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La Maçonne

GODF : les initiations de femmes avec un sein dénudé dans une loge de Paris

Mon article « GODF : le désenchantement des soeurs » a suscité plusieurs réactions dont celle de deux blogs tenus par des frères du GODF, mais aussi de sœurs par leur témoignage respectif. 

Ceci montre que sans en faire « une généralité » , puisqu'il y a un quota d'actes sexistes très certainement à atteindre pour que cela en soit une, il y a effectivement un problème de fond au GODF vis-à-vis de l'entrée des sœurs depuis 2010. Les difficultés que vivent certaines sœurs du GODF sont connues par des frères du GODF, qui les dénoncent de leur côté.  
Au travers des témoignages des sœurs que j'ai exprimés, j'y dénonce aussi une certaine latitude du Conseil de l'Ordre du GODF à détourner la conversation, la tête, … lorsqu'une sœur les interpelle à ce sujet. Certains conseillers de l'ordre minimisent ou nient certains faits. Voici une affaire particulièrement choquante. Elle date de 2013. 

Une loge du GODF a demandé à des femmes, durant trois ans, de 2010 à 2013, pour  leur initiation de se déshabiller- plus exactement sous le terme « ni nu, ni vêtu », de dénuder un sein en refusant même qu'elles gardent un soutien-gorge, un caraco ou un vêtement aussi léger soit-il. Cela a concerné – pour les informations que je possèdent à ce jour – huit femmes. 

Forcer une femme de se dévêtir sous le couvert d'une initiation est une atteinte à l'intégrité physique et morale de cette femme. Dans le monde profane, forcer une femme à se dévêtir en public pour un motif ou une autre s'appelle une agression sexuelle. Il s'agit de l'abaisser publiquement, de l'humilier et de l'avilir. J'espère que je suis assez claire. 

Cette loge a la particularité d'être une loge qui fut fondée pour être mixte et non pas une loge qui l'est devenue. A priori, il s'agirait d'une loge bien en vue de région Paris III du GODF. Elle fut, a priori, une des premières loges mixtes qui fut fondée (en 2010). 

Suite à l'initiation traumatisante de trois femmes, une des soeurs visiteuses, après avoir quitté le temple en larmes, a été la première lanceuse d'alerte. C'était entre mai et juin 2013. Comme vous le constaterez dans ces deux emails, cette dernière a mené une véritable enquête. Ces deux emails s'adressent à des frères et des soeurs qu'elle alerte. Ils joueront un rôle, par la suite, dans le débat qui aura lieu au Congrès Régional des loges de Paris III. 

Note : un commentaire ci-dessous indique que la discussion n'aurait pas eu lieu lors du congrès régional de Paris III. La loge concernée n'en faisant pas partie. 

Cette soeur rapporte ses conversations avec les femmes concernées, décrit plutôt bien la cérémonie et cherche à avoir une explication rationnelle aux faits. Son récit est d'autant plus difficile à lire. En effet, on ne peut que sentir une femme blessée et choquée par les événements et qui tente de trouver des réponses. 
On y apprend aussi que le Conseil de l'Ordre fut alerté et qu'il invita le vénérable de cette loge, le 4 juin 2013, à s'expliquer. Le Conseil de l'Ordre s'est bien gardé d'interdire et d'empêcher cette pratique. Il a simplement conseillé d'éviter de recevoir des visiteurs et visiteurs pour ne pas faire « trop voyeurisme » ou choquer les "âmes sensibles" et de s'assurer du consentement des profanes. C'est tout. 

On verra , d'ailleurs, plus loin que parler de consentement est stupide. Aucune des sœurs concernées ne savaient donner une explication raisonnée et compréhensible à cette pratique. 
Quant à la dimension symbolique de cette pratique, je vous en fais une analyse. Cette pratique a durée trois ans. Personne ne semble avoir réagi durant toute cette période. Difficile aussi de croire que de telles initiations n'ont pas faits le tour du Tout-Paris-Maçonnique dès 2010 ! Surtout dans une région comme Paris III plutôt en vue ! 

