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La Maçonne

Votes blancs, nuls & abstention : Un(e) franc-maçon(ne) n'est pas un(e) citoyen(ne) stupide.

 

Cette affirmation totalement gratuite (et que j'assume) est une réponse à un article étayé du blog 357 et plus titré « Un franc-maçon ne s'abstient pas ».

Sa principale explication est qu'en franc-maçonnerie le vote se fait à boule (blanche et noire) laissant que deux choix aux francs-maçons : pour ou contre, sans aucune autre nuance – dont le « sans opinion » ou encore le « je ne sais pas ».

Sa réflexion laisse entendre que les deux seules positions honnêtes et honorables d'un franc-maçon est soit l'acceptation, soit le refus ou le rejet. Le franc-maçon et la franc-maçonne ne connaîtraient-ils pas le doute, l'insoluble ou encore le simple questionnement ? Moi qui croyais que c'était là le coeur de l'initiation ! 

En effet, s'il faut aller jusqu'au bout de la logique, un franc-maçon devrait voter, y compris dans sa vie citoyenne, par « oui » ou « non », « pour » ou « contre » un candidat, et avoir toujours une opinion ou toujours savoir tout sur tout. Bref, à avoir un avis tranché et sans aucune nuance. C'est – de ce point de vu – presque une punition d'être franc-maçon.

J'ai le sentiment que l'on mélange un peu les choses et que le vote citoyen et démocratique est soit une notion incomprise, soit complètement dénaturée. Il faut reconnaître, à la décharge de notre blogueur 357 et plus, que la 5ème République et les politiques ne proposent pas mieux (ainsi que nos obédiences). 

Il y a, néanmoins, une chose pour laquelle je suis d'accord avec notre frère : nous sommes, en tant que franc-maçon et maçonne, responsables de nos votes comme de nos décisions en assumant leurs conséquences. Un vote, quoiqu'il en soit, est une affaire sérieuse qu'il ne supporte pas, de toute manière, être guidée par l'ignorance.

Ces dernières élections ont mis en vedette deux notions : l'abstention et le vote blanc. Les résultats pour les présidentielles affichaient un score record de 11,5% de bulletins blancs pour 20% environ d'abstention.

Emmanuel Macron n'a pas obtenu 66% des voix mais environ 58% des voix des votes « exprimés » (si on tient compte des votes blancs) quant à Marine Le Pen à peine 30% des votes comprenant les votes blancs.

Clairement, l'analyse de ces chiffres montre d'une part que si Emmanuel Macron a obtenu une large majorité, Marine Le Pen a obtenu un score guère plus élevé qu'au premier tour, même si elle a bénéficié d'un report de voix.

Cela relativise largement le succès d'Emmanuel Macron, comme cela réduit à néant la thèse que le vote blanc privilégie le vote frontiste. Seul le vote frontiste se favorise à lui-même. Pour les Présidentielles, il représente entre 20 et 30% de l'électorat alors que pour les législatives ce même parti n'a obtenu que 8 places à l'Assemblée Nationale. Huit de trop, me diriez-vous. Or, rappelez-vous qu'en 1982, sous le gouvernement aussi socialiste de François Mitterand, ils étaient 32 élus … La casse a été limitée avec un taux d'abstention relevant d'une mauvaise série noire de plus de 57% et dans certains secteurs à presque 70%.

Pour les Présidentielles, Marine le Pen a bénéficié de 20% des reports de voix de Fillon et seulement 7% des électeurs de Mélenchon suivant Public Sénat. 48% des électeurs qui se situent à droite ont voté pour Macron contre 52 % pour Marine Le Pen. Ce qui indique une fracture bien nette de l'électorat de droite dans leur fond idéologique. Cependant, la part des abstentions (et non pas des votes blancs) que ce soit à droite ou à gauche est identique. 


 

Qu'est-ce le vote blanc ?

