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La Maçonne

Le féminin de fraternité : le mot perdu.

Marion Zimmer-Bradley (1930 - 1999), romancière féministe, connue pour ses adaptations du roman arthuriens (le Cycle d'Avalon) et de la flûte enchantée, présente dans sa saga « Le Roman de Ténébreuse », une Sororité, appelée les « Renonçantes ». Les américaines, dans leur extrémisme tapageur, ont monté des communautés de femmes suivant ce modèle, financièrement autonome, qui a eut autant de réussite que les phalanstères de Fourier.

On a les références littéraires que l'on peut.

Le féminin de fraternité est ce mot dure : sororité, avec les mêmes déclinaisons : sororellement, sororel, …

Les mots que nous utilisons dans le langage courant ne sont pas anodins. Ainsi, sans aucun état d'âme, on peut dire : « il existe entre ces femmes un lien fraternel immuable».

Faut-il entendre que les femmes ne peuvent tisser entre-elles que des liens d'hommes entre elles– aussi fraternels soient-ils – ?

En effet, on devrait dire : « il existe entre ces femmes un lien sororel immuable ».

Finalement, lorsque des frères parlent de fraternité – parlent-ils aussi de sororité, eux qui ignorent même jusqu'à l'existence de ce mot ?

La Fraternité Universelle – exprimée comme étant le rassemblement dans le respect et l'écoute – des uns et des autres me paraît être pas si universelle si elle oublie les soeurs.

La première fois que l'on m'a appelé « ma soeur », je me suis vue affublée d'une cornette et d'une vilaine croix. Je ne suis pas très pieuse. C'est pourtant à la jeune apprentie que j'étais, à la femme que je suis, reconnue par cette simple expression, qui existe, tout comme d'autres femmes, dans cette fraternité, dont le féminin est le mot perdu.

Combien de temps encore pour le retrouver?

Sororellement,

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Gaëlle 02/08/2014 14:04

Pour moi je trouve les mots "sororité", "sororel" ou "sororellement" plutôt jolis.
Je pense que c'est simplement parce qu'ils sont peu utilisés qu'ils frappent l'oreille.
Par ailleurs l'interrogation sur le caractère "dur", "pas dur", "joli", "moche" d'un mot n'est pas un critère suffisant pour choisir ou non de l'utiliser.
Ainsi que pensez-vous du mot "impacter" récemment apparu dans le vocabulaire médiatique ?
Les mots reflètent la vision du monde dominante. Ce monde nous ne sommes pas obligé(e)s de ne faire que le subir, on peut tenter de l'influencer, et pour cela il me paraît fondamental d'utiliser des mots plus adéquats. Moi je ne suis le frère de personne, je suis femme et je ne peux pas éprouver des sentiments fraternels pour qui que ce soit, en revanche j'éprouve souvent des sentiments sororels. Bises. Gaëlle

La Maçonne 02/08/2014 14:20

Je suis entièrement d'accord avec toi, Gaëlle. Merci, mille fois.

Gaëlle 02/08/2014 13:54

Bonjour!
Contrairement à vous je trouve les mots "sororité", "sororel" et "sororellement" plutôt jolis.
Je crois que ce qui vous fait trouver ces mots "durs" ou "pas beaux" c'est seulement leur rareté.
Nous ne sommes tout simplement pas habitué(e)s à les utiliser.
Par ailleurs est-ce que l'on s'interroge sur la beauté d'un mot comme "transferrement", récemment apparu dans le vocabulaire, ou encore plus récent "impacter"? Et pourtant ils sont choisis, élus, utilisés. Les mots sont le reflet des visions du monde dominantes. On n'est pas obligé(e)s de ne faire que le constater, on peut aussi choisir de tenter de le changer.

Luciole 26/05/2014 12:03

Ce qui est fraternel est le mot "lien" qui est du genre masculin.

Tao 30/08/2013 20:53

J'ai aussi plusieurs remarques.