Cette soeur, qui témoigne, a alerté des frères du GODF. Ceux-ci ont décidé, devant l'inertie du Conseil de l'Ordre, d'ouvrir le débat lors d'un congrès régional des loges de Paris III. Je n'ai aucune information à ce jour sur ce débat et les éventuelles décisions qui furent prises par les loges du congrès. De même, j'ignore même si cette pratique est toujours d'actualité. 

La version que j'ai eu - de mon côté - en 2013, alors que je venais d'ouvrir mon blog (le 23 juin 2013) est que le Conseil de l'Ordre a durement tapé sur les doigts de cette loge et que cette pratique aurait cessé grâce à l'intervention du Conseil de l'Ordre. Une version bien éloignée de la vérité ! 

Je vous laisse lire ces deux emails avant de présenter cette analyse attendue ... 

 

 

 

 

Le « ni nu ni vêtu ». 

Lorsqu'une loge du GODF se met au symbolisme, cela fait ricaner doucement beaucoup de monde. Cela ne vole jamais très haut. Vous constaterez que c'est le cas aussi ici. 
L'argument est que cette initiation dénudée a pour objet de montrer « l'égalité » entre les hommes et les femmes. Si pour un homme se dévoiler un sein est loin d'être, pour lui, traumatisant, on peut se demander à quelle égalité ces sœurs espéraient ainsi ! 

En effet, le « ni nu ni vêtu » avait pour but de reconnaître les femmes travesties en homme afin de les exclure. En 1737, il était ainsi noté :  « on lui découvre la gorge, pour voir s’il n’est point du sexe »

Les femmes travesties n'étaient pas légion mais inquiétaient fortement nos bons frères et leurs sentiments de supériorité. Le travestissement pour les femmes était, pour elles, une solution leur permettant de voyager, poursuivre des études, avoir un métier, …. Bref, mener une vie qui leur était interdite. Solution encore utilisée dans certains pays du monde. 
L'une de ces femmes travesties, devenues célèbres, est James Barry (1789-1865) qui, durant toute sa vie, se fit passer pour un homme. Médecin des armées britanniques, ayant fait des études (alors qu'elles étaient interdites aux femmes !), il termina sa carrière comme Inspector-General of Hospitals (Inspecteur général des hôpitaux). Il fut, d'ailleurs, le premier médecin britannique à avoir pratiqué une césarienne avec succès. C'est lors de sa mort que l'infirmière, en charge de sa toilette, dévoila le véritable sexe de James Barry. Elle précisa aussi qu'il avait accouché du fait de la présence de vergetures reconnaissables par une femme qui a mis au monde neuf enfants. Le scandale fut tel que le dossier de James Barry fut scellé durant un siècle. 
Cet exemple montre que cette crainte d'initier une femme se faisant passer pour un homme n'a rien de ridicule (en même temps, si – cela l'est!). 

Le « ni nu ni vêtu », qui consiste entre autre chose à dévoiler un sein, permettait de vérifier le sexe du récipiendaire. Le « ni nu ni vêtu » n'a rien d'égalitaire. Je dirais même que c'est le contraire ! 
Que cette loge du GODF considère cette pratique comme l'expression de l'égalité entre hommes et femmes est, donc, une aberration autant symbolique qu'historique. 

La nudité, pour être partagée sur un pied d'égalité entre les hommes et les femmes, doit être complète. Ce que les nudistes et les féministes ont parfaitement compris. Je ne vais pas vous faire tout l'historique sur les publicités sexistes. Ce qui est reproché n'est pas spécifiquement la nudité des femmes pour vendre une lessive mais l'absence de nudité des hommes … En gros, soit c'est tout le monde tout nu ou personne.  

Faire comme « Marianne » ? 

La deuxième explication donnée par ces sœurs serait que cela aurait à voir avec Marianne qui – on ne sait pourquoi – devrait obligatoirement avoir un sein dénudé. Ces frères du GODF ont, peut-être, voulu se la jouer « Marianne, la Liberté guidant le peuple » dans une version maçonnique du célèbre tableau de Delacroix. Là, c'est pathologique. Non seulement, les représentations des Mariannes sont plutôt couvertes mais aussi portent un bonnet phrygien assez spécifique. Quant à celle de Delacroix (qui n'est qu'un tableau, hein?), elle a les deux seins visibles ainsi qu'une forte pilosité sous les bras !

