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La Maçonne

Chaîne d'Union n°91 – un article militant pour l'anthroposophie ?

J'ai toujours considéré que le tarot [marseillais] était un excellent exercice d'étude symbolique que tout apprenti franc-maçon devrait faire. En effet, tout y est : couleurs, formes (image), nombre et nom. De quoi s'éclater dans la symbolique du jaune et du pied de table … J'appartiens, comme vous le savez, à ce courant très minoritaire qui considère que l'étude symbolique n'est pas une fin en soi mais est nécessaire, voir obligatoire, en tant que méthode pour traiter tous les sujets. Les deux courants largement minoritaires font, pour l'un, une fin en soi quasi-religieuse et pour l'autre, une douce occupation par laquelle il faut passer (très vite). Lorsque j'ai découvert le dossier du dernier numéro de la « chaîne d'union », « le tarot, un univers de symboles », j'ai doucement rigolé. Il y a, en effet, deux pièges dans ce type de sujet : faire un article tiré d'un bouquin sur la cartomancie vendu en supermarché (j'en possède un depuis moult années) ou faire de la fumette de canapé sans même avoir un chat pour vous rappeler à de dures réalités comme remplir sa gamelle de croquettes. Devinez quoi, ce dossier est tombé dans les deux pièges en deux articles. 

Pour la version supermarché, vous pouvez lire celui signé par Céline Bryon Portet qui tente de trouver  un rapport entre le tarot et la franc-maçonnerie. Elle nous explique que le bateleur représente l'apprenti, le diable « la part obscure de l'homme qui sommeille en nous et qui ne demande qu'à se réveiller ». Le Mat évoque lui l'apprenti qui est « soumis à une longue période de silence et qui attend de pouvoir recouvrer la parole » et, bien entendu, l'Ermite est « le cherchant et le veilleur » …. Quant à l'Etoile, c'est bien sûr, l'étoile à 5 branches du 2nd degré … Le piège se referme avec le Cavalier d'Epée – dont Céline Bryon-Portet vente le courage et la quête de justice qu'elle fait coïncider avec les « Ordres de Sagesse ». Elle a oublié qu'avec l'Epée, groupe d'arcanes mineurs, il y a la Reine, le Roi, et le Valet. Sans faire de mauvais esprit, je ne vois pas pourquoi le cavalier d'Epée serait plus en quête de justice que la Reine. C'est pas du sexisme cela ? 

Cet article est bien gentil et, finalement, Céline Bryon-Portet illustre une maladie bien connue : vouloir faire de la franc-maçonnerie le centre de tout ou tout termine par converger -  y compris une carte de Tarot. Hélas, dans ce cas, ce n'est pas très brillant. 

Quant à la rigueur des recherches, on pourrait aussi s'interroger sur quel jeu de tarot, Céline Bryon-Portet base ses réflexions ... L'histoire ne le dit pas. Si elle avait été un peu curieuse, elle aurait découvert l'existence de plusieurs jeux de tarot absolument passionnant, comme cet étonnant "tarot des Templiers" dont vous trouverez le Bateleur à gauche. 

L'autre article, on le doit à Lila Vautel. Elle a trouvé LE bouquin qu'il fallait trouver dont le titre est « Méditations sur les 22 arcanes majeurs du Tarot », écrit Valentin Tomberg. 
« L'auteur s'intéresse, nous explique-t-elle, aux symboles et quintessences, aux archétypes des cartes, aux principes cosmiques illustrés par le tarot ».

Tout un programme. La suite va, certainement, avec sa lecture de ce précieux ouvrage : hermétisme, extase mystique (chrétienne), et union avec le divin. De quoi, effectivement, préférer aller boire un verre. 

Excusez mon ignorance, mais j'ignorais jusqu'ici qui était ce Valentin Tomberg. D'ailleurs, Lila Vautel ne nous en dit pas grand chose. C'est pourquoi, quelque peu médusée par ce curieux article, j'ai mené mes recherches munie d'un chapeau en papier alu – il va de soi – pour me protéger de quelques ondes négatives et extra-terrestres. 

