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La Maçonne

Mésopotamie, Gaulle et Moyen-Age : spiritualité & initiation des femmes, encore à construire au 21ème siècle ?

Entre « un tout mixité » obligatoire et une « non-mixité » copie de la majorité des pratiques maçonniques masculines, il est difficile, encore de nos jours, de trouver une réflexion qui ne présente pas l'initiation des femmes et leur démarche spirituelle en dehors du religieux, des grands thèmes patriarcaux de la maternité ou de la féminité... et, par là, un propos exclusivement masculin. 

Il n'existe que deux livres qui parle de l'initiation des femmes et tout deux issus de sœurs « en non-mixité », dont celui de Marie-Dominique Massoni que je vous avait présenté dans cet article ici.   

« L'initiation des femmes » semblent être un sujet que les femmes travaillant en « mixité » n'abordent pas … ou n'osent pas soulever comme si elles faisaient de leur démarche une expérience identique à celles des frères. Tout au plus, parleront-elles d'une seule : la première qui le fut. 


On trouve ainsi deux extrêmes tout aussi ridicule l'un que l'autre: une honte voir un interdit de revendiquer une spécificité à l'initiation des femmes en franc-maçonnerie lorsque l'on est en mixité et dans l'autre cas une  fierté d'être dans une obédience entre femmes et, donc, en non-mixité. Ridicule ? Il n'y a ni honte, ni fierté à avoir … La mixité comme la non-mixité peuvent conduire au même effet pour les femmes : à la subordination de leurs démarches en utilisant un modèle masculin. De même, si on sait entendre (et on n'entend que cela) les arguments des frères pour un choix ou un autre, quels sont les arguments des sœurs ? 
Est-ce qu'une sœur en non-mixité peut-elle reprendre les thèmes de la « Tradition Maçonnique », celle-ci niant la capacité des femmes à être initiées ? Celles en non-mixité souhaitent-elles « être comme dans la société » alors que cette société – très mixte – ne garantit pas, dans les faits, aux femmes d'égalité avec les hommes ? Est-ce que la « non-mixité » garantit aux femmes une liberté de parole et d'expression qu'elles ne peuvent pas avoir autrement?  Mon expérience montre bien tout le contraire.

En franc-maçonnerie – comme d'ailleurs dans d'autres domaines – reprendre sottement les arguments des hommes ne suffit pas aux sœurs et aux femmes pour expliquer leur propre choix. 
Ici, sur le blog « la Maçonne », j'ai souvent expliqué dans bon nombre d'articles que les femmes étaient libres de choisir leur propre démarche et, qu'en plus, elles le faisaient très bien (sans moi et sans personne). Que ce soit en non-mixité ou en mixité, une femme attachée aux principes de liberté, désireuse de les vivre – et non pas uniquement d'en parler – sera indépendante quoiqu'elle choisisse. Rien n'indique qu'une femme en mixité sera moins indépendante qu'en non-mixité et inversement. Le choix – s'il est besoin d'en faire un – se fera sur autre chose. Tout tiendra en la démarche dite « spirituelle » qu'une femme veut suivre et construire – je parlerais pour la franc-maçonnerie de démarche initiatique -  Or, pour les femmes, cela pose un autre problème. 

Bien des maçonnes et des maçons expliquent que, sous l'Antiquité, voir à l'aube de l'humanité, les initiations étaient obligatoirement « mono-genre », c'est-à-dire destinées aux garçons d'une part et aux jeunes filles d'autre part. Or, l'histoire des religions comme l'histoire de l'humanité montrent tout le contraire. 
D'une part, les rôles attribués aux femmes et aux hommes étaient déjà bien moins stéréotypés que de nos jours. D'autre part,  toutes les civilisations n'ont pas toutes reposées sur un modèle patriarcal enfermant les femmes dans la maternité et l'élevage des enfants. Peut-on dire même que le modèle patriarcal est récent. Les historiens ont peu étudié  la place des femmes dans ces civilisations faisant perdurer le mythe que les femmes n'ont joué aucun rôle moteur dans les sociétés.  « L'histoire des femmes » remonte à peine aux mouvements féministes des années 1970. Que dire de « l'histoire spirituelle et de la pensée des femmes » qui n'existe tout simplement pas ! 

Ainsi, lorsque l'on parle d'initiation et de spiritualité lorsqu'il s'agit des femmes, elles sont présentées comme subordonnées à celles des hommes et sous leur autorité. Elles sont soient des copies ou l'évocation de la transmission de stéréotypes de genre. Dans les deux cas, les femmes apparaissent incapables de construire une spiritualité voir une initiation qui leur soit propre.  Dans une société mixte, les religions le sont aussi – depuis l'aube des temps – dirais-je et en particulier pour les grandes religions du livre. Toutes ont nié officiellement aux femmes la capacité d'être des éléments moteurs dans la construction d'une spiritualité qui leur soit propre et/ou qui puissent les mettre sur un pied d'égalité par rapport aux hommes. Aujourd'hui, tout est encore à découvrir … 

Inanna descente aux enfers.

La Mésopotamie : notre héritage biblique.  