C'est d'ailleurs cette pilosité (qui pour le coup est un signe d'égalité homme et femme!) qui a causé l'émoi des critiques d'art de l'époque. Je doute que cette loge se soit inquiétée à ce détail ! 
Bref, le « ni nu, ni vêtu » censé représenter une « Marianne » semble surtout être tout droit sorti des fantasmes d'individus incultes. Un délire parfaitement grotesque. 

Incompréhension des initiées et consentement ? 

Ce qui est à noter est que cette sœur qui présente son témoignage, malgré ses visibles bonnes relations avec les sœurs de cette loge ayant réussi à les contacter et à discuter avec elles, n'a pas réussi à obtenir une explication un tant soit peu rationnelle et compréhensible. 


Autrement dit, ces femmes ont été contraintes de se dénuder le sein sans en comprendre la raison et sans savoir donc l'expliquer. Une des nouvelles initiées a expliqué qu'elle n'était pas spécialement pour vivre cette étrange expérience mais que « des frères » le lui avaient imposé et qu'elle avait finalement accepté … le mot sous-entendu est « sous la pression ». Ils se sont mis à combien pour l'obliger à accepter ? Quels ont été leurs arguments ? Elle ne sait pas les présenter. Si cette femme avait refusé, auraient-ils refusé de l'initier ? 

Je note la présence aussi d'une sœur nouvellement « affiliée » qui soutient elle-même cette pratique. C'est d'autant plus terrible, pour ne pas dire pervers, que cette soi-disant sœur n'a jamais été contrainte à une initiation le sein à l'air et ne l'a jamais vu dans aucune obédience mixte et féminine. 
Pour enfoncer le clou, ces femmes ainsi initiées semblent être jeunes et en bonne santé. Qu'aurait répondu cette « affiliée » si l'une de ces femmes portait les cicatrices d'un cancer du sein, les séquelles de multiples accouchements et de l'âge … ou encore le traumatisme d'une agression sexuelle antérieure ? Aurait-elle osé affirmer, droit dans les yeux, que c'est un « symbole d'égalité » ?  

Déjeuner sur l'herbe de Manet

Si pour une femme être torse-nu est certainement un symbole de liberté – assez usité sur les plages en été – il serait assez judicieux de se demander ce qu'une femme encourt si elle se promenait ainsi dans les rues de Paris, s'exposait sur son balcon ou se trouverait visible en public de son propre chef et consentement. L’exhibition sexuelle (donc s’exposer nu à la vue du public) est passible d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende.

Je veux bien que l'on discute de la libération des mœurs, mais je ne crois pas que le GODF, qui ne semble que déshabiller des femmes, soient le meilleur endroit pour le faire. Comme je le disais plus haut, la nudité – si on la veut comme porteuse de symbole – doit être également partagée. Hélas pour ces messieurs, ce n'est pas vraiment leur poitrail, aussi velu et musclé soit-il, qui nous intéresse. 

La durée de l'apprentissage dure trois ans (ce qui est très long, surtout pour une loge du GODF et au vu du contenu de ce qu'elle a à transmettre !). On ne peut pas reprocher aux loges du GODF leur fermeture. Au contraire, le GODF, dans son ensemble, a une pratique maçonnique ouverte sur les autres loges. Les visites, les échanges entre loges, y compris des apprentis accompagnés, sont importantes pour cette obédience. Cette loge semble se distinguer aussi sur ce point. Les apprentis sont interdits de visiter d'autres loges, même accompagnés d'un maître ou de leur surveillant, durant les trois (longues) années d'apprentissage. 

Ainsi, sur cette période de trois ans, toutes les femmes initiées étaient encore toutes apprenties en mai et juin 2013. Elles n'ont vu aucune initiation de femmes au GODF et ailleurs. Elles n'avaient pas non plus connaissance du fait que leur loge avait « inventé » une pratique rien que pour elles. Bref, tout ce qui leur aurait permis de prendre du recul, d'acquérir un minimum de culture maçonnique sur l'initiation des femmes et d'aiguiser leur sens critique, leur a été interdit. 
Ainsi, on peut dire sans trop se tromper que ces femmes ont accepté une situation les avilissant sans en comprendre le motif. Elles ont accepté d'être humiliée. Comme le souligne cette soeur, comment consentir à quelque chose que l'on ne connaît pas ... et je dirais même que l'on ne comprends pas même après ! 

