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La Maçonne

Les médias indépendants : l'ultime référencement.

Il n'est plus concevable aujourd'hui de considérer qu'un seul média, voir qu'un seul support, suffisent pour permettre une analyse critique de l'information. Ainsi, pour rester bien informé, il est nécessaire de lire et d'en suivre plusieurs. 
Les médias français dits « traditionnels » ou « mainstream » sont entre les mains de groupes financiers. C'est d'ailleurs, en partie, pour cette raison que la France est (très) mal notée dans la catégorie « liberté de la presse ». Pour cette raison et d'autres encore, « la Maçonne » (des fois que vous oublieriez qui je suis) a décidé de vous présenter plusieurs médias indépendants et leurs contextes. 

Une liberté menacée … du côté droit politique. 

Dans les différents projets de lois ou déclaration de Emmanuel Macron et de son gouvernement, il est rapidement apparu que le fond du problème (de leur point de vue) est la « vérité » au point qu'il fut même proposé des dispositions permettant à des politiques d'être les censeurs de cette vérité. Emmanuel Macron a méprisé depuis le début de son mandat les médias, qu'il présente comme des terroristes de la pensée, des menteurs ou des mauvais farceurs, allant jusqu'à imaginer une sorte de mise sous tutelle par l'Etat de ces derniers. 
Ainsi la Loi anti-fake news,  la tentative de perquisition à Mediapart, les convocations de journalistes par la DGSI ou encore les violences policières ne visent (essentiellement) que des médias ou des journalistes indépendants. Des incidents, il n'en manque pas. Emmanuel Macron a été le président de la République qui a le mieux confondu « communication » et information, allant jusqu'à interdire la présence de journalistes (ceux qu'ils n'aimaient pas, bien entendu) ou faire des sorties sans journaliste, préférant publier des vidéos coupées. 
En dehors de Sarkozy et Macron, je ne crois pas qu'il existe d'autres présidents de la République qui ont autant attaqué un droit fondamental : celui de l'information. Nicolas Sarkozy, fêtant sa victoire aux élections, était accompagné de ses copains et patrons de presse au Fouquet's dont Bernard Arnault, Martin Bouygues, Serge Dassault, Alain Minc, François Pinault ou Albert Frère, actionnaire de M6 … Sarkzy au lieu de se faire des ennemis des médias en a fait des alliés, jouant d'ailleurs sur le seul levier : l'argent. Ainsi, sans surprise, en février 2020, Nicolas Sarkozy entre dans le Conseil de surveillance de  de Paris Match, d’Europe 1 et du Journal du dimanche détenu par le Groupe Lagardère, pour soutenir son ami Arnaud, sans compter sur les « affaires » qui poursuivent l'ex-président de leurs assiduités. Quelle crédibilité pourra-t-on donner à ces médias ? 
En 2012, lors de la campagne présidentielle, pourtant, Nicolas Sarkozy fustigeait  « terrorisme du système médiatique ».  

Or, jamais on ne révèle une autre réalité de ces médias : ce sont des entreprises à but purement lucratif et ce ne sont pas des affaires qui « marchent ». Largement subventionnée par l'Etat d'une part, vivant plus grâce aux annonceurs et publicité, un média fait le choix du consensuel.

Le modèle économique choisi par la majorité des médias – si quelqu'un murmure « capitaliste » ou « libéral » au fond de la salle, j'en accepterais ma part de responsabilité – est critiquable – du fait d'une concentration des médias entre quelques groupes financiers, leur faisant perdre une crédibilité critique dans une société en évolution – et surtout, conduit à une information « spectacle » ou « sensationnaliste ». 
 

Les médias indépendants. 

Les médias indépendants font des choix différents : abonnements, dons, … et même peut-on soupçonner chez certains d'entre eux, le bénévolat des fondateurs qui s'autorisent à avoir une autre activité rémunératrice. Certains sont même des associations loi 1901, perdant ainsi la contrainte du résultat financier ou de verser des dividendes à des actionnaires. 

Je vous présente ici quelques uns d'entre eux. Dans cette liste, se trouvent exclusivement des médias écrits. Tout d'abord, parce que je ne regarde pas les informations sous forme de vidéo, préférant garder en alerte mon esprit critique, ensuite parce que la plupart ces médias fournissent des articles longs et fouillés que l'on peut lire en silence quand on veut. 