 


Une des civilisations les mieux documentées, à ce jour, est la civilisation sumérienne et mésopotamienne. Par chance, la Bible et les religions du livre en portent, en partie, l'héritage.  Ce qui ne nous dépaysera pas trop. 
La place des femmes en Mésopotamie était enviable à plus d'un titre. Les femmes pouvaient posséder des biens propres, que leur mari et les enfants de ce dernier ne pouvaient pas récupérer. Si elle n'avait pas d'enfants, elle pouvait transmettre ses biens à un héritier ou héritière de sa lignée. Les biens étaient des champs cultivables mais aussi des maisons et des objets. Comme les contrats l'indiquent aussi, une femme pouvait gérer ses biens comme elle le souhaitait en dehors de tous liens de subordination avec sa famille et son éventuel époux. Ainsi, par exemple, elle pouvait mettre en fermage des champs et toucher des loyers. D'ailleurs ces procès largement documentés par des tablettes d'argile qui sont venues jusqu'à nous montrent aussi que les femmes étaient égales aux hommes devant la justice pouvant porter plainte seules, gagner des procès contre les hommes de sa famille et celle de son époux. Cette capacité des femmes à gérer des biens, à les transmettre, permet aussi de considérer que les femmes pouvaient avoir une activité rémunérée (les rémunérations étaient en nature … la monnaie n'a pas toujours existé!). Elles recevaient, à ce titre, une éducation. L'existence de nombreuses femmes scribes en est la preuve. 
Le cas de la scribe Inanna-Ama-Nu (qui signifie « Inanna est ma mère ») est, à ce titre, assez parlant. Elle exercera durant plusieurs décennies et sous quatre règnes. Vraisemblablement, elle fut formée par son père, scribe lui-même et avait une sœur scribe, elle aussi. La transmission du métier était donc indifféremment transmis à tous les enfants (pas de droit d'aînesse, par exemple) que ce soit des filles ou des garçons. 
Ceci permet mieux de situer ces femmes et de retirer toute envie de les situer dans une sorte de 19ème siècle occidental où même le droit des femmes à apprendre à lire et à écrire étaient discutées. La civilisation mésopotamienne qui regroupe autant les sumériens, les babyloniens comme les sémites, a duré plus de trois millénaires. 

Parmi le personnel des temples se trouvaient des « prêtres » et des « prêtresses ». J'utilise des guillemets parce que leurs rôles variaient suivant les époques, les temples, les dieux … Un « prêtre » ou une « prêtresse » pouvait être de simples domestiques ou du personnel administratif tel qu'un scribe comme Inanna-Ama-Nu ou encore avoir un rôle réel cultuel. 

Parmi les femmes, il y avait les « nadîtu », religieuses, consacrées aux dieux principaux des cités qu'ils soient masculins ou féminins. Les plus connues sont celles destinées au dieu Samas (Soleil). Issues de famille aisée, elles vivaient dans des maisons individuelles. Ne pouvant pas avoir d'enfants, mais étant autorisée à se marier, leur héritage donnait lieu à de nombreux procès. Elles vivaient « entre elles ». Si des communautés de religieuses existaient, on peut s'attendre à trouver l'équivalent pour les prêtres. Or, ce n'est pas le cas. 

Quant à la « grande prêtresse », elle était généralement issue d'une lignée royale. Elles étaient considérées comme « l'épouse terrestre » du dieu. Elles avaient un rôle de liens sociaux mais aussi de réelles compositions cultuelles. De nombreux hymnes sont attribuées à ces prêtresses. 
Pour la cité d'Ur, dont le principal dieu était une déesse et pas n'importe laquelle, mais Inanna-Ishtar – le rôle de « l'époux terrestre » était donné au roi, bien que son temple soit tenu par des prêtresses. Le roi, symbolisait l'amant humain, choisi par la déesse … qui donna lieu à une des épopées les plus populaires. Cependant qu'il s'agisse d'un temple dédié à un dieu ou à une déesse, il y avait dans ces mêmes temples autant de prêtres que de prêtresses. Il n'y avait pas de cultes genrés dédiés aux femmes ou aux hommes. Ils étaient mixtes. Seul finalement la direction (grand prêtre ou grande prêtresse) changeait. 

Il nous est parvenu de nombreux rituels, religieux et magiques, mais aussi touchant des moments spécifiques de la vie privée, ou encore des rituels spécifiques comme celui du devin et de l'exorciste. La croyance en la possession de démons, que l'on connaît encore aujourd'hui, est issu de la culture mésopotamienne. Nous avons « hérité » bien des démons mésopotamiens. Des almanachs décidaient des jours fastes ou néfastes pour accomplir tel ou tel rituel. 
Les rituels religieux sont les plus importants. Ils devaient être scrupuleusement respectés. Seuls les initiés pouvaient les exécuter et les transmettre. Il faut ainsi comprendre que bon nombre des rituels religieux ne concernaient pas la population mais entretenaient un « entre soi » parmi les prêtres et prêtresses du temple. Si le rituel devait être respecté, l'ordonnancement du temple, sa fermeture (lieu clos) et sa purification (avant le rituel) entraient en ligne de compte. L'entretien du bâtiment donnait lieu aussi à plusieurs rituels, comme d'ailleurs sa démolition et reconstruction. Ainsi, un roi de Nabonide qui avait décidé de restaurer le bâtiment ainsi que les décors du temple, dont la statue de Samas, explique qu'il a demandé par cinq fois à un oracle afin de savoir comment restaurer la tiare du dieu Samas dans les règles de l'art. Les rituels étaient composés en prières, en hymnes en sumérien courant, en akkadien ou encore en araméen, suivant les époques, mais aussi en « EMESAL », langue morte depuis 18 siècles (à l'époque sumérienne …) que seuls connaissaient un petit groupe de personnes. 
Cette langue morte est essentiellement utilisée lorsque ce sont des femmes (prêtresses, déesses, etc) qui s'expriment, s’entremêlant avec le texte en langue courante. 

