à une crise, Sûkyo Mahikari, se rapprochant de la fille adoptive du fondateur, « représentante de dieu sur terre », propose une continuité. Se présentant comme une association spirituelle, le mouvement se développa. L'un des éléments est le port d'une médaille sacrée. Seulement, ce mouvement, qui semble innocent, fonctionne comme une secte au sens négatif du terme, endoctrinant ses adeptes. Du premier ex-adepte qui a témoigné et les différents blogs par la suite, l'auteur de cet article montre comment ils ont constitué une contre-information au sujet de cette secte mais aussi comment le mode de communication utilisé (en dehors de l'information brute) par le témoignage.

(Illustration :campagne Stop-Djihadisme)

« Comment peut-on être djihadiste français » de Julien Vercel permet de poser, pour celles et ceux qui souhaitent en savoir plus sur ce phénomène qu'est le « djihadisme », les différents éléments (connus) qui conduisent des jeunes gens à ces extrémités.

Ce numéro se termine avec une interview de Cyane, une des sœurs de la Grande Loge de France, qui explique son parcours maçonnique d'une part, ses relations avec sa loge de la GLDF et sa démarche personnelle. Ce qui touchera la lectrice et le lecteur est comment les frères de sa loge – une loge de la GLDF ! - ont réagi et décidé de la suivre dans cette aventure. Puisque je suis un blog et que la question s'est posée, je rappelle que notre sœur m'avait autorisé à publier un article utilisant la planche qu'elle mentionne lors de son interview (que vous pouvez retrouver ici). Mais, c'est vrai … je ne suis certainement pas « les blogs ».

Critica Masonica nous offre un numéro passionnant nous faisant parcourir autant des éléments constituant de la démarche maçonnique comme d'une réflexion. Cette revue de qualité mérite votre adhésion. N'hésitez pas à vous procurer ce dernier numéro et – même ceux qui manquent à votre bibliothèque -


 


 


 


 


Pour vous abonner et /ou vous procurer ce numéro 9 : c'est en suivant les instructions indiquées dans le lien ci-dessous. 

Suivez le blog de Critica Masonica en suivant le lien ici. 

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réveillé 21/03/2017 15:37

Quel rapport avec l'article?

Angelilie 16/03/2017 17:56

Bonjour j’apprécie beaucoup votre blog. je vous ai apporté un vote. n’hésitez pas à venir visiter mon blog « voyage onirique » en lien ici : http://lanuitdesblogs.fr/blog/voyage-onirique.html au plaisir

La Maçonne 16/03/2017 23:12

Merci. Bien volontiers.