Né en 1900, d'origine Russe, protestante, Tomberg se convertira au catholicisme tardivement – sans que personne ne présente la preuve d'une telle conversion. 
Tomberg fait parti de ces hommes de ce début du 20ème siècle qui deviendront tour à tour théosophe (jusqu'en 1920), martiniste ou rose-croix (initié par  Grégoire Ottonovich Mëbes) puis et surtout anthroposophe, élève et proche de Rudolf Steiner. Il fut d'ailleurs dès 1932 le secrétaire général la société anthroposophe de l'Estonie.  Au 18ème siècle, on aurait dit de lui qu'il était un « aventurier ». Aujourd'hui, on dirait qu'il était un opportuniste. 

Si l'auteure avait quelques recherches de base, elle saurait que Rudolf Steiner est le  père de l'anthroposophie. Il fut théosophe – et d'ailleurs sera fondateur après sa rencontre avec Annie Besant en Angleterre de la section théosophe allemande en 1902. Il sera, bien entendu, franc-maçon quelques années plus tard – et intégrera le Rite Memphis-Misraïm (la version 99 degré) sous l'égide de John Yarker, succédant à Garibaldi. Il n'y restera pas longtemps et s'en défendra par la suite. 

Si on ignore la relation au nazisme de Steiner, étant décédé en 1925, bien que certains auteurs soulignent son racisme, il apparaît que bons nombres d'anthroposophes ont largement contribué à la dimension spirituelle  du nazisme. On peut ainsi citer pour exemple Gregor Schwartz-Bostunitsch  ou Weleda qui fournira plusieurs produits aux camps de concentration pour des expériences. 

Il est cofondateur de la fameuse méthode d'éducation Waldorf-Steiner, toujours controversée.   
L'anthroposophie est un mouvement occultiste qui prend ses sources à la théosophie, aux mouvements rose-croix,  au bouddhisme, à l'hindouisme, et au christianisme. 

 Quoique l'on puisse en penser, l'anthroposophie est toujours une question d'actualité. Vous pouvez lire ici cet article de Sciences et Avenir (clic) ou encore de Charlie Hebdo sur le curieux rapport anthroposophique à la médecine conventionnelle (cela se passe ici)

Quant aux fameuses écoles, on peut parcourir les nombreuses études (à charge d'ailleurs) sur l'anthroposophie et la pensée Steiner sur ce site ou encore lire cet article de « La Croix » publié en 2018
L'anthroposophie n'est pas un ésotérisme lointain et anachronique mais une réalité contemporaine, une religion – qui n'a plus grand chose à voir avec l'ésotérisme – qui tente d'imposer sa vision du monde, le modélisant, à la médecine ou encore à l'éducation. 

Tomberg est considéré comme un anthroposophe qui associe à cette pensée le catholicisme – et plus exactement l'aspect sombre et caricatural du catholicisme. L'infaillibilité du Pape, Opus Déi ou encore « Protocole de Sion » sont ses références cultuelles catholiques. Il est d'ailleurs accusé d'infiltrer le catholicisme par une approche anthroposophique et inversement – d'infiltrer l'anthroposophie par approche « jésuite ». Entre vous et moi, de savoir qui infiltre quoi n'est pas vraiment mon débat, mais il restera anthroposophe ayant rédigé des études anthroposophiques sur l'Ancien et le Nouveau Testament. 

Le site qui lui est dédié le présente ainsi  : 
« Tomberg reçoit spirituellement la mission de s'engager au sein de l'Église catholique et s'applique à cette tâche. Il faut mentionner ici qu'aucune preuve n'a été trouvée pour prouver qu'il est effectivement entré officiellement dans cette Église. Il s'est placé dans le courant catholique comme un esprit libre et a offert à cette Église un fondement ésotérique façonné de sa propre essence dans son œuvre «Méditations sur le Tarot». Cette œuvre prend sa source dans le christianisme pré-chrétien de l'Égypte ancienne, inauguré et inspiré par le grand Hermès Trismegistos . Tomberg lui-même a décrit sa contribution comme ajoutant « la dimension de la profondeur» à l'Église catholique moderne. Il choisit d'écrire l'ouvrage sur le Tarot en français car la tradition hermétique avait survécu le plus longtemps dans le courant de cette langue. Le livre est apparu de manière anonyme dans une traduction allemande de Mme von Hippel dans Anton Hain Verlag, Meisenheim am Glan, 1972. Tomberg indique que cette œuvre a sa source dans des domaines au-delà de la raison humaine, pour ainsi dire "au-delà de la tombe". atteint et s'adresse à «l'ami inconnu» (le lecteur). Plus tard, une version française apparaît à Aubier, Paris, malheureusement, cependant, sous une forme modifiée. Entre-temps, de nombreuses versions sont apparues »

