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La Maçonne

Politique : l'échec féministe.

Le premier objectif de féministe d'Emmanuel Macron était d'être considéré comme tel par les féministes.. Je viens, personnellement, de découvrir cette information. J'ose avouer que le considérer comme féministe ne me serait jamais venue à l'idée (et encore moins penser qu'il rêvait que l'on le considère comme tel). A peine installé dans son nouveau fauteuil de Président de la République, il connaît d'ailleurs sa première défaite – et elle est féministe.

L'échec féministe d'Emmanuel Macron.

On compte bien 9 hommes et 9 femmes dans le nouveau gouvernement d'Edouard Philippe, premier ministre nommé par Emmanuel Macron. Jusque là, cela ne paraissait pas trop mal. Or, en examinant les ministères attribués aux hommes et aux femmes, il n'y a qu'un ministère régalien laissé à une femme. Les Ministère des sports, de l'Enseignement supérieur, du travail, des affaires européennes, des Outre-mer, des Solidarités et de la Santé, des Transports, de la Culture sont laissés à des femmes. Il n'y a que le Ministère des armées (Sylvie Goulard), ministère régalien, qui a pour ministre une femme.

Aux hommes encore, le Ministère de l'Intérieur, de l'écologie, de la Justice, de l'économie, de l'Europe et des affaires étrangères, de la cohésion des territoires, de l'agriculture et de l'alimentation, de l'action et des comptes publics. Tout ça me paraît bien stéréotypés.

Emmanuel Macron n'a ainsi pas tenu deux promesses :

  • des ministères régaliens attribués aux femmes selon la règle de la parité. Il s'en était engagé en signant le premier, avant même Benoît Hamon, la Charte « Jamais sans Elles » comme l'explique l'association ici (voici pour trouver la charte ici.)
  • un ministère des Droits des femmes, qui s'est trouvé dégradé à un secrétariat d'Etat et avec lui les droits des femmes et l'égalité hommes/femmes.

Edouard Philippe, premier ministre, inquiète bien plus pour ses non-engagements précédents.

Il s'est aussi abstenu au sujet de la loi pour l'égalité hommes/femmes et a voté contre la loi concernant la pénalisation des clients de prostitués. Il s'est abstenu pour la loi pour le mariage pour tous, craignant que permettre l'adoption plénière aux homosexuels allait permettre la PMA pour les couples de femmes, pour laquelle il se disait « résolument » opposé. En effet, faire des bébés doit être pour lui un truc exclusivement « naturel ». Manque de chance - pour lui ou pour les femmes - une des promesses d'Emmanuel Macron est « la PMA pour toutes les femmes » - promesse qu'avait d'ailleurs faite François Hollande.

Peut-être n'a-t-il pas trouvé d'exemplaire du programme d'Emmanuel Macron avant de signer son contrat d'embauche de Premier Ministre ? Avec un tel CV ; on se demandé néanmoins comment il va survivre à la révolution sociale promise par Macron. Enfin, ce ne sont que des promesses qui ne l'engagent en rien.

Des associations comme « Osez le féminisme », pour ne citer que celle-là, signale leur inquiétude et font part de leurs désaccords.

« Le monde n'est pas prêt ».

Le féminisme a échoué, à la fin du 19ème siècle, en France, pour avoir choisi la voie politique et donc consensuelle plutôt que celle de la revendication (lire aussi les hommes féministes sur ce blog en cliquant ici

Il est à craindre qu'une association comme « Jamais sans elle » que je viens de citer, complètement inconnue jusqu'ici, ait choisi des modalités d'action les moins efficaces sinon les plus aléatoires. Se satisfaire de la signature intéressée de politiques – qui ne respecteront pas leurs engagements comme on le voit – est répétée la même erreur des féministes de la fin du 19ème siècle qui ont espéré, en leur temps, que s'associer à des hommes politiques leur permettraient de faire avancer la cause des femmes.  Emmanuel Macron comme tout homme politique, y compris comme ceux du 19ème siècle, ne veut que plaire au plus grand nombre. Or, le plus grand nombre n'est pas féministe.

Le féminisme consiste à repenser la société. Il réétudie aussi l'être humain au sein de la société qu'il soit homme ou femme. Ce n'est pas à l'être humain d'être au service de la société, mais à la société d'être au service de l'être humain.

Le politique, lui, ne repense pas une société qui le mène au pouvoir naturellement et encore moins l'être humain qui vote pour lui - surtout s'il avale ses promesses -. A ses yeux, l'individu doit être intégré à la société et être prévisible.

