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La Maçonne

GLFF : au cœur d'une nouvelle polémique, l'écriture inclusive

Il n'existe pas de bonnes ou mauvaises causes en matière de droits des femmes. La Grande Loge Féminine de France s'est investie, depuis sa fondation, à défendre les causes et revendications des femmes afin d'améliorer leur mode de vie et participer à leur émancipation. 

Sur ce blog « la Maçonne », je relève plusieurs prises de position de l'obédience, dont la lutte contre la prostitution, le droit à l'IVG ou encore les violences faites aux femmes, … La GLFF, sous le mandat de Catherine Jeannin-Naltet, a ainsi participé à plusieurs manifestations, pour soutenir le droit des femmes espagnoles à l'IVG. J'ai largement évoqué en son temps le contre-rapport de la Commission des Droits des femmes au CEDAW.

La GLFF ces trois dernières années : un triste bilan.  


Durant le mandat de Marie-Thérèse Besson, c'est un tantinet différent. Alors que la GLFF pouvait se targuer être en avance (ou pas trop en retard), on ne peut que constater le silence durant trois longues années de l'obédience vis-à-vis des revendications féminines et féministe. Pire encore, Marie-Thérèse Besson expliquait à des journalistes que la GLFF ne militait pas pour donner « plus de droits aux femmes » dénigrant les féministes des années 70, trop radicales certainement à son goût, (lire ici) ou encore publiait sur le site internet de l'obédience un texte sur « l'essence féminine » des jolis et charmants papillons que sont les sœurs de la GLFF. Ce texte fut d'ailleurs retiré une semaine après la publication de mon article pour en mettre un autre, guère plus passionnant. (lire ici)

Je n'oublie pas le crucifix de cette grande maîtresse d'une obédience laïque sur le blog de Gérard Contremoulin (Sous la Voûte  Etoilée, lire ici) et encore moins ses relations particulières avec la Grande Loge de France et Philippe Charuel, son grand maître. 


Marie-Thérèse Besson a découvert le féminisme ce début d'année, après les échecs de ses « grands projets ».

Le premier de ces projets était un retour à l'initiatique de la GLFF et de ses loges. C'est d'ailleurs autour de ce projet qu'elle fut élue. Le résultat est d'avoir obtenu une scission de la partie la plus spiritualiste et initiatique de la GLFF. Une nouvelle obédience féminine  est ainsi fondée depuis ce 25 novembre 2017.  (lire ici). 

Son autre projet fut « la jeunesse » prévoyant une série de colloques organisés aux côtés de la GLDF. Le premier colloque a été un flop – flop coûteux. Il a fallu attendre deux ans pour connaître le suivant, qui est organisé en catimini à Aix en Provence, ce 12 décembre 2017. (lire ici).  

Le projet suivant fut de donner à la GLFF les moyens d'actions « humanitaires ». Or, en dehors d'un sac à nœuds qu'elle a fait voté par le convent, appelé « fond de dotation », complètement opaque, les seules bénéficiaires des deniers de l'obédience est « Gynécologie Sans-Frontière » (pour un peu plus de 40 000 Euros), sans que cela ne soit discuté (et voté) une seule fois lors d'un convent. 

Le dernier projet est « féministe », revenant finalement aux vieux combats de la GLFF qu'elle qualifiait « d'arrière-garde » lors de son  allocution de son premier convent. Si Marie-Thérèse Besson se veut être jolie et aussi frivole qu'un papillon, elle a surtout tout d'une girouette, inconséquente et incompétente. 

Son association forcée avec la GLDF a aussi de quoi faire grincer les dents des sœurs de la GLFF. Certes, on sait, toutes et tous, qu'en dehors de quelques strapontins offerts aux sœurs de la GLFF pour servir des cafés, celles-ci sont refusées en visite dans les loges de cette obédience masculine et mono-genre, ceci simplement parce que ce sont des femmes. 
Lorsque des frères souhaitent organiser une tenue commune, en dehors de la GLDF, ils sont menacés de radiation (loge Ar-Vreur) et la loge de démolition. Marie-Thérèse Besson n'a fait, elle, profil bas et le dos rond, n'intervenant nullement … et évitant tout commentaire désobligeant à l'encontre de la GLDF, laissant pleuvoir les menaces. 

