1 Avril 2016
Ce communiqué émanant du Suprême Conseil de France (de la GLDF) fait l’effet d’un coup de tonnerre dans le paysage maçonnique français, qui tente de retrouver son calme d’avant la Confédération Maçonnique (CMF).
Il est adressé à tous les frères de la GLDF – du 1er au 33ème degré – Il leur annonce un retour aux anciennes habitudes, soit la réunion des loges bleues sous le Suprême Conseil et la rupture des relations avec les obédiences françaises.
Ce communiqué est divisé en plusieurs parties qu’il est nécessaire d’expliquer et d’analyser plus longuement. Ce que vous savez que je vais faire …
La GLDF fut fondée en 1894 par la réunion des loges bleues du Suprême Conseil et de la Grande Loge Symbolique Ecossaise (l’obédience qui initia Maria Deraismes). En effet, depuis plusieurs décennies, des loges bleues souhaitaient leur indépendance du Suprême Conseil, qu’elles obtinrent non sans lutte et quelques scissions, radiations de frères et démolitions de loges. Le temps « écossais » est loin d’être un long fleuve tranquille. Cette séparation fut définitive – des observateurs rétorqueront « uniquement sur le papier » - dans les années 1950-60 lorsque la GLDF se lança dans la conquête des cœurs anglais et de leurs reconnaissance. Entre 2012 et 2015, nous eurent à loisir d’en discuter. La CMF fut, en effet, un nouvel essai non transformé de la GLDF de devenir régulière parmi les réguliers.
Ce communiqué fait, certes, le point sur les actions manquées, comme sur l’illégitimité de la séparation des trois premiers degrés avec le Suprême Conseil. Il dénonce un autre fait : la perte initiatique des loges de la GLDF, les accusant de bidouiller les rituels sacrés du REAA, tout en mettant en cause le système démocratique de l’obédience. Ceci malgré l'effort de se plier à Ses Exigences (les majuscules ne sont pas superflues) : dès 2009, une Commission paritaire fut mise en place pour permettre aux loges de retrouver le droit chemin de l’Initiation et de la Tradition Maçonnique.
Hormis ces accusations, le plus inquiétant est le décret que produit le SCDF et, en dans un premier temps, l’article 2, qui ne « reconnait » plus la GLDF. Une véritable OPA que confirme l’article 3. La GLDF n'existe, tout simplement, plus!
L’article 4, quant à lui, est moins surprenant vu le contexte : bible à tous les étages, obligation de croire en un dieu révélé, rupture avec les obédiences « irrégulières » (c’est-à-dire le GODF, la GLFF, le DH, la GLTSO, etc.), non-mixité absolue, et pour finir une pratique « régulière » des rituels. Pour ce dernier point, je vais me passer – pour le coup – de faire des commentaires.
Il est nécessaire de souligner un parallèle avec la CMF qui plane telle un ombre sur ce décret. Le Suprême Conseil va, pourtant, plus loin qu’une simple déclaration de principe : il promet démolition de toutes les loges qui résisteraient, demande aux frères qui ne seraient pas d’accord de partir … Autrement dit, il organise une scission aux forceps de la GLDF – doit-on déjà parler d’elle au passé ? -
« A partir de cette décision historique traduite par ce décret, le Suprême Conseil pourra légitimement affirmer ses ambitions historiques. Nous souhaitons notamment constituer un espace de « régularité écossaise », où les Frères et les Grandes Loges qui se reconnaissent exclusivement dans ce Rite, se parleraient d’eux-mêmes à eux-mêmes, sans être forcés de parler aux autres, en France comme à l’étranger. Nul doute que le Suprême Conseil de France par son indiscutable antériorité et compétence en ce domaine, serait conduit à y jouer un rôle prépondérant. » Nous explique ce communiqué. Personne ne sait s’ils seront nombreux à se parler encore demain.
Nul doute que, majoritairement, les frères de la GLDF refuseront ce qui semble être une prise de pouvoir quelque peu désespérée et maladroite. Il se murmurait, lors de la crise de ces dernières années dans le cadre de la CMF, que des loges prévoyaient ne plus « reconnaître » le Suprême Conseil, le trouvant un peu trop encombrant. Ce décret leur offre, sur un plateau doré par une bande d’alchimistes en panne d’inspiration, de bonnes raisons.
Les obédiences française ainsi que les frères et les sœurs qui tenaient à une unité, aussi compliquée soit-elle, de la franc-maçonnerie française se prennent le second camouflet de ce siècle. Le premier est, bien entendu, la Déclaration de Bâle de 2012. Bien évidemment, les frères de la GLDF, qui entreront en résistance contre cette décision, bénéficieront d’un soutien, qui sera tout autant historique, de bons nombres d’entre elles.