Qu'est-ce le vote ? Un vote est un choix personnel, qui nous engage, dans un domaine ou un autre. Le vote est donc un choix conscient, responsable et réfléchi. Une démocratie donne une importance au vote, estimant par là que c'est le meilleur moyen d'obtenir l'adhésion des électeurs qui peuvent ainsi exprimer leurs choix ou une opinion.

Pour que le vote soit légitime, il faut encore qu'il puisse exister un choix pour toutes les parties, toutes les opinions, où du moins s'y essayer.

On imagine mal une élection avec un seul candidat, un seul parti représenté et donc un seul choix. Du moins, personne – et surtout les francs-maçons – n'oserait affirmer que cela soit « démocratique ». Dans pareil cas, l'électeur démocrate ne peut que faire deux choix : voter pour cet unique candidat ou s'abstenir (soit voter « blanc »).

La candidature unique ne devrait pas exister dans une démocratie et en particulier en France. Or, lors des élections législatives de 2012, il y avait 15 candidats uniques au 2nd tour (ceci suite à des désistements). Imaginons qu'une telle situation arrive avec des candidats de l'extrême-droite ? Que nous propose les francs-maçons « qui ne s'abstiennent pas » ? De voter l'extrême-droite, peut-être ? Ce qui n'est pas acceptable dans le cas de figure d'un candidat frontiste unique n'est pas plus défendable lorsqu'il s'agit de candidats uniques de "grands" partis. 

Une étude de 2001, « Le vote blanc : abstention civique ou expression politique ? » souligne aussi ceci :

« Le cas particulier du second tour des élections législatives de 1993 en offre une illustration plutôt convaincante. En effet on observe que le vote blanc atteint occasion de ce scrutin le niveau record de 6,4 %des électeurs inscrits soit 9,5% des votants. Or, ces élections ont été marquées par une très nette victoire de la droite. Elles nous offrent donc de nombreux exemples de circonscriptions où le choix proposé aux électeurs au second tour se limitait à deux candidats de droite [..] Et si on étudie les résultats de ces élections dans le détail des circonscriptions, on constate que les 6,4 / de votes blancs échelle nationale correspondent clairement la moyenne de deux cas de figure distincts. Dans les circonscriptions où l'offre politique était normalement répartie entre la gauche et la droite, le vote blanc est inférieur la moyenne nationale, il se situe autour de 4% des inscrits. En revanche dans les circonscriptions où l'offre se cantonnait à deux candidats de droite, le vote blanc atteint un niveau très largement supérieur la moyenne nationale il échelonne selon les circonscriptions de 9 à 20 % des inscrits ; soit près de 30 % des votants. »

Le vote blanc, suivant une étude de 1987 (que vous pouvez trouver ici et citée en source), est défini comme étant «uniquement le refus des termes de l'enjeu proposé qui provoque le gonflement des blancs et nuls - même sans mot d'ordre partisan ». Ainsi, dans les exemples cités sont en 1962, le référendum sur l'indépendance de l'Algérie – votes blancs qui était d'ailleurs la consigne de vote du PSU (le parti socialiste). Le vote blanc était un choix électoral tout à fait honnête par la gauche en 1962 et plus aujourd'hui ? Étrange, non ? 

C'est bien ce que parait être "un vote blanc" : non pas un refus de prendre position, mais prendre position pour aucun des candidats et de le faire savoir.

Ces dernières élections législatives ne font que confirmer ces analyses. L'abstention grimpe en flèche lorsque l'électeur se trouve face à une situation de non-choix.

Ainsi, le vote représente un enjeu que nous connaissons, pilier de tout système démocratique. Or, un système démocratique qui laisse de côté, comme dans les exemples cités, une partie des électeurs sans leur donner de choix qui les satisfassent, doit être remis en cause ou mérite que l'on s'y penche. 