D'où tiens-tu, MTCS, que les FF ne connaissent pas ce mot ? Je vais même te surprendre, non seulement nous sommes une sacrée tripotée à le connaître, mais pour ma part, je le rejette suite à une réflexion menée sur ce terme. Je vais préciser ma pensée, je le rejette dans un contexte uniquement : quand il existe au moins un F. Pourquoi ? Par cohérence linguistique ! Que des SS utilisent ce terme me parait tout à fait approprié quand elle ne font référence qu'à elles-mêmes : il n'y a que des SS ! La GLFF est donc une sororité maçonnique. Cependant, il me semble qu'elles reconnaissent les FF comme initiés également. Aussi, au même titre qu'une "fratrie" comprend les garçons ET les filles issus des mêmes parents, la fraternité englobe autant les FF que les SS qui ne sont nullement laissées sur le carreau. Pas plus que quand on demande comment se compose ma fratrie et que je vais évidemment nommer ma petite ou ma grande sœur...

Fraternité est donc universel, contrairement à sororité. Par simple loi linguistique. Sinon, je veux bien qu'on réforme tout cela, à la seule condition qu'on change les règles de notre langue française et qu'on revienne sur la règle du "ils/elles" qui veut qu'à partir d'un seul homme on doit dire "ils" et non "elles". Après tout, pourquoi pas... Mais gros chantier ! Et un chantier artificiel car volontariste, ce qui n'existe pas dans l'histoire de la linguistique à ma connaissance... Mais il peut y avoir un début à tout !

Ne nous y trompons pas, je suis par ailleurs tout à fait favorable à l'évolution de notre langue française et accepte volontiers le "-e" ajouté à "auteure", "professeure" ou la féminisation d' "ambassadeur" en "ambassadrice". Cependant, en l'état actuel de notre langue, je maintiens que selon moi "sororité" exclue les FF.

Isabelle 09/03/2016 18:01

Un Homme sur deux est une Femme ! Et, merci de revoir l'histoire de l'évolution du langage, avec, entre autre, la décision au 17e siècle (c'est donc récent, à l'échelle de notre histoire ...!) de fixer cette règle de grammaire du "masculin l'emportant sur le féminin" comme une vérité première, ce qui était loin d'êtrre le cas avant...!
Merci
Isabelle

Tao 30/08/2013 21:25

Attention, je n'ai pas dit que la grammaire était juste. Je la trouve tout aussi injuste que toi... Cependant, ce n'est pas comme si on pouvait vraiment y faire quelque chose... Il faudrait que je réaccorde tous mes adjectifs utilisés dans ces posts, sinon... Pas simple...

Je le répète, la "fraternité" ne concerne pas que les FF ! Pourquoi dire "- des frères donc -" quand j'ai expliqué qu'il partage sa racine avec "fratrie" qui désigne autant ma frangine que mon frangin... A moins que ce simple constat soit contesté ? Revendiquer le terme "sororité" comme universel ne serait cohérent uniquement dans le cas où les SS qui l'utilisent remplaceraient également "ils" par "elles" quand, dans un groupe, les femmes sont plus nombreuses. Ce n'est pas le combat ni la pratique de la GLFF ou de la GLFMM pour rester en France (ne prenons pas les anglo-saxons comme exemple sur ce sujet, quand les sororités étudiantes ne partage pas de fraternité universelle avec les fraternités et quand la maçonnerie féminine n'est pas reconnue en tant que telle mais nommée "co-masonry"). D'où l'incohérence de l'usage de ce terme qui devient donc excluant selon moi.

Je rejette également, à titre personnel (et donc ça n'engage que moi), la pertinence de faire allusion à des "liens entre femmes" ou "liens entre hommes" quand il n'y a que des "liens entre individus". Ce langage essentialiste (opposé à ma vision existentialiste) est également partagé par les hommes sexistes avec qui j'espère ne rien partager sur ces questions-là. C'est un essentialisme, un sexisme à l'envers. Non les SS n'ont pas des rapports de femmes entre elles, elles ont des rapports d'individus à individus (pour prendre un nom masculin), de personne à personne (pour prendre un nom féminin).

