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La Maçonne

Ecriture inclusive & Féminisation : contre le sexisme.

L'autrice de Mezetulle, Catherine Kintzler  nous explique, dans la catégorie « billets d'humeur », comment l'écriture inclusive est exclusive – et même « un sexisme délirant » et trop novlangue pour elle dans un article (ici).  Je vous avais déjà parlé d'elle. En effet, elle avait expliqué sur le même site que l'islamophobie n'existait pas. 

On retrouve peu ou prou les mêmes arguments dans divers publications de l'extrême-droite, dont Causeur dernièrement, dans un article concernant la PMA pour toutes. Plus régulièrement, dans la groupuscule d'extrême-droite féminin, les Antigones qui accusent l'écriture inclusive d'être de la novlangue (ici   ) ou encore Valeurs Actuelles qui ne s'en remet pas, ayant publié plusieurs articles sur le sujet dont celui-ci  

D'ailleurs, le Rassemblement National  s'oppose très activement à l'écriture inclusive, jusqu'à déposer une proposition de lois pour l'interdire. Ils reprennent d'ailleurs, plus ou moins, les mêmes arguments. 

Ces différentes résistances confortent, surtout, une vision de la société et, en particulier, la place des femmes comme de leurs droits. Ce sont les mêmes qui récusent par exemple le mariage « pour tous », le droit à l'IVG ou à la contraception, à la PMA pour tous, ou encore militent pour une forme traditionaliste de la famille. L'article de Causeur en est un parfait exemple. 

Seulement, que ce soit pour les unes et les autres, je constate, en dehors d'une approche ultra-conservatrice, d'extrême-droite, des arguments des plus douteux, une méconnaissance complète de ce qu'est l'écriture inclusive  ou encore même ce qui fait la richesse de la langue.  

L'écriture inclusive n'est pas qu'une forme typographique. 


L'écriture inclusive, qui est évoquée par les opposants, est, en réalité, une forme typographique qui, comme toute forme typographique, ne remet rien en cause – et certainement pas un « patrimoine » - comme d'ailleurs une virgule ne saurait pas le faire. 

Cette forme typographique spécifique est appelée « point médian » ou « point du milieu » (exemple : « cher.ère.s ami.e.s »)
Son objectif est de remettre en cause la règle grammaticale qui dit que « le masculin l'emporte », accompagnant un questionnement sur la langue et la manière dont on désigne (ou pas) les femmes – 

Il existe d'autres manières d'inclure le féminin et le masculin qui sont aussi  de l'écriture inclusive que l'on appelle pour être précise « écriture épicène »
Les voici :   

  • Soit d'autres formes typographiques comme l'emploi des parenthèses dans « gros bisous à tou(te)s », « chè(ere)s tou(te)s », des séparateurs comme dans « celles/ceux », des majuscules « des amiEs ». Les points médians peuvent être aussi des tirets médians des ami-e-s » 

Une bonne partie de ces formes typographiques sont connues depuis longtemps – grosso-modo depuis au moins 50 ans et même plus -  

  • Soit par des formes syntaxiques, qui est assez riche pour le permettre : « mes chères toutes et mes chers tous », « ma chère Esméralda, mon cher Nostradamus », «ma chère amie, mon cher cousin », … ou encore « des présidentes et présidents d'association », « des femmes et des hommes de toute origine », … 
  • Soit l'usage de mot dit « épicène » : le « lectorat » au lieu « des lecteurs », « être humain » ou « humain » au lieu de « Homme », … 

Là encore, mis à part accorder des mots qui existent parfaitement au féminin, remplacer certaines locutions comme « Homme » par des mots qui existent aussi comme « être humain », « humanité », « humain » … on ne voit pas le danger. 

  • De même, une remise de la règle "le masculin l'emporte sur le féminin"

La règle d'accord (féminin/masculin) pourrait se faire  en fonction du nombre. 

Dans « mes chères cousines et frère », il est considéré que , comme le nombre de cousines (pluriel) étant supérieur au nombre de frère, c'est le féminin qui l'emporte. Pour cette même raison, dans  « mon frère, mes cousines chéries » ,- le mot « chéri » concerne aussi le frère … - "un mur et des barrières vertes" - vertes concerne le mur et les barrières, le mur étant seul. 
Suivant les règles grammaticales en vigueur, on écrirait « mon frère, mes cousines chéris » ou « un mur et des barrières verts » pour ne pas dire : « un mur et des barrières tous verts » 

Suivant une ancienne règle grammaticale, cela bien avant que le féminin soit considéré impur par les grammairiens, c'est le dernier mot « qui l'emporte », ce qui s'appelle la « règle de proximité », accordant d'ailleurs aussi le singulier et le pluriel. 

