4 Janvier 2018

Le « Pôle de Tradition » est le machin qui est censé remplacer la Confédération Maçonnique de France, lancée il y a quelques temps par Philippe Charuel, grand maître de la GLDF et qui serait gérée par Alain Juillet, ex-grand maître de la GLAMF.
Après leurs déclarations tonitruantes et autres roulages de mécanique, nous n'en avions plus entendu parler. Jamais.
Les sœurs de la GLFF découvraient alors que leur obédience en était membre. Lors des convents et Tenue de Grande Loge qui ont suivi, Marie-Thérèse Besson et son conseil fédéral n'ont fait aucune publicité et présenté aucun projet dans ce sens.
(lire à ce sujet : "GLDF : le "Pôle de Tradition", nouvelle chimère de Charuel ?")
C'est pourquoi, je ne peux qu'être surprise de découvrir que la GLFF a participé à une publication – la première et on espérera la dernière – ayant pour titre « la Franc-maçonnerie de tradition en France ». Bien sûr, je n'ai pas lu ce livre. C'est la présentation de ce livre qui va en étonner plus d'une.
La GLFF serait une de ces silencieuses obédiences de tradition, ne se mêlant pas de sujets sociétaux et n'intervenant pas (jamais, je vous dit jamais!) dans les grands débats publics, voir même qu'elle serait « au côté des obédiences dites libérales ou sociétales » - qui vivent leur vie mais dont elle ne partage pas la démarche. En sus d'être « une Maçonnerie de Tradition », elle proposerait « la force et la richesse d'une démarche spirituelle et humaniste ». Zut alors ! Aurais-je manqué cela?
Le 5 octobre 2017, avait lieu une tenue commune de ces obédiences, comme l'annonce Jean-Laurent Turbet sur son blog, sans, bien sûr, la présence de la GLFF – dont la féminité l'exclue d'office. On ne plaisante pas avec la tradition.
On sait combien Marie-Thérèse Besson est une bonne fifille soumise - c'est son "essence de femme" - Dès que ces messieurs font quelque chose (d'enfin!) intéressant, elle est reléguée au fond de la cuisine à faire la vaisselle. Peut-être a-t-elle été invitée pour les agapes ? L'histoire ne le dit pas.
La GLFF est une obédience libérale, qui - justement - est censée participer au grands débats sociétaux. Elle a, par ailleurs, publié dans la collection Voix d'Initiées plusieurs livres dont un (plutôt mauvais) sur la laïcité. Elle n'a rien à voir - et à faire - avec une "démarche spiritualiste" étant fondamentalement adogmatique, laissant aux soeurs le choix de leurs démarches respectives. Comment peut-on lire tout le contraire sur cette publication - qui apparaît faire de la publicité mensongère - au moins à l'endroit de la GLFF?
Ceci illustre parfaitement mes propos antérieurs :
1 – Les errances de Marie-Thérèse Besson l'ont conduite à faire passer la GLFF comme une école de « grandes initiées », aussi essentialistes que le pape lui-même, sinon plus si c'est possible, et le lendemain un club de féministes radicales. En effet, ce « Pôle de Tradition » était son « plan A », un plan qui a échoué. Il faut dire que ce n'est pas spécialement dynamique. Depuis 2015 (date officielle de la création de ce pôle), il n'a été capable d'organiser qu'une seule tenue commune et sortir une vague et obscure publication. J'avais largement développé les échecs de Besson dans l'article relatant une prise de position dans les « grands débats publics » de la GLFF sur « l'écriture inclusive » ! Vous avez, maintenant, une parfaite illustration.
2 – Quoique puisse être ce « Pôle de Tradition », il n'apporte rien à la GLFF - et ne peut rien lui apporter. Elle reste condamnée à faire tapisserie, exclue d'éventuelles tenues communes. Que peuvent en espérer des sœurs qui ont, autant, le droit à la parole, à présenter une planche, au même titre que n'importe lequel des frères de ces obédiences dites «de Tradition » ? Rien. Elles sont interdites d'exprimer la spécificité de leurs démarches aussi spiritualistes soient-elles.
Une telle participation ne fait que contredire autant le principe de laïcité – inscrit dans les constitutions de la GLFF – mais aussi un discours émancipateur pour les femmes. Anti-laïque , en effet, contrairement à la GLAMF - et à la nouvelle version de la GLDF que représente Charuel - les soeurs de la GLFF ont le droit de croire Et de ne pas croire en ce qu'elles veulent (ou ne veulent pas).
