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La Maçonne

NOMT & UGLE : Lettre publique du Nouvel Ordre Mondial Templier à la Grande Loge Unie d'Angleterre.

Logo du Nouvel Ordre Mondial Templier (sur sa page FB)

J'ai le privilège et l'honneur de vous présenter ici la lettre publique et officielle du Nouvel Ordre Mondial Templier (NOMT) adressée à la Grande Loge Unie d'Angleterre (GLUA). 
Elle est signée par le Maître de l'Ordre, Monseigneur Pierre de Lyon à l'intention du duc Edouard of Kent, qui souhaite, par ce biais, mettre de l'ordre dans les nombreux mythes entourant l'héritage templier 

On y apprend un fait qui est passé complètement inaperçu dans le microcosme maçonnique : le Nouvel Ordre Mondial Templier est reconnu par le Vatican, depuis ce 17 mars 2017, en qualité d'héritiers de l'Ordre du Temple. 
Evénement historique s'il en est. Jusqu'alors le Vatican se référait à une bulle papale dite Vox In Excelso et les suivantes, ayant conduit Jacques de Molay, dernier Grand Maître de l'Ordre du Temple originel, directement sur un bûcher en 1314, exactement un 18 mars et à la fin de l'Ordre.  Jean-Paul II, puis Benoît XVI, et pour finir François 1er ont chacun, ceci depuis 2000, reconnu officiellement l'innocence des Templiers accusés par l'Inquisition d'au-moins d'hérésie. 

Ceux qui ont quelques connaissances en Histoire de France savent que celui qui avait piloté l'extermination des templiers était le roi Philippe IV dit « le Bel ». Il désirait s'accaparer les biens des Templiers d'une part. D'autre part, il n'acceptait pas de devoir rendre des comptes à un ordre à la fois monastique et chevaleresque – et donc à une noblesse de robe et d'épée – censée lui être inféodée et lui faisant de l'ombre.  Pour les mêmes motifs, il spolia aussi les juifs qu'il fit expulser définitivement du royaume en 1317. 

L'Ordre du Temple originel a été victime de l'intégrisme religieux, des délires des Inquisiteurs au service d'un pouvoir royal absolu. Il n'existe pas de successeurs – ni en Franc-maçonnerie, ni ailleurs – mais une relevance de l'ordre qui en devient ses héritiers. Le temps des croisades étant terminé (fort heureusement), ce nouvel ordre est, bien sûr, laïc. Il accepte des femmes et des hommes en égalité, sans obligation de rangs ou de généalogie longue comme le bras. Ceci dit sans être plus irrévérencieuse qu'à mon habitude.

Mgr Pierre de Lyon (à gauche) et le Cardinal Ph. Barbarin

Le Nouvel Ordre Mondial Templier repose sur trois responsables : le Primat pour la partie spirituelle, le Grand Sénéchal traitant de la dimension temporelle, et le Maître de l'Ordre Monseigneur Pierre de Lyon, qui est aussi mon interlocuteur, me permettant la publication de ce courrier et de cet article. C'est d'ailleurs la franc-maçonnerie qui parle de « Grand » Maître alors que les templiers originels se contentaient d'élire un « Maître de l'Ordre ». Toujours bon à retenir. 

L'Ordre a été relevé le 13 juillet 2013 et ceci fut réaffirmé le 18 mars 2014, soit 700 ans après le décès de Jacques de Molay, à Paris sur l'île des Juifs.  Il demeure chrétien mais suivant le courant gnostique. Du fait de la relevance, cet ordre se positionne aussi comme « Etat » - état sans terre – comme l'est d'ailleurs aussi l'Ordre de Malte. 

En 2014, étant héritier mémoriel, cet ordre a de même déposé plainte pour crime contre l'humanité à l'encontre de l'Etat français et du Vatican auprès de la Cour pénale de La Haye pour les crimes commis vis-à-vis des templiers au 14ème siècle par l'Inquisition et le Royaume de France et plus globalement contre l'Inquisition elle-même. Cette plainte a été acceptée par La Haye. 

