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La Maçonne
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Petite leçon de français à l'usage du quotidien en franc-maçonnerie.

Un article sur l'usage du français par « la Maçonne » ! La situation doit être désespérée. Elle ne l'est pas encore. Il suffit de rappeler quelques expressions d'usage ainsi que faire un peu de conjugaison pour y remédier.  Bon si, elle l'est. 

Les « mots magiques ». 

Lorsque vous étiez enfants, vous avez sûrement entendu parler des mots magiques, ceux qui permettaient d'ouvrir les portes des cœurs et des esprits. Ces « bonjour », « merci », et autre « s'il vous plaît » furent alors les sésames pour une enfance heureuse et bien remplie. La franc-maçonnerie a aussi de tels mots. Ils n'ont rien de secret, mais sont, hélas, bien souvent oubliés que ce soit à l'écrit ou à l'oral. 

1) - L'un de ces premiers mots est en fait une expression, il s'agit de « selon moi ». Elle fut, longtemps, utilisé par les grands initiés de ce siècle qui souhaitaient, de cette manière, faire part de leur opinion et laisser aux autres la possibilité d'en avoir une différente. Certes, pour en comprendre toute sa subtilité, il faut avoir gravi tous les échelons de tous les degrés à tous les rites. Elle est, néanmoins, transmise dès le premier degré. Cette expression n'est, je vous  rassure, pas très difficile à utiliser. Elle peut se caser en toute occasion, même si vous n'en comprenez pas tout à fait le sens. 

Voici, au hasard, une phrase que je viens de lire et que vous pouvez trouver sur le blog hiram.be : 
« « Jésus est ouvert, compassionnel, tolérant. Il brave les interdits qui établissent des frontières entre les hommes en raison de leurs origines ethniques ou religieuses (…) Il est l’homme indulgent et compréhensif, fraternel et solidaire par excellence. Les maçons, célébrant depuis toujours la vertu de fraternité -l’agapê, l’amour fraternel des Epîtres de Paul-, ne pouvaient donc qu’y être particulièrement sensibles. » 

Ces propos appartiennent à Roger Dachez, qui s'il est un bon historien en franc-maçonnerie semble être particulièrement mauvais en histoire des religions. L'existence historique et réelle de Jésus est controversée. Roger Dachez précise d'ailleurs que la franc-maçonnerie n'est pas une église (entendre par là, que ce n'est pas non plus une religion). Merci à lui. 

Or, trouver Jésus « ouvert, compassionnel, tolérant » et bravant « les interdits qui établissent les frontières entre les hommes en raison de leurs origines ethniques ou religieuses », c'est son opinion personnelle issus de sa lecture tout aussi exclusive des quatre évangiles, opinion que tous les francs-maçons ne partagent pas comme on s'en doute. Personnellement, mon héroïne est Antigone. Elle, au moins, avait du cran, de la gueule, de l'allure. Jésus, à côté, paraît un peu immature, non ? Enfin, c'est selon moi. 
Vous voyez ? « Selon moi » est très facile à placer. Si Roger Dachez avait introduit cette expression quelque part dans son texte, rappelant ainsi qu'il ne peut parler « au nom de tous les francs-maçons », cela aurait tout changer. Magique, non ? 

2) « à mon avis » est la seconde expression magique qui, ayant le même but que « selon moi », souhaite néanmoins indiquer qu'il s'agit ici d'un « avis » qui n'appartient qu'à soi – et que tout le monde n'est pas obligé de le suivre.

Pour savoir l'utiliser, il faut , en premier lieu, avoir un avis. Ce qui est, je le sais, très rare par les temps qui courent. En effet, pour exprimer un avis, il est nécessaire d'avoir mené une  réflexion exigeante et salvatrice préalablement. C'est pour cette raison que cette expression est  complètement inconnue des dignitaires des obédiences. 

 

 

3) D'autres mots sont apodictiques à tous grands initiés qui souhaiteraient indiquer une profondeur innovatrice à leurs dialectiques. Ces mots sont « possiblement », « éventuellement », « incidemment », « le cas échéant », « probablement », et autre « peut-être », « sous réserve de » et « à condition que ». 
Le point commun de ces mots est le doute. Le doute est une notion extrêmement compliquée que je vais tenter, par mes faibles moyens, de vous expliquer. Ne vous inquiétez pas, ce n'est qu'un mauvais moment à passer. 

Le doute exprime l'incertitude sur la réalité d'un fait ou la vérité d'une assertion. Il s'agit aussi d'une forme rhétorique, « par laquelle l'orateur paraît douter de ce qu'il doit énoncer. », ceci suivant Le Littré. C'est aussi le scepticisme, le doute méthodique de Descartes – plus exactement la base d'une remise en cause de sa pensée – ou encore l'expression d'une difficulté ou d'un scrupule. 
Il ne s'agit pas de toujours hésiter, d'être dans l'incertitude, ou encore ne pas savoir prendre une décision. Il s'agit de reconnaître que l'on ne peut être certain de tout. L'emploi de ces mots laisse la place autant au doute qu'à la contradiction, c'est-à-dire le mystérieux autre que soi-même.