Être homme ou femme est un construit social et culturel avant d'être une particularité anatomique, laquelle n'a que peu de pertinence quand on parle de débat intellectuel ou spirituel... C'est mon avis...

La Maçonne 30/08/2013 21:05

Il n'y a pas que la GLFF qui est "entre femmes", d'autres obédiences féminines existent. La plus ancienne étant anglaise.
Ensuite, ma réflexion m'apporte ceci : les femmes aussi ont le droit d'être reconnue pour leur lien. Les liens que j'ai avec ma soeur que sont-ils? La copie de liens que les frères ont entre eux? Où des liens entre femmes ... Ensuite, rejeter un mot parce qu'il te donne l'impression d'être exclu. Penses-tu vraiment que le mot "fraternité" - des frères donc - m'inclue ou que je n'ai pas le sentiment par l'emploi de mots masculins d'être exclue? Ce fameux "masculin qui l'emporte" en règle grammaticale, même s'il y a un seul homme sur 1000 femmes....
Les mots que nous employons nous définissent. Définissent notre société et la perception que nous avons de celle-ci.
Sororité est un mot aussi beau que Fraternité. Parce qu'il dit la même chose au féminin.

Athanase 30/08/2013 11:15

MTCS
Si tu me permets je fais 2 remarques
la 1ère . Pour ce qui est du phalanstère, effectivement ceux de Fourier n'ont pas vraiment fonctionné mais tu oublies Godin et ses "Familistères" qui n'étaient rien d'autres que des phalanstères !!! qui ont fonctionné de 1858 jusqu'en 1968 .
la 2ème. La "sororité" … c’est bien vrai que le mot est plutôt moche mais il est employé … j’ai dénoncé à plusieurs reprises certains articles d’un blog intitulé : Sororité Aryenne
http://aryansisterhood.wordpress.com/
Alors ma sœur restons en à la fraternité et laissons de côté ce mot sororité si souvent mal employé !
En ce qui concerne la cornette et la Croix tu confonds Bonne Sœur et Sœur. Je peux t’assurer que quand un F parle d’une S… il ne pense pas du tout à la cornette !!!
D’ailleurs quand tu parles d’un F , l’imagines-tu en robe de bure, pieds nus en sandales avec pour ceinture une simple corde ?
Je t’embrasse bien "fraternellement" ma S
Athanase

La Maçonne 30/08/2013 17:51

MTCS Bénédicte,
Les apprenties, je les appelle "ma soeur" plus souvent qu'à mon tour. Histoire qu'elles s'habituent au plus vite! Il faut bien s'amuser un peu.

La Maçonne 30/08/2013 17:48

MTCS Anathase
Lorsque nous arrivons en maçonnerie, les unes et les autres, c'est avec un bagage. Ainsi un mot relève d'un sens – mais aussi de préjugés. La franc-maçonnerie est aussi faite pour remettre en cause ceux que nous avons – ou tout au moins en trouver l'origine.
Ma sœur biologique, profane, un jour m'a dit que de toute manière je n'avais qu'une sœur et que c'était elle !
Le mot « Fraternité » est aussi utilisé par des groupuscules extrémistes et intégristes. Et bien plus souvent que le mot « sororité » puisque utiliser plus souvent.
La fraternité aryenne existe aussi. http://www.youtube.com/watch?v=HdzZwSYfM6s
Alors pourquoi vouloir mettre le mot « sororité » aux oubliettes ?

Bénédicte 30/08/2013 09:20

La première fois que l'on m'a appelé ma soeur m'a fait très exactement le même effet. J'en profite pour te féliciter sur les musiques qui accompagnent tes articles.
Sororellement (c'est vrai que c'est pas beau ....)