Ce courrier explique à la GLUA (Grande Loge Unie d'Angleterre) que les héritiers de l'Ordre du Temple sont officiellement reconnus par le Vatican, mais évoque largement un épisode datant du 19ème siècle dont la GLUA a, de son côté, hérité : le Charte Larmènius. Le Nouvel Ordre Mondial des Templiers souhaite, par ce biais, faire la lumière sur ce faux que possède la GLUA. 

Tout ceci me donne l'occasion de mener une enquête serrée. 

Exécution de Jacques de Molay

La naissance de l'Ordre du Temple originel. 

Le 23 janvier 1120, la milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon fut fondée par Hugues de Payns et Godefroy de St-Omer, lors du concile de Naplouse. Cette première milice était un service de sécurité des pèlerins se rendant à Jérusalem. Ces premiers chevaliers prononcèrent les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance à l'Eglise de Rome comme tous les religieux bien qu'ils restèrent laïcs. Leur 4ème vœu était, non pas une vie contemplative dans la prière, mais de sécuriser les chemins conduisant à Jérusalem pour absoudre leurs péchés. Ils s'installèrent dans une partie du palais du roi Baudoin II (aujourd'hui la Mosquée al Aqsa) considéré, à tort, comme étant « le Temple de Salomon » d'où leur nom « Chevaliers du Temple » et plus tard « Templiers ». 

C'est lors du Concile de Troyes en 1129 que ce qui deviendra « l'Ordre du Temple » sera, officiellement, fondé et doté d'une règle monastique qui lui sera propre. Pour tout vous dire, cette règle a pour base la règle de St-Benoît avec des petites touches tirées de la règle de St-Augustin. Voilà, ça c'est dit. Plusieurs bulles papales, par la suite, octroyèrent autant reconnaissance que privilèges aux Templiers. 

Si quelqu'un en doute encore, l'Ordre du Temple originel était un ordre monastique et donc parfaitement catholique.

Au grand dam de Philippe Le Bel, le seul à avoir le pouvoir  de les démolir/interdire/exterminer (choisissez l'expression qui vous semble la plus juste) ne pouvait qu'être que le pape lui-même. Au grand dam de tous les ordres templiers (et je sais qu'il n'en manque pas), les seuls à réhabiliter les templiers et leur reconnaître des héritiers ne peuvent qu'être que la même église catholique.

L'Ordre originel ne fut pas plus ésotérique que les règles religieuses qui le constituait. Certes, pour bien des raisons, il était "à part" dans la communauté catholique. Son caractère ésotérique tient plus de la légende elle-même et des accusations d'hérésie de l'inquisition. Hérétique n'est pas synonyme d'ésotérisme ...    

La repentance de l'Eglise de Rome. 

La repentance ne concerne que l'église de Rome et, par conséquent, les catholiques. Elle consiste à se repentir sincèrement de ses erreurs et du tort que l'on a fait afin d'obtenir le pardon. Le processus de repentance dans la théologie catholique est long et complexe, allant de la simple prière, en passant par la confession et la reconnaissance (publique) de sa faute. 
Pour l'église de Rome, qui peut elle aussi, faire acte de « repentance », consiste à reconnaître ses erreurs du passé et le tort qu'elle a fait. Son repentir le plus célèbre concerne sa position vis-à-vis des juifs durant la Seconde Guerre Mondiale. Or, son premier repentir est pour la cause de Galilée. 

Il ne s'agit pas d'envoyer un communiqué aux médias. En effet, le repentance fait suite à une enquête, à une analyse des faits, donc à une reconnaissance de ceux-ci, mais aussi à une volonté des catholiques, héritiers des fautes commises dans le passé, à se repentir. Il s'agirait ainsi d'un repentir collectif vis-à-vis d'un groupe de personnes ou d'une personne en particulier représentative comme le fut Galilée. L'objectif est une « purification de la mémoire de l'Eglise » dont le fondement théologique s'articule ainsi : 
(pour le texte complet, c'est ici)