Ainsi, contrairement à ce qu'avance Lila Vautel, ce livre a été écrit en français pour une première édition en France,  car il estimait -  sans aucune humilité expliquent ses opposants - être le maillon manquant de la tradition hermétique française. 

L'admiration de Lila Vautel pour Tomberg et son « oeuvre » est réelle. Elle n'émet d'ailleurs qu'une seule critique : 
« On trouve tout au long de ces Méditations d'autres théories qui, si elles peuvent paraître scientifiquement douteuses, témoignent de l'optimisme et de la bienveillance de Tomberg» 
Et de continuer sans aucune transition : 

« Quelques passages sont ainsi consacrés aux anges, plus particulièrement, à nos anges gardiens, ceux qui accompagnent chacun d'entre nous, qualifiés du « nuages lumineux de l'amour maternel ». Ainsi, en bien des points la lecture de cet ouvrage est une expérience réconfortante tant il irradie de sensibilité et de chaleur. Qui plus est on ne peut nier la virtuosité tant intellectuelle que stylistique de son auteur. Certains des principes auxquels il engage le lecteur sont plutôt séduisants : la nécessité de pratiquer un jardinage intérieur, par le biais d'exercices spirituels ou de la médiation, de s'entraîner  à la concentration, la purification et l'humilité. » 

Ce passage sur les anges gardiens est une parfaite illustration de  l'absence de prise de recul de l'auteure. Si Lila Vautel a parfaitement le droit de croire qu'elle a un ange gardien à son service, il faut qu'elle accepte l'idée – certes complètement folle – que la majorité des individus n'y croient pas. 
D'ailleurs tout son article est une série d'énoncé du même type : l'hermétisme n'est plus une pensée mais une croyance dans laquelle le doute n'est pas permis. 

D'ailleurs, si on lit correctement cet article, on peut se demander si elle comprends vraiment ce qu'elle écrit.  En effet, on peut ainsi lire : 
« S'inspirant des sciences kabbalistiques, l'auteur tente de les assimiler à la doctrine chrétienne, d'interpréter la sagesse hermétique et kabbalistique via la pensée biblique. » On n'est pas sorti d'affaires, dites-moi. 
Il aurait été utile que l'auteure donne la définition de l'hermétisme pour Tomberg, même si elle tente de mettre en avant quelques « grands noms » un peu absents – dit-elle – de l'ouvrage de Tomberg. 
Cela n'empêche pas de présenter un Tomberg parfaitement anti-lumière : préférant Papus aux auteurs du 18ème siècle « qui ne lui ont rien appris ». Ceci dit en toute humilité, je présume. 

Pour ce texte, le croyances nécessaires pour être convaincu est une longue liste : à part les anges gardiens, il y a  la gnose (laquelle?), la magie (laquelle?), l'âme (OK, là on sait laquelle), la transcendance (oui, tout le monde ne croit pas à la transcendance), l'immortalité de l'âme, la réincarnation (thèse parfaitement anthroposophique d'ailleurs et guère catholique qui se contente de résurrection), de démons et même de fantômes … 

On peut y trouver un des concepts de la médecine anthroposophique présentant une nature bonne (de nature divine) et une autre mauvaise (le serpent), la rencontre des deux seraient la cause des maladies. 
« Même pour un ouvrage écrit à la fin des années 1960, on peut remettre en question les fondements scientifiques de telles théories. Il y a de quoi faire lever le sourcil aux plus rationalistes des lecteurs. »

