10 Août 2016
Il est ce que l'on pourrait considérer comme un livre officiel du GODF. Sur papier glacé, préfacé par Daniel Keller, il est de ces cadeaux que l'on fait à ce jeune apprenti ou du jeune maître du GODF, dont on sait qu'il ne le lira pas. Un tantinet tapageur, illustré des portraits de ces Grands Maîtres, peu critique vis-à-vis de certaines personnalités, ces biographies d'une page glorifient le passé.
Un court historique de la fonction, plus exactement de son appellation, montre que le Grand Maître du GODF fut longtemps, soit de la famille impériale, soit de la famille royale … Ceci jusqu'en 1852. La fonction s'appellera sobrement « Président du Conseil de l'Ordre » à partir de 1871 pour redevenir après la Seconde Guerre Mondiale, « Grand Maître », afin – explique-t-on – de devenir lisible vis-à-vis des autres obédiences à l'internationale.
Le premier Grand Maître français, officiel, serait Louis Pardaillan de Gondrin (entre 1738 et 1743) – qu'il est difficile de relier à l'histoire du GODF, n'existant pas alors. Il est cependant le premier Grand Maître Français, laissant d'ailleurs peu de trace de sa Grande Maîtrise et de souvenirs.
Le premier véritable Grand Maître du GODF est Louis Philippe d'Orléans (de 1773 à 1793), connu sous le nom de Philippe-Egalité, jacobins, votant l'exécution de Louis XVI et guillotiné à son tour en 1793. Après lui, on retrouve Roëttiers de Montaleau, dont la présence dans toutes les phases de la Révolution, y compris dans le Comité du Salut Public, le rendraient pour n'importe quel lecteur quelque peu trouble. Il travailla ensuite à associer les loges, après leurs réveils, au régime Napoléonien. Joseph Bonaparte sera, après lui, Grand Maître du GODF.
Je ne pourrais vous faire le tour complet de ces figures du Grand Orient de France.
Bien des noms sont oubliés, méconnus.
Marie-Auguste Desanlis, Président du Conseil de l'Ordre entre 1849 et 1850, fut fondateur de la Maison de Secours du GODF et rédacteur en chef de la revue maçonnique « le Globe ».
Antoine de St-Jean (Président du Conseil de l'ordre de 1872 à 1882), refusera de soutenir la Commune, ne sera pas favorable à l'abandon de la « croyance obligatoire en dieu », s'opposera au Suprême Conseil de France (alors rattachée au GODF) au convent de Lausanne, …
Gaston Bouley, (Président du conseil de l'Ordre de 1910 à 191&), n'a mérité qu'une demi-page, dont le nom est pourtant rattaché à sa prise de position ayant conduit au départ de la loge « le Centre des Amis », fondatrice de l'actuelle GLNF.
Georges Corneau (Président du conseil de l'ordre de 1913 à 1920) fondera en pleine guerre un service de consultation gratuites, rue Cadet, où 100 000 personnes y recevront des soins de médecins francs-maçons bénévoles. Il sera en charge d'organiser le service des pigeons voyageurs, service secret, pour lequel il sera décoré.
Un livre à conseiller pour les amateurs du genre.
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