Clément V

« Il est juste que, tandis que le second millénaire du christianisme arrive à son terme, l’Église prenne en charge avec une plus vive conscience le péché de ses fils, en se souvenant de toutes les circonstances dans lesquelles, dans le déroulement de l’histoire, ils se sont éloignés de l’esprit du Christ et de son Évangile, en offrant au monde, au lieu du témoignage d’une vie inspirée des valeurs de la foi, le spectacle de modes de penser et d’agir qui étaient de véritables formes de contre-témoignages et de scandale. L’Église, bien que sainte par son incorporation au Christ, ne se lasse pas de faire pénitence : elle reconnaît toujours comme siens, devant Dieu et devant les hommes, ses fils pécheurs » 
Ces paroles de Jean-Paul II soulignent comment l’Église est atteinte par le péché de ses fils : sainte, rendue telle par le Père au moyen du sacrifice du Fils et du don de son Esprit, elle est aussi, en un certain sens, pécheresse, car elle assume réellement en elle le péché de ceux qu’elle a elle-même engendrés dans le baptême, par analogie avec le Christ qui a assumé le péché du monde. De plus, fait partie de la plus profonde conscience ecclésiale de notre temps la conviction que l’Église n’est pas seulement une communauté d’élus, mais comprend en son sein des justes et des pécheurs, appartenant au temps présent comme au passé, dans l’unité du mystère qui la constitue. Dans la grâce, en effet, comme dans la blessure du péché, les baptisés d’aujourd’hui sont proches et solidaires de ceux d’hier. C’est pourquoi l’on peut dire que l’Église, qui est une dans le temps et l’espace dans le Christ et l’Esprit, est véritablement « à la fois sainte et ayant toujours besoin de purification». »
 
Je n'aurais pas dit mieux. Un vaste programme mais surtout un pardon un tantinet complexe qui repose sur un jugement théologique et un jugement historique. Derrière l'expression barbare de "jugement théologique", l'Eglise de Rome souhaite savoir, en dehors d'évaluer les faits historiques, si les fautes commises étaient de bonne foi, c'est-à-dire dans le respect de la lecture des évangiles et de la parole de Dieu, considérés comme intemporels, et si les protagonistes pouvaient savoir s'ils commettaient une faute. Est-ce que les inquisiteurs avaient les moyens d'avoir conscience que leurs actes salissait leur croyance mais aussi l'Eglise? C'est vraisemblablement un moyen de trouver une sortie pour éviter la repentance par une sorte de mise en contexte théologique.  

« En second lieu, la mise en relation du jugement historique et du jugement théologique doit tenir compte du fait que, pour l’interprétation de la foi, le lien entre le passé et le présent n’est pas seulement motivé par l’intérêt actuel et la commune appartenance de tout être humain à l’histoire et à l’expression de ses médiations ; il se fonde aussi sur l’action unificatrice de l’Esprit de Dieu et sur l’identité permanente du principe constitutif des croyants, qui est la révélation. L’Église, en vertu de la communion réalisée en elle par l’Esprit du Christ dans le temps et l’espace, ne peut pas ne pas se reconnaître dans son principe surnaturel, présent et opérant en tous les temps, comme sujet d’une certaine manière unique, appelé à correspondre au don de Dieu, dans des formes et des situations diverses, à travers les choix de ses fils, malgré les manquements qui peuvent les avoir caractérisés. » 

Comment ça, c'est pas clair? Il faut que la faute commise soit, elle-aussi, intemporelle. Non pas qu'elle doit durer dans le temps mais que le seul sacrifice christique ne suffise pas à réparer. En effet, suivant la conception catholique, le pêcheur est responsable de ses actes d'où la nécessité de se repentir à titre personnel pour ceux-ci, mais le Christ a déjà payé assurant le salut des pêcheurs. Une sorte de chèque en blanc pour tous pêcheurs. Sauf, que si la faute est trop importante pour l'Eglise, l'engageant par ailleurs et avec elle la responsabilité de tous les croyants du passé et du présent (en gros, la faute appartient à tout le monde et se transmet), la garantie du Don de Dieu (la mort du Christ) n'est pas suffisante. Le chèque est peut-être en blanc, mais le compte en banque n'est pas approvisionner.  