Il y a effectivement une différence entre «Il ressort de cette réunion, rassemblant 22300 femmes et 2 hommes, qu'ils sont convaincus que la terre est plate. » plutôt que « Il ressort de cette réunion de   22300 femmes et 2 hommes qu'elles sont convaincues que la terre est plate ». 
Dans la première formule, puisqu'elle respecte la règle grammaticale en vigueur, on peut comprendre que les 22300 femmes seraient potentiellement aussi convaincues que les deux uniques hommes présents. Or, en êtes vous certains ? Il est nécessaire de connaître la mise en contexte pour s'en persuader et vérifier si ce n'est pas uniquement les deux seuls hommes présents qui croient que la terre est plate. 
Dans la seconde formulation, même si les deux hommes ne le sont pas (convaincus), on sait au moins qu'au moins que les 22300 autres personnes, les femmes donc, présentes le sont. Etant majoritaire, le  problème se pose autrement. 

Remettre en cause l'accord du masculin "qui l'emporte" est aussi – et cet exemple le montre  – extensif à d'autres questions comme la démocratie. Dans le premier exemple, c'est le vote des deux hommes qui l'emporte alors que dans le deuxième exemple, c'est le vote de la majorité qui l'emporte. 

  • Et de manière générale : l'emploi des mots et accords féminins quand il s'impose sans se poser de questions. 

Catherine Kintzler dans un article sur la féminisation explique que dire que « Colette est une grande écrivaine » signifie qu'elle est comparée par rapport au groupe des écrivaines uniquement. 

Si Colette  est la plus grande écrivaine de son siècle, en quoi ne le serait-elle pas aussi dans le groupe des écrivains ET des écrivaines alors que pour un homme la question ne se pose pas? 
Lorsque  que l'on présente Simone Veil comme la plus grande femme politique de son époque, elle l'est aussi en comparaison des hommes. On ne la compare pas uniquement parmi les femmes politiques. 

Ces opposants à la féminisation des noms, dont Catherine Kintzler est, estime que les femmes –   dès lors que l'on parle d'elles au féminin – seraient une  minorité fragile, ayant des mœurs incongrues et sont mises à part.

Selon eux, pour les sauver de leur médiocrité toute féminine, leur éviter le mépris général, et la création d'une sorte de ghetto où elles seraient parquées, il est nécessaire de les assimiler aux hommes, de refuser donc la féminisation. 

Les opposants à la féminisation - que ce soit sous des formes typographiques ou syntaxiques -  sont finalement, surtout, persuadés de l'infériorité des femmes.

Dès lors que l'on parle d'elles au féminin, à leurs yeux, elles n'appartiennent plus au genre humain, soit à un groupe de référence comprenant les femmes et les hommes mais à un groupe - qui d'ailleurs n'existe que dans leur esprit-  constitué de femmes. 

On sait combien le GODF est fâché avec les règles d'accord les plus évidentes se refusant même de  dire : une sœur Experte, ou Grande Experte, une Soeur Hospitalière ou encore une sœur Couvreuse, préférant parler d'une sœur Expert, Grand Expert, Hospitalier, Couvreur, …

Or,  la beauté de la langue, l'usage de celle-ci et les règles grammaticales en vigueur reconnues par l'Académie Française, obligent le GODF et toutes obédiences maçonniques à accorder le féminin. Ne pas le faire – et s'acharner à refuser à le faire – est non seulement une faute de français, mais une véritable menace pour la langue et conduit à son déclin. 

La communication. 


La communication d'une administration, collectivité ou encore de l'Etat, a ses propres règles qui sont présentées dans des guides précis dont, par exemple, celui là.
Si la forme topographique du point médian n'est pas mentionnée, il n'en existe pas moins 10 recommandations qui portent essentiellement de prendre soin de la syntaxe, de la féminisation des noms, des règles d'accord  (celles que la GODF ne respecte pas). 

Ainsi on peut trouver dans celles-ci : Éliminer toutes les expressions sexistes ; Accorder les noms de métiers, titres, grades et fonctions ; User du féminin et du masculin dans les messages adressés à tous et toutes ; Utiliser l’ordre alphabétique lors d’une énumération ; Présenter intégralement l’identité des femmes et des hommes ; etc. 


Parquer les femmes et inférioriser leurs activités  est un sport que connaissent très bien les entreprises privées. L'association «Pépite Sexiste » relève régulièrement ce qu'il en est. 
Voici quelques exemples : 

Des agendas soigneusement mis en rayon pour les "filles" et d'autres pour les "garçons", des mugs pour hommes, des cordelettes à tétine pour garçons, mais aussi des jouets pour les filles (rose) et garçons (bleu). Ainsi, cette panoplie qui si elle est en rose est une panoplie d'infirmière et si elle est en bleue est celle d'un docteur. 