GLFF et GLDF : une relation anti-féministe. 

Les déclarations publiques et médiatiques de Philippe Charuel sont, régulièrement, sujettes à caution. La dernière concerne une interview diffusée le 3 octobre 2017 sur France 3 Corse (publié sur Gadlu.Info, cliquez ici). Philippe Charuel explique que l'avortement est utilisé, par des femmes, comme moyen de contraception afin « d'organiser leur vie », mettant « ce regret » dans la bouche de feu Pierre Simon (à partir de 14ème minute d'entretien).  
Le journaliste a repris, d'ailleurs, Philippe Charuel, coupant court au sujet lors de l'interview. Lors de l'approfondissement du sujet sur la franc-maçonnerie, les journalistes soulignent le malaise du plateau concernant les propos de Philipppe Charuel.  

S'attaquant ainsi à un des droits que bons nombres de femmes souhaiteraient voir comme fondamental, il ne fait que reprendre un argument anti-IVG pour son compte, salissant la mémoire de Pierre Simon, ancien Grand Maître de la GLDF, qui fut à l'origine, par ses travaux, de la loi IVG et sur la contraception. Arguments que l'on a entendu dans la bande "la Manif pour tous" et autres extrémistes de droite chrétiens. 

Il s'applique à manifester son véritable visage et, finalement, à travers le sien, celui d'une obédience peu encline à participer à l'évolution d'une société, reprochant aux femmes d'organiser leur vie comme elles l'entendent … et donc, devrait-on penser, aussi une obédience maçonnique féminine et voir même mixte. 

A savoir que les loges de la GLDF sont interdites d'aborder des sujets dits « sociétaux » alors que Philippe Charuel explique le contraire lors de cette interview. Il n'est, d'ailleurs, nullement mandaté par son obédience pour exprimer ses opinions personnelles.

De tels propos sont purement et simplement scandaleux … et savoir la GLFF associée à la GLDF, dans un projet touchant la « jeunesse », est plutôt troublant ! 

La GLFF, ces "grandes féministes", s'est bien gardée de riposter devant l'ignominie de tels propos. Heureusement que les journalistes (profanes) sont là ! 

Finalement les errances de Marie-Thérèse Besson ne sont que le reflet de celles de son obédience. Elle n'a simplement pas la capacité pour en faire l'analyse et dessiner un projet indépendant permettant de construire l'avenir. Elle est une petite couturière qui rapièce des idées sans vraiment les comprendre, tentant de combler le vide qu'elle a fait autour d'elle en nuisant à l'image de sa propre obédience. 

 

L'écriture inclusive : qu'est-ce que c'est ? 

Cette mise en contexte permet d'éclairer la polémique qui a éclaté concernant des « actions » de la GLFF. Ceci suite à un article du blog « la Lumière » de François Koch (cliquez ici) concernant un prix remis par la GLFF à Eliane Viennot, polémique qui s'étend à la dernière publication du Grand Chapitre Féminin de France (ordre de sagesse au rite français) sur la violence faite aux femmes. Cela se passe sur les blogs hiram.be (ici et ici) et sur le blog 357 et plus (ici). Ces deux blogs sont tenus par des frères du GODF, qui devraient, à mon sens, plutôt s'inquiéter de la violence faite aux soeurs du GODF. 

Une précision est nécessaire. La Fédération Française du Droit Humain publie très régulièrement des communiqués concernant les droits des femmes et les droits humains en général. On ne constate aucun déchaînement des frères à leurs sujets ... même chose, dans le passé, sous le mandat de Catherine Jeannin-Naltet pour les communiqués de la GLFF, plus nombreux et bien plus incisifs. 

Les errements de Marie-Thérèse Besson ont éloigné la GLFF de ses fondamentaux. Hier, la GLFF pouvait porter fièrement des revendications féministes et les diffuser, apportant au débat.  Aujourd'hui, elle a perdu toute crédibilité, c'est-à-dire sa sincérité est remise en cause. Elle est ainsi accusée de faire du "féminisme bourgeois et politique". Autrement dit, elle paraît opportuniste. 