Tant et si bien que Jean-Paul II a décidé d'ouvrir le processus de repentance en 2000. Pour ce qui concerne les Templiers, leur innocence, 700 ans après la fin de l'Ordre, est reconnue. 
Cette repentance a été suivie d'une messe où les héritiers, c'est-à-dire le Nouvel Ordre Mondial des Templiers, fut reçu dans la Cathédrale de Notre-Dame de Paris, avec leurs « décors ». Ce qui est, toujours impossible, pour un franc-maçon … même s'il est grand maître ! Ceci dit pour susciter quelques jalousies.

Du point de vue de l'Etat. 

Un Etat, de son côté, laïque comme la France, n'a nullement besoin d'envoyer son Premier Ministre dans une église pour reconnaître les crimes du passé. Ceci pose, néanmoins, une question très large – et très ouverte sur l'histoire – d'ordre éthique sur la responsabilité d'un Etat dans tous les épisodes ayant conduit à sa construction. 

L'Etat d'aujourd'hui est l'héritier du passé. S'il compte dans son patrimoine des monuments du XIème siècle, il doit aussi accepter l'histoire qui les accompagne. Histoire aussi faite d'ombres, de crimes, d'injustices et de cruautés inutiles. La France peut se féliciter de la Statue de la Liberté, mais elle a, en partie, sur les mains le sang des Amérindiens. 

Le bien et le beau ont construit les Etats. Le mal aussi. 

L'Inquisition ne concerne pas que le Vatican, comme la traite d'esclaves ne concerne pas que les négriers. La responsabilité morale incombe aux états d'alors mais aussi à ceux d'aujourd'hui. La fin de l'Inquisition – et de sa chasse aux sorcières – prends fin par décision du Parlement de Paris (autrement dit le pouvoir royal) en 1682. Ce qui permet de confirmer que les inquisiteurs ne se promenaient pas en dos d'âne sur le territoire royal en quête d'éventuelles sorcières, derrière le dos du roi. C'était bien une institution intégrée au pouvoir royal. La séparation de l'église et de l'état n'existait, d'ailleurs, pas.

Est-il responsable en sa qualité d'héritier des crimes commis par Philippe Le Bel ? L'Etat d'alors ne reposait pas sur la même organisation, ni même sur le même territoire et encore moins les mêmes lois. Ce n'était même pas un état. 

L'Etat français a déjà de grandes difficultés pour reconnaître la participation du gouvernement de Vichy et de sa collaboration active dans l'extermination et la déportation de milliers de personnes durant la 2nde Guerre Mondiale. Il a déjà des difficultés pour reconnaître les crimes dit « coloniaux » et les horreurs des guerres.  Il ne fait pas plus état des massacres des communards de la IIIème République. Faits qui nous sont proches dans le temps. Il va avoir autant de difficultés, sinon plus, pour prendre celles datant du 14ème siècle.

Ici, il s'agit de la France. Or, tous les pays ont leur zone d'ombres. Les USA n'ont jamais demandé pardon au Japon au sujet des bombes atomiques. L'Angleterre n'a jamais émis un regret au sujet de l'Inde. La Turquie ne sait pas reconnaître le génocide arménien. La liste est longue. 

Un Etat veut la gloire des siècles passés, les enjolivant si besoin. Il ne reconnaît pas le mal qui a été fait.  C'est pourtant bien aussi ce sentiment de responsabilité commune qui  construit le citoyen d'un pays. Ceci sans pour autant sombrer dans les affres de la culpabilité. Ce qui serait autant contre-productif que ridicule. Ce ne sont pas les citoyens d'aujourd'hui qui sont les auteurs des fautes du passé. Ce se sont eux, pourtant, qui sont responsables de cette mémoire. 

 

Photo "Nouvel Ordre Mondial Templier"

Le relevance. 