 

Pazuzzi, démon mésopotamien

On ignore si l'Emesal est la langue des femmes ou encore spécifique à un style particulier d'hymnes, de lamentations (destruction des cités, guerres, etc) ou de prières. Cependant, cette langue morte a traversé les trois millénaires de l'histoire mésopotamienne. La « langue des femmes » n'est pas une curiosité propre à la Mésopotamie. De nombreuses civilisations ont permis le développement de langue spécifique utilisée par des femmes. Dans ce cas, pourtant, rien n'indique que les femmes en soient les utilisatrices …. et qu'elles aient développées une particularité de langage entre elles. Contrairement aux analyses qui sont faites au sujet de ces langages de femmes (comme c'est expliqué ici) de nos jours, la langue « Emesal » n'est pas inférieure à celle courante, parce que déjà bien plus anciennes et préservant finalement une langue morte, mais était considérée comme étant une langue « noble » ou « raffinée » du fait de sa sonorité. La lecture de ces passages en emesal, comme la retranscription écrite, était faite aussi bien par des hommes que par des femmes, transmettant les paroles de la déesse ou de la prêtresse. 

Pour en revenir à la problèmatique de l'initiation mono-genre, on peut certes trouver une spécificité « féminine », ne serait-ce que par l'usage d'un langage particulier, dans la construction des cultes. Comme on peut estimer qu'il existait une différenciation initiatique des prêtres et des prêtresses voués au même dieu. Or, celle-ci – acceptée – était vécue en mixité et partagé comme tel avec des prévalences de pouvoir et de direction entre hommes et femmes, suivant la nature du dieu. 
Cela soulève, pour nous, une hypothèse. 
La non-mixité n'a d'utilité qu'uniquement si on veut cacher à l'autre sexe une démarche – c'est-à-dire si l'autre sexe refuse la démarche,  ou bien  si la tendance est à la rendre subalterne ou l'interdire. Si encore la démarche des uns est rejeté par les autres parce qu'incomprise ou risquant de l'être. 

La non-mixité serait ainsi un cache-misère que ce soit pour les hommes ou les femmes permettant de vivre un « entre-soi » sans être en mesure de soulever le véritable problème : l'incapacité à partager sa propre démarche ou l'incapacité des autres à l'accepter et à la reconnaître comme telle. 
Les périodes suivantes plus proches et plus occidentales permettront d'y voir un peu plus claires. 

 

Plutarque buste

Les femmes celtes. 

Si la civilisation mésopotamienne est la plus documentée, la moins documentée concerne les celtes. D'ailleurs, que regroupe le terme celte? 

Les traces écrites qui nous sont parvenues sont étrangères aux celtes et relativement tardives. 
Plutarque rapporte cet épisode : « Les Celtes, avant de franchir les Alpes et de s’établir dans la région de l’Italie qu’ils habitent maintenant, connurent une sédition (stasis) terrible et violente, qui dégénéra en guerre civile (polemon emphylion). Mais les femmes s’interposèrent au milieu des armes (en mesô tôn hoplôn) et se chargèrent du conflit, qu’elles arbitrèrent et tranchèrent si parfaitement que naquit une étonnante amitié (philia) de tous pour tous, non seulement entre les cités (poleis), mais encore entre les familles (oikous). A la suite de cet événement, ils ne cessèrent plus de délibérer de la guerre (polemou) aussi bien que de la paix (eirènès) avec leurs femmes et de régler les différends qui les opposaient à leurs alliés par leur entremise. Toujours est‑il que dans leur traité avec Hannibal, ils stipulèrent qu’en cas de plainte des Celtes contre les Carthaginois, les gouverneurs et les généraux de Carthage en Ibérie étaient les juges, mais que si les Carthaginois avaient à se plaindre des Celtes, c’étaient les femmes celtes. » 

Il ne s'agit pas d'un mythe, mais d'une réalité faisant entendre que la femme celte participait activement aux décisions politiques et sociales et eurent effectivement des rôles diplomatiques durant deux siècles. 