Nous explique quand même Lila Vautel – on sourira à l'évocation des années 60 comme s'il s'agissait d'une période obscure de l'histoire mondiale … Ce n'est pas tout à fait le Moyen-Age, non plus. Elle continue : 
« L'auteur ne prend pas la peine d'étayer ses certitudes par quelques faits que ce soit mais plutôt par ce qu'il qualifie de « logique morale » et de la force de ses séduisantes envolées de style ». 
Et c'est tout … 

 

Pour un concept qui conduit à interdire la vaccination  des enfants, soigne le cancer avec du gui ou encore considère que nous aurions une dette karmique qui se manifesterait par une maladie …, c'est un peu maigre. 
Concrètement, le délire de Tomberg, appelé « logique morale », c'est refuser la médecine traditionnelle pour lui préférer une tisane, de révéler son sens artistique (dans son lit de mort, c'est mieux) et de croire en la réincarnation. C'est juste criminel. Mais pour Lila Vautel, ce serait être un peu trop rationaliste et on se devrait d'apprécier les envolées lyriques de Tomberg. Soit. 

En réalité cette notion du « mal » - de cette nature mauvaise – est un peu plus complexe que voudrait nous faire croire Lila Vautel. Là encore, c'est affaire de rigueur. 

En théosophie, le mal n'existe pas et serait même une nécessité, une source de progrès. Rudolf Steiner a repris cette notion. Influencé par « La Doctrine Secrète » de Blavatsky  l'anthroposophie repose sur l'idée de réincarnation de la Terre et de l'Homme, tout en incluant à ce système une évolution dans des cycles. Steiner définit, se référant à divers traités de démonologie, [et c'est à ce moment de cet article que je me dis, qu'un jour vraiment, je vais devoir traiter le sujet plus complètement], une hiérarchie démoniaque agissante sur Terre. A partir de 1909,Steiner établit une polarité du mal, représentée par le couple Lucifer (origine chrétienne) et Ahriman. Steiner distingue de plus en plus précisément les deux types de forces : Lucifer est selon lui « la puissance qui excite dans l’homme toutes les exaltations, tous les faux mysticismes, l’orgueil qui pousse l’homme à s’élever au-dessus de lui-même », tandis que « Ahriman est la puissance qui rend l’homme aride, prosaïque, ‘philistin’ – qui ossifie exagérément les corps et qui entraîne l’homme aux superstitions matérialistes » 

Ahriman confèrerait aux êtres humains une intelligence froide.  Il serait la cause des maux divers comme : instituer l’hégémonie de l’argent,  couper l’être humain de l’esprit en le cantonnant dans des raisonnements purement intellectuels, insuffler chez les hommes « un intérêt très vif pour tout ce qui est minéral et matériel, et plus encore, pour ce qui apparaît sous la forme de mécaniques, de machines » … Ainsi, l'évolution technologique, la science , la médecine contemporaine seraient œuvre du diable … On n'aime tout d'un coup bien moins. 


Pour la santé, Steiner estime que Ahriman provoque des cancers ou encore des maladies du métabolisme. Sous Lucifer, autre mal définit par Steiner, les humains seraient des mystiques exaltés, sombrant dans l'irrationnel. 

Comme un train peut en cacher un autre, et que l'on peut se demander par quel démon Steiner a été mordu, il a en trouvé un troisième  « Sorat » : démon du Soleil, agissant par cycle de 666 années ….faisant coïncider un catholicisme authentique, la mort des templiers et selon lui, en 1998, il craignait des attaques de l'anthroposophie et l'usage de la magie noire, c'est-à-dire une réincarnation du mal.  C'est aussi l'anti-christ, l'ennemi des chrétiens authentiques. 