Comment peut-on se déclarer « héritiers » d'un ordre qui n'existe plus depuis 700 ans ? 
C'est une question cruciale qui risque de faire débat (ou pas). Une fois que l'on a compris que la repentance est une histoire de père et de fils, le fils hérite l'erreur du père, au moins pour le Vatican, on a compris que ceux qui peuvent s'estimer et être reconnu comme les héritiers des Templiers sont les fils de ces derniers. 
700 ans plus tard, ce sont les descendants des templiers. Le mot est « relevance ».  

Cela consiste à relever un ordre en dormance. Monseigneur Pierre de Lyon m'a ainsi expliqué de manière succincte ceci : « Une relevance est un terme juridique. On releve un nom, une religion, un concept politique. La dormance est un concept juridique aussi. La royauté en France est en dormance, dont le président  de la République est le régent. [note de la Maçonne : surtout ne le lui dites pas !]. 
Ce concept a été utilisé après Napoléon 1er pour la restauration royale. Mais, aussi, par l'Etat du Vatican, avec les hospitaliers de St Jean de Jérusalem (ordre de chevalerie, comme l'Ordre du Temple) sous le nom de Ordre de Malte (qui est Ordre de Chevalerie catholique romain, ONG et ETAT à gouvernance étatique fonctionnelle). »
La relevance, qui n'est pas vraiment une habitude, n'en demeure pas moins un concept qui a été utilisé autant par des Etats que par l'église de Rome. Rien n'est complètement mort, il ne fait que dormir. Bon. Ce n'est pas vrai pour tout. 

Le problème a été de trouver les descendants de ces templiers. Les templiers appartenaient à la noblesse du 12 ème au 14ème siècle. Entre les familles qui sont éteintes, les guerres, la Révolution de 1789 et encore les guerres, il y a de bonnes raisons pour trouver l'opération hardie et fastidieuse. S'ajoute aux difficultés déjà citées, le fait que les Templiers en qualité de moines ne pouvaient pas avoir de descendance directe. Sans parler que la preuve généalogique est à faire. Je n'ose même pas penser à la tronche de l'arbre ! 

La réponse se trouve dans le courrier adressé à la Grande Loge Unie d'Angleterre. Ce fut trouvé – pas de quoi reconstituer une armée – mais trois familles descendent des templiers, c'est-à-dire la famille Sainclair (Normandie – Ecosse), la famille de Rolland, marquisat de Provence, un compagnon d'Hugues de Payns lors du Concile de Troyes, la famille de Guillaume de Gellone (St-Guilhem), cousin de l'Empereur de Charlemagne dont la descendance fut le Comte de St-Gilles qui fut un des premiers croisés. 

Charte de Larménius
Fabré-Palaprat

L'imposture Larménius/Fabré-Palaprat. 

C'est le sujet central de ce courrier adressé à la Grande Loge Unie d'Angleterre.

Né en 1773, Fabré-Palaprat, médecin ou pédicure, intégrera le Grand Orient de France dans la loge « les Chevaliers de la Croix ». Dès 1804, Il déclara avoir trouvé une Charte de Transmission datant de 1324 dite « de Larménius », désignant un certain Jean-Marc Larmènius comme successeur de Jacques de Molay.

Il inventera de toutes pièces une improbable succession de Grands Maîtres de l'Ordre du Temple : Thomas-Théobald d’Alexandrie (n° 24, 1324), Bertrand du Guesclin (n° 27, 1357), Philippe duc d’Orléans (n° 39, 1705), Timoléon de Cossé-Brissac (n° 43, 1776), Claude-Matthieu Radix de Chevillon (n° 44, 1792), et  bien sûr, lui, Bernard-Raymond Fabré-Palaprat (n° 45, 1804). De là, naîtra un ordre du temple, qui deviendra par la suite une nouvelle religion « l'Église Catholique Universelle » ou « l'Église Johannite Templière  ». 

Fondée en 1805, la loge « les Chevaliers de la Croix » connut beaucoup de succès ayant jusqu'à 540 membres, tous francs-maçons ET templiers. Elle aura pourtant une existence difficile, ayant été exclue du GODF une première fois, pour être réintégrée en 1839, pour être à nouveau exclue en 1841 – mais cette fois définitivement.    

