1 Mai 2018

J'avais évoqué – très largement – la présence de « faux prêtres » dans des pseudo-obédiences. Je m'étais attardée plus spécialement sur le Grand Prieuré des Gaules, parce que reconnu par la LNF et le GODF, et son « Grand Aumônier », faux archiprêtre, faux professeur de théologie et peut-être même faux franc-maçon.
J'ai souligné, aussi, que le rapprochement entre la fausse église de ce « grand aumônier » et le Grand Prieuré des Gaules datait des années 80 voir même avant, avec son ancien Grand Maître, Daniel Fontaine qui était aussi membre de cette fausse église. C'est d'ailleurs, très certainement pour des motifs dogmatiques et comportementaux, voir même antisémites, de ce dernier que la GLNF s'est séparée de ce Grand Prieuré début 2000.
A cette époque, dans un très bel ensemble, sans chercher plus loin, la LNF et le GODF ont reconnu ce Grand Prieuré, offrant ainsi des tribunes à un parfait faux prêtre dont j'ai démontré le caractère, par ailleurs, sectaire, n'ayant pas hésité à traiter d'hérétiques (rien que cela!) des frères de sa propre obédience. Ce Grand Prieuré, je souhaite le rappeler, a connu une scission en 2012 et compterait aujourd'hui pas entre 200 et 300 membres. (lire ici).
Pour des francs-maçons et maçonnes, qu'ils soient « réguliers » ou de la famille « libérale et adogmatique », imposer une religion est anti-maçonnique. Ainsi, une obédience qui planque dans ces jupes une fausse église n'est, tout simplement, pas de la franc-maçonnerie. Nous ne pouvons accepter de telles dérives.
Ici, je vais abandonner ce Grand Prieuré des Gaules pour étudier, à la demande d'un frère, une autre obédience « la Stricte Observance Templière « renouvelée »» et sa fausse église « l'Eglise Gallicane Française ». Sait-on jamais, peut-être que le GODF ou encore la LNF aurait décidé de les reconnaître eux-aussi ?
Le premier problème est, vous allez le comprendre rapidement, est le nom de cette fausse église. En effet, elle s'appelle Eglise Gallicane Ste-Rita, ou encore Eglise Catholique Gallicane et même parfois on peut trouver Eglise Gallicane Française.
Le second problème de ces fausse églises est le courant politique de ces fausses églises est l'extrême-droite. En effet, elles attirent des anti-modernes, autrement dit des « traditionalistes »- et avec eux aussi des « faux nobles ». Quitte à faire dans le toc que cela soit complet ! Cette église gallicane « Ste-Rita » ne fait pas exception à la règle. Pour celle-là, au moins, c'est plus flagrant si j'ose dire. En effet, son premier siège – une église désaffectée – qui avait tout l'air d'une véritable église – a été menacée de démolition. Plus exactement, ne payant pas ses loyers à la commune de Paris, nos faux prêtres furent renvoyés chez eux (ou pas).
Dominique Philippe (Archevêque Primat), fondateur de cette fausse église dont une des particularités est de donner la bénédiction aux animaux, a remué quelques médias. J'ai signalé le soutien de Brigitte Bardot. Si elle aime les animaux, elle a aussi apporté son soutien à Marine Le Pen (source)
Or, un autre soutien confirme – bien mieux – la tendance politique de cette fausse église, celui du site « Résistance Républicaine » (lire ici) dans un article signé par Christine Tasin, fondatrice de « Riposte Laïque » qui, allègrement, mélange les genres.
Ce qui est un comble lorsque l'on connaît son fond idéologique. Elle s'étonne de l'absence de catholiques à une manifestation censée sauver Ste-Rita, affirmant que cette église gallicane respecterait la tradition gallicanisme remontant à Philippe Le Bel. Encore une qui n'est pas très douée en histoire des religions.