En français, « infirmier » a un féminin largement utilisé – au point presque que l'on ne connaît que lui. Les détracteurs à la féminisation refusent de féminiser « docteur ».

Quoique sont leurs arguties, ils participent surtout à la ségrégation dès l'enfance des petites filles. Ils font ce que ce fabricant de jouets fait : dès le plus jeune âge, les filles sont infériorisées par rapport aux garçons. Elle est, autant, interdite d'être en rose si elle est « docteur », comme interdite d'être « docteur » si elle est en rose. Interdite d'être une femme si elle est « docteur », comme interdite d'être « docteur » si elle est une femme. Les doctoresses n'existent pas.

C'est pour lutter contre ces discriminations que la féminisation est un véritable enjeu de société et permettant l'évolution des mentalités. 


 

 

Une novlangue, vraiment ? 


Le terme de « novlangue » est un néologisme issu d'une traduction du livre « 1984 » d'Orwell. La « novlangue » (traduit aujourd'hui par « néolangage ») était une langue inventée dans la dictature Océania dont le principe est la réduction du nombre de mots et de la syntaxe. L'idée fondamentale est de supprimer toutes formes de nuances afin de renforcer le manichéisme de la pensée. 
Plus la langue s'appauvrit, plus les individus sont manipulables car incapables d'accéder à certains concepts. 


La langue est toujours en constante évolution – et invente de nouveaux mots soit parce qu'ils sont nécessaires (nouvelles technologies, inventions), soit parce qu'ils expriment une nuance nouvelle. J'espère que vous comprenez bien que quand les avions n'existaient pas, le mot aussi n'existait pas. 
L'Académie Française offre à notre lecture une longue explication dont je cite ce passage : « L’Académie française se sent d’autant plus concernée par les travaux de terminologie et de néologie qu’elle considère que ceux-ci viennent compléter l’entreprise lexicographique qui est sa mission première. En effet, ils permettent d’accompagner la langue française dans ses états les plus contemporains, en orientant ses créations encore instables et mouvantes, tandis que le Dictionnaire de l’Académie française rend compte d’une langue commune et pérenne, que l’usage a affermie et modelée. » 


De tous temps, le français – qui n'est en fait qu'un dialecte qui a gagné sur d'autres  – la langue s'est enrichie de nouveaux mots, de néologismes, d'argot ou de jargon.  C'est la régularité et la force de leur usage qui fait que le néologisme devient un mot - reconnu comme tel.  Si vous souhaitez une image, je crois que l'évolution d'une langue est certainement le fait le plus démocratique qui soit. Si c'est l'usage qui fait force de loi, c'est donc la rue qui est créateur des mots.   
Pour exemple, l'argot, le langage des rues, a apporter les mots suivants : 
abasourdir, amadouer, arnaquer, baratin,  boniment, cambrioleur, camelote, chantage, duper,  flouer, fripouille, grivois,   narquois, pègre,  tabasser, tronche, etc. 
Qu'il s'agisse d'un argot qui date du 11ème siècle ou que ce soit celui du 21ème siècle, il enrichit la langue en apportant son  jeu de nuances. 

Si certains métiers (qui n'existaient pas au Moyen-Age) nécessitent de créer une forme féminisée, c'est là encore très loin du concept orwelliens de la novlangue. Cela tient d'une pratique connue : la création de néologisme participant à l'enrichissement de la langue. 

Le Moyen-Age fut une période riche en noms de métiers féminin . Par exemple miresse (femme médecin),  autrice, peintresse, tisserande, gouverneuse, avocate, maréchales-ferrante, bouchères, écrivaines, meunières, ...(in Livre des Métiers par Etienne Boileau de 1268) .

La loi salique du XV ème siècle et les siècles suivant, ont interdit aux femmes à la fois l'exercice de certaines professions comme d'être instruites. Un arrêt du Parlement de Paris de 1593 a interdit aux femmes toute charge dans l’État. 

Ces interdits ont fait disparaître les noms de métiers féminins (les interdisant aux femmes), ont imposé des règles grammaticales spécifiques - et ont réduit les femmes à leur foyer et à la maternité. 
Inexorablement, la langue s'est appauvrie durant plusieurs siècles, créant une novlangue – jusqu'au ridicule même -  Le féminin disparaissant de la société, tenu reclus dans les foyers, la langue y a perdu en nuance et en richesse. 