La conclusion de ce communiqué ne manque pas de piquant. Jugez par vous-même :
« En conséquence chaque membre doit être soumis entièrement aux valeurs et aux dignitaires de l’Ordre. Il doit être, tel un Chevalier sacré armé du glaive flamboyant qui, entre ses mains comme la lance de Saint-Georges, doit servir pour mener le combat assurant le triomphe de notre mission civilisatrice. Notre démarche inspirée de Spiritualité Écossaise doit nous permettre de reprendre en mains la destinée du monde et d’être les Guides spirituels du troisième millénaire. »
Faut-il rêver ?
A L G D G A D L U, Ordo ab chao, Deus meumque jus, au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil des Souverains Grands Inspecteurs généraux du 33e et dernier degré du REAA pour la France.
Paris, le 1er avril 2016
A vous tous Mes Très chers Frères, en vos grades et qualités,
Jusqu'en 1894, le Suprême Conseil de France gouvernait tous les Ateliers du Rite Écossais Ancien et Accepté du 1er au 33e degré. Depuis cette date, les Ateliers des trois premiers degrés du Rite sont placés sous l'administration de la Grande Loge de France. Cette rupture s’est faite sous les pressions de mécréants et anarchisants qui ont entrainé des Loges à se soustraire à l’autorité du Suprême Conseil de France.
Notre puissance maçonnique indépendante et souveraine a continué d’exercer sa juridiction exclusive et sans partage sur les Ateliers du 4e au 33e degré. Cependant la séparation en deux puissances maçonniques du gouvernement du Rite Écossais Ancien et Accepté, opérée sur un plan purement administratif et non pas initiatique, n’a nullement constitué une remise en cause de l'unité du Rite du 1er au 33e degré dont le Suprême Conseil est conformément aux textes fondateurs du Rite, le seul conservateur et seul gardien de sa Régularité pour la France.
Cette séparation de 1894 a toujours été considérée comme illégitime par tous les Frères réellement attachés au Rite Écossais Ancien Accepté. Il fallait donc bien qu’un jour l’unité se fasse.
Cela était d’autant plus impératif que la Grande Loge n’a eu de cesse depuis 1894, de « tordre » les rituels dans tous les sens au point de les dénaturer au fil du temps ! A confondre mauvaises habitudes et justes pratiques, le Rite a perdu peu à peu de sa portée initiatique pour n’être plus que gesticulations théâtrales. On a constaté les dérives successives de nos pratiques qui, à force d’ajouts ou de suppressions risquaient de faire de nos Rituels des coquilles vides et nos Loges initiatiques d’aimables coteries de gens bien nés. Les membres de la GLDF ne comprenaient pas et ne comprennent toujours pas que la démarche initiatique inspirée par notre Spiritualité Écossaise exige la pratique rigoureuse du Rite Ecossait Ancien et Accepté transcendée par l’intervention verticale du Grand Architecte de l’Univers, s’appuyant sur la Bible.
Il nous fallait « recoller » à la Tradition ce qui a motivé depuis 2009, les travaux de la Commission Paritaire créée en 2009, grâce à l'impulsion d’un Très Illustre Frère, Grand Maître de la Grande Loge de France. En ayant la conduite des travaux de cette Commission nous orientions les Loges initiatiques vers des pratiques bien comprises, et les incitions à revenir au bon chemin en évitant de se perdre dans le « labyrinthe de l’erreur » Mais hélas l’absurde système démocratique de la GLDF conduit à réclamer l’adoption des modifications aux rituels par vote des Députés et cela peut conduire à des refus qui sont inacceptables pour l’intérêt de notre Ordre Écossais.
Enfin depuis 1964, toutes les tentatives d’acquisition de la Reconnaissance auprès de la GLUA ayant échoué faute du respect absolu des Règles de Régularité que cela implique ce qui a encore été refusé par les députés de l’obédience en juin 2014. La GLDF, telle une rivière voulant rejoindre le fleuve de la grande famille de la Franc-Maçonnerie Régulière est sortie de son lit. Ce fiasco a dégradé l’identité de la Grande Loge de France, et ce n’est pas une politique pro-active de Communication qui va rétablir son image.