Je vais devoir vous plonger dans les heurts du gallicanisme et de son histoire pour votre édification personnelle. Croyez-moi sur parole, vous allez me détester. Or, retenez-le, je vous aime d'un amour indéfectible.
Pour tracer tous les émois du gallicanisme, je ne me suis largement référée à une étude effectuée en 1947 et 1948, par Emile Amann, historien des religions. Né en 1880 à Pont-à-Mousson, faisant ses études au Grand Séminaire de Nancy, il sera co-fondateur de la collection « les Apocryphes des Evangiles » en 1910 et rédigera, d'ailleurs, une étude sur le proto-évangile de Jacques et ses remaniements en latin. Il collabora au dictionnaire de théologie, ayant un doctorat, durant toute sa vie avec d'autres professeurs de Nancy. Un des ses plus importants travaux est, à en croire sa rubrique nécrologique faite à l'époque de sa mort, l'étude du gallicanisme et à son histoire. Après la 1ère guerre mondiale, il devint professeur de théologie à l'Université de Strasbourg où il décédera en janvier 1948.
Il est assez rare que je présente les auteurs que je cite aussi longuement. Ceci pour éviter toute controverse provenant des courants « traditionalistes » bien souvent ignorants. En effet, lorsque l'on approche ses fausses églises et avec elle ses faux francs-maçons, on ne peut que constater que ceux-là aiment les titres fumeux, les décors à franges dorées, et on se targue même d'être théologien alors que l'on a jamais ouvert de sa vie un seul livre de théologie. .
Qu'est-ce le gallicanisme ? Alors qu'il écrivait cette étude, peu après la 2nde Guerre Mondiale, il estimait que la gallicanisme était mort et bien mort. Ce qui est d'ailleurs vrai.
On peut tenter de classer sous le terme de gallicanisme tous les mouvements qui veulent écarter l'ingérence du Vatican dans la gestion du catholicisme en France. Or, ce n'est pas un désaccord de pouvoir – pour ne pas dire une lutte de pouvoir interne à l'Eglise Catholique – qui peut définir à lui seul un courant religieux voir même une nouvelle religion.
Le particularisme religieux français fut d'avoir fait des rois un membre à part entière de l'Eglise et, plus exactement, se substituant suivant le rapport de force entre le roi de France et le pape, au pape lui-même. Il s'agit simplement d'une protestation de l'ingérence papale dans les affaires temporelles du royaume de France. Finalement, la Loi de la Laïcité n'est ni plus, ni moins qu'une continuité d'une vieille habitude française. De royale, elle est devenue républicaine. Mais c'est un autre débat.
C'est seulement au 19ème siècle que le pape, en quelque sorte, gagna cette bataille. Il devint pour tous les catholiques le seul dirigeant du catholicisme, un dirigeant quelque peu autocratique et dogmatique, mais dirigeant autant les évêques de France que les âmes des fidèles, fussent-ils citoyens de de la République.

Si tous les rois de France souhaitaient garder le pouvoir sur l'Eglise de France, le plus virulent adversaire du pape fut Philippe Le Bel au XIVème siècle.
« Ce n'est pas d'abord pour des questions de doctrine que l'on en vient à protester dans le royaume contre les ingérences de la Curie dans les affaires ecclésiastiques; les motifs du mécontentement croissant sont beaucoup plus terre-à-terre. Quand elle demande le rétablissement des anciennes libertés et franchises, l'Eglise gallicane n'emboîte point le pas aux théoriciens adversaires du pouvoir pontifical, à un Occam, à un Jean de Jandun, à un Marsile de Padoue. Elle se fait plutôt l'écho de tous ceux qui réclameraient un allégement des charges qui pèsent sur elle. »
En effet, s'il y a bien un fait historique – qui a causé bien plus de révolutions que n'importe quelle opposition doctrinale – c'est le poids des impôts et charges, qui si elles enrichissaient la Curie, appauvrissaient les clergés nationaux. L'occident se trouva avec deux papes.