D'ailleurs, pourquoi parler d'avocate lorsqu'il n'en existait pas – ou plus ? Au delà de ces mots perdus, dans cette volonté à salir le féminin, les expressions et sens « féminisés » subsistants ont aussi été transformés. Le féminin de « patron » n'est pas « patronne »  mais « matrone » qui a pris un caractère péjoratif alors que son équivalent masculin demeure l'expression du pouvoir.

C'est cela la « novlangue » - supprimant des nuances, évinçant des mots, … qui aurait mis trop en valeur les femmes et leurs activités pour mieux les effacer et les réduire au silence.

Les opposants à la féminisation et de l'écriture inclusive veulent continuer ce long travail d'effacement des femmes dans l'espace public – femmes qui sont devenues plus présentes –  imposant une masculinisation forcée, interdisant l'usage de mots même très anciens, refusant de respecter des règles d'accord, ... et faisant, finalement, ce qu'ils accusent les féministes : créer une novlangue où les femmes seraient des sous-humains. 


La féminisation des mots oblige à retrouver des vieux mots oubliés, à faire perdre à certains mots leurs connotations péjoratives, … L'ensemble des publications féministes n'arrêtent pas de transmettre comme des trésors perdus des mots anciens, des noms de métiers retrouvés, à renouer avec leur sens.  L'Académie Française y participe d'ailleurs, depuis 1935 en ayant intégré dans son Dictionnaire (1935) les mots : 

artisane, postière, aviatrice, pharmacienne, avocate, bûcheronne, factrice, compositrice, éditrice et exploratrice ..
Depuis 1964, l'Académie Française ne cesse d'inclure des nouveaux mots féminisés. 


Pour ma part, j'ai trouvé le mot « mairesse » au coin d'une rue, par hasard. Je me souviens des « contre-maîtresses » dont on parlait dans feu-les entreprises textiles … ou encore de l'abbesse – dont on conserve le souvenir bien qu'il n'en existe plus. 

Conclusion. 


Comme je n'apprécierais guère un monde où les femmes et les hommes portent un même uniforme grisâtre et asexué, qu'elles ou ils soient considérés comme des pantins déshumanisés sous le couvert de l'universalisme, je considère que l'emploi du féminin, la féminisation permettent de mettre de la couleur et de la vie à un texte.  

Je n'utilise, personnellement, pas les formes typographiques de type point médian, préférant abuser des formes syntaxiques. La poétesse qui sommeille en moi considère qu'un texte doit être lu à haute voix.

Le Québec, avec ses 40 ans d'avance sur la France sur la féminisation des noms (de métier), ne militent pas, non plus, pour l'usage de formes typographiques. Il faut avouer que la résistance à la féminisation des noms au Québec n'a jamais été aussi virulente et sexiste - voir aussi conservatrice - que celle en France. 

La forme typographique du "point médian" n'est pas faite pour les personnes, comme moi, qui n'ont pas de problèmes (voir militent) pour la féminisation et, donc, une syntaxe appropriée, mais pour les opposants et détracteurs de tous poils - qui peuvent être des femmes et des hommes - c'est-à-dire les sexistes.  En effet, ceux ci refusant d'accorder un féminin, infériorisant d'office les femmes, ne peuvent pas comprendre les nuances d'un texte si on préfère d'utiliser des formes syntaxiques, seules.  

Pour reprendre l'exemple de Colette, il est choisi de dire que "Colette est un.e grand.e écrivain.e"  parce que, comme Catherine Kintzler l'illustre parfaitement, ils sont incapables de comprendre ce que signifie  "une grande écrivaine". Les formes typographiques sont une demi-mesure - et comme le nom l'indique un compromis par rapport à des formes syntaxiques bien plus radicales. 

Pour ce qui me concerne, je n'ai pas des lec.trice.teur.s mais des lectrices et lecteurs. J'ai, même, parfois que des lectrices. Je m'adresse, d'ailleurs, à celles et ceux qui ont les bases nécessaires pour comprendre les nuances que la féminisation a introduit dans la langue, nos usages et notre quotidien. Je n'ai donc pas besoin de subterfuges comme une typographie. 

Les femmes ne sont pas une minorité qu'il faut assimiler et intégrer à la République. Elles n'ont pas une culture, une religion ou encore une origine exotique extérieure. Elles n'ont pas immigré d'une lointaine planète. Elles sont des citoyennes à part entière. Il est parfaitement idiot et ridicule de penser que l'universalisme républicain est mis en péril à cause de leur féminité ! C'est cela le sens de l'écriture inclusive et la féminisation en général. 