Curieusement, ces médias indépendants se situent politiquement plutôt à gauche – bien que majoritairement ils se défendent d'ailleurs appartenir à un parti ou en soutenir un – Il existe des médias indépendants situés l'extrême-droite (Boulevard Voltaire, Causeur, Riposte Laïque, …) qui se reconnaissent pour entretenir le même format que les médias traditionnels : des articles courts, tournant en boucle sur le sensationnalisme d'une même information, inexistence de l'argumentation, qui s'adressent finalement à une même misère intellectuelle.  J'ai déjà évoqué ces médias d'extrême-droite régulièrement et, vu comment ils sont partagés et appréciés par une partie des francs-maçons, il me paraît inutile de les présenter. 


Il n'en existe aucun qui serait de droite ou de centre droit alors qu'il ne manque pas de journalistes et d'ex-patrons de médias appartenant à ces courants politiques. 
Soit ces derniers se trouvent mieux dans les médias « mainstream » et ne rêvent pas d'indépendance, soit parce qu'il n'existe tout simplement pas de lectorat suffisant pour se lancer dans l'aventure d'un média indépendant.

En effet, si l'avenir d'un média est bien entendu l'indépendance, ce n'est pas pour dire la même chose que « tout le monde » ou rester sur un mode consensuel. Il lui faut bousculer les codes.  L'un d'entre eux – que tous connaissent et dont on oublie qu'il est indépendant – qui le prouve quotidiennement est le Canard Enchaîné qui se présente toujours satyrique mais qui n'hésite pas à sortir quelques révélations. L'autre clef de leur réussite (on peut en discuter pour le Canard Enchaîné) est la recherche du qualitatif n'hésitant pas à aborder des sujets complexes et fouillés. 


Une liste non exhaustive de médias indépendants. 

Le plus connu, celui qui fait encore du journalisme d'investigation, est Médiapart.
Fondé en 2008, il est un média d'actualités en ligne payant. Il a été à l'origine de révélations, capitalisant sur le journalisme d'investigation. En 2020, il compterait 165 000 abonnés. 
Que l'on soit d'accord ou non avec sa ligne éditoriale, il s'est fait connaître en 2010 en révélant l'affaire Woerth-Bettencourt, plus exactement la mise sur écoute de Liliane Bettencourt par son majordome, mettant en cause Eric Woerth, ministre du budget de Nicolas Sarkozy.  En 2012, Médiapart révèle ce que sera l'affaire Sarkozy-Kadhafi, soit deux notes qui laissent penser que Kadhafi a financer la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. 
En 2012, il révélera l'existence de comptes bancaires en Suisse et à Singapour de Jérôme Cahuzac, via un enregistrement audio. Lors de son procès en appel qui s'ouvre le 12 février 2018, Jérôme Cahuzac est défendu par Éric Dupond-Moretti. Il est condamné le 15 mai 2018 à 2 ans de prison ferme alourdies de 2 ans avec sursis, 300 000 € d'amende et 5 ans d'inéligibilité.
Médiapart révélera aussi les affaires de harcèlement sexuel et d'agressions de Denis Baupin (EELV). Il fera aussi plusieurs révélations concernant l'affaire Benalla et Vincent Crasse, soit un enregistrement audio des deux hommes. 
Ce sera, lui aussi, qui fera des révélations sur François de Rugy et ses fastueux dîners. 
 

Arrêt Sur Images est aussi un de ces médias indépendants qui a pris une place laissée vide par les médias traditionnels. Avec Acrimed dont je partage régulièrement les analyses sur mon blog, il est un média qui regarde et analyse les médias. 
Arrêt Sur Images  a été fondé, et est toujours dirigé par le journaliste Daniel Schneidermann. Tout le monde se souvient de cette émission sur France 5 qui nous régalait d'analyses et critiques sur les médias et la mise en forme de l'information, les dimanches à 12h30 . La suppression de Arrêt Sur Image (en 2007) fut à l'origine d'une polémique sur fond d'indépendance des médias. En effet, diffusé sur une chaîne publique, elle déplaisait fortement à Nicolas Sarkozy, fraîchement élu Président de la République ainsi qu'au Parti Socialiste (Ségolène Royal était alors la candidate). Au lieu de disparaître purement et simplement, l'émission devint un média indépendant dès 2007, remplissant un vide. Il permet de comprendre comment l'information est construite par différentes analyses. 
Les articles sont payant – à raison de 1€ à 4 € par mois - 

