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La Maçonne

Humanisme n°312 « Ardentes Lumières »

Ce numéro de la revue « Humanisme » souhaite aller au fond de sa marotte : le siècle des Lumières.

Après une interview de Daniel Keller qui explique sur plusieurs pages que le Grand Orient de France « compte dans la République », le dossier de ce numéro – capital pour les membres du Grand Orient de France – est dédié aux « Lumières » que l'on souhaite « ardentes ».

Non pas que j'ai un problème avec la philosophie des Lumières, mais – disons-le – cela date quand même un peu. Par un curieux hasard complètement involontaire, une sorte d'anomalie de l'évolution, bien entendu, n'existerait-il pas autre chose dans la pensée humaine de ces trois derniers siècles ? Lire « Humanisme » me fait toujours penser à une réflexion d'une soeur qui commentant un article sur le féminisme d'aujourd'hui s'est exclamé : «  On en est encore à Simone de Beauvoir ! » … En même temps, j'en suis encore à digérer la théorie du genre de Madeleine Pelletier !

Moi, je dis cela mais après tout, je ne me targue pas d'être philosophe. Ainsi donc je me suis plongée dans ce numéro que je me gardais pour une longue nuit d'insomnie, une journée pluvieuse, ou pour repousser de mes préoccupations le fer à repasser qui me nargue planté sur sa table. A chacun ses démons.

Le premier article de ce dossier a pour titre « Pour de nouvelles lumières » de Charles Courtel, qui souhaite que nous étudions (mieux) le « méliorisme » du siècle des Lumières au travers de Kant et de Condorcet. Si ce néologisme vous met dans l'embarras, - ne craignez rien - il ne s'agit que « d'améliorer le monde » dont la signification est, pour nous, francs-maçons de l'univers, plus ésotérique que philosophique. Tant pis pour vous, vous n'aurez qu'une réflexion philosophique.

« Les lumières et la question de l'athéisme, la figure du curé Meslier », entretien avec Serge Deruette, nous fait découvrir un curé, athée, et son « Mémoire » oublié de Voltaire et de biens d'autres philosophes des Lumières. L'autre personnage évoqué dans ce numéro est Paul-Louis Courier par François Chauvin, personnalité plus colorée que le curé Meslier.

« Misère de l'idéologie post-moderne » de Marc Riglet mériterait à lui-seul que vous vous procuriez ce numéro de « Humanisme », histoire de me l'expliquer. En effet, pour le comprendre, il faudrait lire (et connaître) Claude Levi-Strauss, Michel Foucault, Pierre Rosanvallon, Edgar Morin et Alain Tourraine. « Je ne connais pas les remplaçants », phrase aujourd'hui culte des humoristes « les Inconnus », serait la réflexion tout à fait appropriée. Au moins, je sais pourquoi je ne les connais pas.

Viennent ensuite deux articles – pessimistes – parce que si vous ne l'aviez pas compris notre époque est certainement la plus terrible que traverse l'Humanité (appréciez le H majuscule) : entre le multiculturalisme, véritable attaque à la démocratie – comme on le sait depuis l'Ancien Régime – et la « déconstruction de la citoyenneté républicaine », on est bon pour l'enfermement.

Le premier fait « multiculturalisme » une atteinte à la liberté d'expression (le blasphème) et, pire encore, on inverserait le « devoir d'intégration » … Est-ce vraiment poser le problème dans le bon sens - si j'ose dire - ? N'est-ce pas le « devoir d'intégration » qui est devenu impossible faute d'accompagnement et de réflexion de fond de nos sociétés sur celui-ci ? N'y-a-t-il pas une ambiguïté dans le mot même « intégration » qui est vue comme une « assimilation » et un devoir de déracinement ? Ainsi, lorsque l'on crie à la perversité d'une communauté en France ou au Canada, ne devrions-nous pas nous demander auparavant qu'elles ont été les moyens de lutter contre celle-ci avant qu'elle monopolise notre intention ?

Philippe Foussier, décrivant les heurs et malheurs de la « déconstruction de la citoyenneté républicaine » dénonçant (et cela en a au moins le mérite) la politique de Sarkozy, ne dénonce pas son aspect le plus sombre : le racisme couché au pied de « l'universalisme » confondu avec « l'uniformité » - pour ne pas dire le refus de la différence - 

Quant à la « liberté d'expression », pour ce qui est de ma petite expérience, cela m'autorise à apprécier l'image de couverture de ce numéro d'Humanisme. 

Ainsi, si je suis assez d'accord – pour ne pas dire complètement – sur le fait que les principes républicains, qui sont aussi (et surtout) les principes et valeurs reconnues par la communauté internationale, sont en perte de vitesse, mettant en péril la démocratie et nos droits fondamentaux, il serait bon de convenir que les auteurs de cette déconstruction appartiennent à toutes les couches de la société, à tous les courants de pensée et toutes les religions, sans aucune différenciation. 

Procurez vous ce numéro nécessaire de "Humanisme" et dites-moi ce que vous en pensez ... avant le prochain numéro. 

 

 

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Christophe 03/11/2016 21:35

Je n'ai pas lu ce numéro d'Humanisme. D'ailleurs, je n'y suis plus abonné. Car finalement, je n'y trouvais pas beaucoup de pitance. Mais j'ai sûrement tort !
Du résumé que je lis ici, serions-nous une fois de plus dans du franco-français ?
Si c'est le cas, dommage. Car les "lumières", c'est tout sauf du franco-français. Non pas que des français n'y ont pas participé, bien au contraire, mais ils l'ont fait surtout "hors" de la France, qui avait plutôt tendance à se recroqueviller sur elle-même après le "bon coup" de la révocation de l'édit de Nantes, dont le résultat a été une fuite des éléments les plus brillants de la charnière des XVII-XVIIIe.

Un livre extra! Lisez le volumineux "Lumières radicales" de Jonathan I Israel, un anglais! Bon ce n'est qu'une traduction en français, mais on y trouve une ligne, qui nous permet de mettre en place tous ces contributeurs qui venaient de tous pays, de toute culture: c'est cela qui est extraordinaire dans les "lumières": c'est un moment international (un peu grâce à la révocation de l'édit de Nantes) où les intellectuels français jouèrent un grand rôle: mais c'est leur faire injure de la jouer franco-française!

Lionel MAINE 03/11/2016 13:26

J'infligerai quelques lignes du bon curé MESLIER aux rares personnes qui assisteront à mon incinération !!!
Pour en savoir plus sur ce grand bonhomme, le site d'une Association ardennaise à sa mémoire :
www.jeanmeslier.fr