Dans la pratique, voici ce que signifie un « vote blanc ». Vous élisez votre vénérable et deux candidats se présentent. Sur les 10 bulletins, on décompte un seul bulletin pour le candidat A et deux pour le candidat B. Les sept autres bulletins sont « blancs ». En fait, aucun des deux candidats conviennent à la majorité des frères et des sœurs. Serait-ce le candidat B qui gagnerait puisqu'il a obtenu le plus de voix exprimées ? Non. Vous ne l'imaginerez même pas. Du moins, cela ferait un tel tollé que vous pourrez craindre à juste raison pour la pérennité de votre loge. Certes, il faudra refaire autant de tour que nécessaire, voir trouver d'autres candidats et que chacun s'explique sur pourquoi, comment, il ne veut pas voter pour l'un ou l'autre ... mais dans tous les cas, le vote "au moins pire", même dans une loge, n'est pas une solution démocratique. 

Pourtant, c'est ce que vous fait croire les politiques de la Vème République comme les précédentes. Pire encore nos obédiences ! Dans un tel cas de figure, ce serait – en fonction du code électoral français– le candidat ayant obtenu le maximum de voix exprimées qui serait élu « à la majorité », malgré un taux de blancs supérieur aux bulletins dits « exprimés ». Voir même l'électeur est obligé de voter pour le "moins pire".

Lors d'une élection citoyenne, l'électeur doit se déplacer. Il n'est pas captif. En cela, quoiqu'il fasse dans l'isoloir, il a, au moins, décidé de se déplacer. Ainsi, il ne faut pas confondre le vote blanc et ce type d'électeur avec l'abstention qui, lui, ne se déplace pas. Cependant, notre système électoral s'investit dans la confusion donnant aux votes blancs et nuls la même valeur que l'abstention. Revenons dans notre loge, vous avez toujours vos deux candidats A et B. Sur les 10 électeurs qui devraient être présents, seulement trois (dont les deux candidats!) se déplacent et les sept autres boycottent la tenue. Ce seront, suivant la logique actuelle, ces trois présents qui voteront et décideront qui sera élu au vénéralat. Quant aux sept autres, ces vilains abstentionnistes, ils seront invité à « aller voir ailleurs » comme on sait bien le dire et le faire en franc-maçonnerie. Or, la légitimité d'une telle élection ne pourra qu'être remis en cause – ce que peuvent arguer avec raison les 7 « abstentionnistes ». Ils représentent, en effet, la majorité de la loge, celle-ci entre en crise. Avec presque 60% d'abstention aux dernières législatives, c'est peu ou prou la même chose. C'est la majorité qui ne s'est pas exprimé pour l'un ou l'autre candidat. C'est donc une crise.


 

Un peu d'histoire sur le « vote blanc ».

C'est en 1839 qu'il a été retiré toute valeur politique au vote blanc. Ceci fut confirmé en 1852 et par l'article 66 du code électoral actuel. La seule « reconnaissance » qu'il a réussi à obtenir, malgré des tentatives régulières pour faire reconnaître ce bulletin atypique, est de pouvoir être distingué des abstentions – c'est-à-dire des électeurs qui ne se déplacent pas. Comme on le voit, lors des légistlatives, on n'en parle pas.

Le vote « nul » est le vote qui ne désigne pas clairement un candidat. Sont considérés comme nuls les bulletins déchirés, biffés, ou se porteraient des inscriptions injurieuses à l'intention des candidats …ou les enveloppes qui comprendraient plusieurs bulletins. En 1881, il a été ainsi décompté que 4,3% de votes « par erreur ». Aujourd'hui, le nombre d'erreur serait de l'ordre de 1% sur la totalité des votes dits « nuls ». Les votes « nuls » sont donc majoritairement intentionnels.

En fait, les électeurs votent nuls alors qu'ils pensent voter blanc. L'électeur français ne sait pas « voter blanc », utilisant des stratagèmes permettant d'annuler leur vote. Le vote blanc consiste tout simplement à glisser une feuille blanche dans l'enveloppe (bon, les artistes peuvent choisir une autre couleur ou faire un joli dessin). Le bulletin blanc est apparu lorsque l'assemblée constituante a abandonné le vote à main levée pour le bulletin secret. Autrement dit, il appartient à la grande histoire républicaine.