Cette charte est reconnue rapidement comme un faux. Le latin utilisé ne peut être celui médiéval. L'épaisseur du papier, l'encre utilisé  sont douteux et ce Larménius n'a vraisemblablement jamais existé.

La désignation du grand maître se faisait, comme d'ailleurs dans la plupart des ordres monastiques du Moyen-Age, par élection et non par désignation d'un successeur comme le prétend ce document. Jacques de Molay ne pouvait donc pas désigner son successeur n'en ayant pas le droit.

Parchemin de Chinon (envoyés du Pape - 1307)

Non seulement le document est soigneusement rédigé, mais en plus joyeusement enluminé. Alors, on imagine entre deux tortures, les inquisiteurs ont laissé à Jacques de Molay toute latitude pour rédiger ses consignes, enluminures comprises en couleur !  Entre 1307 et 1312, il avait largement le temps ! Or, Jacques de Molay ne savait pas écrire. En admettant, que dans un moment d'égarement fort compréhensible et que l'Histoire - la Grande - lui pardonnera, il ait décidé de choisir un successeur, il ne pouvait qu'adresser ses consignes oralement. Lorsque l'on regarde le "Parchemin de Chinon" rédigé par les envoyés de Clément V qui ont interrogé Jacques de Molay et d'autres templiers en 1307, on note d'importantes différences de style et d'aspect . Eux pourtant, avaient les moyens et l'occasion d'améliorer l'aspect de leur copie ! 

Cette supercherie n'aurait pas marché si avec Fabré-Palaprat s'il n'y avait pas la loge  « les Chevaliers de la Croix » qui, francs-maçons, s'autoproclamèrent « templiers », organisèrent un « Ordre », dont les règles de fonctionnement aboutirent aux alentours de 1807. Sera aussi convaincu l'Abbé Grégoire. Napoléon Bonaparte légitimera et autorisera cet l'ordre templier de Fabré-Palaprat. Son frèreJoseph Boanparte était d'ailleurs grand maître du GODF, avec pour adjoints des proches comme Joachim Murat et Cambacéres. Joachim Murat a participé activement au coup d'état de Napoléon, épousera Caroline Bonaparte, une des soeurs de Napoléon et deviendra, par la suite, Roi de Naples. Son fils Lucien Murat deviendra Grand Maître du même GODF sous Napoléon III (et grâce à ce dernier). Difficile de ne pas supposer que cette loge du GODF, cet ordre du temple et le GODF, une relation étroite avec l'empereur - qui devait y trouver un moyen de rassembler toutes les élites de l'empire et de s'accommoder  les royalistes. 
Après ce premier faux, cette même loge « découvrit » un nouvel évangile faisant de Jésus un initié. Ce qui donnera l'occasion à la fondation de l'église johannite. 

En 1838, sera désigné William Sydney-Smith, amiral anglais, comme grand maître de cet ordre farfelu. La Charte passa alors en Angleterre. Elle est aujourd’hui conservée sous verre au Marks Mason Hall de Londres, c'est-à-dire elle est la possession de la Grande Loge Unie d'Angleterre. William Sydney-Smith, aussi parisien que l'on peut l'être, sera un ennemi admiré de Napoléon. Il décédera en 1840. Ces successeurs seraient  Jean-Baptiste Bernadotte (1763-1844), ancien soldat français de Napoléon qui deviendra en 1818, Roi de Suède et  Joseph de Riquet de Caraman (1808-1886)

Il est assez difficile de suivre l'existence (ou la non-existence) de cet ordre après la mort des principaux protagonistes. Elle connut au moins une scission en 1830. Elle est considérée comme dissoute depuis 1841, c'est-à-dire lorsque le GODF exclua définitivement cette loge.  

On trouve, de nos jours, encore des Ordres templiers qui revendiquent une filiation Fabrè-Palaprat –  se disant aussi héritiers de l'Ordre du Temple originel - et qui se fâchent avec d'autres ordres, criant à l'imposture. On croit rêver ! On trouve ainsi « l'Ordre du Temple » ici .  
Mettre le nez dans les « Ordres du Temple » existants, c'est mener une opération d’empilage de faux sur d'autres faux. Je ne suis pas entrée dans les détails «religieux » du dossier relevant de la fameuse « Eglise Catholique Universelle » , histoire de garder mon lectorat. 