« Contre la régularité de l'élection de Barthélémy Prignano (Urbain VI, le pape romain) il pèsera toujours un doute ; et quant au choix de Robert de Genève (Clément VII, le pape avignonnais), tout historien ne pourra que regretter la démarche faite, après coup, par la. majorité du Sacré-Collège. Mais les choses étant telles, on s'était finalement accommodé en France de la situation tragique où se débattait l'Eglise, espérant que la mort de Clément VII mettrait un terme à l'imbroglio. ».
Ce sera, en effet, Urbain VI qui ouvrira le Grand Schisme. Son élection était certes douteuse, mais ce sera son comportement vis-à-vis des cardinaux français qui les obligera à fuir Rome et leur fera élire Clément VII, l'installant à Avignon. En effet, les cardinaux français ayant obtenu leurs titres non pas du fait de leurs qualités, mais par le biais d'intrigues, vivant sur un grand pied, voyaient d'un mauvais œil leur nouveau pape fait l'apologie de la pauvreté et de la rigueur morale.

De là, l'Occident se divisa. Les uns soutinrent l'antipape dont la France. Les autres, le pape romain. Différentes mesures furent mises en place soit pour asseoir un pape plus que l'autre, soit pour mettre fin au Schisme, dont la « soustraction d'obédience ». Puisque l'implosion avait commencé, on se trouva même un troisième pape. Le Grand Schisme prendra fin en 1417 par l'élection de Martin V.
« A bien prendre les choses et à les dégager de tout ce qui n'est pas spécifiquement français, on conclura donc que le gallicanisme est essentiellement un phénomène national, né au tournant du xiv° au xv° siècle dans les remous du Grand Schisme et qui, sans ce dernier, aurait pris une allume tout à fait différente. C'est l'union de l'Eglise de France avec le roi pour limiter, au nom de l'ancienne législation canonique, les droits du pape sur le pays. Le gallicanisme politique est né le premier, se constituant en vive réaction contre la doctrine du « pouvoir direct » qui s'était définitivement élaborée au xme siècle avec Grégoire IX et Innocent IV, qui avait trouvé dans Boniface VIII son plus déterminé théoricien. La forme ecclésiastique du gallicanisme se marque plus spécialement dans deux autres éléments : l'idée de la supériorité du concile sur le pape, le désir aussi des anciennes franchises, mais tout ceci revenant à l'idée que la monarchie pontificale ne saurait fonctionner comme une monarchie absolue. »
Au XVIème siècle, l'église de Rome tenta de se réformer en réponse au protestantisme. Ainsi, a eu lieu le Concile de Trente. Il débuta le 13 décembre 1545 et se termina le 4 décembre 1563. Sur dix-huit ans, ses vingt-cinq sessions couvrirent cinq pontificats (Paul III, Jules III, Marcel II, Paul IV et Pie IV). Il se déroula essentiellement à Trente.
En réponse aux théories protestantes, le concile confirme la doctrine du péché originel, précise celle de la justification, de l’autorité de la Bible spécifique au catholicisme romain et confirme les sept sacrements, le culte des saints et des reliques ainsi que le dogme de la transsubstantiation. Si ce Concile fut semble bien étranger. Il n'en demeure pas moins un des plus importants de l'histoire du catholicisme. Entre le concile de Trente et celui plus récent de Vatican II, il n'y a eut que Vatican I qui définit le dogme de l'infaillibilité pontificale en 1869-1870.
L'Eglise de France, gallicane alors, fut celle qui s'opposa le plus à ce Concile refusant sa publication. Après plusieurs péripéties diplomatiques, il fut adopté en 1579 mettant fin au gallicanisme ecclésiastique.