 

L'humain, en sus de devoir combattre pas moins de trois démons, touché par des maladies du fait de ses manquements personnels, construisant un monde matérialiste basé sur les sciences et la technologie, est censé préparer la réincarnation de Bouddha, qui – comme on s'en doute – ne pourra se faire que lorsque le monde, l'humanité toute entière, aura trouvé son équilibre. On imagine : éliminer la science et la technologie, - la médecine – former des jeunes esprits à l'ésotérisme pour qu'ils vivent adultes tournés vers la seule foi … 
L'anthroposophie est, de fait, foncièrement prosélytique. C'est tout l'intérêt des écoles Steiner qui ne peuvent que former des enfants qui prépareront un monde prêt à recevoir la réincarnation de Bouddha et/ou du Christ, appelé Boddhisatva. Pour comprendre ce que cela signifie, je vous invite à lire le texte de cette conférence ici

Or, dès lors qu'une forme de mystique prévoit d'asservir toute l'humanité pour préparer l'avènement d'une entité meilleure ou d'un renouveau majeur, il ne s'agit plus d'ésotérisme – l'ésotérisme n'est pas prosélytique, n'est pas apocalyptique ou encore ne se veut pas imposer un point de vue à la masse (au contraire) – mais il s'agit là d'une d'un dogme.   
On peut lire le blog de Georges Perra pour s'en rendre compte. Il y raconte son expérience ayant intégré une école Steiner dès son enfance, y devint à l'âge adulte professeur et termina par quitter les anthroposophes et leurs sociétés. Quelques témoignages plus tard, des actions en justice contre lui toutes déboutées, la justice n'a toujours pas condamné l'anthroposophie pour dérives sectaires – et on sait, d'expérience – que notre système judiciaire est fait pour que cela ne soit pas possible, la définition de « secte » étant aussi nébuleuse qu'une secte. 

De même, selon moi, on paye les dérives – là de la Miviludes – qui a accusé de sectarisme un peu tout et n'importe quoi sans savoir l'étayer entre 1995 et 2000. C'est d'ailleurs la même histoire qui se répète en 2018  (source)
En effet, la Miviludes a préféré faire comme elle sait très bien faire : valider une compétence (ici médicale) sans savoir en démontrer la dangerosité et ce qui en constitue une dérive sectaire. Je m'explique, ce n'est pas parce que boire une camomille tous les soirs n'est pas validé par la science comme un substitut possible à l'usage de somnifère qu'inviter un tiers à préférer la camomille (plutôt que prendre un somnifère) fait qu'il existe une « dérive sectaire ». C'est interdire l'usage de somnifère sous des prétextes « ésotériques », « religieux » ou plus largement spirituels comme une dette karmique et imposer une tisane de camomille, comme unique soin à l'insomnie, qui constitue la dérive sectaire. C'est à dire, plus drastiquement, interdire l'accès aux soins à des tiers et empêcher un choix aux soins, user de pressions, d'arguments pseudo-spirituels, abuser de faiblesses et de la naïveté, de la peur (de la maladie, du démon, etc) qui fait qu'il s'agit d'une dérive sectaire. 
C'est aussi proposer et écouler des produits impropres à certains soins, comme des ampoules de gui à injecter dont la vente est interdite en France, présenté comme soin contre le cancer, qui est préjudiciable – de l'escroquerie certes – et montre la dangerosité d'une telle médecine. Sciences et Avenir a mené une enquête concernant la vente de ce produit par les laboratoires Weleda. L'article date de mai 2019.  

Ainsi donc, alors que le débat est loin d'être clos – il paraît étonnant de voir publier un tel article dans la revue la « Chaîne d'Union » et non pas sur un site d'illuminés que l'on trouve d'ailleurs très facilement sur internet. Et je suis sympathique, les sites d'illuminés proposent à notre lecture des illuminations d'un bien meilleur niveau. 

Je ne reproche pas que l'on tente de faire une étude sur cette pensée – aussi délirante soit-elle – mais comme vous l'avez compris je reproche à l'auteure – et donc à la Chaîne d'Union qui est responsable de ce qu'elle publie -  le manque de rigueur, de recherches et surtout d'honnêteté de Lila Vautel. 
 La « Chaîne d'Union » est censé être une revue maçonnique – et non pas anthroposophique – qui est connue pour le sérieux de ses études et réflexions s'adressant à un public assez large et hétérogène de maçons laïques. 