Acrimed, que j'évoquais plus haut, est un média sans l'être – puisqu'il se contente (et c'est déjà beaucoup) d'analyser les médias et leurs propos. Il est devenu, en cela, une référence pour toutes celles et tous ceux qui s'intéressent à la complexe question de la liberté de la presse et du droit à l'information. J'irais même jusqu'à dire que ceux qui disent s'en intéresser et ne lisent pas régulièrement ces articles peuvent aller se coucher.  Cet observatoire des médias a été créé en 1996  par Henri Maler. Il fut une réaction à la gestion de la crise sociale et de leur gestion de 1995. 
Les fondateurs de Acrimed reprochait, alors, aux médias d'avoir présenté les manifestants comme des privilégiés incapables d'accepter toutes réformes. Macron les appelle des « gaulois réfractaires » (comme quoi, rien n'a vraiment changé du côté des politiques). Ces manifestants s'opposait au « plan Juppé ».
Proposant une analyse détaillée, Acrimed a publié dernièrement un article dans la revue Délibérée, revue de la magistrature, dont vous pouvez trouver un extrait ici.

Dans la catégorie investigation et média indépendant, il y a Disclose.  Fondé en 2018 par deux journalistes, il s'est fait connaître en 2019 par sa première enquête sur les ventes d'armes par la France à l'Arabie Saoudite pour la guerre au Yémen. Suite à celle-ci, largement relayée par les autres médias, les journalistes furent convoqués par la DGSI et furent menacés de poursuite, ouvrant à un scandale relayé par Amnesty International et Reporters Sans Frontière. 
Les enquêtes sont à accès libre et ce média est financé par des dons. Ce site a reçu de nombreux prix dont en septembre 2019 le Visa d’or de l’information numérique au festival international de photojournalisme Visa pour l’image


BastaMag :
Fondé lui aussi en 2008, composé de 8 journalistes permanents (contre 35 pour Mediapart), BastaMag se présente comme un site d'investigation et d'analyse.  Classé politiquement à gauche, où l'écologie a une grande place, il a été cofondé par Eros Sana, ancien porte-parole de José Bové. 
On y trouvera de nombreux dossiers complets et fouillés en particulier sur les violences policières et le traitement de celles-ci par la justice en France comme par exemple dans cet article proposant une interview de l'historien Emmanuel Blanchard, auteur de plusieurs livres dont un sur l'histoire de la police.  Il propose des articles ouverts avec appel aux dons.  

Reporterre,  lancé en 2007, est le média en ligne qui trouve un écho chez tous les écologistes. Il est issu d'un magazine papier, fondé en 1989 par Hervé Kempf, journaliste à « le Monde », vendu à 24 000 exemplaires par mois. Faute de moyens, ces publications stopperont et seront reprises en 2007 via internet. Si le thème central est l'écologie, il n'élude pas les grandes questions de société. Les écologistes, comptant parmi les victimes des violences policières lors des manifestations, il n'est donc pas étonnant que ce site présente plusieurs articles sur ce thème.  On lui doit, en octobre 2014, la révélation sur les circonstances de la mort de l'écologiste Rémi Fraisse, tué à Sivens, par la grenade d'un gendarme. 
Impliqué dans les manifestations « Nuit Debout » de 2016, il sera aussi à l'origine de révélations sur ces mêmes violences avec ses correspondants à Nantes, Rennes, Toulouse et Paris. Quant au thème central de Reporterre, soit l'écologie, le site fait la part belle aux interventions militantes dans sa rubrique « Libertés », mais surtout est une référence concernant les différents combats écologiques. 