Si cela ne concernait que des ordres templiers, cela n'aurait pas nécessité un courrier adressé à la GLUA (Grande Loge Unie d'Angleterre). Elle possède l'originale de cette Charte Larmènius, l'exposant dans son musée, mais ne statue pas sur ce document. Bien sûr, on ne peut croire qu'elle ignore qu'il s'agit d'un faux mais il semblerait qu'elle ne cherche pas vraiment à en faire la publicité.  

Le 19ème siècle était en pleine crise « ésotérique » dans le mauvais sens de l'expression. Faux et usage de faux étaient courants pour justifier une filiation abracadabrante à un ordre plus ancien. Le plus célèbre faux en franc-maçonnerie, datant de la même époque, est la constitution de 1786, signé par Frédéric II, roi de Prusse, faisant remonter le Rite Écossais au 18ème siècle ! Ceci, aussi, afin de justifier une filiation « ésotérique » et historique qui n'existe pas. 

Parmi les prétendus héritiers  de l'Ordre du Temple, il y a bien des francs-maçons et maçonnes qui s'estiment en être. C'est le Chevalier de Ramsay qui, le premier, a lancé l'idée dans son fameux discours. On ne va pas tout reproché à Anderson, hein ? Lui se contentait de faire remonter la franc-maçonnerie à Adam ! 
Cette maçonnerie templière a été l'occasion d'une épidémie de « hauts grades » tout au long du 18ème siècle, en France,  épidémie dont je ne suis pas certaine que l'on s'en soit vraiment remis. . 
La charte Larménius traite les « francs-maçons écossais » de déserteurs. Cela suffit, d'ailleurs, pour estimer que cette charte est un faux. Comment de Molay pouvait connaître la (prétendue) fuite secrète  des templiers du fond de son cachot ?  Ce qui est amusant est que cette désertion a donné lieu à une autre légende : celle que la franc-maçonnerie serait l'héritière des templiers et, en particulier, la maçonnerie écossaise, qui comme son nom l'indique, est franco-française made in France, celle de Grasse-Tilly. Cette charte et le fameux Ordre du Temple semble être une tentative  pour entraver l'hégémonie du Suprême Conseil en proposant un autre système maçonnique. 

De nombreux systèmes de rites ont entretenu, et  entretiennent encore, la confusion en ayant intégré des grades « templiers ».  Le mythe des templiers fait encore fantasmer.  

En l'occasion du tricentenaire de la Franc-maçonnerie, il serait peut-être utile d'ouvrir les vieux dossiers, reconnaître ses faux et divers délires. Continuer à oeuvrer pour que la vérité historique supplante les légendes et mythes. Travailler à ce que la franc-maçonnerie ne devienne pas le repère de farfelus ou de naïfs décalés. Vaste programme qui, à mon avis, sera bien plus long à aboutir que la repentance du Vatican. 

Comme vous venez d'en faire l'intime expérience en lisant cet article, le Nouvel Ordre Mondial Templier vient d'ouvrir une porte avec des milliers de questions … dont les réponses ne pourront que faire sortir la franc-maçonnerie de l'enfance.  

 

La lettre du Nouvel Ordre Mondial Templier adressée à la GLUA.
La lettre du Nouvel Ordre Mondial Templier adressée à la GLUA.
La lettre du Nouvel Ordre Mondial Templier adressée à la GLUA.
La lettre du Nouvel Ordre Mondial Templier adressée à la GLUA.

La lettre du Nouvel Ordre Mondial Templier adressée à la GLUA.

NOMT & UGLE : Lettre publique du  Nouvel Ordre Mondial Templier à la Grande Loge Unie d'Angleterre.