Si la « Chaîne d'Union » a parfaitement le droit de traiter de n'importe quoi, il est indispensable de le traiter avec le recul nécessaire,  et bien entendu de faire les recherches utiles sur tel ou tel modèle de pensée, ses origines ou encore sa dimension sectaire ou encore polémique. En somme si on peut traiter de n'importe quoi, il est nécessaire et obligatoire de prendre les précautions nécessaires pour apporter un éclairage complet et objectif. 
Lila Vautel n'est pas objective – c'est le moins que l'on puisse dire – et surtout est malhonnête, à moins qu'elle soit juste stupide – faute d'avoir fait les recherches nécessaires – elle est tombée dans le piège «  Tomberg » sans être en mesure de mettre en marche son esprit critique. 
Malhonnête, parce qu'elle ne cite même pas Rudolf Steiner qui a pourtant été un de ses proches et qui est une référence incontournable de Tomberg. Si elle évoque l'anthroposophie et la présidence en Estonie, elle le présente comme un « penseur chrétien » ! Jamais, elle n'associe Tomberg à Steiner – comme elle n'évoque l'actualité et les polémiques liées à la médecine anthroposophiques. Ce qui serait un minimum face à un tel sujet. 

 
Toutefois, dépassant les nombreuses croyances nécessaires que le lecteur moyen est censé avoir pour appréhender cet article, (voir ma liste plus haut), n'importe qui est en droit  de s'interroger sur le sens d'un tel article dans cette revue. En effet, rien ne justifie sa publication. Il est médiocre. Il n'y a rien dans son apport intellectuel du fait des lacunes de l'auteure, ni dans le sujet traité – en même temps, cela peut intéresser quelqu'un - , ni même encore dans son style littéraire. Elle salue celui de Tomberg, mais il aurait été heureux qu'elle nous cite un passage ou deux, histoire que l'on juge …parce qu'entre vous et moi, personne ne compte la croire sur parole .... 

C'est, bien évidement, cette imprudence à publier un tel texte qui paraît suspect. 
 

Le GODF serait-il devenu le nouveau repaire des anthroposophes comme dans le passé la franc-maçonnerie fut largement infiltré par les théosophes avec Annie Besant et ses alliés ? Après tout, il y a des liens très étroits entre la théosophie et l'anthroposophie qui n'en est finalement qu'une continuité. 
Est-ce que le passé de la franc-maçonnerie en France ne nous sert-il pas de leçon ? Est-ce que la franc-maçonnerie en France n'a pas assez souffert des délires théosophes ? Sont les principales questions que soulèvent cet article à l'égard de la Chaîne d'Union. 

Le Tarot est un sujet extrêmement vaste qui pouvait permettre une multitude d'approches différentes. Le GODF compte quelques 50 000 membres – et parmi eux, il devrait avoir des esprits sérieux, rigoureux et de bonnes plumes qui pouvaient proposer un article plus sérieux sur un tel sujet. Et la « Chaîne d'Union » n'aurait que cela à mettre sous presse ? D'ailleurs, depuis plusieurs numéros, on trouve peu ou prou les mêmes contributeurs dont Lila Vautel. 

Ainsi, mis bout à bout, il y a de sérieuses questions concernant la gestion de cette revue – et j'émets l'hypothèse que l'actuel comité de rédaction à force de jouer un « entre soi »  est en train de faire perdre à une revue historique toute sa qualité initiale.

Pour rassurer les lecteurs, on trouve, malgré ces deux contributions, celles, excellentes, de Jean-Michel Mathonière, Francis Lermenier, ou encore Patrick Lepetit, ainsi qu'une interview intéressante de Gwenael Beuchet du Musée de la Carte à Jouet d'Issy les Moulineaux qui organise une exposition spéciale. J'espère que l'épisode Lila Vautel ne sera qu'un accident et que la Chaîne d'Union saura se trouver des contributeurs et contributrices, pour son prochain numéro, proposant de quoi éveiller l'intérêt de toutes et de tous. 