LundiMatin est un site – non pas d'informations au sens strict du terme – mais d'opinions et d'analyses, qui contrairement aux autres est revenu au papier (numéro semestriel) depuis 2017. Si la plupart de ses contributeurs sont anonymes, on trouve quelques plumes comme Jean-Luc Nancy, Frédéric Lordon, Giorgio Agamben, Agustín García Calvo ainsi que des écrivains Nathalie Quintane, Alain Damasio, Éric Vuillard … Le site est soigné et relève plus du blog que d'un site d'informations. Les plumes étant de bonnes, le lecteur ou la lectrice peut apprécier le style à défaut de comprendre le propos. Pour exemple, comme la question taraude bien des frères et des sœurs, voici un article dont le titre est « incitation au boulonnage »  qui questionne sur l'espace public - et risque de déboulonner une opinion dominante car c'est très-très loin de ce que l'on peut lire. 
Nota : Afin d'éclairer les frères et sœurs du GODF,  la statue de Victor Schœlcher a été déboulonnée parce que le combat contre l'esclavagisme n'est pas né avec lui et grâce à lui, mais du fait des révoltes de milliers d'esclaves, dont la première date de 1526 (San Miguel de Gualdape), celle des esclaves de New-York en 1712, celle de Stono en 1739 , et plusieurs dizaine d'autres dont les meneurs ou meneuses n'ont droit à aucune statue. L'une des plus importante révolte réunissant 60 000 à 300 000 esclaves date de 1831 et fut conduite par le pasteur (noir) Samuel Sharpe. Pour celle de St-Domingue datant de 1791 compte lui pour un des meneurs le prêtre vaudou Boukman dont la République (de la première à la cinquième) n'a guère fait de cas, non plus, lui offrant aucun honneur particulier. On rappellera que l'abolition de l'esclave n'a été voté qu'en 1848 pour la France. 

Le Collectif Focus n'est pas un média – mais un site qui présente des travaux de journalistes qui publient dans différents médias. La particularité de ses travaux ? Des enquêtes longues, fouillées et qui ne font pas le buzz. 

Edouard Pignon - Les joueurs de carte (1938)

Regards.Fr est un média indépendant bien à gauche. Contrairement à ses petits camarades, il est même un vieux journal. Il fut en effet fondé en 1932 et était un organe du Secours-Ouvrier International, dirigé à Berlin et disparaîtra au bout de 25 numéros. Il sera repris par par Léon Moussinac pour devenir un hebdomadaire, dont la mise en page sera faite par l"artiste Edouard Pignon, en septembre 1933. Durant cette période, il sera engagé dans le mouvement antifascistes, anticolonial ou encore militera contre la ségrégation des afro-américains aux Etats-Unis. Regards sera interdit par Pétain. Il renaîtra à la libération. A partir des années 50, Regards traversera une période guère glorieuse avec une qualité éditoriale médiocre. Il sera repris en 1995 par le Parti Communiste et fera campagne en soutenant bien évidement Robert Hue (que vous avez toutes et tous certainement oubliés). Après un énième dépôt de bilan, en 2003, il sera repris (au sein du société coopérative) par ses onze salariés. On y trouve quelques noms connus dont Clémentine Autain comme directrice de la rédaction. L'hebdomadaire passera au mensuel puis deviendra un trimestriel. 
Si Regards connaît des difficultés financières régulièrement (une liquidation en 2010), il n'en demeure pas moins un de ces médias de « référence » et reconnus comme tels. Il propose bien entendu des informations, des enquêtes de fond, mais aussi des analyses. Le trimestriel « papier » - qui existe toujours - est vendu, toutefois le site fonctionne essentiellement aux dons. 

Politis Si Reporterre est un incontournable en matière d'écologie, Politis est un incontournable en matière d'informations généralistes, tout en étant fortement marqué par l'écologie. Politis est un hebdomadaire qui existe depuis 1988 – pas tout jeune donc – média papier, donc. Dire qu'il est un média indépendant au sens strict est un peu rapide. Toutefois, 65% de son capital appartient à l'association « Pour Politis » regroupant des lecteurs. Situé à gauche, co-fondateur de l'association Attac, Politis demeure un média d'informations alternatif. Le site propose des articles en accès libre et l'abonnement est de 11 € par mois. 

Reflets -  reprend lui aussi les codes de l'investigation et de l'information généraliste. Avec un sens du titre et du sous-titre, Reflets.Info est tenu par une équipe de journalistes-hackers, qui utilisent la technologie et dont les analyses passent par le  par le prisme des technologies.  Reflets.Info est totalement payant. 