Ecrire (ou parler) aux autres, ce n'est pas seulement évoquer la surface de son nombril, c'est partager quelque chose.  Mieux encore, le doute que l'on exprime - ce doute qui nous tenaille telle une indigestion de chocolat - est aussi l'espoir de la fraternité, son éloge et sa vérité. Nous sommes frères et soeurs, parce que nous connaissons le doute. 

 

L'emploi du conditionnel. 


Là, c'est du lourd. Il est le mode de l’irréel, de l’hypothétique et de ce qui est soumis à condition. Le conditionnel s'utilise pour exprimer un fait, un événement soumis à une condition, exprimée ou non, réelle ou imaginaire. Il est aussi utilisé pour exprimer un souhait, un regret, une supposition, un doute.  


Mais, je vais vous montrer tout cela, en reprenant, l'exemple présenté ci-dessous. 
« Les maçons, célébrant depuis toujours la vertu de fraternité -l’agapê, l’amour fraternel des Epîtres de Paul-, ne pouvaient donc qu’y être particulièrement sensibles. »
Devient 
« Les maçons, célébrant depuis toujours la vertu de fraternité – l'agapê, l'amour fraternel des Epitres de Paul, à mon avis, auraient pu y être particulièrement sensibles, à condition, bien sûr, être certains qu'ils fussent tous chrétiens. ». 

Bizarrement, la phrase originale est écrite au passé. Les francs-maçons pouvaient y être sensibles mais ne peuvent plus l'être aujourd'hui? Voici ce que cela donne au conditionnel présent :  
« Les maçons, célébrant depuis toujours la vertu de fraternité – l'agapê, l'amour fraternel des Epître de Paul  -  ne pourraient donc qu'y être particulièrement sensibles, selon moi. » 

Même si je doute très fortement de la véracité de mes propos, j'aime à penser qu'elle peut s'accorder au présent et ne pas appartenir à un passé lointain et révolu. 

Cela signifie : moi, j'y crois encore à la sensibilité des francs-maçons à l'Epître de Paul. En fait, non, j'y crois pas une seconde. Mais, je comprends  – que  vous – mes chères lectrices, mes chers lecteurs, n'y croyaient pas. Ouf ! En plus, parce que je suis une personne bien élevée, je ne vous agresse pas avec une de mes croyances – que vous savez nombreuses inexistantes - en vous l'assénant comme une vérité absolue.

Inutile même d'indiquer la condition qui peuvent être un peu trop nombreuses : s'ils lisent les fameux épîtres, s'ils savent encore ce qu'est l'agapé, qui si mes souvenirs sont bons étaient d'ailleurs la philia si on se réfère à ces fameux épîtres, s'ils sont chrétiens, s'ils ne fêtaient pas plutôt les deux St-Jean et les solstices ... La liste est non exhaustive. Chacun est libre de mettre la condition qu'il souhait (ou pas). 

Le conditionnel est, à mes yeux et sous mon clavier, le temps de la politesse, du savoir-vivre et, selon moi, de l'élégance et de la pudeur. Moins intrusif, il permet d'énoncer une opinion, une idée toujours en tendant la main vers l'autre. Ecrire n'est pas tout dire toujours, c'est laisser à la lectrice et au lecteur, l'occasion d'ajouter la part de lui-même. 

Bon, je vais vous la faire moins illuminée, genre guirlande oubliée de fin d'année. Entre « Fais la vaisselle »,  « Pourrais-tu faire la vaisselle, s'il te plaît ? » ou encore « à mon avis, il est temps que tu fasses la vaisselle», il y a – que vous le voulez ou non – une différence de style et peut-être un espoir d'obtenir une réponse. CQFD

 

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P
TCS, j'ai trouvé l'article très intéressant et si vous nous le permettez, nous aimerions le publier, en espagnol, dans notre blog masoneriamixta.es. Évidemment avec la référence correspondante à La Maçonne<br /> TAF
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L
Bien sûr, je le permet et, comme je ne connais pas ce blog, j'en ferai une petite présentation. <br />
H
Selon moi, la nuance entre "selon moi" et "à mon avis" est très faible !<br /> C'est mon avis !
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L
Marrant ! Parce que quand tu parles de M-T.B. et P.C. , point de « selon moi », « à mon avis », « possiblement » ou autre conditionnel. Exemple : « Les errances de Marie-Thérèse Besson l'ont conduite à faire passer la GLFF comme une école de « grandes initiées » ». C’est d’ailleurs pour ça que, personnellement, je te lis, même, surtout, si je ne suis pas toujours d’accord avec tes affirmations. Et je sais que tu ne publieras pas ce post. Dommage.
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L
Selon moi, en même temps que mon avis, il me paraît évident que je ne porte que mon opinion peut-être.
L
Au même titre, il semblerait intéressant d'abandonner le mot "vérité" qui semble vouloir établir la réalité universelle de faits toujours contestables. Donc, peut-être faudrait-il aussi rechercher la "réalité" des choses, des situations et autres artefacts, voire la possibilité de telle ou telle façon de voir....
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