Le Suprême Conseil ne peut couvrir plus longtemps les errements de la Grande Loge de France à laquelle on le regarde comme lié. En effet le Suprême Conseil jouit d’une grande considération qui lui permet de faire figure de représentant de la Maçonnerie française dans l’ensemble de la Maçonnerie mondiale et elle ne peut pas perdre ce privilège.
En conséquence le Suprême Conseil a décidé de reprendre son absolue autorité sur les Loges symboliques.
Je vous informe donc que le Suprême Conseil en sa réunion du 31 mars 2016, a pris un décret en quatre articles.
Le Suprême Conseil impose la stricte observance des principes intangibles du Rite à l'ensemble des membres ainsi que le respect scrupuleux de ses rituels et des serments solennels qu'ils ont prêtés aux degrés auxquels ils ont été élevés. Ceux d'entre eux qui ne voudront pas respecter, ne fût-ce qu'à un seul des principes, doivent quitter l’Ordre. Les temples ne doivent plus être fréquentés par des non croyants quelque puisse être leur fonction au sein de l’obédience, si importante soit-elle.
Par ailleurs le Suprême Conseil démolira les loges qui ne respecteront pas scrupuleusement les principes du Rite en se prêtant à des pratiques déviantes.
A partir de cette décision historique traduite par ce décret, le Suprême Conseil pourra légitimement affirmer ses ambitions historiques. Nous souhaitons notamment constituer un espace de « régularité écossaise », où les Frères et les Grandes Loges qui se reconnaissent exclusivement dans ce Rite, se parleraient d’eux-mêmes à eux-mêmes, sans être forcés de parler aux autres, en France comme à l’étranger. Nul doute que le Suprême Conseil de France par son indiscutable antériorité et compétence en ce domaine, serait conduit à y jouer un rôle prépondérant.
Pour réussir la restauration de cette Souveraineté pleinement retrouvée sur la totalité des degrés du Rite et des projets historiques qui en découlent, le Suprême Conseil doit s’appuyer sur la puissance de l’Armée des adeptes du Rite. Cette Armée se compose de la totalité des membres de l'Ordre, répartis par degrés initiatiques et constituant, sur le plan de chaque degré, autant de phalanges auxquelles sont dévolues des tâches particulières en concordance avec le caractère et les enseignements du grade.
En conséquence chaque membre doit être soumis entièrement aux valeurs et aux dignitaires de l’Ordre. Il doit être, tel un Chevalier sacré armé du glaive flamboyant qui, entre ses mains comme la lance de Saint-Georges, doit servir pour mener le combat assurant le triomphe de notre mission civilisatrice. Notre démarche inspirée de Spiritualité Écossaise doit nous permettre de reprendre en mains la destinée du monde et d’être les Guides spirituels du troisième millénaire.
Il appartient désormais à notre Ordre, et à lui seul, d’agir pour le Grand Œuvre voulu par le Père.
Soyez assurés, mes Très chers Frères, de nos sentiments affectueux et fraternels.
Le Souverain Grand Commandeur
Hubert Grelin
Vous avez vu la date? Le 1er avril ! Ce communiqué est, bien sûr, un "faux". Il ne provient ni du Suprême Conseil pour la France (GLDF), ni de la GLDF et/ou de son conseil fédéral et de son Grand Maître! Une de ses sources fort inspirantes est cet article publié en 2014 sur le site "hauts grades" : "REAA 32ème : allocution du ministre d'état"
http://hautsgrades.over-blog.com/article-reaa-32eme-allocution-du-ministre-d-etat-124178714.html
Il est le résultat d'un mixe de plusieurs textes émanant du SCDF (GLDF) et du SCPF (GLAMF), et, bien entendu, la part créative de son auteur. Quant au "décret" présenté sur ce faux communiqué, vous trouverez l'essentiel des "règles" dans les statuts de la CMF (Confédération Maçonnique de France) et dans différents documents. Dans cet article, vous trouverez un récapitulatif et même un chronologie des événements : http://lamaconne.over-blog.com/2014/10/lettre-blanche-ouverte-au-conseil-federal-de-la-gldf.html
S'il apparaît fascisant - il l'est - c'est qu'il met en exergue une doctrine faisant de la franc-maçonnerie un substitut des religions auquel le frère doit se conformer.
Voici d'autres "poisson d'avril" ...
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Les mille excuses de " la Maçonne " - La Maçonne
Il est force de constater mes nombreuses erreurs de jugement, pour ne pas dire mes errements, tout au long de ce blog. Il me faut aujourd'hui consentir à adopter et à mesurer la valeur des arguments
http://lamaconne.over-blog.com/2014/04/les-milles-excuses-de-la-maconne.html