Pour d'autres auteurs, dont César, ce rôle de diplomate et de médiateur est dévolu aux druides, possédant des compétences uniques et étant écouté autant par les alliés que par les ennemis, tout en ayant d'importantes missions religieuses. L'histoire du druide Divicia aux alentours des années 60-50 avant JC montre, alors, qu'il y avait peu de différence entre un druide et un chevalier. Ce dernier, druide, alors que son frère est chef de tribu se présente devant César afin de défendre son peuple contre une invasion. Il se présente ainsi comme diplomate. 
Monique Clavel-Levêque va, quant à elle plus loin, sur la réelle influence des druides. Elle explique ainsi : « Ce que je retire de ces cheminements, c'est le rôle des grands centres universitaires gaulois, dont Bordeaux et Autun, dans les développements culturels et politiques. Or, leur importance est toujours grande aux Ille et IVe siècles, quand la rhétorique est si étroitement liée au pouvoir, à son exercice et à son exaltation. C'est dans la grande tradition gauloise qui fonde l'exercice de la parole comme une des permanences de l'identité culturelle dans l'enseignement des druides. » 

Ainsi, l'enseignement des druides, plus exactement leur force, qui se trouve  d'ailleurs dans le rôle joué par les femmes dans le traité d'Hannibal étaient l'éloquence. Les druides réglaient toutes les questions cultuelles et théologiques. Ils étaient aussi juges réglant les différends. Ils avaient aussi la maîtrise de l'enseignement. Ils étaient ainsi philosophes mais aussi physiologues, détenant un savoir sur la nature. Ainsi, peut-on penser sans trop se tromper que les femmes celtes décrites par Plutarque étaient ni plus, ni moins, des druidesses. Les celtes avaient prévu dans leur traité que des druidesses puissent parlementer – comme c'est leur rôle – auprès d'Hannibal et ses successeurs en cas de conflit. Peut-être s'agissait-il d'un ensemble de cités celtes dont une famille faisait se succéder les druidesses ? Du fait des nombreux rôles joués au sein des communautés, on peut aussi imaginer qu'un seul druide ne pouvait pas suffire et qu'il existait plusieurs druides se partageant soit les tâches dont l'enseignement n'était pas des moindres, enseignement d'ailleurs destiné autant aux futurs druides qu'aux profanes. C'est d'ailleurs ce rôle d'enseignant tenu par les druides qui finirent par inquiéter les autorités romaines. 

Or, les historiens contemporains sont peu bavards – pour ne pas dire sont muets – sur ces druidesses. Ils admettent leurs existences, sans définir si elles avaient un rôle « à part » par rapport à leurs confrères masculins, ou si encore elles exerçaient au même titre que les hommes. Visiblement, indirectement, Plutarque donne une réponse. Ces « femmes celtes » non seulement s'interposent aux milieux des armes, arrêtent un conflit, le règlent et sont considérées comme les seules diplomates possibles comme pour tout druide. L'indiquer à Hannibal était la moindre des politesses. 

Difficile d'admettre que les celtes s'encombraient de considération sur la non-mixité de l'initiation des druides et des druidesses – pourtant considéré de nos jours comme « étant de tout temps » et de « partout » en « non-mixité ». C'est de toute manière peu probable. Le monde celte faisait de la principale figure divine un être féminin. Les femmes avaient une place privilégiée au sein de la communauté, ayant des rôles politiques et économiques identiques à ceux des hommes.  

La construction « spirituelle » des femmes au moyen-âge. 

On peut être assez ennuyé avec la période du moyen-âge couvrant les années 600-1300 du fait du peu d'informations que l'on possède. Rappelons que la christianisation des populations gallo-romaines a débuté aux alentours des années 400 au plus tôt et se seraient terminé  au 13ème siècle.

Bien évidement, l'église catholique a, une toute autre histoire, faisant remonter et terminer la christianisation aux alentours de l'an 1 ou 2 (peut-être dans une folie pessimiste en l'an 10). Le rôle joué par les femmes lors de cette christianisation n'est pas anodine. Les premiers chrétiens se sont trouvés avoir de sérieux rivaux dans leurs conquêtes religieuses. L'un d'entre eux était le Mithraïsme en sus des cultes gallo-romains, parfois plus gallo que romains et d'autres fois plus romains que gallo. Les temples dit « païens » furent détruits par les chrétiens à partir de 400 après JC. Le Mithraïsme était, pourtant, une religion bien vivace, bien implantée – et les chrétiens d'aujourd'hui savent qu'ils en ont hérité au moins leur fête la plus importante : c'est-à-dire Noël – Le Mithraisme a perdu certainement parce que ses dévots maniaient moins bien les armes et n'en voyaient pas l'utilité, et ignorant tout de l'intolérance religieuse spécifique au monothéïsme. Or, peu importe sa réelle implantation et son influence dans la société, il ne concernait que les hommes étant parfaitement – du coup - « mono-genre » comme on sait si bien le dire. Les femmes exclues pouvaient choisir entre le christianisme et les cultes gallo-romains laissant – si on veut le dire – les hommes vaquer à leur initiation « mono-genre ». Le résultat est à la hauteur des cathédrales. Ce qui est fabuleux est que la leçon ne fut jamais comprise. 

Héloïse et Abélard

Les fondations des couvents de moniales par des femmes sont les principaux éléments de cette féminisation du culte. Voici pour deux fondatrices diamétralement opposées : 

  • Héloïse, au 12ème siècle, fut aidée dans son entreprise par son amant (du moins ancien amant) Abélard, dans la fondation d'un monastère féminin. 
  • Ségolène, vivant au 7ème siècle, canonisée assez rapidement, fut aidée par sa famille pour fonder un couvent. 

