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La Maçonne

Italie : des loges maçonniques ont été perquisitionnées.

 

Suite à une série d'articles s'inquiétant de la situation des grandes loges italiennes, le blog 357 et plus nous apprends que la commission parlementaire anti-mafia a décidé d'ordonner des perquisitions dans des loges de Sicile et de Calabre. Ce 2 mars, vérification faite, les listes des noms de francs-maçons ont été saisies, ceci en dehors de toutes procédures judiciaires légales. 

Cette perquisition est un coup rude pour ces obédiences maçonniques. Or, les difficultés que connaissent les obédiences maçonniques italiennes avec le pouvoir politique ont autant pour origine l'église de Rome (le catholicisme) que le passé politique de l'Italie.

En 1910, après un premier essai infructueux, les socialistes tentent de proposer un vote d'incompatibilité entre l'appartenance à la franc-maçonnerie et au parti socialiste. Le vote n'aboutit pas.

En 1914, c'est Mussolini, tristement célèbre, qui propose une même règle d'incompatibilité lors du 14ème congrès national du parti socialiste. Après la 1ère guerre mondiale, il s'associe à la franc-maçonnerie.

Le Grand Orient d'Italie comme la Grande Loge d'Italie lui sont favorables, comme ils le sont à l'idée du fascisme, permettant selon eux de sortir le pays de sa situation économique difficile. Une fois au pouvoir, dès 1922, Mussolini décide de l'incompatibilité de la franc-maçonnerie avec le fascisme. Les attaques des facistes contre les maçons vont conduire à la nuit du 5 au 6 octobre 1925, appelée la « Saint-Barthélémy de Florence », par le meurtre de plusieurs francs-maçons. Les obédiences seront dissoutes par la suite.

Après la 2ème guerre mondiale, les obédiences obtiennent l'autorisation du gouvernement de pouvoir à nouveau s'ouvrir. Or, la loge P2 (Propagande 2), loge « cachée », « sous couverture », a été la source d'un scandale national voir international, début des années 80,  qui a contraint le Grand Orient d'Italie (reconnu par la GLUA) de fermer ses loges à l'époque. Suite à ce scandale, l'Italie a tenté de mettre une loi en vigueur afin d'interdire à nouveau l'appartenance maçonnique à certaines fonctions de l'état comme les magistrats ou les militaires. La Commission des Droits de l'Homme a estimé que cette loi était illégale.

 

Si les perquisitions se sont déroulées, la Grande Loge d'Italie a, bien entendu, protesté accusant l'état italien de mener des représailles injustifiées du fait de leur incapacité à juguler la mafia et à faire des francs-maçons des victimes toutes désignées et faciles.

Je ne peux constater, en effet, que la Grande Loge d'Italie (cliquez sur le lien), aujourd'hui obédience entrant dans la maçonnerie libérale et adogmatique, membre du CLIPSAS, participe à la vie publique organisant conférences et salons du livre. Elle ne mène nullement une existence retirée et secrète. Cette mesure concerne 60 loges et 889 membres pour la Calabre, et 44 loges et 468 membres pour la seule Grande Loge d'Italie (qui représente 8000 membres).

En dehors de la Grande Loge d'Italie, la Grande Loge Régulière d'Italie et la Serenissima Gran Loggia sont aussi concernées par cette mesure.

Sur le site de la Grande Loge Régulière d'Italie, se trouve un communiqué. Elle proteste d'une accusation liant l'obédience à la mafia, du fait de la présence supposée d'une loge servant de couverture à la mafia. A priori, serait visée une loge qui fut démolie du fait de la faible participation des membres. Il serait, visiblement, mis en cause un ancien membre (qui a démissionné en 2012 de la Grande Loge Régulière d'Italie) suite à un témoignage d'un dénommé Trotta. La Grande Loge Régulière d'Italie menace de produire des recours pour diffamation. La dernière obédience, quant à elle, n'a pas communiqué.

Le Grand Orient d'Italie, au sujet de cette perquisition, non touché par cette décision, communique cependant sur son site dans un article signé par Mauro Mellini. Comme sa consoeur la Grande Loge d'Italie, il estime qu'en sus d'être une mesure grotesque et anti-maçonnique, la commission parlementaire anti-mafia est tout simplement incapable de mener à bien sa mission. Elle ne saura pas mener des enquêtes sur ces listes de noms, trop nombreux et donc trop coûteux pour l'état italien.

Cependant, si on peut y voir une acte anti-maçonnique mais surtout contraire aux droits fondamentaux des citoyens italiens que sont aussi les francs-maçons, on peut soupçonner cette commission anti-mafia espérer trouver dans ces dossiers de frères de quoi permettre de discréditer définitivement la franc-maçonnerie, désespérant de ne pas pouvoir l'interdire.

Cette situation grave qui touchent nos frères d'un pays voisins, frontaliers et européens, méritent que les obédiences françaises sortent de leur morgue et de leur chauvinisme habituels, pour protester contre ces méthodes rappelant des méthodes d'une époque pas si lointaine. A quoi sert-il de signer des traités d'amitié dont les français savent faire grand cas? 

Demain, cela peut être nous qui verrons nos loges et nos obédiences perquisitionnées ... 

 

 

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xm 13/03/2017 20:34

Même s'il y a éventuellement des mafieux dans des Loges des zones réputées mafieuses, il est anormal d'enquêter sur tous les Frères dont certains ont même été victimes du crime organisé.

De là en plus à perquisitionner les sièges des Obédiences.

Et je tiens à signaler que ce ne sont pas les néo- fascistes qui ont le pouvoir en Italie mais des sociaux démocrates bon teint, un peu comme Valls réprimant les manifestations.

Un vent mauvais souffle sur l'Europe et il n'y a même pas besoin de l'extrême droite pour cela.