L'église de France reconnaissait, en effet, le pape et son autorité. « Conscients de leur caractère d'interprètes autorisés et responsables de l'Eglise de France, ils voulurent être catholiques intégralement, sans arrière-pensée; et, se séparant de la Sorbonne et du Parlement, ils jetèrent par dessus bord la vieille opinion gallicane, permise autrefois, désormais illégitime. […] Le gallicanisme politique, lui, n'avait pas encore dit son dernier mot. On le vit bien quand parut, le 25 janvier 1580, l'ordonnance royale relative aux choses ecclésiastiques et qui se présentait comme la codification des demandes formulées par les cahiers de Blois. Ce règlement en soixante-six articles fournissait un cadre complet de la discipline ecclésiastique. Pour équitables que fussent dans l'ensemble leurs dispositions, les Ordonnances de Blois ne laissaient pas d'être schismatiques dans leur esprit, corrigeant, complétant, contredisant au besoin les règles de Trente. Revenant aux plus vieux errements de la monarchie, le roi tranchait
souverainement dans les matières spirituelles, où il n'avait pas compétence, et s'érigeait en supérieur absolu des évêques. Le désaccord était foncier entre les Ordonnances de Blois et les principes Blêmes du droit pontifical. » Explique Emile Amann, ouvrant ainsi une énième épisode à une lutte de pouvoir entre le roi de France et le pape, lutte qui se compliqua avec la mort du duc d'Anjou ouvrant la succession à Henri de Navarre, un protestant.
Si la gallicanisme ecclésiastique et politique avait, au départ, le même objectif : laisser à la nation le pouvoir de ses décisions, le clergé français se rangea aux côtés du pape, ne voyant pas pourquoi des laïcs, fut-il le roi de France, décideraient des dogmes en leur lieu et place. En quelque sorte, le clergé réclamait, à son tour, son indépendance des choses temporelles et, donc, du roi de France.
Du côté du roi, le gallicanisme se renforça. En effet, il s'agissait pour le roi et le Parlement de nier toute ingérence du pape dans les affaires temporelles du royaume. Etait ainsi discuté âprement l'origine du pouvoir du roi. Etait-il de droit divin ou était-il lié à ses sujets ? La réponse soumettait le roi – quoiqu'il en soit – soit au pape qui pouvait jusqu'à le déposséder de son royaume pour hérésie ou soit au peuple qui pouvait le destituer s'il leur déplaisait.
Nous sommes là en 1682. La société à la fin du 17ème siècle et le monde de la pensée avait, elle aussi, évoluée. On parlait de démocratie, des devoirs du roi vis-à-vis de ses sujets qui l'élisaient. S'il devenait un tyran, les sujets pouvaient le destituer. Face à cette libéralisation de la pensée, peu à peu, le clergé se rallia à l'idée du droit divin du roi et de son pouvoir absolu. Ainsi, il n'en fallait pas plus pour conclure que le pape ne pouvait pas interférer dans les affaires de l'Etat.
Voilà, ce qu'est le gallicanisme : la soumission du clergé au Roi, du moins, une séparation du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel. Chacun reste à sa place.

Le gallicanisme ecclésiastique est mort dès le XVIème siècle, dès lors que le clergé français a reconnue l'autorité du pape. Il n'a subsisté qu'un gallicanisme politique jusqu'à la Révolution de 1789. Faute de roi, il a disparu.
Si j'ai pris autant de temps pour évoquer ces épisodes de l'histoire de l'Eglise de France face aux rois de France, c'est aussi pour souligner qu'il n'est nullement un hasard que la France a adopté en 1905 une loi sur la Laïcité qui n'invente rien de plus.
Finalement, l'Eglise Gallicane n'est pas plus que l'Eglise de France de l'Ancien Régime (et pas moins). Il ne s'agit pas, puisque s'inscrivant dans la gestion des affaires du pays, d'un courant théologique particulier. Il est, de même, faux de considérer qu'elle s'opposait formellement au pape. C'était comme on le voit bien plus nuancé. Elle n'y était pas directement soumise. Le gallicanisme n'existe plus – et on peut affirmer depuis le 19ème siècle – Pour tout dire, on est aussi en droit de se demander si sa théorie théologique a une importance quelconque.