Cette sœur a demandé assez justement « ce qu'elles y ont gagnés ». Sait-on jamais. Peut-être que les 100 000 femmes initiées dans le monde, et qui l'ont été « habillées », ont loupé quelque chose. Aucune réponse. Une femme n'est pas mieux "initiées" un sein à l'air ... Cela me semble évident. 

Modèle Mauger - Marianne

Un rituel adapté. 

Lorsqu'une loge du GODF tente de faire des leçons de rituels, c'est tout aussi risible que lorsqu'elle se met à faire du symbolisme.  Cette sœur, témoin de cette initiation, rapporte que les frères ne portaient ni gants, ni tabliers.

L'essentiel – c'est-à-dire le minimum vital – n'était même pas respecté par cette loge. 
Par ailleurs, en sus des yeux couverts, les profanes avaient les mains attachées, pratique initiatique que l'on retrouve que dans les rituels d'adoption et qu'a préservé la GLFF du fait de son origine. On imagine aisément que cette loge du GODF a bidouillé son petit rituel. Ce qui est une habitude des « loges souveraines du GODF ». Mais passons. 

Or, dans ces rituels d'adoption comme dans celui de la GLFF, les mains sont détachées avant le premier voyage. C'est en effet une femme libre qui est initiée … Or, pour cette loge, les femmes (et les hommes) restaient attachées durant toute la cérémonie d'initiation. Comme tout est symbole, cela en dit long sur la manière dont ces femmes étaient traitées et considérées. Jamais libres … donc. 

Choisir une symbolique tirée de rituel d'adoption est aussi très intéressant de la part d'une loge du GODF . Je suis aussi curieuse d'entendre les impressions d'initiation de ces femmes relatant ce « moment merveilleux et exaltant » ! 

Un silence de trois ans. 

En mai 2013, il y avait déjà eu dans cette loge en trois ans, plusieurs initiations de femmes faits selon la même formule. Hormis cette sœur qui a lancé l'alerte, aucun frère et aucune sœur, de la loge, ou encore visiteurs ou visiteuses, n'ont alerté qui que ce soit.

Sur les trois dernières femmes initiées, l'une d'entre elles était une candidature libre. Une autre a été intégrée par son ancien prof de fac. L'initiation de la troisième était faite avec la présence de son frère, son mari et son père. Cette charmante petite famille de maçons a accepté cela sans sembler s'inquiéter pour leur fille, sœur et conjointe. De même, cette sœur souligne que ces femmes sont sorties du temple … et qu'on leur recouvrait le sein dénudé d'un voile afin de ne pas choquer les sœurs et frères vaquant à leurs occupations et amenés à traverser le couloir. Cette loge a donc parfaitement intégré l'idée que de présenter des femmes les mains attachées, les yeux bandés et un sein dénudé peut être choquant et considéré comme avilissant. Cela est le seul point rassurant. Ils n'ont pas complètement perdu la raison.

Cependant, ces frères et ces sœurs qui vaquaient tranquillement à leurs occupations dans les couloirs de Paris III n'ont-ils pas été surpris de voir ces trois femmes avec un « foulard léger » recouvrir un sein qui aurait été en toute logique normalement revêtu ? 

Trois ans sans que personne ne réagisse, c'est hallucinant. Sans qu'aucun membre de cette loge – que ce soit un frère ou une sœur – ne s'interrogent une seule seconde sur l'utilité de cette pratique est simplement insupportable. 

 

Marianne (GODF)

La réaction du Conseil de l'Ordre. 

J'ai gardé le meilleur pour la fin. Cette sœur semble avoir touché par ses échanges d'emails tant et si bien que le Conseil de l'Ordre fut contraint de recevoir le vénérable de cette loge. Cette rencontre a eu lieu le 4 juin 2013. 


