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La Maçonne

Journée Internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes (25 novembre 2017)

2017 est souhaitée par beaucoup pour être une année charnière permettant une véritable prise de conscience pour l'élimination des violences faites aux femmes. Les associations féministes ont ouvert le débat, en l'occasion de cette journée internationale, afin que la notion de "féminicide" soit intégrée dans le code pénal français.

Contrairement à ce que l'on croit, le "féminicide" n'est pas faire des femmes des victimes "à part" mais de reconnaître que des typologie de crimes sont commis parce que la victime est une femme, comme d'autres sont commis pour racisme, antisémitisme par exemple. Ce terme recouvre ainsi les assassinats de masse de femmes lors de conflits militaires, les décès suites à des mutilations génitales, des avortements clandestins, les avortements et assassinats des petites fllles, mais aussi les violences domestiques (appelées aussi privées ou conjugales) ou encore les mariages forcés. Le gouvernement actuel (en particulier le secrétariat d'état aux droits des femmes) n'a pas prévu d'intégrer cette notion dans le droit français. 

Au-delà de ce terme, il y a une autre réalité. La difficulté pour les femmes, victimes en France d'agressions et de violences, de se faire entendre.  

En 2007, une femme fut retrouvée morte, tuée par son ex-conjoint, bien qu'elle avait déposée trois plaintes pour violence et harcèlement. L'état fut, d'ailleurs, condamné pour son incompétence. Les plaintes n'ont données lieu à aucune poursuite, ayant été "abandonnées" par la gendarmerie. 

Encore cette année, la justice française ne reconnaissait pas un viol sur mineur du fait d'un prétendu consentement de celui-ci. Cette décision archaïque a entraîné une polémique sur l'âge sexuel légal, qui se situerait entre 13 et 15 ans, afin de réduire le permis de violer. Sur ce blog, enfin, est relaté l'histoire d'Emilie, soeur du GODF, qui voit revenir son agresseur présumé, frère du GODF, en loge, avec l'approbation de tous et de toutes, alors qu'une plainte est déposée contre ce dernier. 

La Fédération du Droit Humain, dans son communiqué pour cette journée particulière, demande avec justesse : quel homme accepterait qu'on lui fasse toutes les violences que les femmes subissent ?

Lesquels de ces frères accepteraient qu'on les frappent et les étranglent ? Lesquels accepteraient que leur agression soit minimisée de manière aussi insultante ? Quant aux soeurs, celles qui connaissent l'affaire, dont celles de la loge locale de la GLFF, pourquoi n'ont-elles pas donné l'alerte ? Autrement dit, il faut combien de livres, de colloques et autres conférences de la GLFF, pour espérer qu'une loge de la GLFF agisse?  Combien faut-il de campagnes gouvernementales, de plan contre les violences faites aux femmes (nous arrivons au 5ème plan !) pour une véritable prise de conscience ? 

Les chiffres de l'Observatoire de la mission interministérielle de l'Observatoire national des violences faites aux femmes (MIPROF) sont inquiétants. Alors que 225 000 femmes sont victimes de violences physiques et sexuelles, à peine une femme sur cinq dépose plainte. En cas de viols, ce n'est qu'une femme sur dix qui  passe la porte d'un commissariat. (source)

Pourquoi un si faible taux de plaintes? Un homme qui frappe, agresse, harcèle ou viole est un homme dangereux. Son objectif est de terroriser sa victime afin de la faire taire. De la soumettre. L'autre difficulté est, aussi, que les femmes craignent, avec raison, que l'on ne les croit pas. De même est remis en cause l'efficacité de la justice française. 70% des viols sont classés sans suite. A peine, 10% des violeurs sont condamnés. 

Même si les services de police et de gendarmerie, comme les tribunaux,  ont évolué vers une reconnaissance des droits des victimes, c'est encore loin d'être parfait. Ainsi, cet autre témoignage (que vous pouvez lire en cliquant ici) d'une victime de violence conjugale qui montre combien les femmes ont des difficultés pour faire respecter, simplement, leurs droits même en déposant plainte.

Si, encore, depuis ce début d'année, on dénombre 105 femmes qui ont été tuées, c'est aussi 105 assassins que l'on dénombre. Avant d'être des assassins, ces hommes étaient des pères de famille, avaient un emploi, des amis ... Avant, ils étaient des hommes violents dont 37% étaient déjà connus pour violence conjugale des services de police. C'était donc aussi des plaintes déposées, des recours non aboutis, et une indifférence générale. Quant aux hommes (27 en 2016), tués eux aussi par leur conjointe, 60  % étaient des hommes violents, des agresseurs frappant et maltraitant leur conjointe et même leurs enfants. Les enfants sont, tout autant, victimes de ces violences, soit directement ou indirectement. Une femme tuée, c'est aussi laisser des enfants devenir orphelins. 