Comme on le sait, je n'ai pas vraiment besoin d'une universitaire (et encore moins de la GLFF) pour être fâchée avec les règles de grammaire. Oui, je fais de l'humour, là. J'ai évoqué, très régulièrement, la question de la féminisation des noms comme ici, par exemple

Au delà de féminiser des noms et d'utiliser les féminins qui existent (ce qui me semble être un minimum), la règle grammaticale qui fait que « le masculin l'emporte » y a toujours été associée comme revendication de réforme de la grammaire et de l'usage du français.

Cette règle grammaticale, qui fait accorder au masculin même s'il est inférieur en nombre par rapport au féminin, remonte au 18ème siècle pour s'être figée au 19ème siècle. Non pas parce que subitement, il manquait un neutre comme on veut le prétendre, mais parce que le masculin est considéré comme noble. 

« Lorsque les deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l'emporte », explique l'abbé Bouhours en 1675. « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle », complète en 1767 le grammairien Nicolas Beauzée. Vaugelas invoque, lui aussi, la noblesse du masculin pour justifier qu'il l'emporte sur le féminin :
« Trois substantifs, dont le premier est masculin, et les autres deux féminins, quel genre ils demandent. Parce que le genre masculin est le plus noble, il prévaut tout seul contre deux ou plusieurs féminins, quoiqu’ils soient plus proches de leur adjectif »

L'argument de la noblesse du masculin est d'ailleurs repris par l'Académie Française dans ces publications sur la question de la féminisation (des titres de fonction par exemple) pour justifier l'usage du masculin. 
Cette dernière a fini par renoncer à sa responsabilité quant aux formes et usages du français, reconnaissant que c'était la rue qui décidait de sa langue – réfutant d'ailleurs tout droit aux gouvernement et Parlement de légiférer sur une réforme de l'orthographe.

Or, cette vieille dame que personne n'aime a voulu réunir autour d'elle les plus phallocrates de ses partisans en lançant une alerte concernant la demande de 300 professeurs, refusant d'apprendre aux enfants une telle règle. 
Or, l'usage, déjà, permet de dire « Le camion et les cinquante mille voitures, promises à la vente,  sont vertes. » De l'écrire, c'est moins certain … sauf si c'est moi. 


L'Office Québécois de la langue française, quant à lui, préconise la règle de proximité dans l'accord des adjectifs que vous pouvez trouver ici

Contrairement à ce qu'annonce la GLFF, l'auteure ou l'inspiratrice du mouvement n'est pas celle qu'elle a primée. Le débat date du début des années 1990, à une époque – signale Marc Wilmet, membre de l’Académie royale de langue et de littérature française de Belgique dans une interview – où  « c’était Maurice Druon qui était secrétaire perpétuel. Vous connaissez peut-être le personnage, il a laissé certains souvenirs, c’est lui qui était opposé à l’élection de Marguerite Yourcenar parce que, disait-il, " nous aurions bientôt une quarantaine de bonnes femmes qui font du tricot pendant les séances des dictionnaires ". Donc nous n’avons pas voulu participer à la croisade qu’il voulait initier contre la féminisation des titres, professions et fonctions, en lui opposant d’ailleurs — ce à quoi le vieux gaulliste qu’il était ne pouvait pas répondre — l’exemple du général de Gaulle qui s’adressait à ses compatriotes par " Françaises, Français ". »

Pour la France, le gouvernement d'Edouard Philippe a ordonné à ses ministres de bannir toute tentative de féminisation de la langue en bannissant l'écriture inclusive, allant à l'encontre 
du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEFH). Ce dernier encourage l’utilisation de l’écriture inclusive. En 2015, l’institution publiait un guide pratique « pour une communication sans stéréotypes de sexe » qui fut remis à jour en 2016. (écriture inclusive)
Marlène Shiappa, secrétaire d'état aux droits des femmes, qui semblent ignorer tout de ce document téléchargeable gratuitement, s'inquiète – elle – s'oppose, comme, tous et toutes non-féministes qui se respectent, à cet usage.  

Quelle est la polémique ? 

Nous sommes en novembre 2017 – soit deux ans après la première publication sur l'écriture inclusive du Haut Conseil à l'égalité des femmes et des hommes.  Quant au livre d'Eliane Viennot, il fut publié en 2014.  La GLFF s'intéresse seulement à ce sujet maintenant. Comme par hasard, juste au moment  où le sujet fait polémique au niveau national.  