On comprend mieux l'attrait de ces fausses églises, qui s'autoproclament « gallicanes », auprès des mouvances les plus obscures d'extrême-droite, royaliste et nationaliste.
Néanmoins, en dehors de ces positions politiques extrêmes et du public qu'elles attirent, ce sont aussi leurs pratiques qui sont en cause.
L'exorcisme, soit la croyance à l'envoûtement par un démon, comme pour la fausse église de notre faux archiprêtre du Grand Prieuré des Gaules, promettant quelques guérisons miraculeuses, ne sont pas anodines. Ces pratiques de médecines parallèles sont tout autant dangereuses, risquant d'éloigner leurs « fidèles » de la médecine traditionnelle.
Surtout, en sus d'utiliser une superstition populaire connue, c'est aussi jouer sur une dichotomie imaginaire du monde : le bien et le mal, dieu et le diable, les croyants et les infidèles. La liste peut être longue. Jouer sur les peurs de l'inconnu et de faire croire que soi-même peut être posséder, victime du mal malgré lui est une vieille technique, bien catholique, pour soumettre les foules à l'autorité d'un clergé.
A l'heure actuelle, il est impossible de faire une cartographie de ses fausses églises. En effet, contentons-nous de considérer qu'elles sont dangereuses que lorsqu'elles coupent ses « fidèles » aux autres, les enfermant dans un dogme, que l'information sur son fonctionnement ni circule pas, en sus de mentir à ses adeptes sur son origine, donne des titres un peu trop ronflants à ces faux-prêtres, envoient un peu trop d'accusation d'hérésie en dehors de véhiculer une idéologie raciste ou encore antisémite, islamophobe.. Même les catholiques de Rome ne le font plus ! Enfin, ils se soignent.
Je me suis éloignée volontairement du sujet. En effet, il s'agit ici de définir ces « fausses églises » avec plus de précisions que je ne l'ai fait.
Leur but est mercantile, certes. Mais qui peut espérer gagner de l'argent en jouant au gourou d'une fausse église de nos jours en France ? D'autant plus que les personnes approchées, même les plus crédules ou en quête d'un imaginaire religieux, savent déceler une secte d'une association plus saine par ses demandes exorbitantes d'argent. Le but est, certainement, plus pervers chez nos faux prêtres, qu'un simple objectif financier : un besoin de domination, de contrôler l'autre. Peu importe, s'ils trompent ou mentent. Peu importe aussi, s'ils détruisent ceux qu'ils approchent.
Ce qui me paraît le plus incompatible est bien le mélange église/Franc-maçonnerie. Incompatible mais parce que l'ésotérisme ne peut se contenter du religieux et que le religieux ne peut pas supporter l'ésotérisme, soit ce n'est pas une religion, soit ce n'est pas de la franc-maçonnerie, soit ce n'est rien des deux. La plupart du temps, c'est au moins pas de la franc-maçonnerie lorsque l'église peut prétendre à une reconnaissance canonique quelconque.

Maintenant que vous savez différencier le gallicanisme « historique » et les fausses églises qui se proclament de ce dernier, voici pour l'église qui nous occupe. Il y a, tout d'abord, « Monseigneur » Dominique Philippe, fondateur de cette fausse église Ste-Rita – et comme on est entre nous, on va l'appeler ainsi – s'est auto-proclamé « Archevêque Primat » et se dit guérisseur.
L'autre personnage est Jean-Paul Marty, sacré « évêque coadjuteur » qui est lui-même aussi aumônier de la Stricte Observance Templiére « Renouvelée ». J'en avais trouvé un – en voici un deuxième. On peut le voir officier dans la principauté d'Andorre distribuant ses bénédictions. Cette pseudo-obédience est mixte.