Le Conseil de l'Ordre a simplement indiqué à cette loge que le « ni nu ni vêtu » ne se pratiquait nulle part pour les femmes. Il leur a conseillé d'éviter la présence de visiteurs et visiteuses pour que cela ne tourne pas au voyeurisme et de s'assurer du consentement des femmes en question. C'est tout. En aucun cas, le Conseil de l'Ordre ne s'est opposé à cette pratique perverse et relevant de l'agression sexuelle. 

Pour ces conseillers de l'ordre, le « consentement » suffirait. Or, qui peut au regard du témoignage de cette sœur affirmer que ces femmes n'ont pas subi des pressions et la menace de ne pas être initiées si elles refusaient. Personne. Qui peut dire que ces femmes avaient compris ce qui leur était demandé ? Personne. 
Parler de consentement, même oser l'évoquer, est une absurdité. Est-ce que le Conseil de l'Ordre envisageait que ces femmes signent une décharge stipulant qu'elles n'engageraient aucune poursuite judiciaire contre le GODF suite à leur initiation ? Pourquoi d'ailleurs demander un consentement – en particulier à ces femmes – alors qu'il n'est rien demandé à aucun nouvel initié en France, homme ou femme, dans aucune obédience et encore moins au GODF,  s'il n'y avait pas déjà un problème ? Par mesure « égalitaire », sûrement.

Je parle d'agression sexuelle. Cette sœur qui témoigne parle de « bizutage » … L'expression est bien trouvée. Tous les participants – y compris les visiteurs et visiteuses – risquent une condamnation pénale si l'une de ces femmes déposent plaintes contre cette loge -  y compris les conseillers de l'ordre. 


Celles et ceux qui auraient à se plaindre de ces pratiques indignes sont considérés être des « âmes sensibles ». Je fus accusée, quant à moi, de « pudibonderie » par un illustre blogueur. Rhétorique fort intéressante. Ce sont, bien sûr, les femmes toujours elles qui ont encore torts. Si elles se dévoilent de trop, elles sont jaugées et jugées… Si elles refusent et protestent contre une pratique les y obligeant, ce sont des « âmes sensibles » ou des « coincées » ! Ben voyons. Voici une bien triste illustration du « féminisme » au GODF ! 

Une loge du GODF, alertée par cette sœur qui témoigne, a déposé le sujet à l'ordre du jour du congrès régional de Paris III. Deux femmes étaient en attente de leur « initiation ». Je n'ai, à ce jour, aucune suite sur le débat d'alors. 

Conseils aux femmes non-initiées. 

Dans mes « conseils aux profanes », il m'arrive de préciser que tout ce qui peut être demandé paraissant choquant, avilissant, incongrue, … n'est pas de la franc-maçonnerie. En effet, la franc-maçonnerie est d'ors et déjà le respect de l'autre.

Ainsi toutes demandes qui peuvent être  foncièrement irrespectueuses de la personne, humiliantes et déstabilisantes, ne peuvent pas entrer dans une démarche saine et normale d'une loge maçonnique. 


Je souhaite, avec ce conseil, permettre aux profanes d'éviter les escroqueries ou les mouvements sectaires qui se feraient passer pour de la franc-maçonnerie. Obliger les femmes de se dénuder un sein parce que cela fait genre « Marianne » entre parfaitement dans ce cadre.  Il n'y a rien qui justifie une telle pratique. Rien qui autorise une loge à humilier un de ses membres ou un futur membre. 

Or, me voilà bien ennuyée avec ce conseil, il concernait des groupuscules se faisant passer pour des "loges maçonniques" pas une obédience, par une loge d'une obédience.

C'est en tout état de cause le résultat d'un vide initiatique à tous les niveaux du GODF, comme on peut le trouver dans toutes autres obédiences, que quelques uns tentent visiblement de combler se heurtant à l'incompréhension générale et à des centaines de loges et des milliers de frères et de soeurs.

Le respect des femmes n'a jamais été le fort de la franc-maçonnerie, mais là - autant dire que c'est complet !