La résistance à la masculinisation a toujours existé. Les femmes, surtout celles  libres et indépendantes, ont toujours remis en question cette forme grammaticale – et le bon mot de Madame de Sévigné, rapporté par Gilles Ménage, qui en atteste, reflète bien ce besoin d'être reconnue, refusant l'assimilation du féminin au masculin – plus exactement sa soumission et son infériorité  « Madame de Sévigné s’informant sur ma santé, je lui dis : Madame, je suis enrhumé. Elle me dit : je la suis aussi. Il me semble, Madame, que selon les règles de notre langue, il faudrait dire : je le suis. Vous direz comme il vous plaira, répondit-elle, mais pour moi, je ne dirai jamais autrement que je n’aie de la barbe. » 

 
La féminisation comme l'écriture  épicène obligent  à renouer avec la richesse perdue du français, renouer avec toute la francophonie qui a préservé et créé bons nombres de locution, comme permettre d'ouvrir l'esprit à un nouveau concept : l'appartenance des femmes à l'humanité, même si on parle d'elles au féminin.

Il s'agit, finalement, du plus bel éloge fait au français que les féministes offrent aux prochaines générations. 

 

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Le_Doc 18/08/2020 20:39

Et donc, à l'Obédience le Droit Humain, on aurait tort de garder les titres masculins. Puisque c'est une Obédience mixte. A contrario, à la GLFF, tous les titres sont féminisés. Si d'aventure la GLFF devenait mixte, est-ce qu'on garderait les titres féminins pour les masculins ? La question est trop complexe pour être résolue en quelques aphorismes simplistes.
Je ne suis pas sexiste, loin de là. Mais de là à affirmer qu'il n'y a point de sexe, et que certains se reconnaissent (quelque soit leur sexe biologique par ailleurs) comme d'un sexe ou d'un autre, libre à eux de vouloir se faire nommer comme ci ou comm ça. Sauf dans une entreprise, où la règle s'applique à tou⋅te⋅s. Sauf à une association, comme le G∴O∴D∴F∴, où a règle est acceptée. Jusqu'à ce qu'elle soit renversée.
Comme la croyance en dieu (merci Frédéric Desmons, 1877) ou la mixité (merci Olivia Chaumont, 2010).
Croire qu'il n'y a qu'une seule façon de faire les choses, ça s'appelle du dogmatisme. Et c'est la chose la plus éloignée de la F∴M∴ que je connaisse. C'est mon point de vue et je le partage.
Sois un peu humble et moins dogmatique, ma S∴ Anne que je reconnais pourtant comme quelqu'un qui compte dans le paysage maçonnique, et tu t'en porteras peut-être mieux.
En attendant de faire ta connaissance, je te souhaite un beau parcours maçonnique.
Eric

La Maçonne 19/08/2020 18:13

La GLFF n'a aucun problème avec le masculin. Lorsqu'une soeur évoque un frère et sa fonction, elle le désigne bien au masculin. Lorsqu'elle reçoit des VM dans ses loges, les loges savent très bien le dire au masculin sans s'écorcher la bouche. Ceux qui ont visité une loge ne se sont jamais fait appeler "ma soeur" (si ?). Du coup, je ne comprends pas vraiment le sens de ton commentaire.
J'espère que tu n'osais pas prétendre que les vilaines de la GLFF le jour incertain où elles se mettraient à initier des hommes les désigneraient au féminin .... Si tu trouves l'idée inconcevable en elle-même, imagine ce que vivent les soeurs et les femmes qui doivent subir un éternel masculin qui l'emporte quoiqu'elles fassent ou quoiqu'elles soient.
Quant à mon dogmatisme, autant que je sache, je suis bien la seule à donner de la voix pour que les obédiences mixtes (dont le GODF n'est pas) respectent a minima les règles d'accord existantes. Quant au GODF, on sait qu'il le fera uniquement lorsque toutes les obédiences le feront.

Astérix 14/08/2020 09:19

A mal nommer les choses on ajoute à la misère du monde. Je veux dire par là qu'on finit par ne plus se comprendre...Dans le même temps les mots anglais ou franglais envahissent l'espace culturel...et j'ajouterai que pour être en cohérence il faudrait remplacer les pavés noirs et les pavés blancs par des pavés gris plus neutre et convenant à tous.
Le pense que toutes ces initiatives participent à une entreprise de déstabilisation comme le débat sur le voile ou sous couvert de féminisation on divise plutôt qu'on ne rassemble.
Je ne m'étonne plus de rien puisque 90% de nos jeunes ont maintenant le bac...J'imagine ce qu'il en serait si il devait passer un simple certificat d'études primaires le pourcentage s'en trouverait sûrement inversé.
Bref concernant toutes ces réformes au nom d'une égalité de façade je m'interroge sur leurs finalités. Pendant que l'on discutaille sur le sexe des anges les véritables problèmes passent à la trappe.