Bien sûr, son origine est contestable. Elle fut fondée par le dénommé Jean-Marie Auzanneau-Fouquet. Il est aussi fondateur de l'ordre de Mélusine. Il se déclare aussi membre de l'Ordre de St-Lazare de Jérusalem.
Si on sait peu de chose sur cette « Stricte Observance Templiére » en dehors de ce que nous apprends son site, j'ai trouvé pour vous des informations concernant l'église de Ste-Rita qui fournit à la Stricte Observance Templiére sa caution religieuse.
En dehors des envoûtements, des exorcisme et autres balivernes, il y a, en effet, pour les quelques églises gallicanes la croyance en l'âme des animaux. D'ailleurs, cette croyance est assez confuse. On y voit bien une relation avec des rituels remontant au Moyen-Age qui organisait des procès à l'encontre de cochons, poulets et autres animaux de la ferme. L’Église celle-là catholique excommuniait des animaux en particulier des nuisibles comme rats, sauterelles, chenilles, etc.
Ste-Rita et son Archevêque Primat ne vont pas si loin. Ils se sont contentés d'organiser des messes pour les animaux qui avaient, à en croire l'étude faite par Anne-Marie Brissebarre, un certain succès.
Lors d'une messe en latin qui dure deux heures, les animaux de compagnie sont présents. La première messe a eu lieu en 1993 sous le patronage de St-François d'Assises, qui fut déclaré par un pape (ben oui!) saint des écologistes (dont certains seront heureux de l'apprendre).
Cet article, en dehors de nous présenter les participants à cette messe, nous explique les conditions de fondation de cette église.
Dominique Philippe se dit avoir été guéri, alors enfant, d'une maladie mystérieuse grâce aux prières de sa grand-mère à Ste-Rita. Cette sainte est devenue, ainsi, sa sainte préférée et, tout naturellement, il a décidé de la faire connaître au monde entier. Il a, par ailleurs, dans sa famille, un oncle rebouteux et un prêtre guérisseur-exorciste, fondateur d'une église gallicane. Il fut aide-soignant. Il fut ordonné prêtre gallican en 1974 (très certainement par le prêtre de sa famille). La même année, il fonda son église Ste-Rita à Paris. Elle s'est installée dans l'église désaffectée du Xvème arrondissement de Paris. Pour Dominique Philippe, un prêtre doit être guérisseur. En cela, il respecte, effectivement, aussi les us et coutumes du catholicisme du Moyen-Age qui faisait venir des fidèles, organisait des pèlerinages, en arguant les pseudo-capacités de guérison de reliques de saints, voir de prêtres ou de nonnes, eux-mêmes. Sa spécialité – si on peut dire – sont les maladies de peau ou les dépressions. Il pratique, bien sûr, l'exorcisme.
Hormis la messe de deux heures en latin, la pratique religieuse est plutôt campagnarde et bonne enfant. Elle repose, comme on la vu, plus haut sur des superstitions que l'église catholique elle-même a abandonnée depuis des lustres.
On ne voit pas très bien ce que peut être la relation entre cette église Ste-Rita et la Stricte Observance Templiére qui se veut être l'héritière « morale » des Templiers. Il fallait très certainement à cette dernière un religieux, peu importe qu'il soit faux.
Cela n'offre, dans tous les cas, pas une garantie de sérieux quant à la qualité maçonnique et initiatique que peut offrir cette Stricte Observance Templière.

Autour de l'histoire du gallicanisme (à suivre) E. Amann- in Revue des Sciences Religieuses Année 1947 21-3-4 pp. 17-52 (lire ici)
Autour de l'histoire du Gallicanisme (suite et fin) - E. Amann – in Revue des Sciences Religieuses Année 1948 22-1-2 pp. 9-26 - (lire ici)
Brisebarre Anne-Marie. La messe des animaux. In: Communications, 74, 2003. Bienfaisante nature. pp. 139-158; doi : 10.3406/comm.2003.2133 - (lire ici)
Eglise Gallicane Ste-Rita - son site ici.