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La Maçonne
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Attentat : des vies et des jours

Depuis plusieurs années, la France a connu de nombreuses attaques terroristes. De l'école juive en mars 2012,  Charlie Hebdo, le Bataclan, Nice … et les attaques plus individuelles comme celle de Magnanville, de St-Etienne de Rouvray, Orly, Levallois-Perret, la gare St-Charles à Marseille ont fait de nombreuses victimes. A Carcassonne et Trèbes, on compte quatre morts. 

Si on parle des morts, on ne parle pas des survivants, des témoins,  … et des familles et des proches. Celles et ceux qui ont attendu, impuissants, dans l'angoisse. Celles et ceux qui ont perdu un enfant, un fils, un père. Celles et ceux qui ont survécus malgré leurs blessures psychologiques et physiques. 

On oublie trop vite ces milliers de personnes. Il y a un avant, il y a un après. Ce ne sont pas des personnes détruites – ce serait leur faire injure – mais différentes. 

Ceux-là, on n'en parle pas. 


De ceux-là, on n'imagine même pas ce qu'ils ont vu, vécu, traversé pour rester vivants. 

Finalement, ne parler que des morts - oui, il le faut - . Mais au bout du compte, je me demande si cette culture morbide qui nous entraîne à de longs deuils, des discours creux, et même à des « anniversaires » …  ne constituent pas aussi le moyen d'oublier les vivants. 
De cacher qu'il n'y pas eu que quatre morts à Carcassonne et Trèbes, mais aussi une 50aine de personnes qui étaient là, qui ne reprendront par leur vie comme si rien ne s'était passé, qu'il y a aussi les familles, les proches qui devront vivre aussi avec le spectre de cette journée. 

Je souhaite ici, pour une fois, leur rendre hommage, rappeler qu'il ne faut pas les oublier. Eux aussi, avaient le droit de vivre en paix.  

 

 

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M
Tout à fait d'accord avec ton analyse. La vie ne sera plus jamais la même pour les survivants. Hormis le deuil difficile à faire des personnes disparues dans des circonstances violentes, il leur faudra faire le deuil de leur vie d'avant, même s'ils n'ont pas été blessés physiquement, avec l'angoisse présente pour longtemps. Le suivi psychologique des blessés dans leur chair n'est pas suffisant et devrait concerner l'ensemble des personnes impliquées. <br /> On essaie d'imaginer la détresse dans laquelle doivent être la caissière qui a échappé à la mort grâce au sacrifice du lieutenant colonel Beltrame, par ailleurs F.'. de la GLDF, des employés du supermarché qui ont réussi à s'enfuir, ou de l'épouse et des proches de M. Beltrame et bien d'autres encore. Je pense qu'une cellule psychologique ne suffira pas à les aider car seul l'accompagnement dans le temps pourra les soulager au quotidien. Je leur souhaite beaucoup de courage pour qu'ils retrouvent la paix.
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L
Merci MTHE de ton commentaire. Une seule cellule psychologique ne suffira pas. Comment pourront-ils retourner travailler sans sursauter au moindre bruit, au geste un peu sec d'un client? Beaucoup des survivants des différents attentats sont encore en situation très difficile : arrêt maladie prolongé, suivi psychologique permanent, culpabilité du survivant, ... et un certain "oubli" généralisé de leur situation. <br /> Je n'ai trouvé aucune donnée chiffrée sur le nombre de personnes affectées par les attentats d'une manière ou d'une autre (qui auraient indemnisées par exemple depuis 2012). On n'a aucune statistique concernant la nature des préjudice qui furent indemnisés (ou pas). Je n'ai rien trouvé aussi sur le temps de traitement des dossiers (3 mois, 6 mois, 1 an?) et encore moins concernant la situation actuelle des victimes survivantes ou des proches en dehors de quelques témoignages médiatisés concernant à leur retour à une vie "normale" (reprise d'emploi, d'activité, encore en soins, etc). C'est pour cela que je tenais à parler des vivants ... <br />