Brumaire 04/08/2020 22:12

Hector me fait revenir sur deux points de ton article, chère Maçonne!
- Les féminins de noms qui étaient masculins jusqu'à peu, font dans le n'importe quoi, bien qu'il y ait des règles orthographiques: les noms terminés en "teur" se féminisent en "trice": directeur, directrice, les noms masculins terminés par "eur" (sans t avant) se féminisent en "euse": coiffeur, coiffeuse. Pourquoi donc parle-t-on d'"auteure" aussi bien que d'"autrice" et autres noms féminisés n'importe comment?
- Le fait de donner des jouets roses ou bleus, de faire jouer les uns avec des pistolets et les autres à la poupée ne tient pas; je donne mon propre exemple: quand j'étais à l'école primaire, les jeux dits de fille(corde à sauter, palette, etc...) ne me plaisaient pas et pendant toute ma scolarité, j'ai joué aux billes, à la balle au chasseur, à la thèque, etc...avec les garçons, sans être moquée, et je pense être une femme équilibrée.
Conclusion: ne pas faire dire systématiquement au bleu, au rose, et autres "arguments"que ce sont des formatages sexistes.

La Maçonne 05/08/2020 10:12

Pour revenir à la féminisation, les noms n'étaient pas "masculin jusqu'à peu", mais sont devenus "masculins entre le 17ème et le 18ème siècle" et, aujourd'hui, avec les 40 ans d'avance du Québec, les recherches en terminologie, aidée par une évolution notable des mentalités, on retrouve les féminins pour les métiers existants au Moyen-Age qui sont peu à peu réintroduit - tout en féminisant les mots qui n'existaient pas il y a 1000 ans.
Si la règle de "proximité" n'est pas utilisée en langage courant, il est de plus en plus utilisé la règle du plus "grands nombres" pour les accords du féminin et du masculin - qui sont aussi deux règles datant d'avant le 17è et le 18ème siècle.

La Maçonne 05/08/2020 10:02

Bonjour Brumaire,

Comme je le disais dans mon article, les noms de métiers existaient au féminin au Moyen-Age. La féminisation des noms passent aujourd'hui par une recherche de ceux-ci et leur réappropriation.

Le féminin de "auteur" est un parfait exemple. Au Moyen-Age, c'était autrice. Comme le féminin est régulièrement critiqué de moche ou de ridicule, "autrice" n'a pas manqué d'être critiqué lui aussi. Il a été proposé "auteure" qui est un néologisme.
Actuellement, les mentalités évoluant, "autrice" qui est un mot qui existe depuis 1000 ans est donc réapparu et proposé comme féminin de "auteur". Le mot n'étant plus critiqué, bénéficiant d'une existence ancestrale, est donc de plus en plus utilisé maintenant.

La règle d'accord du féminin est plus compliquée : docteur ne se dit pas doctrice ou docteuse mais doctoresse - Médecin, par exemple, se féminisait aussi par "médecine" en ayant aussi la double signification sans que cela pose de problème au Moyen-Age. Aujourd'hui, les détracteurs de la féminisation font des histoires alors qu'il existe bien d'autres homonymes qui ne les dérangent pas.
Je donne, dans mes exemples, un autre mot qui est oublié et pas (encore) utilisé : miresse.
"mairesse" est aussi un mot datant du Moyen-Age et qui commence à revenir. Personnellement, je l'ai entendu dans une cité dans la bouche d'une femme de ménage il y a plus de 10 ans. Bien sûr, les détracteurs trouvent cela ridicule ou moche.
Pour "écrivaine" par exemple - l'anecdote est dans toutes les publications sur la féminisation. Il fut considéré que l'on entendait "vaine" - ce qui était jugé laid et péjoratif - Or, dans "écrivain", on entend aussi "vain" qui ne dérange personne ...