Héloïse était lettrée voir même érudite. Le type de couvent était à sa hauteur. Les moniales apprenaient l'hébreu, le latin et le grec. Ségolène, en dehors de dormir sur un lit de cendre avec comme oreiller une pierre, n'avait reçu comme éducation que « ceux de son sexe ». A un siècle où l'instruction même de la classe privilégiée aristocratique était nulle, je vous laisse imaginer que son niveau n'était pas brillant. D'ailleurs, rien n'indique qu'elle savait lire et écrire. Si l'une est créatrice de quelque chose, l'autre est au contraire vouée à une fade sainteté sous le couvert de superstitions. Exorcismes (ha!) et guérisons miraculeuses ont été son lot quotidien. 

Pour l'époque mérovingienne, sur les 60 fondations étudiées, soulignent l'auteure  Isabelle Réal, 60% des monastères d'hommes sont à l'origine d'un évêque et 21% à l'origine de laïcs. Les monastères de femmes sont construits pour 70% d'entre eux par des laïcs. Cela soulève ainsi la question de l'éviction des femmes des démarches religieuses par l'église de Rome. 
La vita de Ste-Ségolène présente les différentes étapes avant l'enfermement des moniales. Veuve donc, elle refuse un remariage et son père la persuade d'installer un monastère sur des terres qu'il donne à cette occasion. Arrivée avec quelques compagnes, la communauté devient assez importante pour permettre la fondation d'un mur d'enceinte. Cette construction est concrêtement comme symboliquement ce qui distingue le monastère avec une simple communauté pieuse. Charmante perspective pour les veuves de l'époque mérovingienne qui, pourtant suivant le droit franc, pouvaient gérer leurs biens, droit qui leur furent retiré au fil du temps, les familles voyant leur patrimoine s'éclater au bénéfice de l'église catholique. Dans la Vita de St-Simon, c'est toute la famille – parents et enfants – sous la demande de la mère Anna qui se consacre à dieu, fondant une dynastie de monastères. L'influence familiale est, que l'on soit homme ou femme, importante dans la construction de l'individu et sa spiritualité. 

Herrade

L'Est de la France – allant du Rhin aux Vosges – fut une région riche en chapitres féminins. Andlau, St-Etienne et les deux chapitres du Mont St-Odile furent fondés entre le VIIIème et le IX ème siècle, soit quelques siècles après celui de Ste-Ségolène. Au 11ème et 12ème siècle, ces chapitres féminins avaient pris les usages de communautés féminines, de chanoinesses, sans être soumises à la règle. Ainsi, les femmes vivaient dans des maisons privatives, qu'elles pouvaient quitter pour se marier.  

Au 12ème siècle, les chapitres de Hohenbourg et de Niedermunster (Ste-Odile) furent transformé en couvent suivant la règle de St-Augustin. Les chanoinesses de Ste-Odile durent ainsi prononcer leurs vœux et demeurer à vie dans le couvent. Ceci permet d'identifier aux mieux les deux modèles de communauté féminine. Les chanoinesses étaient issues de l'aristocratie, possédaient des biens en propre, qu'elles géraient personnellement. Elles finançaient elle-même leur train de vie au sein de la communauté. Leur seule mission était de donner des prières et de participer aux messes.

Des communautés de chanoines étaient fondées à proximité des chanoinesses et se trouvaient sous l'autorité de l'abbesse. Les abbesses avaient un véritable pouvoir seigneuriale – disposant des terres … N'étant pas cloîtrées, elles pouvaient ainsi gérer les affaires du domaine directement. En quelque sorte, ces structures organisaient une forme « élective » de droits seigneuriaux sur une communauté humaine. 


Certaines abbesses, du fait du prestige des chanoinesses et de la structure géographique de leur domaine, avaient des pouvoirs étendus dans la sphère publique et politique en dehors de leur territoire. En un mot, ses voisins et les rois devaient compter avec elles. L'élection de l'abbesse – qui entretenait ainsi un double rôle profane et spirituel dans sa communauté et sur un territoire – nécessitaient de nombreuses discussions mais aussi appelaient à des rites, dont ceux de son installation. Cependant, ce serait réduire le rôle de ces femmes à peu de chose si on n'avait pas gardé traces de leurs travaux.

Ainsi, se trouve à la bibliothèque de Strasbourg, soigneusement conservée, l'encyclopédie de Herrade de Landsberg (Ste-Odile). Herrade devint abbesse en 1167. Comme d'ailleurs toutes les abbesses, elle était issue d'une importante famille aristocratique locale. Ce document manuscrit de plus de 600 pages largement illustré, rédigé en latin, avait pour vocation de compiler toutes les connaissances cultuelles et scientifiques de l'époque afin d'être enseignées aux sœurs du couvent. Il semble que cet ouvrage nécessita plusieurs années de rédaction. Si on peut trouver son contenu moralisateur et fortement religieux, il n'en est pas moins que cette abbesse ouvre la porte à l'encyclopédisme. 
On constate ainsi que le désir de cette abbesse fut d'instruire ses sœurs, de leur laisser la somme de savoirs nécessaires … ceci au 12ème siècle ! D'ailleurs, personne ne s'interroge et ne semble avoir besoin de trouver des justifications sur l'instruction de ces femmes qui dépasse largement la simple connaissance des bases de lecture et d'écriture. 
Le deuxième aspect est bien entendu l'enfermement de ces femmes – plus exactement leur mise à l'écart de la société – qui, finalement, leur permet à la fois de s'instruire mais aussi de mener des recherches liées aux sciences. Comment communiquer à l'extérieur et se faire écouter alors que l'on est une femme, moniale et donc enfermée et que l'on n'avait aucun droit ? Simplement par des « visions ». La plus connue et la plus surprenante visionnaire est Hildegarde de Bingen (1098-1179). Bien que son enfermement soit une vue de l'esprit, ayant entrepris de nombreux voyages. 