Les Econoclaste se présentent tout d'abord comme un blog consacré à l'économie. Il est tenu depuis le début des années 2000 par Stéphane Ménia et Alexandre Delaigue. Du blog au média indépendant, il n'y a souvent qu'un pas. Les Econoclastes se distinguent par une équipe – majoritairement des hommes pour une seule femme – des spécialistes. L'objectif de ce blog est d'expliquer aux néophytes les grandes causes économiques afin que (toutes) et tous puissent avoir les informations et la culture nécessaire pour faire face aux grands bouleversements à venir. L'idée est bonne bien que les sujets soient arides bien que les articles ne manques pas d'humour  – l'économie, c'est rigolo. Je vous conseille ce blog parce qu'il sera le seul média spécialisé dans l'économie que je vous présenterais ici. 


L'été et le temps des vacances étant, il me fallait aussi ajouter le site Positivr qui souhaite partager des informations, initiatives et causes « positives ». On peut lui reprocher d'être un chouia trop "grand public". Toutefois, la formule "marche". 
 

La presse féminine. 

La presse féminine a un statut à part encore aujourd'hui. Naissant au 18ème siècle avec les premières féministes (êtes-vous surpris ?), elle sera interdite au Second Empire, pour réapparaître dans les décennies 1880-1900 avec la première vague féministe. Le titre le plus exemplaire est, d'ailleurs, la Fronde.

Ce sera véritablement au 20ème siècle que naîtra la presse féminine que l'on connaît aujourd'hui avec Fémina (1901), Marie-Claire (1937) ou encore Elle (1945). Jusqu'à la fin des années 70, existaient des magazines féminins plus engagés comme encore Antoinette, journal de la CGT créé en 1955 ou encore Question Féministes.

A partir des années 1980, les magazines féminins populaires se multiplient, navigant entre un essentialisme « féminin » et l'obligation de se coller à la réalité des femmes. 
La presse féminine n'a jamais vraiment perdu de son attrait comme le prouve la diversité des titres et des expériences que l'on trouve encore, même si elle connaît des difficultés financières importantes. Les grands titres appartiennent tous à des groupes financiers, dépendent des publicités et sont devenu rapidement illisibles. En fait, c'est surtout qu'il n'y a plus rien à lire. Je vous passerais – parce que vous les avez entendu ailleurs – les critiques sur ces magazines : mannequins anorexiques, femmes-objets, … image de la femme dévalorisée. 


Internet de son côté a fait évoluer l'intérêt du lectorat féminin. En effet, s'il y a un modèle de blog le plus courant, ils sont « féminins » ou faisant concurrence à la presse féminine comme les blogs « cuisine », « déco », « couture », « beauté et mode » … et j'en passe. Il faut dire que le champ des activités dites « féminines » est assez vaste et mérite bien plusieurs milliers de blogs spécialisés, non ?
Pourtant cela n'empêche pas quelques intrépides de fonder leur « magazine féminin » en toute indépendance (ou presque). En effet, l'un dans l'autre, même si ces magazines tournent sans publicité qui vous flingue vos 2 minutes 30 de lecture sur tout l'art de mettre du mascara, leur fond de commerce demeure, malgré tout, les marques dont elles vantent les nombreux miracles. 


O Magazine,  magazine gratuit et inspirant, reste un magazine féminin des plus classiques et dont les sujets traités (mode, beauté, culture, …) ne sont pas si inspirants qu'il l'annonce mais on va lui pardonner. En effet, celles (et ceux) qui apprécient le genre "presse féminine" et ne veulent plus dépenser un centime pour connaître le nom du dernier parfum y trouveront largement leur plaisir. 


Paulette Magazine sait transformer les codes du magazine féminin – mais pas trop quand même – afin d'éviter un trop fort dépaysement de ses lectrices ou annonceurs. Collaboratif et associatif, fondé en 2009, il souhaite s'ouvrir à une information sur les marques plus solidaires. Elle a trouvé son public pour se permettre de sortir un format « papier » trimestriel. 


Les Confettis fut un blog qui s'est transformé en magazine, avec une petite équipe de 5 personnes. Plus « lifestyle » voir « déco » qu'autre chose, ce magazine existe aussi en format « papier » que vous pouvez vous procurez directement sur le site. 


Soror est le genre de magazine qui va faire grimacer toutes celles qui trouvent « sororité » comme parfaitement ringard et stigmatisant. ou encore celles qui estiment que l'acclamation Liberté-Egalité-Sororité est une atteinte aux valeurs universelles de la République.  Parce que Soror l'ose -  Le thème central de cette revue qui n'existe que sur format papier est de partager des portraits et rencontres de femmes.  Il y a même un T-shirt avec l'acclamation sus-citée ! 