Le rose et le bleu est un formatage sexiste qui est utilisé par les fabricants de jouets aujourd'hui - comme l'exemple de la panoplie de "docteur" (bleu) et "d'infirmière" (rose) qui est exactement le même jouet ayant seulement la couleur qui change.
Même chose pour les rayons "filles" et "garçons" pour les agendas - c'est dans un Auchan pour la rentrée de cette année ... La cordelette bleue pour tétine est vendue chez Lidl en France et on trouve bien noté sur le paquet "cordelette pour sucette garçon" ... et on se demande pourquoi, il n'est pas adapté aux filles.
Le mug pour hommes est aussi un produit vendu par Auchan (il n'est pas bleu, mais c'est un message "adventure quelque chose" que l'on trouve sur le mug). La mention "mug pour hommes" apparaît sur l'étiquette prix du rayon du magasin.
Des exemples comme cela, il y en a plusieurs centaines et j'ai choisi les exemples les plus récents pour illustrer mon article datant de ces deux derniers mois.
Il y a même pire : pour le même jouet, un en rose et un en bleu - le jouet rose est vendu 30% plus cher que le jouet bleu. Cela s'appelle la "prime rose" qui est pratiquée, en général, pour les produits cosmétiques (rasoirs, par exemple) mais que l'on retrouve dans les rayons bricolages, les jouets "rose", ... par les vendeurs et les grandes surfaces.



Brumaire 04/08/2020 13:09

Ma chère Maçonne, tu m'expliqueras alors pourquoi la présidente du SCFF s'appelle Très Puissant Souverain Grand Commandeur, et pas "Commandeuse"?
Tu as dû mal me lire, car j'ai écrit que "le REAA était masculin à l'origine, et pour cause", puisqu'il n'y avait que des hommes en maçonnerie.
Tu sais aussi bien que moi que certains noms ont une connotation peu convenable, lorsqu'ils sont mis au féminin, et l'inverse existe aussi.
Je reste persuadée, qu'un poste électif n'a pas à être marqué par le sexe de celui ou celle qui l'occupe. Il est bien dommage qu'il n'y ait pas de genre neutre en français, et ce serait sans doute une bonne idée de l'introduire, plutôt que de ridiculiser notre langue.
Quant aux FF et SS canadiens, qui, entre nous, ne respectent ni la Constitution internationale ni le vote écrasant du Convent international 2017 sur ce point précis, je me suis étranglée pendant quelques années en entendant traiter le TPSGC-GM de l'Ordre, de "Grande Maîtresse", précisant à chaque fois qu'une charge au DROIT HUMAIN, n'avait pas de sexe.
Par ailleurs, tu sais ce qu'est une "générale"? ce n'est pas la militaire gradée à 2 ou xx étoiles, mais l'épouse d'un général. Et des exemples comme ça, il y en a des tas, en français.
On ferait mieux de se concentrer et se pencher vraiment sur les VRAIS problèmes de cette société plutôt que de vouloir tordre notre langue et, je le répète, lui enlever sa musique si particulière.

La Maçonne 04/08/2020 22:11

Trois Fois Puissante se dit très bien à la GLFF et, dans l'ensemble, entre ne pas même respecter les règles d'accord de base et ne pas féminiser quelques expressions masculines parce que difficiles à faire, il y a une différence

Quant aux mots qui ont une connotation peu convenable, j'en parle aussi dans mon article - c'est bien par sexisme qu'ils sont devenus "peu convenables" alors qu'à l'origine ils étaient l'équivalent féminin du masculin. Je parle du féminin de patron : matrone.

La féminisation est nécessaire justement à cause de cela pour que les mots féminins, et par là ce que représentent les femmes, ne soient pas soit des prostituées, des épouses (même de général) ou de subalternes.
Pour l'armée, il y un guide de la féminisation des noms de grades, fonctions et titres.
Aujourd'hui, le "mon général" est "ma générale".
J'espère que l'on sait que "madame la générale" au même titre que "madame la ministre" n'est pas l'épouse d'un général ou d'un ministre ! D'ailleurs, je me demande comment on appelle les époux d'une ministre ou d'une générale.

C'est d'ailleurs intéressant d'étudier tout cela sous le prisme du symbolisme. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi les obédiences sont aussi en retard alors que la FM propose les outils nécessaires - mais cela est un autre débat.

Si la FM est en retard, la société - elle - a parfaitement adoptée la féminisation dans les titres, les fonctions et dans une réflexion globale de la place des femmes.
Le Québec considère les français comme des arriérés et les français comme des sexistes. La féminisation est une question réglée chez eux depuis 1979 ... Durant ces 40 dernières années, personne n'est aller leur expliquer qu'ils ridiculisaient le français.
Une langue est vivante, elle évolue - et avec elle, la société. La féminisation est un fait établi en France, avec plusieurs décennies de retard sur d'autres pays francophones. L'Académie Française n'y voit plus rien à redire.

Hector 04/08/2020 11:22

Les détracteurs à la féminisation refusent de féminiser « docteur ».
Pourtant "docteuse" ne serait pas mal .....
J'arrête de déconner !
Il faut, comme en Allemagne avoir le féminin, le masculin et le neutre ..... Cela simplifierait bien des relations !