Ce récit, même s'il demeure incomplet, est exactement ce contre quoi il faut sans cesse lutter au sein des obédiences: embrigadement, dogmatisme, ignorance  ... voir même fantasme et perversion. La franc-maçonnerie est en perte de repère. Cette loge en est l'illustration. Une illustration choquante et inadmissible. 

Les obédiences féminines et mixtes ont largement adapté le fameux « ni nu, ni vêtu » sans en retirer la portée symbolique qui pourrait perdurer et être ressenti par le/la récipiendaire. On se demande pourquoi, cette loge qui semble si bien copier un passage d'un rituel de la GLFF (sans le comprendre d'ailleurs) n'a pas copié son "ni nu ni vêtu". En effet, il s'agit de venir « humble ». Ce qui peut se faire très bien en gardant son soutien-gorge et même son pull. 


 


 

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Jean JAVANNI 05/10/2017 17:09

MA TCS, La note que tu mets ne me parait pas suffisante. Elle emploie le conditionnel : la discussion "n'aurait pas eu lieu'. Or, en tant que Président de ce Congrès, et ancien Orateur, je peux t'affirmer qu'elle n'a pas eu lieu à Paris III. Je ne sais pas quelle est la loge que tu vises, mais, je peux affirmer que ce que tu dis là ne concerne pas une loge de Paris III. Je te remercie donc encore très fraternellement de bien vouloir enlever de ton texte toute mention de Paris III, ou de reproduire mon commentaire dans le texte. Très fraternellement, Jean Javanni.

JP Bouyer 05/10/2017 11:52

voir à ce sujet :
http://mvmm.org/c/docs/eon.html#v

CROZE 22/09/2017 17:25

Nous serions le 1er avril...Je reste troublé par la teneur des courriels joints au propos. On imagine guère qu'ils puissent émaner de F. M. tant ils trahissent un analphabétisme profane autant que maç..J'incline au final pour un canular...

La Maçonne 22/09/2017 22:39

Ce n'est pas un canular.

Jean JAVANNI 21/09/2017 17:01

Ma TCS rédactrice de cet article, Je tiens à préciser que, contrairement à ce que tu affirmes ici, la loge concernée n'est pas de la Région Paris III, et que, donc, le Congrès de Paris III n'a jamais eu à débattre de cette question. Je te remercie donc de bien vouloir modifier ton article qui repose sur de fausses informations, et enlever la référence au Congrès de Paris III. Bien fraternellement, Jean Javanni, Président du Congrès des Loges de Paris III.

La Maçonne 22/09/2017 22:40

J'ai ajouté une note dans mon article pour apporter cette précision supplémentaire.

Ronan LOAEC 19/09/2017 19:47

Et hop! On ressort un exemple totalement choquant et inadmissible vieux de plus de quatre ans et qui est un cas unique pour le monter en épingle…
J'ignore d'où vient cette faribole selon laquelle le VM aurait été reçu au CO et aurait été autorisé à poursuivre dans cette voie car, au CO, j'y étais à cette date et je me souviens parfaitement de ce scandale.
Lorsque les faits ont été portés à notre connaissance, nous avons unanimement été choqués et avons mis immédiatement le holà à de telles pratiques.
Enfin, sans m'avancer outre mesure, je reste persuadé que la forme de cette initiation scandaleuse a été programmée par de chauds opposants à la mixité… Un pétard mouillé, mais qui restera une flétrissure morale pour ceux qui l'ont imaginé et osé mettre en œuvre!

La Maçonne 22/09/2017 22:43

Et bien ... Tu y arrives ! C'est en effet ce qui me semble en première analyse que des frères du GODF contre la mixité et la présence des femmes s'infiltrent comme fondateurs de loge ou membres de loges mixtes, soit pour "saboter", soit pour "dégoûter" les soeurs pour les faire partir, soit pour les contrôler ... Ici, on est dans un cas extrême (enfin j'espère qu'il n'y a pas pire ...). Or, c'est tout aussi vrai pour ce qui est des brimades que certaines soeurs ont à supporter.

Arsène 19/09/2017 17:14

Quelle honte!
Pourquoi ne pas donner le nom de la loge
Qu'ils assument ces faux féministes, que diantre!

