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La Maçonne

Le blasphème n'existe pas.

Caricature Charlie Hebdo


Etant athée, je ne sais pas ce qu'est le blasphème. Ainsi toutes discussions sur le blasphème – s'il faut l'interdire ou l'autoriser – considèrent, par défaut, que le blasphème existe sous une forme ou une autre et qu'il s'agit d'un concept compréhensible par toutes et tous. Moi, je ne le comprend pas. 

Défini comme  « toute expression qui outrage la divinité, qui insulte la religion », il m'est un concept complètement indifférent puisque je n'ai aucune croyance en dieu et par conséquent aucune religion. 
Comment pourrais-je condamner une insulte à ce que j'estime avoir autant de chance (ou de malchance) d'exister que les petits-hommes verts sur Mars, le Père Noël ou la fée Clochette ? 
En somme, une moquerie au sujet d'une des nombreuses variantes du dieu monothéiste a, pour moi, la même importance qu'une insulte à l'égard de Zeus ou Apollon – c'est-à-dire aucune. 

Mon athéisme, finalement, me permet toutes critiques sur toutes les religions – cela sans en discriminer aucune. 
Quant aux pratiques religieuses – chacun fait comme il veut - du moment que ce chacun, qui peut être aussi une chacune,  ne vient pas pendre des crucifies sur tous les murs, ajouter des crèches de Noël sur les places publiques, glisser des bibles partout ou imposer une obligation de croyance à chaque occasion. Suivez mon regard. 

Ce prosélytisme est une atteinte à la liberté de croire ou de ne pas croire, (dont à la mienne), une volonté d'assimiler la population à une croyance ou à une forme de croyance – en sus de choquer le sens de l'esthétisme de beaucoup (tout le monde n'est pas obligé de trouver un crucifie particulièrement décoratif), nie enfin la liberté de conscience des individus. 
Ainsi exclure, discriminer, insulter, tuer, ou attenter à la sécurité d'une personne ou d'un groupe de personne parce que celle-ci ou ceux-ci ne se conforment pas aux interdits « religieux », ne se plient pas à une croyance et/ou refusent de l'assimiler sont des crimes

L'interdit du blasphème ne concerne que les adeptes de la religion concernée. Ils peuvent très bien s'interdire à eux-mêmes de blasphémer si cela les occupe, mais ils ne peuvent rien interdire aux autres – parce que les autres ignorent même ce que c'est. 
 
A mes yeux, le prosélytisme sous toutes ses formes (évangélisation, prédication, imposer des symboles dans l'espace public, une obligation de croyance, de pratiques religieuses, etc) doit être interdit et considérer comme un crime.

Il s'agit d'une atteinte à la personne, à sa vie, ses libertés personnelles et celles de ses proches. 


Si chacun est libre de sa croyance et de son culte, il n'est pas libre de les imposer aux autres. 

Je suis, très certainement, bien plus radicale que la plupart d'entre vous : je souhaite criminaliser le prosélytisme religieux et qu'il soit un élément aggravant pour tout crime de sang, toute agressions physiques et psychologiques, dont l'origine est du prosélytisme religieux. 

Je ne collerais pas l'étiquette de « terrorisme » à ces assassinats - qui au final ne veut rien dire –  et qui ne servent qu'à des récupérations politiques sans apporter de solutions.  

C'est, en effet, mettre sur le même pied d'égalité la Bande à Bonnot et les attentats contre Charlie Hebdo, l'Hyper Cacher pour ne citer que ceux-là, – dont le dernier a fait pour victime un professeur de 47 ans. Il y a d'autres définitions possibles : crimes contre l'humanité, génocides, etc. 

Comme souvent, la réalité est souvent bien supérieure à toutes les fictions et définitions. Celui qui semble être à l'origine de l'assassinat de ce professeur à Conflans-Sainte-Honorine, Abdelhakim Sefrioui, fut à la tête d'un groupuscule islamique « Forsane Alizza » (organisation dissoute).

En 2011, il portait assistance à ….  l'extrême-droite catholique dont CIVITAS, le Renouveau français,  groupuscule nationaliste, catholique et contre-révolutionnaire, le faux abbé Xavier Beauvais, alors le (faux) prieur de la paroisse intégriste parisienne Saint-Nicolas-du-Chardonnet et à Alexandre Gabriac, jeune conseiller régional lyonnais exclu du FN et fondateur de son groupuscule identitaire, … qui souhaitaient faire interdire une pièce de théâtre et différentes expositions d'artistes mettant en scène « Jésus » pour motif de blasphème. 

« Interdire le blasphème » est une cause commune a bien des intégristes – toutes religions confondues – qui reposent sur les mêmes principes et la même idée de fond : imposer une religion et une pratique à toute une population qui n'en a nonobstant rien à fiche … 

En franc-maçonnerie, on appelle cela : lutter contre les dogmes. Visiblement, les obédiences et leurs dignitaires en ont oublié même jusqu'à l'existence de l'idée jouant le jeu du gouvernement et de Emmanuel Macron qui veut faire de la laïcité, une conviction comme une autre - à laquelle on  est libre d'adhérer ou pas - les invitant avec les représentants des cultes à des rencontres "pour le renouveau moral" dans le plus pure style du Concordat et à rédiger (vive la IIIème République) leurs petites notes. 

Ainsi, les citoyens sont présentés, sous couvert d'une législation contre le séparatisme dont personne ne sait d'ailleurs ce que cela recouvre exactement, comme en état de constante soumission à la religion ou  à un guide spirituel, des incapables à la liberté de conscience ... faisant du prosélytisme religieux et de la religion une obligation.  

Le blasphème n'existe pas parce que personne ne peut être contraint à adhérer à une religion. 

 

 


 

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FELIU José 19/10/2020 08:01

Merci pour ce joli morceau d'architecture qui rétablit enfin une évidence: utiliser le mot blasphème c'est se soumettre à une croyance religieuse.

Nadine Orhant 18/10/2020 20:23

Bonsoir Madame,

Votre article me semble juste
Cette justesse qui rétablie le sens et fait du bien.

Cordialement,

. N. O.

La Maçonne 18/10/2020 20:35

Merci Nadine ...Je vous souhaite une bonne soirée.