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Lionel MAINE 19/09/2017 15:35

"L'affaire avait été classée, mais des victimes l'ont rouverte. Le cardinal Philippe Barbarin sera jugé du 4 au 6 avril 2018 pour non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs commises par un prêtre dans son diocèse de Lyon il y a plus de vingt-cinq ans, a annoncé, mardi 19 septembre, le tribunal.

La date du procès a été fixée par la 6e chambre correctionnelle devant laquelle l'archevêque de Lyon comparaîtra avec six autres personnes dans le cadre d'une procédure de citation directe, dont l'audience de consignation avait lieu mardi.

Le recours est porté par 10 victimes du prêtre Bernard Preynat, mis en examen en 2016 pour des abus sexuels commis jusqu'en 1991 sur des scouts de la région. Cette affaire, toujours à l'instruction, avait déclenché un scandale sur l'attitude de l'Eglise catholique et conduit l'institution à adopter de nouvelles mesures de lutte contre la pédophilie."
Dont acte mais, il pourra toujours citer LUC 18:16 !!!

La Maçonne 19/09/2017 19:25

Merci Lionel. Entre toi et moi, c'est un cardinal.

Lionel MAINE 12/09/2017 15:49

Cette fois, on ne rit plus ... C'est du lourd !!!
Tau SponToPhoros (alias qui vous savez) n'a qu'à bien se tenir et, comme dirait Sonseigneur Barbarin : "Laissez venir à moi les petits enfants " !

Raffarin Denys 15/09/2017 16:22

Bonjour. Sans vouloir polémiquer sur le sujet. Je vous fais remarquer que SE le Cardinal Barbarin a été innocenté formellement des faits reprochés, par la justice française, deux fois de suite,...Et que ce coup "politique" a été fait par un "frère" Emmanuel Valls, qui s'est ridiculisé sur ce coup là. Bien à vous.

patrox 11/09/2017 15:06

bravo sister pour ce nouvel opus qui fait encore bouger les lignes !
ça c'est de l'investigation maçonnique !
Curieux de voir si les obédiences réagissent, comme p. ex. celles qui pratiquent beaucoup de rites d'inspiration templière ( RER, HG REAA,... )
triples bises

Henri Han 11/09/2017 04:17

Ah ! Descendre d'un templier que sortir de la cuisse de Jupiter (çà me rappelle un récent haut dignitaire démocratiquement élu) ou plus fréquemment des entrailles d'une paysanne, çà vous pose une personne : personne, c'est-à-dire rien, le vide, le néant.
Cela rassure tout de suite une personne (j'adore ce mot) dont le mal-être existentialiste est à mettre en parallèle avec celui de la grenouille (ou le crapaud, n'oublions pas les masculins) et du bœuf de La Fontaine.
De mon origine française, je sais que je descends d'arrières grands-parents bergers basques qui ne parlaient pas le français. Aussi, bien qu'ayant été reçu dans le REAA plusieurs fois chevalier, l'esprit maçonnique et non la forme méthodologique, qui peut être primaire parfois, m'a appris à tout relativiser et m'a conduit à faire toute chose avec sérieux sans me prendre au sérieux et à péter plus haut que… vous connaissez la suite.
J'en connais des yaka, des Léons qui vont s'étrangler en lisant cet article que je vais faire suivre avec délectation.
Depuis que j'ai pris conscience et accepté ma part intime de féminité, il me paraît sembler être sur le bon chemin de l'humanité. Maururu (merci en tahitien) ma TCS, tu es mon rayon de soleil en ce début de semaine.
Bizzz ! Hi Han

Caruel 10/09/2017 18:42

Bravo vraiment pour cet article très instructif. Et merci pour ce beau travail de vulgarisation !

Gilles Poulet 10/09/2017 09:44

Merci La Maçonne Lilith, ce soir, je me coucherai moins bête.
Bravo pour ce remarquable travail. Je suis de ceux que la filiation templière de ma FM laisse sceptiques, voire énerve.

La Maçonne 10/09/2017 10:28

J'ai été aidée par la lettre adressée à la GLUA et Monseigneur Pierre de Lyon ! Je n'ai fait qu'un travail d'accessibilité ...