Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
La Maçonne

La Chaîne d'Union n°88 (avril 2019). 

Ce numéro de la « Chaîne d'Union » semble ouvrir une nouvelle ère pour cette revue du GODF (Grand Orient de France). Suite à la démission collective de l'ensemble du comité de rédaction en avril 2019 (lié à un conflit d'autorité avec l'actuel grand maître du GODF), il semblerait que cette célèbre revue soit reprise par le musée de la Franc-maçonnerie, tout au moins une partie de son équipe.  Son rédacteur en chef est Pierre Mollier, remplaçant Frédéric Fritscher et Jean-Louis Validire. 


Ce numéro s'ouvre sur une « chronique de Pierre Rabaté », visiblement une nouvelle rubrique qui risque de s'ouvrir. Celle-ci s'intitule : « la vie en loge à la lumière de la pensée de Pascal ». Qu'en dire ? Pascal m'a inspiré, il y a quelques années un texte intitulé « le Passant ». 
Ainsi, je peux comprendre la fascination de Pierre Rabaté pour ce philosophe ; son style et sa profondeur.  Cependant, l'usage des « Pensées » de Pascal, qui militait pour une croyance absolue en Dieu et à une intégration du religieux dans tous les moments de la vie, détestant sa propre personne car seul dieu ne saurait autant l'aimer, pariant sur cet amour divin, relève d'une étrangeté pour une revue et une obédience qui se veut laïque. « Les actes de foi du franc-maçon » devrait être le sous-titre de cet article ou « sa conversion ». A quelque part, cela revient au même. Doublement surprenant qui relève d'une question que l'auteur ne pose pas : est-ce qu'un frère ou une sœur a besoin d'être converti en franc-maçon ? La question est, bien entendu, ouverte. 

Le dossier de ce numéro de la « Chaîne d'Union » a pour thème « la vie symbolique en loge » qui s'ouvre avec un article de Roger Dachez, qui nous explique ce que nous savions déjà :  nos symboles ne sont pas des exclusivités maçonniques. 

Discutez des origines de nos symboles – pour Roger Dachez ils seraient chrétiens – est certes intéressant mais, finalement, l'intérêt de cet article n'est pas là. La symbolique chrétienne – plus exactement catholique – a des origines diverses : locales (régionales) d'une part ou reprenant une symbolique d'autres religions comme le manichéisme, méconnu et mal aimé, ayant pourtant influencé la pensée religieuse en Afrique, Asie et en Europe, durant le IIIème siècle (après JC) ou encore le mithraïsme (LE concurrent de l'Eglise de Rome) en Europe. 
Ainsi, voir dans les tétramorphes, des divinités secondaires mésopotamiennes (appelées des génies familiers, ancêtres des « génies » - comme celui de la lampe d'Aladin) n'est pas complètement idiot et surtout pas complètement faux. Faire un parallèle avec les miniatures des moines catholiques et les « élus » de Mani n'est pas non plus un délire. On sait que Roger Dachez n'est pas un historien des religions. Ainsi, il est inutile de débattre là-dessus. L'intérêt de cet article tient à rappeler non pas l'origine des symboles mais l'origine du symbolisme et sa signification française. 
 
L'étude symbolique, comme nous aimons l'appeler aujourd'hui, a pour père Oswald Wirth, secrétaire de Stanislas de Guaïta. Roger Dachez le dit « sulfureux ». Je dirais – puisque le personnage est bien connu dans ma région – original, ayant redécouvert et remis au goût de son époque le martinisme et ses apôtres. 
Si Roger Dachez cite ces livrets d'instruction – qui sont pour le 1er et le 2ème degré une œuvre collective de sa loge – , je vous invite à lire son  œuvre majeure « Le tarot des imagiers du moyen-âge » (1927) non pas pour son contenu mais pour la démarche particulière. Le tarot qu'il étudie n'a rien à voir avec le Moyen-Age et ses hypothétiques imagiers, mais avec lui – seul – ayant redessiné le Tarot de Marseille et en donne des clefs d'interprétations quelque peu capillotractées. Ces études sont les parfaites illustrations – si j'ose dire – de ce qui est pratiqué aujourd'hui en loge. Croyez-moi, à leur seule lecture, cela vous soignera d'un certain type de symbolisme. Justement, puisque j'y suis : « Symbolâtrie et symbolisme » de Jean-Charles Nehr semble continuer la réflexion de Roger Dachez. Il est curieux d'ailleurs que les deux textes ne se suivent pas. De Oswald Wirth, on passe à Jules Boucher. Rien de plus, rien de moins. Par chance pour notre auteur, qu'il respire, Jules Boucher n'est pas de ma région – et finalement en dehors de son livre « LE Boucher », supplanté depuis quelques années par les Irène Manguy  - on ne sait presque rien de lui. 
Il pratiquait la magie et se faisait appeler Phoebus dans certains cercles – d'ailleurs très vraisemblablement les mêmes que Wirth. L'idée générale est que la symbolâtrie est de croire que l'étude du symbole conduit nécessairement à la Connaissance et à déceler quelques lumineux mystères. Jean-Charles Nehr a le dent dure pour les pauvres francs-maçons les accusant de perdre tout sens critique dès lors qu'il s'agit de symboles, avalant n'importe quelle serpent à sornette. Alors, c'est quoi le symbolisme selon Jean-Charles Nehr ? Vous le saurez en vous procurant ce numéro de la Chaîne d'Union. 

Ce dossier ne serait pas complet si je ne citais pas deux excellents articles, l'un de Gaël Carnini « Du Temple de Salomon au Temple de l'Humanité » et l'autre de Jean-Luc Le Bras « Variations autour du silence en Maçonnerie, hier et aujourd'hui ». 

Ce numéro de la « Chaîne d'Union » ressemble à d'autres qui ont été publiés dans le passé rassemblant des historiens autour d'un thème commun. J'aimerais croire que cette formule ne devienne pas la nouvelle ligne éditoriale de cette revue, qui ferait de la Chaîne d'Union une revue d'histoire maçonnique de plus. 

En attendant, n'hésitez pas à vous procurez ce numéro et les précédents sur le site Conform Edition en cliquant ici.  

 


 

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Peter Bu 28/07/2019 16:51

Il me semble que les symboles sont un outil formidable, à côté de la langue rationnelle et une troisième langue dont l'homme dispose, à savoir l'art. Ces trois moyens de réflexion et d'expression sont complémentaires.
Puis-je me permettre de vous inviter à lire un peu plus sur cette question « Le mot, l'art et la pensée symbolique » http://call-of-bratislava.com/fr/reflexions.html?id=45