Aldegonde (Sainte)

La première visionnaire fut Aldegonde de Maubeuge (décédée en 684). Celle-ci était la fille du régent de Clotaire II. Sa sœur est connue pour être Ste-Waudru, ste patronne de la Belgique. Une épidémie familiale, certainement.  Son mari Maldegaire (appelé aussi Vincent) décida de se retirer au monastère de Hautmont (Soignies). Waudru fonda, alors, le monastère de Mons. Elle pensa ainsi à sa sœur, Aldegonde, désireuse qu'elle prenne aussi la direction d'un monastère. Les deux filles de Waudru, aux doux prénoms de  Aldetrude et Madelberte, deviendront à leur tout abbesse à la suite de leur tante Aldegonde. Elles furent données par Waudru comme oblates. Ce qui signifie que vraisemblablement elles rejoignirent leur tante vers l'âge de 6-8 ans. Ainsi, comme pour St-Simon, la vie monastique est une démarche familiale touchant même les plus jeunes enfants. Bien qu'elle savait lire et écrire, Aldegonde racontait ses « visions » à l'abbé de Nivelles afin que celui-ci les écrivent. 

Parmi les visionnaires, on peut citer aussi : Marie d'Oignies (1213), Christine l'Admirable (1225), Ida de Nivelles (1231), Lutgarde de Tongres (1248), Béatrice de Nazareth (1268), Julienne de Mort-Cornillon (1248), Mechtilde de Magdebourg (1285), Hadewijch d'Anvers (13ème siècle aussi). 
Le principe de la vision est de faire sous une forme littéraire complexe et codée un récit symbolique. Pour l'ésotérisme, il s'agit d'une méthode d'occultation. Ainsi, ces femmes ne pensent pas par elles-mêmes et ne permettent pas qu'on les soupçonne de le faire. Elles sont de simples réceptrices d'un message venu d'anges ou de dieu lui-même. Elles tiennent ainsi un rôle de prophétesses. 
Les « visions » sont-elles un subterfuge volontaire leur permettant de transmettre une connaissance et, même aller au-delà comme pour Hildegarde, sans avoir à craindre l'Inquisition ? Etait-ce donc, autrement dit, la seule voie pour créer une idée et la transmettre et donc construire une démarche spirituelle en dehors de toute influence masculine et sociale ? Etait-ce aussi le seul moyen de préserver une connaissance et une culture plus anciennes et interdites par les autorités religieuses ? Je ne saurais répondre. Les visionnaires citées étaient des béguines, c'est-à-dire des semi-religieuses du 13ème siècle dont leurs originalités méritent un article ultérieur. 

Je ne compte pas faire, ici, la biographie de Hildegarde de Bingen. En effet, les éléments dont on dispose et qui sont publiés encore de nos jours sont aussi fumeux que la vita de Ste-Ségolène, comme on peut le constater par exemple sur ce site. La vita de Ségolène vous suffit très certainement. 


Elle rédigea de nombreux écrits à dimension scientifiques et philosophiques, dont un manuel de médecine courante « Physica » aux alentours de 1150. Cet ouvrage fut une référence durant plusieurs siècles après sa mort, au vu du nombre de copie et la bataille actuelle des historiens pour lui en rendre sa dimension. 
Si elle a fait des recherches personnelles sur les plantes et ses effets et si elle s'est inspirée des recherches contemporaines, on ignore d'où lui venait son fond de connaissances. Du moins, on sait qu'elle fut élevée au monastère bénédictin de Disibodenberg, par Jutta de Spanheim. Elle donna ses vœux à l'âge de 15 ans pour devenir abbesse à l'âge de 38 ans. 

Parmi ces nombreux documents, elle a composé un lexique « trilingue » : la « langue inconnue » (lingua ingnota), lexique d'environ 1000 mots traduits en allemand et en latin qui est associé aussi à un alphabet inconnu, dont on connaît à ce jour ni l'origine, ni le but. Guérisseuse, connue pour ses divinations, inventrice d'une langue dont elle semble être la seule utilisatrice, écoutée par des papes, des rois et des empereurs, Hildegarde présente bien plus le profil de la sorcière que de la sainte catholique. Elle risquait plus sûrement le bûcher que d'être canonisée, bien que l'église catholique sache faire les deux, bien qu'elle ne le fut jamais (canonisée). En effet, elle accepta d'enterrer un jeune noble qui avait été excommunié pour un crime (religieux) dont il s'était repenti. Son monastère fut frappé d'interdit – interdit qui fut levé un mois avant sa mort … Ainsi, on peut soupçonner que ces femmes n'étaient pas écartées du monde du fait de leur obéissance … et que ce n'était pas cela, non plus, ce qu'elles cherchaient. 