L'erreur que font les francs-maçons qui confondent « vote à boules » et « élections républicaines » est dans la nature même de la question. Le vote « à boule » ne permet que de répondre à des questions dites fermées dont les seules réponses sont « oui » ou « non ». Dans le cas d'une élection, cela donne la question suivante : « voulez-vous tel candidat comme Président/Député » …. et de poser la question pour tous les candidats. Pour 11 candidats, il nous faudrait autant de réponse par « oui » ou « non ». Ce qui ne serait peut-être pas plus mal. Un électeur pourrait répondre « oui » pour plusieurs candidats ou « non » pour tous les candidats. C'est au moment du décompte (et d'ailleurs uniquement à ce stade) que cela pourrait devenir une « usine à gaz ». Le risque est que plusieurs candidats obtiennent le même nombre de « oui » (c'est-à-dire de boules blanches) – obligeant à faire autant de tour que nécessaire pour les départager - ou qu'aucun finalement n'obtient une majorité de « Oui ». Les francs-maçons « qui ne s'abstiennent pas » confondent, pour résumer, le référendum et le plébiscite. Ce qui ne m'étonne pas au vu des systèmes utilisés dans nos obédiences : cela signifie quoi d'avoir un seul candidat à la grande maîtrise ?

Or, les élections répondent à une seule injonction « Choisissez un seul nom parmi la liste remise gracieusement par les institutions républicaines ».


 

Pourquoi le vote blanc doit-il être décompté ?


 

On a vu, dans mon exemple, que lors d'un vote en loge (ou toute autre petite assemblée) un résultat majoritairement « blanc » ne permettait pas de soutenir l'idée que seul les bulletins exprimés (du-moins considérés comme tels) expriment une majorité. L'idée n'est, tout simplement, pas défendable. Lorsque le choix électoral est insuffisant, le vote « blanc » devient une réponse de l'électeur. « Naturellement », l'électeur estime qu'il n'a aucune raison de voter pour un des deux candidats qui ne seraient pas de sa couleur politique sans pour autant boycotter l'élection (c'est-à-dire en s'abstenant de se déplacer jusqu'à une urne).

Dans un tel cas de figure qui a existé, puisque le fait est réel, quelle légitimité peut avoir un candidat élu « à la majorité » alors que, si le vote blanc était considéré comme un vote exprimé, il n'aurait pas obtenu la majorité des voix ? Mathématiquement, un candidat qui obtient 51% des voix dites « exprimées » alors que 30% des électeurs ont voté blanc, n'a obtenu en réalité que 35,7% des voix (51% de 70% des bulletins). Ce qui revient à dire que 64,30 % des électeurs ont voté contre lui. Sa légitimité est donc passablement remise en cause et avec elle le bastion républicain et démocratique.

L'étude de Adélaïde Zulfikarpasic casse une autre dernière idée reçue. Le vote blanc suivrait l'abstention et se limiterait à une abstention plus civique sans être pour autant une expression politique. Elle note ainsi que les législatives ont une moyenne de 38,5% d'abstention alors que les présidentielles affiches un taux d'abstention de l'ordre de 18%. Cette année, on a doublé la moyenne.

Les votes blancs suivent la même proportion étant plus nombreux (environ 5%) pour les législatives et de l'ordre de 3% pour les présidentielles.

Or, les Européennes, affichant généreusement une abstention de l'ordre de 48 % (!), alors qu'elles ont un taux de vote blanc ne dépassant pas les 3%. Ainsi, la corrélation entre « vote blanc » et « abstention » n'existe pas.

Ces dernières élections présidentielles en sont le meilleur exemple. Le taux d'abstention est normal (avec une faible augmentation de 2 points) pour ce type d'élection au second tour, par contre le taux de vote blanc (ou nuls) est largement supérieur aux moyennes connues jusqu'ici.