 

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Manolaya 06/02/2020 12:13

Très chère et bien aimée Sœur.
Ainsi que tu le disais, il serait bon que les apprentis(pourquoi les apprentis seulement)devraient
étudier le symbolisme, du tarot par exemple?
Une question, qui en a les clés de lecture?
Bien entendu il y a de quoi (rigoler) comme tu le dis, au sujet de l'interprétation du Tarot, je te ferais remarquer qu'il en va de même en ce qui concerne la maçonnerie.
Qui c'est posé la question, pourquoi l'apprentis à trois ans, le compagnon, cinq et le Maître, sept et plus?
Le tarot de Marseille est hermétique tout comme la Maçonnerie, celui qui n'en a pas les clé est aveugle, fait qui répéter comme un perroquet ce qu'il a lu et entendu.
Le malaise qui frappe la Maçonnerie de puis des années, est le manque de réponses aux questions fondamentales, et à l'ignorance de la plus part de nos Frères et Sœurs.
Des luttes d'influences et de la cupidité de certains.
Trop de Frères et de Sœur, s'attachent à tailler la Pierre de leur voisin, plutôt qu'à tailler la leur.
La Maçonnerie n'est pas un club service, où chacun donne son avis et voudrait faire une Maçonnerie à son image. La Maçonnerie a ses usages et sa règle, que bien entendu beaucoup prennent par dessus la jambe.
On est reçu Maçon ou Maçonne, pour perdre quelque chose et non pour gagner quelque chose.
En Maçonnerie on y entre pour faire mourir le vieil homme( la personne sociale) et non pour l'exacerber.
Je suis peiné de constater, ce qu'est devenue notre belle Maçonnerie, les trois B, qui ne devaient pas y avoir accès, en sont devenus les pensionnaires.
Les trois B, pour ceux qui ne les connaissent pas, sont , les bigles, ceux qui servent plusieurs maîtres, les boiteux, ceux à qui on ne peu faire confiance, et les boiteux, ceux qui sont indécis et ne suivent pas la voie. En effet, il faut comprendre et étudier le symbolisme.
Affection fraternelle
Manolaya.

La Maçonne 06/02/2020 16:48

En fait, les rares fois où j'ai suggéré l'idée (concernant l'étude des tarots par des apprentis), elle a été durement rejetée comme s'il s'agissait d'un crime. En fait, je pense avec le recul que celles qui ont rejeté cette idée, c'est soit par peur, soit parce qu'elles craignaient que les apprenties sachent faire mieux qu'elles ...

Bedeaux Christophe 06/02/2020 01:06

Ma TCS,
Je partage moi aussi ta déception sur ce numéro de La Chaine d'Union car en plus de la question des deux articles cités, peu intéressant pour le premier et discutable pour le second, il y a d'autres points problématiques. Ainsi l'article sur les tarots de Wirth qui sert surtout de support publicitaire aux éditions Aquilonia alors que l'on trouve en fait très facilement de belles images des tarots en question : sur le site de la BNF ! Et enfin pourquoi aucun article consacré au fabuleux travail d'Isabelle Nadolny dont l'ouvrage est une très belle ouverture à ce beau jeu. Et terminons par, défaut hélas courant, l'absence totale de bibliographie. Cependant je dois te dire que l'article de Lila Vautel me semble plus être le reflet d'un manque de travail et d'approfondissement plutôt que la marque d'une dérive sectaire de la revue, enfin je l'espère.Bonne continuation ma TCS et continues ton blog que nous sommes nombreux à apprécier.
Christophe Bedeaux

La Maçonne 06/02/2020 08:48

Merci MTCF
L'article sur OW n'est pas mauvais même s'il donne un seul avis et fais de la pub pour une maison d'édition. J'ai oublié de citer l'article de Christine Imbert qui tente de faire une planche symbolique .. mais qui a l'intérêt d'être cela -
Pour l'article de Lila Vautel, je laisse un choix - soit il est médiocre faute de recherches et de capacité critique - soit c'est un choix de la part de la Chaîne d'union.
Mais on parle de la Chaîne d'Union - une revue qui se veut d'un bon niveau avec des dossiers, des approches construites ...