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La Maçonne

« L'oeil de la providence » de Robert de Rosa (roman policier).

En réalité, les gendarmes étaient loin d'être arrivés. Le vieux break Peugeot gisait sur l'accotement, retourné comme une crêpe, fumant comme un cheval épuisé, et les portières ouvertes qui ressemblaient à des bras désarticulés. Le printemps auvergnat est traître. On se fie au soleil et ne voit pas les sournoises plaques de verglas qui persistent dans les virages à l'ombre. Les deux pandores, choqués, étaient assis dans l'herbe, loin des képis qui attendaient leur propriétaire, prudemment sur l'accotement avec une insolence vexante. En revanche, le prévenu ne les avait pas attendus. Sans menotte, bien calés à l'arrière, il avait lâchement profité de la situation, plantant ses deux gardiens aux bords de l'A89 et filant au plus vite dans les bois qui la bordait. Ce qui promettait d'être une promenade, presque des vacances, se terminait en catastrophe judiciaire et hiérarchique.

"l'oeil de la providence" Robert de Rosa (extrait - page 91)

Voici un livre qui vous sortira de la morosité ambiante. « L'Oeil de la providence » de Robert de la Rosa est un roman policier qui ne vous laissera pas indifférent.

 

 

Robert de Rosa, directeur de la rédaction de la revue « Points de vue initiatique », la revue de la GLDF, est auteur de plusieurs livres, dont « Utopie en Franc-maçonnerie », mais surtout des livres sur l'enseignement en maternelle. Il se présente sur son site (que vous pouvez trouver en cliquant ici) comme « bizarre, touche-à-tout ». Enseignant et plasticien, les connaisseurs trouveront sur son site : émaux, estampes et images religieuses.

« L'oeil de la providence » de Robert de Rosa a été publié aux éditions de La Boré (Centre France), mi-2016. Il a échappé à l'intérêt du microcosme maçonnique. C'est l'occasion d'y remédier.

L'intrigue se déroule en 1985.  Ayant réussi à s’échapper de justesse d'une rafle qui a conduit sa famille dans des camps de concentration, alors qu'il n'avait que 12 ans, Joseph Raminovitch, entrepreneur, s'effondre au milieu de sa propre cérémonie d'initiation. Il décède quelques heures plus tard suite à une absorption criminelle de digitaline. Les deux inspecteurs en charge de l'enquête Spinoza et Des Cartes, l'un paléobotaniste et l'autre matheux, féru de physique nucléaire, sont sous l'autorité du commissaire Broust, surnommé affectueusement « le beau Marcel », asthmatique et adepte du nœud papillon. Alors que les deux inspecteurs s'enlisent dans une enquête qui leur apprennent que la victime avait échappé à deux tentatives d'assassinat, un second cadavre surgit du fond de l'Allier …

Ce livre se lit comme un bon polar – style littéraire qui fait ma joie – avec cette petite touche d'originalité en plus. Son style élégant et même drôle cache une autre intention. Ce n'est pas cousu de gros fils blancs bien épais. Il est cependant évident que le tout forme non pas un message – ce qui serait trop dire – mais des clins d'oeil providentiels comme une réappropriation de ce que les francs-maçons et maçonnes connaissent déjà. C'est aussi une  réflexion sur l'être au travers des crimes présents mais aussi passés ... 

Comme même, francs-maçons, on a le droit de paresser, soigner un rhume tardif ou se remettre en douceur de la rigueur de l'hiver, « L'oeil de la providence » de Robert de Rosa est à vous prescrire sans hésitation. 

 

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