L'abstention concerne les jeunes de 18 à 25 ans et diminue plus l'électeur est âgé. Il est une mesure d'intégration à la société. Son corollaire est donc l'intérêt porté par l'électeur à celle-ci. A ce titre, le taux d'abstention exceptionnellement élevés aux « Européennes » ne montrent pas un « désintérêt » pour l'Europe mais surtout la faible intégration des Français à l'Europe. Ce qui est différent.

Le votant blanc est jeune, soit 25-35 ans, mais désigne une classe d'âge intégré socialement, qui ont un bon niveau d'étude (au-delà du Bac +2) et qui s'estiment privilégiés – c'est-à-dire à l'inverse de l'abstentionniste qui s'estiment abandonnés par les institutions nationales.

Le vote blanc est un refus des candidats en présence comme nous l'avons vu – et c'est très certainement la cause des 11,5% des votes blancs de ces dernières présidentielles, d'autant plus importantes qu'il a fallu passer outre la pression culpabilisante qui a précédée le second tour. Le vote blanc est un signe de déception à l'égard de la politique en général.

L'autre caractéristique des votants blancs, qui ne manque pas d'ironie, est qu'ils sont généralement apolitiques, se situant en dehors du clivage traditionnel gauche-droite.

« Le vote blanc semble traduire, au-delà un sentiment de déception ou hostilité à l'égard de la politique, l'expression d'un malaise plus profond, un manque de confiance dans la démocratie Mais à travers leur discours, ces électeurs qui votent blanc ne donnent pourtant pas l'impression d'être des laissés-pour-compte de cette démocratie. Ils semblent au contraire se sentir concernés par les problèmes qui y sont liés, réfléchir et avoir envie de se faire entendre. En effet, à la différence de certains abstentionnistes dont le désintérêt pour la politique est né, au départ, d'un sentiment de déception, l'électeur qui vote blanc ne se détourne pas pour autant de la politique. Il considère son vote comme une expression, il attend de la politique des changements et a parfois des revendications précises. »

Le vote blanc inquiète les politiques et les partis – qui ont certainement, dans le secret de leurs assemblées – fait les mêmes constats qu'ici. Ce vote remet en cause leur légitimité lors d'élections mais affaiblit la présence des grands partis dans la société. Ces présidentielles ont acté un désaveu pour les deux partis « de gouvernement », que l'augmentation constante des votes blancs, de ces dernières années, amorçait.

Le vote blanc représente aussi une réponse aux votes protestataires – qui se tournent aujourd'hui vers des micro-partis ou le front national, qui eux sont bien décomptés et donnent le sentiment d'une « expression politique » aux électeurs – expression qui n'est pas reconnue dans le vote « blanc » - De même, les votants blancs - n'exprimant qu'un désaccord général ou total – ne peuvent pas être atteints par des arguments électoraux et de campagne classiques. En effet, se situant en dehors des clivages traditionnels, leurs voix ne peuvent être récupérés ni par les partis de gauche, ni ceux de droite … et ne l'ont pas été – et je dirais même bien moins encore – par celui qui se présente, lui-même, en dehors de ce clivage.

S'il doit être décompté, c'est aussi pour éviter soit une abstention trop forte, telle que nous venons de le connaître aux dernières législatives, soit des votes extrémistes.

"En marche" pour une crise politique ?

 

C'est une crise politique qui s'annonce (ou continue) allant en s'aggravant. Les « abstentionnistes » maudits par les partis politiques, à qui ont prêtes des intentions sourdes, des desseins malhonnêtes, n'auront que la rue pour faire entendre leurs voix. Ils ne peuvent, en l'état actuel des choses, que compter sur des mouvements populaires. Emmanuel Macron, présenté comme un sauveur par les journalistes (et on se demande parfois s'ils ont fait vraiment des études), n'a pas obtenu lors des législatives l'aval des électeurs. En effet, obtenir la majorité de 40% des électeurs, ce n'est avoir convaincu que 20% des Français. C'est mathématique. Que pensent les autres 80% ?

