25 Mai 2016

Aux États Unis la procédure d'impeachment (« mise en accusation » ou « procédure de mise en accusation ») fut engagée une première fois à l’encontre du président Andrew Johnson en 1868. Elle fut utilisée une seconde fois contre le président Richard Nixon en 1974.
On se rend compte que c’est bien une arme dissuasive de type « nucléaire » mais qu’il arrive qu’elle puisse servir dans les cas extrêmes.
En France, l’article 68 de la Constitution de la 5ème République, rendant le Président de la République quasiment inattaquable, a été modifié. Il peut être destitué « en cas de manquement à ses devoirs » (article 68).
Lorsque la Grande Loge Alliance Maçonnique Française (GL- AMF) se constitue en 2012 grâce aux nombreux dissidents de la GLDF, elle adopte deux dispositions réglementaires afin de se protéger pour l’avenir d’éventuelles dérives mortifères causées par un Grand Maître.
Ce sont :
La GLNF, depuis 2014, a, de son côté, mis en place une règle interne permettant la destitution de son grand maître par le Souverain Grand Comité.
Il faut savoir que la destitution du GM Stifani avait été demandée considérant
« que le TRF François STIFANI s’est, en plusieurs occasions, écarté des principes fondamentaux qui définissent l’objet même de la Franc-Maçonnerie et l'existence de notre Obédience en particulier, et ce, notamment : « (suivait les accusations retenues).
Le cas de la dérive de la GLNF qui se solda par la radiation du Grand Maître Stifani n’est pas un cas isolé pour les institutions maçonniques. Tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de la Maçonnerie française ont en mémoire le cas du Grand Commandeur Charles Riandey qui entouré d’un quarteron de dignitaires du SCDF, provoqua la crise de 1964 de la GLDF.
Sa démission fut demandée par le Suprême Conseil en décembre 1964 car il avait rencontré en secret le Grand Maitre de la GLNF en vue de fomenter un rapprochement entre la GLDF et la GLNF.
Or il faut savoir que la crise de la GLNF provoqua le départ de près de 20000 membres de l’obédience. En ce qui concerne la GLDF (Grande Loge de France, elle ne retrouva qu’en 1969 le niveau de ses effectifs de 1964, année de la crise.
Les obédiences élisent de manière variable leurs Grands Maîtres. Par ailleurs, leurs fonctions sont différentes d’une obédience à une autre. Le GODF préfère une élection de leur Grand Maître par le conseil de l’ordre. La GLDF et laGLFF ont choisi d’élire leur grand maître ou grande maîtresse par les députés des loges.
Ces élections se font chaque année. Ce qui permet, techniquement, de ne pas garder un grand maître qui s’avérerait peu représentatif des membres de l’obédience trop longtemps.
Cependant, que faire quand un grand maître dérape ? Imaginez-en un tenir des propos racistes sur TF1 trois mois après avoir été élu ? Les loges font quoi et comment ?
Certes, cet exemple est exagéré, bien que des petites histoires peu ragoutantes de tels ou tels grands maîtres peuvent être trouvées.
La mission d’un grand maître n’est pas seulement d’être représentatif de son obédience mais de la franc-maçonnerie. Il, comme cela peut être elle, a une lourde responsabilité. Le rendre justiciable devant les loges n’est pas réduire cette mission, mais au contraire la reconnaître comme importante. Car elle l’est.
Dans la plupart des associations loi 1901, une procédure de révocation est prévue dans leurs statuts. Lorsque celle-ci n’est pas prévue, c’est l’article 2004 du Code civil qui prime. Il considère qu’une association peut destituer son président quand elle le souhaite. En revanche, il revient à l’organe qui a désigné le président (dans notre cas, le convent ou le conseil de l’ordre), de le révoquer dans les mêmes formes de son élection.
La révocation d’un président d’une association doit être inscrite à l’ordre du jour. Si cela semble simple, il suffit de connaître (un peu) nos obédiences pour comprendre que cette possibilité est difficilement applicable.
Après tout, même un Président de la République peut l'être, alors qu'élu au suffrage universel, pourquoi les grands maîtres de nos obédiences ne le seraient pas?
C’est pourquoi dans la rubrique « nouvelle franc-maçonnerie » de ce blog, je vous propose ici un travail de notre frère Vabadus, présentant une procédure possible de destitution de grand-maître.

Les quatre principes qui guident l’organisation d’une procédure de destitution sont les suivants :
La procédure de destitution doit s’appuyer sur un engagement du Grand Maître à servir l’obédience en respectant des Valeurs, ses Principes et ses règles de fonctionnement
Cet engagement est généralement pris dans le cadre d’un serment.
Les motifs d’accusation sont tous les abus de pouvoir et délits majeurs commis lors de son mandat concernant notamment les domaines suivants :
- Non respect des Valeurs Fondamentales de notre pays, des valeurs et Principes fondamentaux de la Franc-Maçonnerie et les textes règlementaires de l’obédience en vigueur ;
- mépris ou non-respect de la Souveraineté de l’obédience face aux pressions éventuelles de Puissances Maçonniques françaises et étrangères et de Juridictions des hauts grades françaises et étrangères ;
- non-respect de la séparation des pouvoirs entre exécutif et législatif, entre exécutif et judiciaire.
- Non respect de la Loi française
- comme toutes les actions pouvant mettre en péril l'Obédience.
La procédure doit être introduite sur pétition motivée d'au moins deux tiers des Membres de l’organe constituant l’exécutif (Conseil de l’Ordre, Conseil Fédéral, …) ou ayant expressément délibéré à cet effet à la majorité de leurs Membres inscrits.
Elle peut être faite aussi à la demande de deux Congrès Régionaux (loges de l’obédience).
La conformité de la demande étant enregistrée, le Grand Maître est tenu de réunir dans les délais les plus brefs un Convent extraordinaire qui se prononcera sur la validité de la procédure, sur la suspension immédiate de ses fonctions le temps de la procédure, sur la désignation d'une commission d'enquête qui devra remettre son rapport au prochain convent utile, sans que ce délais puisse dépasser une année.
En cas de suspension du GM le Convent extraordinaire organisera sa suppléance jusqu'au prochain convent
La séance de justice est réalisée lors d’une session du Convent. Elle est conduite selon les formes traditionnelles permettant l’exercice plein et entier des droits des parties.
Le jugement est sans appel et immédiatement exécutoire.
La mère et le fils ...