Oui, c'est un peu prendre le train en marche, sauf que le problème ne vient pas vraiment de ce que la GLFF soutient ou pas, mais de ce qu'elle met en avant ou pas. En effet, il s'avère que cette nouvelle primée ne sait rien sur la franc-maçonnerie et que, peut-on comprendre, elle s'en fiche complètement. 

Si on peut sourire de son affirmation concernant la mixité au GODF, son propos sur les obédiences mono-genre est, pour le moins, irréfléchi. 

En fait, je dis "sourire" ... Hors nos frères blogueurs ne rigolent pas. Mais pas du tout. En effet, l'initiation des femmes au GODF n'a rien à voir avec le changement de sexe d'un frère - qui est aujourd'hui une soeur - mais parce que des loges avaient initiées des femmes. La réflexion d'Eliane Viennot montre, finalement, bien que les dépenses en communication du GODF doivent être énormes, cela n'arrive  pas dans le milieu intellectuel et universitaire et encore moins féministe. Ce qui les vexe. 

Selon Eliane Viennot, le mono-genre de la GLFF se justifie parce qu'il permettrait une liberté de parole des femmes qu'elles ne peuvent avoir ailleurs. 

Après analyse, c'est aussi l'explication que donne les frères des obédiences masculines désireux de rester entre eux (et interdisant les inter-visites). Ils expliquent, en effet, à grand renfort d'arguties, que la présence de soeurs briserait leur intimité virile et gênerait à leur concentration du fait de ce qu'ils ont entre les deux jambes et pas dans le cerveau. Bref, pour eux aussi, le "entre hommes" est une libération de la parole ,d'une parole intime. 

La GLFF, depuis trois ans, est devenue une obédience des plus restrictives en matière de droit à l'expression et à la parole des sœurs.

Ma radiation est déjà une première preuve. Je ne suis pas plus, pas moins la seule femme, franc-maçonne, à tenir un blog maçonnique, autant féminin que féministe qui fut radiée de la GLFF, parce que je ne plaisais pas à Marie-Thérèse Besson et Philippe Charuel. 

Pour preuve, le chantage de Marie-Thérèse Besson à l'encontre d'organisateurs d'une biennale maçonnique pour m'interdire à participer à une table ronde, dont le sujet était "franc-maçonnerie 2.0"  ceci à la demande de la GLDF (Grande Loge de France), obédience masculine qui ne reconnait pas la GLFF. Cette mésaventure est expliquée ici. On peut même trouver, dans cet article, les extraits des documents officiels de la GLDF me concernant. 

Il y a aussi, la limitation des interventions des sœurs députées lors des convents, le refus de débattre des questions importantes et le manque de transparence de Marie-Thérèse Besson quant à la gestion des affaires de l'obédience, sont autant de limites à ce droit de parole, d'expression, et de démocratie, promis par la GLFF aux femmes.

La dernière circulaire de Marie-Thérèse Besson, demandant à ses loges la délation pour organiser des radiations automatiques, est aussi une autre restriction aux libertés des sœurs, celle de se réunir.

Eliane Viennot en sera la première surprise. En effet, l'interdiction des réunions de femmes remontent à la fin du 18ème siècle, suite à la Révolution. Cette interdiction a été produite afin d'empêcher les femmes d'intervenir dans le champ politique et social. Qu'une obédience maçonnique féminine - qui dit s'impliquer dans les débats touchant les droits des femmes - s'abaisse à ce genre de manoeuvre, a de quoi horrifier n'importe qui ... et surtout une féministe. 

Le mono-genre ne garantit nullement plus de libertés  en Franc-maçonnerie que ce soit pour les hommes et les femmes. J'imagine que c'est vrai dans n'importe quel groupe humain qu'il s'occupe de philosophie ou de foot.

L'interdit de certains sujets dans les loges de la GLDF (dit "sociétaux") le démontrent tout autant, même si Philippe Charuel se gargarise devant les caméras de France 3 Corse d'une prétendue implication de ses loges dans un domaine politique et social.

Rien n'indique, non plus,que les femmes dans les obédiences mixtes (historiques) comme le Droit Humain, puissent se sentir limiter dans leur prise possible de parole. 