Pour terminer cette liste, voici Cheek Magazine  qui est, selon moi, le plus original – si on souhaite quitter le modèle « magazine féminin » sans pour autant perdre complètement sa substance. Avec quelques rubriques : Culture, Société, Mode et surtout Geek, on entre dans un format féminin mais aussi féministe.  

Les magazines féministes. 

Cheek Magazine permet d'aborder la véritable nouveauté de cette décennie : le magazine féministe, du genre qu'ils avaient si complètement disparu dès les années 80, qu'il fallait aller dans un musée pour en trouver un. Je parle des magazines féministes « grand public » - c'est-à-dire qui ne nécessite pas d'un double doctorat en sociologie et en anthropologie pour comprendre les articles – Je vais nuancer mon propos, hormis un site qui n'est plus vraiment indépendant, les autres sites que je présente ici tiennent plus du blog basé sur la bonne volonté d'une équipe. 


Le premier de cette dernière liste est le magazine Causette qui a été repris en 2018 par le groupe Hildegarde (Reginald de Guillebon) qui détient différentes sociétés de production et d'animation ainsi que des publications comme le « Cahier du Cinéma ». De fait, Causette n'est plus à strictement parler un magazine indépendant ayant des préoccupations financières. Causette fut fondé en 2009, par Gilles  Bonjour et Gregory Lassus-Debat. En 2012, il devint officiellement une « publication d'information politique et générale » par le ministère de la culture et devint membre de l'association Presse et Pluralisme. Diverses polémiques touchèrent le magazine, l'un touchant au mode de management de Grégory Lassus-Debat et deux concernant ses articles dont un sur la prostitution qui n'avait de féminisme que le nom. En 2013, il sortait à 147 000 exemplaires (quand même). 


50-50 Magazine a pour thème principal la parité, plus spécifiquement celle dans les médias mais aussi dans tous les métiers. En dehors de ce thème qui apparaît central, ce magazine propose des témoignages, des approches et opinions féministes. 

Roseaux est un magazine féministe 100% bénévole qui existe depuis 2018 et publie régulièrement. Dans le même genre, il y a aussi Crêpe Georgette qui propose des articles de fond. 

Parmi les publications féministes, il y a la newsletter qui permet de recevoir des articles, commentaires et actualités directement par email. Je suis abonnée à "les Glorieuses" dont le sous-titre est "liberté-égalité-sororité" ...  Ouais, vous pouvez grincer des dents. 


Sinon, vous pouvez aussi parcourir la revue GLAD et bien sûr, l'incontournable et universitaire « Nouvelles Questions Féministes ».

Cette presse libre  ne s'adresse pas à tout le monde - et je crois que ce n'est pas le but recherché contrairement aux médias traditionnels. Elle s'adresse à une minorité d'individus. 
Surtout, au delà de l'information elle-même, de la qualité des articles, ces médias indépendants  souhaite être au coeur du débat, voir même l'initier, comme participer à la construction d'une société plus juste, défendre des valeurs, apporter des témoignages -

Son indépendance à l'égard d'annonceurs, d'entreprises, de politiques, lui permet d'aller là où elle veut, traiter les sujets qu'elle veut et créer l'opinion. 

 

 

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uneSoeur 23/07/2020 16:56

Bonjour,
Chaque fois très enrichissantes parutions, ma TCS Lilith, merci beaucoup. Une vraie bouffée d'air pur dans cette atmosphère étrange d'épidémie...... de tout genre (ajouterais-je ...)
Bien Fraternellement à toi et tes fidèles lecteurs, trices.

La Maçonne 24/07/2020 11:31

Merci ! J'espère que tu profiteras de ces médias ... en tout genre (aussi) !

Brumaire 21/07/2020 11:30

La Maçonne, tu n'aurais pas un peu oublié "Front populaire" dans ta liste d'indépendants?
Bien fraternellement

La Maçonne 21/07/2020 19:30

Non, je n'ai pas vraiment oublié - je ne suis pas vraiment une grande fan de "souverainiste" quelqu'il soit - versus "RN" bien entendu. De plus, cela me semble être plutôt une naissance d'un parti plutôt qu'un média en soi.