S'il y a 225 000 femmes qui ont déposés plaintes, c'est parler de 225 000 agresseurs qui demeurent, la plupart du temps, impunis. 

C'est aussi cela la réalité du féminicide en France et sa face cachée. 

 

 

 

 

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Léa 26/11/2017 10:42

Et c'est justement parce que les hommes ne sont pas punis qu'ils continuent... C'est intolérable !

Je me demande s'il ne faudrait pas inventer un certificat de bonne ou mauvaise conduite... Si la personne est violente ou reconnue comme manipulateur narcissique (ce sont souvent les mêmes), ça devrait être inscrit dans un fichier disponible pour tout le monde.
Déjà, au lieu de cumuler leurs victimes impunément, il n'abuserait qu'une seule fois.
Si récidive, grosse punition méritée.
Mauvaise conduite = tu restes seul - ce n'est que justice ! - et on te fuie comme la peste jusqu'à ce que tu te fasses pardonner, si possible... ou pas.

Peter Bu : ce dont tu parles est tout à fait concevable, mais ce n'est pas le sujet... Sinon, la liste des injustices et ignominies de ce monde serait incalculable. Néanmoins, tout n'est pas comparable.

uneSoeur 25/11/2017 16:21

Bonjour,
Non seulement ce "F" violent devrait être éloigné, au moins, pendant l'inytruction de cette affaire, mais à tous ces silencieux ef silencieuses qui entourent cette affaire en cautionnant la présence de ce personnage en loge.
Qu'attend cette Soeur violentée, supposée (puisqu'en cours d'instruction) des Francs Maçons ?
N'est il pas venu le moment de dénoncer dans la presse profane les actions nauséabondes de certains FF et SS, ainsi que les chappes silencieuses qui les couvrent . Nos anciens ont bien connu cela pendant des périodes sombres de l'histoire de otre belle France.
En être là en 2017 ! En Franc Maçonnerie !

Peter Bu 25/11/2017 12:44

Je viens de lire la déclaration du Droit humain (clic sur l'image dans l'article auquel je réagis): elle est plus riche et équilibrée que ne laisse supposer son intitulé, reproduit ci-dessus.

Sous cette déclaration, il y a des citations d'autres textes "parents": "Journée mondiale du droit à l’avortement – 28 septembre 2017", "Journée Mondiale des Droits de l’Enfant – 20 novembre 2017", "La journée Internationale de la Paix - 21 septembre 2017". Cette dernière a été adoptée et déclarée par l'ONU en 1981.

Prions pour la Paix dont les ambassadeurs principaux sont devenus des enfants ( voir http://www.un.org/fr/events/peaceday/ )

Mais ne manque-t-il pas la « Journée contre les armes nucléaires »? Curieusement, ces armes ne figurent même pas dans le registre des armes de l'ONU, pas plus que les armes chimiques et bactériologiques : https://unstats.un.org/unsd/cr/registry/regcs.asp?Cl=14&Lg=2&Co=891.29 . Elles sont englobées dans le terme « bombes et autres munitions », à côté des fusils de chasse et des chevrotines. Pourtant, ces armes nucléaires, chimiques et bactériologiques mériteraient un traitement à part, elles représentent un « saut qualitatif » énorme par rapport aux armes classiques.

Depuis 1981, les munitions à charge nucléaire, appelées pudiquement "obus à uranium appauvri", sont utilisées par plusieurs États dans la guerre d’Afghanistan, les conflits de l'ex-Yougoslavie et dans plusieurs guerres du Moyen Orient. Elles empoisonnent la planète avec le plutonium.

Défendre les femmes est indispensable mais je regrette que la lutte contre les violences guerrières et pour le désarmement nucléaire ne suscite pas le même intérêt.

Peter Bu 25/11/2017 12:07

Je souscris à deux mains à tout ce qui aide à défendre les femmes contre les violences masculines.

Mais pas aux arguments formulés comme celui-ci: "La Fédération du Droit Humain, dans son communiqué pour cette journée particulière, demande avec justesse : quel homme accepterait qu'on lui fasse toutes les violences que les femmes subissent ?" La dame qui a écrit cette phrase a oublié les guerres que les hommes "acceptent", comme les femmes "acceptent" les violences de leurs assaillants. Et encore ! Souvent, les femmes malmenées peuvent s’enfuir tandis que les hommes enrôlés pour faire la guerre ne le réussissent que très rarement.
Si je la connaissais, je lui offrirais « Le Chemin des âmes » de Joseph Boyden, description bouleversante (et littéralement brillante) de la férocité de la 1ère guerre mondiale, vue par un Indien canadien enrôlé de force.

Défendre les femmes est indispensable mais je regrette que la lutte contre les violences guerrières et pour le désarmement nucléaire ne suscite pas le même intérêt.