Autrement dit, un politique est un représentant de l'ordre social actuel ne sachant pas se projeter dans l'avenir. Son job n'est pas de faire évoluer la société mais de s'y conformer – du moins de se conformer à la vision de la société que porte sa majorité électorale - Si sa majorité est conformiste, il ne pourra que l'être. 

« Le monde n'est pas encore prêt » était l'argument, au 19ème siècle, servi aux féministes, pour éviter de penser une société où les femmes voteraient, où elles gagneraient leur vie, entreraient à l'université pour y faire des études, travailleraient, demanderaient le divorce … Aujourd'hui, on imagine mal que des hommes, dits féministes, voir même des femmes, se soient considérés « pas prêts » pour octroyer à une partie de l'humanité des droits civiques, politiques et économiques les plus élémentaires. Si l'argument n'est plus utilisé aujourd'hui, il reste néanmoins dans l'air, coincé entre deux tirades justificatives et trois promesses partisanes. La France n'est donc pas prête à accepter des évolutions sociales nécessaires et criantes d'urgence.

 

La France n'est pas encore prête, certainement, pour que les femmes aient un salaire égal à celui des hommes, le droit d'accès à la procréation assistée pour toutes, des choix de gardes pour leurs enfants plus complets, … Elle n'est pas encore prête pour limiter le nombre de cas de violences faites aux femmes. La preuve, elle est à peine prête pour leur permettre de traverser certains quartiers sans danger, prendre le métro sans être harcelées. Elle n'est pas encore prête pour regarder droits dans les yeux les 250 000 enfants, considérés en situation de danger au sein de leurs foyers. Elle n'est pas prête pour offrir des solutions d'emplois durables, des logements décents à tous. Il lui faut, certainement, pour se sentir conforme à cet ordre social idéal, des chômeurs et des sans-abris. 

La France n'est pas plus prête – et d'ailleurs comment pourrait-elle l'être ? – pour imaginer un ordre social où un sexe neutre existerait, voir même pire si demain tout le monde pouvait choisir son identité sexuelle.

Le monde ne s'en remettrait pas – et on peut parler d'un effondrement de nos valeurs et de toutes nos croyances – si les hommes participaient à temps égal aux tâches ménagères et aux soins de leurs enfants.

J'arrête là la liste.

C'est cela la différence majeure entre ceux qui ne souhaitent pas faire évoluer une société de peur de perdre une partie de leurs privilèges, leurs petits conforts ou encore au nom d'une idéologie gâtée, et ceux qui réfléchissent à une société plus juste, meilleure et forcément différente. Les premiers ne sont prêts à rien. Les autres sont prêts à tout.

On comprend mieux l'antagonisme entre la politique et le féminisme comme d'ailleurs d'autres mouvements sociaux revendicateurs. A juste titre, une féministe peut s'inquiéter du courant que représente Edouard Philippe et, par conséquent, avec des nuances, Emmanuel Macron. Or, ce ne sont pas les politiques qui font (vraiment) les lois, mais la société qui devient telle que l'on veut à force d'enseignement, de manifestations, de démarches, de démonstration, de travaux, de livres, d'articles, à force de poser et reposer toujours et sans cesse les mêmes questions, d'ouvrir le débat et de bouger les lignes. Cela s'appelle faire évoluer les mentalités. Cela tombe bien, c'est aussi le rôle des associations féministes.

J'aimerais dire que c'est aussi le rôle de certaines obédiences maçonniques et être fière de dire qu'elles le font avec ardeur. Or, depuis quelques temps, une seule - la fédération française du Droit Humain - communique régulièrement sur l'égalité homme/femme. Quant aux autres, c'est silence radio. 

Oui, au bout d'un moment, la société – et on ne sait pas plus pourquoi et comment – devient « prête ». Les politiques n'ont qu'à suivre afin de préserver leur majorité électorale, s'ils veulent survivre à sa dure sélection. Certes, on imagine qu'il sera plus simple d'avoir à la tête de l'état des hommes et des femmes en accord avec certaines évolutions nécessitant des aménagements de lois.

Mais là, on n'aura vraisemblablement rien de tel. 

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Papygrincheux 01/06/2017 15:16

Tout ça c'est rien que par ce que t'es jalouse de pas avoir été choisie comme ministre de la communication! Sois patiente : même si t'es pas franc macrone tu conserves toutes tes chances!

La Maçonne 03/06/2017 12:27

Je suis toujours "la Maçonne" et finalement qu'est-ce une GLFF qui ne sait pas garder un de ses membres à la fois un des plus actifs et des plus visibles? Rien. Je n'ai guère envie de devenir une potiche.