Marianne 19/09/2017 15:07

Mes TCF et TCS,
Je trouve que ces témoignages sont pour le moins choquant. Ils me touchent d'autant plus que je suis une femme, initiée au GODF début 2012.
A la veille de mon initiation, oui, une de mes craintes avaient été de devoir me présenter dénudée. Sur ce point, j'avais à plusieurs reprises posées des questions. Fort heureusement, on m'avait donné des garanties. Sinon, très clairement, j'aurai refusé l'initiation. Et pourtant j'ai délibérément choisi le GODF, un ordre qui s'ouvrait sous conditions à la mixité (à ce jour, je ne regrette absolument pas mon choix, bien au contraire). J'aurai refusé pas uniquement par pudeur, mais surtout parce que je ne vois absolument pas ce que cela peut apporter à un tel changement de vie, à cette mort symbolique qu'est l'initiation.
Et disons le tout de suite, je déteste ces initiations qui visent à humilier le récipiendaire avec les cordes, les chaînes et tout le toutim d'un autre temps ! On retrouve dans ces pratiques un côté vicieux, consistant à faire subir à d'autres ce que de vieux frères auraient subi dans leur jeunesse. Combien de fois ai-je entendu "de toute façon, les apprentis sont là pour en ch..." Non, désolée, nous travaillons à l’amélioration matérielle et morale de l'humanité. Nous ne sommes pas là pour assouvir les penchants sadiques de certain(e)s. Cela commence par porter du respect à chacun, et à soi-même !
De même, beaucoup de loges restent régies par un dress code strict : costume, cravate, voire noeud pap... Ces vêtements permettent-ils de mieux travailler sa pierre brute ? La fraternité passe-t-elle par une reconnaissance de tailleurs ou de marques vestimentaires ? Évidemment non !!! Je reste consternée par les débats stériles que peuvent susciter des bouts de tissus. Que chacun pense à mettre une cravate et à venir en costume pour assister non à une initiation, mais à une agression à caractère sexuelle... Affligeant ! et tellement éloigné de l'idéal maçonnique.
La véracité faits décrits ci-dessus méritent d'être approfondie. Ces pratiques étant inacceptables, le Conseil de l'ordre devrait tout bonnement les interdire ! "Des maçons libres dans une loge libre", la formule doit se comprendre comme l'immense responsabilité qui pèse sur chacun d'entre nous pour veiller au respect des personnes et des rituels. Rien d'autre.
J'ai dit

La Maçonne 19/09/2017 20:04

Pour répondre à la dernière partie, je suppose que suite au congrès régional ces pratiques ont été stoppées. Je n'ai pas réussi à avoir l'info me le confirmant. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai planqué les noms des loges (celle qui est en cause et celle qui a mis les pieds dans le plat)

La Maçonne 19/09/2017 19:33

Je suis 100% d'accord avec toi. J'ai été experte et suppléante... une vraie maman-poule! Bref pour certaines une vraie catastrophe !
C'est parfaitement inutile d'en rajouter ... c'est déjà assez compliqué avec les yeux bandés. J'ai tellement entendue pleurer ma jumelle qu'en fait je cocoone ... Je pense que beaucoup y trouve une forme perverse de gérer leurs frustrations ...et cela en dit long sur les personnalités.

Lionel MAINE 19/09/2017 15:02

Au R.E.A.A, la formule exacte est : "Ni nu, ni vêtu (certes , mais ce qui suit est fondamental), mais dans un état décent".
Tout est dit dans le rituel et, cette contrainte à l'exhibitionnisme ne peut provenir que de "Frères" un peu dérangés.
En outre, si arguer de la sacro-sainte "souveraineté des Loges" doit permettre ce genre de délire, il vaudrait mieux reconsidérer la Constitution du grand Orient de France.

La Maçonne 19/09/2017 19:56

Merci pour l'indication que j'ignorais.
Je dois t'avouer que je n'ai pas trop compris. Que un ou deux, ou même trois "dérapent" ...mais toute une loge.
Bien sûr, comme précisé dans cet article, des frères et soeurs d'autres loges du GODF ont mis le sujet sur la table d'un congrès. Souveraineté des loges ou non.