On ne peut militer pour l'égalité des femmes et des hommes et, en même temps, accepter l'exclusion systématique des femmes en franc-maçonnnerie – et en particulier dans cette « franc-maçonnerie de Tradition » en se déclarant officiellement en faire partie ! Cela me parait tellement logique que je me demande ce qui est passé dans les têtes de Besson et de ces 32 conseillères fédérales qui ont accepté cette mauvaise farce.
C'est – comme qui dirait – se mettre une balle dans le pied. Une compromission difficile à avaler que j'avais, par ailleurs, développée dans cet article du 31 janvier 2016 (!), c'est-à-dire il y a presque deux ans.
Si Marie-Thérèse Besson est une femme soumise, finalement - libre à elle - au même titre que les conseillères fédérales de la GLFF. Or, je doute que la majorité des soeurs de la GLFF le soient et acceptent de passer pour des nouilles. Au final, c'est bien de quoi cela a l'air.
3 - Marie-Thérèse Besson et son conseil fédéral ne furent jamais autorisés par aucun convent de la GLFF de redéfinir l'obédience et – en aucun cas – l'exclure des obédiences dites libérales telles que le GODF, le Droit Humain, la Grande Loge Mixte de France … Tout au moins, ces dames, élues par les loges et au service de celles-ci, ne sont nullement autorisées à mentir sur la nature (qui murmure l'essence?) de la GLFF dans une publication destinée au public. C'est néanmoins ce qu'elles ont fait derrière le dos des loges, allant jusqu'à leur planquer cette (très) intéressante publication.
Dans mon article "GLDF : le Pôle de tradition, nouvelle chimère de Charuel", je supposais déjà que Besson cachait déjà ce fameux pôle aux soeurs de l'obédience depuis 2015 ... n'osant croire qu'elle oserait aller si loin. Elle l'a fait ... en voici la preuve.
Marie-Thérèse Besson ne saura pas s'expliquer, comme elle sait très bien le faire. Trop attachée à son petit pouvoir pour prendre la mesure de l'échec de ses trois années de mandat qui prendront fin en mai 2018, elle en est, plutôt, à digérer l'affront que lui ont fait les fondatrices de la GLIFF, faisant face - et c'est une façon de parler - aux trop nombreuses démissions de fin 2017. Elle n'a pas compris pourquoi cela n'a pas marché pour elle.
Je ne vous dirais pas "je vous l'avais bien dit" ... mais c'est l'idée.

Pour vous procurez ce fabuleux livre, voici le lien - et s'il y a quelqu'un qui veut me faire un compte-rendu de lecture, c'est volontiers que je la publierais.
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La Franc-Maçonnerie de Tradition en France - Numerilivre
Le paysage maçonnique français est pluriel. À côté d'obédiences dites libérales ou sociétales qui interviennent souvent dans le débat public, la voix des obédiences de tradition n'est gu...
http://www.numerilivre.fr/fr/ouvrages-imprimes/86-la-franc-maconnerie-de-tradition-en-france.html
Le paysage maçonnique français est pluriel.
À côté d’obédiences dites libérales ou sociétales qui interviennent souvent dans le débat public, la voix des obédiences de tradition n’est guère entendue et l’originalité de leur démarche reste largement méconnue.
Et pourtant celles-ci représentent les deux tiers des maçons et maçonnes de France partageant la même fraternité initiatique.
Présenter la Franc-maçonnerie de Tradition, ses principes et ses valeurs, son actualité et son importance, tel est l’objet de cet ouvrage dû à l’initiative de quatre Grandes Loges représentatives de cette famille :
- la Grande Loge de France (GLDF)
- la Grande Loge Féminine de France (GLFF)
- la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique - Opéra (GLTSO)
- la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF).
La Franc-maçonnerie française présente une mosaïque originale d’obédiences et de rites qui est le reflet d’une histoire nationale mouvementée.
Au sein de cette communauté dont la diversité peut paraître déroutante, la Maçonnerie de Tradition propose la force et la richesse d’une démarche spirituelle et humaniste.
Chanson de 1950 reprise par Bjork. Ici la version originale.