Le mono-genre en Franc-maçonnerie ne se justifie pas par une éventuelle libération de parole. Pour les hommes, il s'agit d'une Tradition (entendez le T majuscule) qui ne doit pas être remis en cause. Pour les femmes, il s'agit d'un autre choix. La mixité en franc-maçonnerie existait même avant celle de l'école par la fondation du Droit Humain.

Pourquoi les femmes seraient obligatoirement (et uniquement) initiées dans des obédiences mixtes alors que les hommes ont le choix du mono-genre ? Pourquoi n'aurait-elle pas le droit d'être "entre elles" au même titre que les hommes? La mixité - et on le constate dans notre société qui est mixte - n'est pas garante d'une égalité entre hommes et femmes et pas plus garante d'une émancipation des femmes. 

Comme la GLFF fut mon choix, il ne s'agissait pas pour moi de libérer ma propre parole (j'y arrive naturellement sans la GLFF) mais de pouvoir entendre l'expression (libre) d'autres femmes. Au final, je n'ai rien entendu .... où alors que très rarement. Cette parole qui se veut émancipée, libre et indépendante des soeurs de la GLFF n'existe nul part. Elle est, tout d'abord, enfermée ne sortant pas de l'obédience, en admettant bien sûr qu'elle existe, mais surtout surveillée pour ne pas dire censurée dès que cette parole tente de sortir des loges. J'en suis la preuve .... du moins ma radiation le prouve.

Ce qui est aussi vrai pour les obédiences mono-genres comme la GLDF. Les frères risquent en effet de se voir condamner pour délit "d'indélicatesse vis-à-vis du grand maître". Eux, ont au moins l'honnêteté d'interdire cette liberté de parole dans leurs règlements généraux !  

La GLFF, qui pouvait apporter au débat aussi sur une dimension initiatique plus spiritualiste des femmes "entre elles", connaît une scission de celles - justement - qui, du fait de leur démarche personnelle, pouvaient apporter une réflexion construite dans ce domaine.  

Quant à la prétendue dimension féministe de la GLFF, c'est encore plus simple. Elle ne peut pas être dans le giron de la GLDF, en s'associant à cette dernière, acceptant tout et n'importe quel propos niant des droits aux femmes, qu'ils soient sociaux, sexuels, religieux, maçonniques, d'expression, d'opinion ou politiques, condamner des "combats d'arrière garde" comme le fait (très bien) Marie-Thérèse Besson, et prétendre, dans le même temps, être "féministe".   Cela ne marche pas.

Même à l'intérieur de la franc-maçonnerie et des obédiences, elles sont incapables de  protester devant les propos d'un grand maître, qui - du coup - peut remettre en cause n'importe quoi, y compris le droit à l'IVG. Il est, en effet, où le communiqué de la GLFF, de la commission des Droits des Femmes ou encore du Grand Chapitre Féminin qui protestent contre de tels propos ? Il n'y en a pas.

Oser - comme je le fais sur ce blog "la Maçonne" - épingler ce grand maître conduit inexorablement à risquer la colère vengeresse de Marie-Thérèse Besson, fervente défenderesse de la "radiation automatique" ou de la radiation illégale (ce qui revient au même). Cela signifie, aussi, que la parole des soeurs de la GLFF , si celle-ci est féministe et réformatrice, est tout autant limitée et interdite. 

Comment peut-on espérer, dans ce cas, que la GLFF soit en mesure (et apte) à porter une parole éclairée sur une quelconque revendication féministe à l'extérieur ?

C'est dire aussi que ce soit dans un domaine ou l'autre, la fameuse "émancipation" des femmes, libération de leur parole,  dans un "entre elles" est compromise et relève du mythe.

C'est bien sûrement, ces différents éléments concernant la GLFF, mis bout à bout, qui constitue la cause profonde de la polémique concernant la remise de son prix comme, par la suite, la publication concernant la violence faite aux femmes. 

A la décharge d'Eliane Viennot, comme les faits ne remontent pas à la Renaissance, elle ne peut que les ignorer.

