26 Mars 2018

Depuis plusieurs années, la France a connu de nombreuses attaques terroristes. De l'école juive en mars 2012, Charlie Hebdo, le Bataclan, Nice … et les attaques plus individuelles comme celle de Magnanville, de St-Etienne de Rouvray, Orly, Levallois-Perret, la gare St-Charles à Marseille ont fait de nombreuses victimes. A Carcassonne et Trèbes, on compte quatre morts.
Si on parle des morts, on ne parle pas des survivants, des témoins, … et des familles et des proches. Celles et ceux qui ont attendu, impuissants, dans l'angoisse. Celles et ceux qui ont perdu un enfant, un fils, un père. Celles et ceux qui ont survécus malgré leurs blessures psychologiques et physiques.
On oublie trop vite ces milliers de personnes. Il y a un avant, il y a un après. Ce ne sont pas des personnes détruites – ce serait leur faire injure – mais différentes.
Ceux-là, on n'en parle pas.
De ceux-là, on n'imagine même pas ce qu'ils ont vu, vécu, traversé pour rester vivants.
Finalement, ne parler que des morts - oui, il le faut - . Mais au bout du compte, je me demande si cette culture morbide qui nous entraîne à de longs deuils, des discours creux, et même à des « anniversaires » … ne constituent pas aussi le moyen d'oublier les vivants.
De cacher qu'il n'y pas eu que quatre morts à Carcassonne et Trèbes, mais aussi une 50aine de personnes qui étaient là, qui ne reprendront par leur vie comme si rien ne s'était passé, qu'il y a aussi les familles, les proches qui devront vivre aussi avec le spectre de cette journée.
Je souhaite ici, pour une fois, leur rendre hommage, rappeler qu'il ne faut pas les oublier. Eux aussi, avaient le droit de vivre en paix.