Ces trois périodes de l'histoire des femmes présentent ainsi des femmes dont la construction spirituelle ne fut possible et autonome que lorsqu'elles avaient des droits égalitaires. « L'entre femmes » finalement n'offraient aucun avantage et apparaît même parfaitement inutile dans le cas d'une égalité jugée suffisante.

Par contre, il est devenu nécessaire dès lors que les femmes se sont vues confisquées tous les droits les plus élémentaires et, en particulier, dépossédées de toutes démarches spirituelles qui ne leur soit pas imposées par les hommes. La "non-mixité" est de cacher ou de se cacher, exclure et s'exclure d'un monde mixte. 
De nos jours, lorsque l'on parle de « non-mixité » que ce soit pour les hommes et les femmes, il faut être attentif et attentive à ce que ce ne soit pas le symbole d'une aliénation de sa propre parole comme d'une impossibilité à communiquer à l'extérieur de ses propres murs. 

 

 

Sources : 

Aebischer Verena. Une trouvaille : le langage des femmes. In: Langage et société, n°7, 1979. Mars 1979. pp. 49-61. DOI : 10.3406/lsoc.1979.1130 - www.persee.fr/doc/lsoc_0181-4095_1979_num_7_1_1130


Laurence Moulinier. Helose au Paraclet, "sage" et inconsolee. La Vie en Champagne, hors
serie, juin 2001, Catalogue d'exposition. 2001, pp.3-8. <halshs-01005629>

Isabelle Real. Sainte Segolene et le monastere du Troclar d'apres la Vita Sigolenae : Sainte
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MERDRIGNAC, Bernard. Homo et Virago : deux reflets de la femme dans l'hagiographie bretonne du haut Moyen Âge In : Le genre face aux mutations : Masculin et féminin, du Moyen Âge à nos jours [en ligne]. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2003 (généré le 08 juillet 2017). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/pur/15869>. ISBN : 9782753523548. DOI : 10.4000/books.pur.15869.

Jullian Camille. XI. Le druide Diviciac. In: Revue des Études Anciennes. Tome 3, 1901, n°3. pp. 205-210. DOI : 10.3406/rea.1901.1231 www.persee.fr/doc/rea_0035-004_1901_num_3_3_1231

Clavel-Lévêque Monique.Clavel-Lévêque Monique. XIII. Religion, culture, identité. Mais où sont les druides d'autan... ? (DHA, 11, 1985, p. 557-604). In: Puzzle gaulois. Les Gaules en mémoire. Images - Textes - Histoire. Besançon : Université de Franche-Comté, 1989. pp. 389-456. (Annales littéraires de l'Université de Besançon, 396); http://www.persee.fr/doc/ista_0000-0000_1989_ant_396_1_2698

Laurence Moulinier. Un lexique "trilingue" du XIIe siecle : la "Lingua ignota" de Hildegarde de Bingen. Jacqueline Hamesse, Danielle Jacquart. Colloque international organise par l'Ecole Pratique des Hautes Etudes-IVe Section et l'Institut Superieur de Philosophie de l'Universite Catholique de Louvain, Paris, 12-14 juin 1997., Jun 1997, Paris, France. Turnhout, Brepols, pp.89-111, 2001. <halshs-00608965>

Laurence Moulinier-Brogi, « Habemus sanctam ! La vie sans fin de Hildegarde de Bingen », Médiévales [En ligne], 63 | automne 2012, mis en ligne le 15 janvier 2013, consulté le 09 juillet 2017. URL : http://medievales.revues.org/6878 ; DOI : 10.4000/medievales.6878 

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Peter Bu 19/07/2017 15:40

Lionel MAINE15/07/2017 11:45 " (...) "Tenue d'été", est une marque déposée, à l'I.N.P.I, par un Frère de la G.L.d.F !" Si c'est vrai, c'est très drôle. Ce frère n'a-t-il jamais connu des culottes courtes ni, plus tard, savouré ce qu'offrent les mini-jupes? Comment l'expression "tenue d'été" pourrait-elle être déposée?

La Maçonne 21/07/2017 00:47

Bonjour Lionel. Contactes moi sur mon contact, je te répondrais bien volontiers ... comme cela tu auras mon adresse email !

Lionel MAINE 20/07/2017 11:00

Mon très cher Frère Peter,
Pour sûr que c'est vrai.
Tu vas sur le blog sur le blog de notre ami Turbet et tu verras le petit "r" accolé à "Tenues d'été" !
Une simple visite sur le site de l'I.N.P.I te donnera le nom du déposant.
Si notre hôte me donne son adresse électronique, je lui envoie le .pdf.
Personnellement, je ne trouve pas çà drôle, mais lamentable.

Peter Bu 19/07/2017 15:39

P.S. : Je suis surpris de ne pas voir entre les sources que tu cites les livres sur le Moyen-Age de Régine Pernous, notamment « Pour en finir avec le Moyen-âge ». Les connais-tu ?