 

Emmanuel Macron souhaitait mettre de « nouvelles têtes », mais quelle est leur légitimité aujourd'hui ? Qui représentent-ils ? Est-ce que ces quidams vont jouer la carte « En Marche » à fond ou vont-ils avoir des sursauts de conscience que les politiques professionnels n'ont pas ? Nul ne peut connaître leur degré d'allégeance. Emmanuel Macron, le premier. Il compte sur un fonctionnement classique du système où les députés n'ont pas d'opinions personnelles et votent en fonction des consignes qui leur sont données. Le Parti Socialiste en est témoin : les députés doivent être des moutons.

 

Les « affaires » ont pollué la dernière campagne présidentielle. D'autres polluent le gouvernement - qui devrait s'appeler « gouvernement provisoire » - et Macron lui-même. Cette « nouvelle » politique ressemble à s'y méprendre aux anciennes. La corruption est devenue le premier fléau à combattre. Cependant, le système électoral tel qu'il est pensé et pratiqué aujourd'hui, conduit de manière vicieuse à privilégier des « élus » dont la légitimité et la probité se trouvent entachés sans que l'électorat ne puisse agir par son vote.

Au regard des résultats des Présidentielles comme des Législatives, décompter les votes blancs auraient permis de recommencer de nouvelles élections … jusqu'à adhésion complète des électeurs pour un candidat et un parti.

 

 

 

Sources : 

Percheron Annick, Subileau Françoise, Toinet Marie-France. Non-inscription, abstention et vote blanc et nul en France.. In: Espace, populations, sociétés, 1987-3. Populations et élections - Populations and elections. pp. 511-521; doi : 10.3406/espos.1987.1228 - http://www.persee.fr/doc/espos_0755-7809_1987_num_5_3_1228

Zulfikarpasic Adélaïde. Le vote blanc : abstention civique ou expression politique ?. In: Revue française de science politique, 51ᵉ année, n°1-2, 2001. pp. 247-268; doi : 0.3406/rfsp.2001.403618 http://www.persee.fr/doc/rfsp_0035-2950_2001_num_51_1_403618

Carte des abstentions pour les Législatives de 2017 ici

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Condorcet 24/06/2017 11:02

Il y a une grande différence entre le vote blanc ou noir des loges avec celui de la société profane.
En maçonnerie le vote est blanc ou noir mais au départ il y a dès le recrutement un partage de certaines valeurs entre les FF. Le vote maçonnique ne se situe donc pas au même niveau que celui du monde profane
Dans le monde profane c'est tout autre chose, il y a des valeurs qui ne sont pas partagées par tous et l'éventail des solutions comme des choix est beaucoup plus vaste et l'abstention peut être un choix actif du citoyen loin de l'indifférence que certains lui prête.
Par ailleurs, lorsque le vote n'est pas respecté par ceux qui sont chargés et ont le devoir de le faire respecter et ce comme en 2005 il ne faut s'étonner du dégout des citoyens qu'ils soient maçons ou non.
Nos anciens se sont battus pour avoir non seulement le droit de vote mais pour que nous puissions bénéficier d'un choix. Après 2005 et l'attitude des partis politiques qui suivent leur feuille de route financière on peut considérer que nous n'avons plus ce choix.
Nous allons d'ailleurs nous en rendre compte prochainement avec les ordonnances concernant le droit du travail. Chassez le naturel et il revient au galop, un financier reste un financier et dans quelques mois nos anciens (maçons ou non) qui ont mis plus de 150 ans pour nous faire bénéficier d'un droit social, même si il comportait quelques excès, vont constater le grand retour en arrière. En marche donc pour le grand retour au bon temps de Victor Hugo.
On aurait voulu nous faire choisir entre la peste et le choléra sans parler de toutes les affaires et bien moi je ne choisis pas. Je m'abstiens