Brumaire 03/08/2020 22:26

Chère Maçonne, je suis très "partagée" avec la féminisation des mots et l'écriture inclusive ou autre forme pour affirmer la féminité. La féminisation, en partie d'accord, mais alors l'écriture inclusive est une aberration dès qu'il s'agit de lire un texte: on perd le fil, et, ce que je trouve plus qu'important, la musique de la langue disparaît à tout jamais. Pour moi, c'est insupportable.
Je trouve qu'il y a d'autres moyens que l'écriture ou les accords d'adjectifs pour affirmer sa féminité et son intelligence.
Concernant le REAA, (qui est masculin à l'origine, et pour cause) je trouve aussi inconvenant de parler de l'Experte ou de la Couvreuse (pardon mes SS d'obédiences féminines). Sio n parle ainsi, on marque le sexe de celui ou celle qui occupe ces charges. Si on dit, ma S.:Expert, ma S.:Couvreur, la charge reste impersonnelle, et susceptible d'être occupée par n'importe quel F.:ou S.: , ce qui doit être la règle.
Par ailleurs, ce n'est pas du tout la règle du "masculin qui l'emporte" qui a appauvri le français, mais l'utilisation intempestive de l'anglais, pour "faire bien" ou pour aller "plus vite" (et pourquoi donc aller plus vite?) l'anglais n'étant ni nuancé, ni musical, et à longueur d'onde ridicule, entre autres, si on le compare au français, au russe ou à toutes les langues slaves. L'utilisation pandémique de l'anglais a pour conséquence l'appauvrissement de la pensée, de la langue, et, à terme, la disparition des cultures.
Si c'est ça qu'on veut...

Flora 16/09/2020 19:27

le DH en France 2/3 de femmes 1/3 d'hommes et l'on continue à utiliser le masculin pour nommer titre et fonction. Maria Deraismes ne se faisait elle pas appeler Vénérable Maitresse ? pourquoi cette régression, certains parleront de neutre "genre non marqué" !!! de quoi a t on peur en n'accordant pas la fonction avec la personne qui l'exerce ? quel est l'intérêt de se réfugier derrière le masculin alors que le DH est un ordre MIXTE international .... Où s'affirme cette mixité, sûrement pas lorsque l'on me désigne comme le secrétaire !!

La Maçonne 04/08/2020 10:57

Ma chère Brumaire, C'est ta perception qui te fait voir le REAA comme « masculin », alors que personnellement je ne trouve pas .. et je me demande même quels sont les attributs masculins que le féminin n'aurait pas dans un rite que ce soit le REAA ou un autre. S'il les origines justifiaient quoique ce soit, le Droit Humain n'existerait pas et Maria Deraismes serait une anecdote. Une origine est un point de départ, pas une continuité. La continuité c'est nous qui l'écrivons.
L'Académie Française a utilisé les mêmes arguments pour justifier sa résistance à la féminisation, y compris pour les hautes charges de l'Etat. Ce n'est pas la personne qui est désignée, mais la fonction dont la noblesse et la grandeur ne peuvent être exprimée au féminin. Bref, si les femmes ne sont pas désignée : les hommes, si – Aujourd'hui, on conçoit qu'il y ait une ministre, une secrétaire d'état, une rectrice, une préfète, … sans que la qualité de la charge, sa haute noblesse, soit remise en cause. Et les obédiences ne sauraient pas le faire pour ses plateaux ? Si encore les mots en question étaient difficilement féminisables, cela se justifierait … mais ce n'est pas le cas, loin de là.
Entre toi et moi, tu sais très bien que l'on écorche bien plus encore le féminin en loge. Combien de fois ne dit on pas, se mélangeant les pinceaux, UN sœur COUVREUR ?
L'appauvrissement du français est de ne pas utiliser les mots qui existent, afin de supprimer des nuances. Ne pas utiliser le féminin lorsqu'il existe participe autant à l'appauvrissement du français que d'utiliser un terme anglais lorsque le mot existe en français. C'est exactement au même niveau. D'ailleurs, s'il fallait se pencher sur les anglais, les sœurs sont des « brother », diminutif : « bro. » … cela aussi certainement pour ne pas choquer les frères de la GLUA qui ne saurait accepter que leurs épouses soient des Sister.
Le DH au Québec utilise très bien le féminin des plateaux sans se tordre le cerveau … Avec ses 40 ans d'avance sur la France, nous avons beaucoup à apprendre d'eux.
Quant aux formes typographiques, tant que la résistance à la féminisation existera, elles se justifieront – Lorsque l'on saura féminiser et respecter les règles d'accord, la question ne se posera plus. Le Québec n'utilise aucune forme typographique.