Eliane Viennot, en dehors du contexte particulier de la GLFF, qu'elle paye d'ailleurs indirectement, n'en est pas moins un choix honnête si on admet l'idée du « prix » (ce qui reste encore à faire). Son blog expose l'essentiel de ses idées, en passant par les règles grammaticales comme en militant pour l'expression « droit humain » plutôt que « droit de l'Homme ». Elle est une universitaire reconnue et de qualité qui aurait mérité un peu plus d'écoute et de respect de la part de ses détracteurs (ou des détracteurs de la GLFF). 

Il n'y a qu'elle qui saura dire, après coup, si cette opération de communication sera profitable à la cause qu'elle défend. Personnellement, j'en doute ... et fort heureusement, ses réflexions quelques peu naïves montrent combien la GLFF est insignifiante et qu'aucune féministe ne compte sur elle ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A lire :  « Et la modernité fut masculine. La France, les femmes et le pouvoir, 1789-1804 »  d'Éliane VIENNOT aux Éditions Perrin, en librairie depuis le 28 avril. 


A retrouver ci-dessous, tous les articles "Femmes, féminisme et société" de "la Maçonne". 

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uneSoeur 28/11/2017 16:59

Bonjour,
@ Condorcet : merci pour ces informations, c'est tellement loin de tout entendement que ça en est pathétique.
Heureusement que ce blog existe pour nous permettre de prendre connaissance d' autre chose que des rumeurs !

Condorcet 28/11/2017 07:27

Hélas, trois fois hélas....
Il y a de nombreux mois on pouvait lire sur le blog Hiram be :
Ce samedi 19 novembre, la Grande Loge de France organise à Mougins une conférence débat sous la direction de Robert de Rosa, directeur du périodique Points de vue initiatiques.
Le thème en sera : « Quels messages d’espoir pour la jeunesse du 21eme siècle ? »
Les intervenants seront :
Robert de Rosa, de la Grande Loge de France,
Ghaleb Bencheikh, pour le culte musulman,
Hervé Bokobza, pour le culte hébraïque,
Emmanuel Correia, pour le culte protestant,
Kyenrab Tarchi, pour le culte bouddhiste,
et Pascal Vesin, pour le culte catholique.
La GLDF affichait donc la couleur à savoir que l’espoir de la jeunesse au 21 ème siècle ne pouvait se concevoir que de manière religieuse. Au secour, Voltaire revient
On connaissait depuis une dizaine d’année l’ensemble des dérives de la GLDF que l’on peut résumer en ; falsification de l’histoire de l’obédience avec des historiens maison,
Névrose obsessionnelle anti-GODF, déviance Déiste (Evangile de Saint Jean – Interview du TRGM) dont le colloque pour la jeunesse ci-dessus n’est qu’une triste illustration, volonté d’imposition du terme « soumission au Conseil Fédéral » lors de l’installation du VM ce qui pour des maçons libres dans une loge libre est assez difficile à accepter, Affaire de la CMF devenue aujourd’hui une chimère, nomination et non élection de deux Grands Officiers, Interdiction de la double appartenance dont on se demande au nom de quel arbitraire, limitation des inter-visite et maintenant de liberté de conscience si ce n’est celle de déguerpir, refus de recevoir les SS en tenue même dans des circonstances exceptionnelles, Procès d’intention et en sorcellerie envers les membres accusés « d’indélicatesse » vis-à-vis du TRGM, passage en force sans en référer au Convent de décisions engageant tout le monde (exemple des TGL décentralisées par exemple), limitation de la Liberté d’expression, non-respect de la législation Française et Européenne en matière de liberté, et dernière trouvaille maintenant le fichage des FF avec indication de leur appartenance à d’autres associations ou mouvements, non respect de la constitution de l’obédience et de ses règlements généraux par les dignitaires, et enfin mainmise de plus en plus évidente du SCDF sur les Loges Bleues. Trop c’est trop.
La GLDF a fait sien cet adage « "Aucun lieu n'est privé de Dieu ; il n'en est aucun qui ne soit en lui." Saint Hilaire de Poitiers, La Trinité, Ce qu'a dénoncé Joseph Macé Scaron dans son ouvrage « L’Horreur religieuse » chez Plon.
Enfin l'interview du Grand Maître sur FR 3 Corse concernant la situation de confort des femmes à l'égard de l'avortement à de quoi laisser rêveur mais cela en dit long sur les sentiments profonds de celui qui dirige la GLDF.