Peter Bu 19/07/2017 15:34

Chère Anne,

Merci pour ce survol de diverses religions consacré principalement au rôle que les femmes y jouaient.
A part l’histoire des religions, tu insistes sur l’égalité des capacités des deux sexes.
Enfin, tu réfléchis un peu sur l'occultation de la question de spécificité de l'initiation féminine.
Cela fait beaucoup pour un seul article, mais merci tout de même.
Comme les religions ne m'intéressent pas trop, en tout cas en ce moment, et je ne doute pas de l'égales capacités des deux sexes (égales en importance même si elles ne sont pas nécessairement identiques : cette différence est plutôt un avantage que son contraire), je commenterai juste ton troisième sujet.
Tu sembles penser que l'initiation des femmes devrait être – en partie ou entièrement ? - différente de celles des hommes, puis tu arrives à une étrange conclusion contredisant cet avis :
"La non-mixité n'a d'utilité qu'uniquement si on veut cacher à l'autre sexe une démarche – c'est-à-dire si l'autre sexe refuse la démarche, ou bien si la tendance est à la rendre subalterne ou l'interdire. Si encore la démarche des uns est rejeté par les autres parce qu'incomprise ou risquant de l'être."
Nous, les hommes et les femmes, sommes différents. Nos gênes sont identiques à 95%, le reste étant propre à chaque sexe. (Par rapport aux grands singes, cette différence génétique n'est que 1,5%. Amusant...)
L’initiation – qui vise toujours les mystères de la société où l'on vit, sociaux et spirituels, car son objet est le passage de l'individu à la collectivité, à savoir l'adaptation du premier à la seconde et l'acceptation de l'initié par la société -, à mon avis cette initiation devrait être « sexuée ». A 5% ou à 100% ? Elle peut être « mono-sexe » aussi bien que « mixte », ou encore se dérouler en partie séparément puis en commun, mais devrait tenir compte de la différence entre les femmes et les hommes.
Si on comprend l'initiation de cette façon, les hommes n'ont rien à cacher aux femmes et vice-versa. Simplement, l'initiation est une affaire intime qui ne peut pas être réalisée devant un public, comme au théâtre...

La Maçonne 19/07/2017 17:03

Il existe une étude scientifique qui démontre que les hommes sont plus proches des gorilles que des femmes .. Faut-il initier des gorilles?

hector 15/07/2017 16:29

"L'Est de la France – allant du Rhin aux Vosges – fut une région riche en chapitres féminins. Andlau, St-Etienne et les deux chapitres du Mont St-Odile furent fondés entre le VIIIème et le IX ème siècle, soit quelques siècles après celui de Ste-Ségolène"
On peut remarquer que le peuple celte du secteur pratiquait le matriarcat!
De plus la religion était transmise par des druidesses qui vivaient à part dans des lieux sacrés, perchés sur la montagne ....
Après la christianisation, les moines n'ont pu en chasser le souvenir et ils ont appelé ces lieux "Roche des Fées". On en trouve de très nombreuses dans les Vosges....
Dans le même esprit ils ont nommé une ancienne place forte, celte puis romaine, "Camp des Sarrasins"

La Maçonne 16/07/2017 11:53

Et on ne parle pas des innombrables "roches du diable" !

Condorcet 14/07/2017 07:55

Il y a de quoi rire.....
Voilà qu'une loge de Lorient profitant de la proximité des fêtes interceltiques se déroulant dans cette ville va organiser une tenue sur "l’Influence des traditions celtiques sur la Construction des rituels".....Mais l'invitation a participer à cette tenue précise qu'elle est interdite aux soeurs. ladite loge appartenant à la GLDF.
C'est tartuffe se voulant pédagogue quant on connaît l'influence des femmes dans la tradition celtique je me demande ce qu'ils vont inventer.
Par ailleurs quant on se prétend défenseur des droits de l'homme tout en se revendiquant de l'universalisme on ne fait pas conformémant à la déclaration des Droits du même nom de discrimination en fonction de la race, du sexe, etc....Tout le reste n'est qu'habillage d'un conservatisme de pouvoirs sectaires. Pas étonnant que les jeunes dans leur grande majorité ne sont pas interessés par la Franc-Maçonnerie.
Read more at http://www.hiram.be/#LXFgiqzo7jzkC7vl.99

La Maçonne 15/07/2017 12:29

Zut alors ! On va devoir en plus défendre cette loge ! Là, c'est le comble !

Lionel MAINE 15/07/2017 11:45

Une Loge de Lorient qui oublie que "Tenue d'été", est une marque déposèe, à l'I.N.P.I, par un Frère de la G.L.d.F !

La Maçonne 14/07/2017 14:33

Les influences celtiques sur les rituels? dont le REAA .... Là, pour le coup, cela risque d'être une invention ...
Et tu as raison, vu l'aspect égalitaire hommes/femmes dans la culture celte, interdire cette tenue aux femmes maçonnes montre bien que cela risque d'être du grand n'importe quoi.
D'autant plus qu'en Bretagne, la particularité fut longtemps d'avoir laissé aux femmes une certaine liberté - voir même d'avoir construit un stéréotype positif au moyen-âge de la "forte femme" et de mépriser la "faiblesse".