20 Septembre 2018

Longtemps, j'ai refusé d'aborder cette question – plus exactement de la disséquer – car, comme vous allez le comprendre – le risque est de juger l'autre, sa qualité initiatique, c'est-à-dire faire ce que je reproche sur ce blog que des frères et des sœurs font. Une, puis deux et maintenant, j'amorce une quatrième année en ayant évité soigneusement cette question. J'ai, bien sûr, tenté d'expliquer dans des précédents articles ce qu'était l'initiation. Or, finalement, même si ce n'est pas faux, cela n'est pas juste. Tout au moins, pourrait-on qualifier cette réflexion d'insuffisante que cela ne me vexerait pas. Elle l'est. Je l'assume parfaitement.
Ainsi, durant toutes ces années, j'ai évité de chercher à comprendre pourquoi certaines et même certains ont espéré que j'allais fermé mon blog « la Maçonne » une fois radiée ou menacée de l'être. Certes, on peut l'analyser à la hauteur de leurs malveillances, du désir de vengeance des principales protagonistes. Or, cela n'explique pas la relation de cause à effet.
En effet, je ne vois strictement aucune relation entre mon blog « la Maçonne » et mon éventuel engagement dans une loge, voir une obédience, en particulier, la Grande Loge Féminine de France. En effet, n'ayant demandé l'autorisation à personne pour l'ouvrir, je n'escomptais pas en demander une pour le poursuivre. Personne ne peut se targuer avoir – et pouvoir l'obtenir par la menace et la pression - un contrôle sur mes publications. Le conseil fédéral de la GLFF estimait qu'en me radiant, j'allais fermer automatiquement le blog « la Maçonne » puisque perdant quelque crédibilité à m'afficher comme telle en n'étant plus membre de la GLFF. Comme vous le savez, rien de tel ne s'est passé.
Or, cette question conduit obligatoirement plus loin que ces considérations. Voici un nouveau chapitre continuant la réflexion sur l'ésotérisme et la franc-maçonnerie.
Complètement fantasmée, la qualité initiatique serait de l'ordre de la magie, se résumant à une cérémonie – et il suffirait de pointer deux fois par mois dans une loge pour le rester. C'est un peu maigre – et je dirais même que c'est pire encore.

Ma principale source est James Frazer, historien des religions du début du 20ème siècle – auteur du « Rameau d'Or ». Sa définition de la magie est toujours reconnue par les anthropologues.
Au départ, il s'agit de croire qu'il existerait des formes de vie surnaturelles qui agiraient – si vous savez leur parler correctement, bien sûr – dans votre sens. Cela peut-être des anges, des esprits supérieurs ou encore des divinités.
Or, avant toute chose, il s'agit surtout d'une autre croyance : celle que sa pensée crée la chose que l'on souhaite. C'est autant le vœu qui se réalise que la méthode Coué. La pensée humaine influencerait, pour le magicien, sur l'univers.
Le magicien utilise un rituel, ouvre autour de sa cérémonie un espace et un temps sacré et définit aussi une limite à ce qui peut devenir ou pas.
Dans la magie, il y a aussi quelque chose de l'enfance comme envoyer une lettre au Père Noël pour un vélo rouge.
Le dieu monothéiste tout puissant serait une des personnalisations de l'univers au même titre que les dieux polythéistes. Quelques prières bien dites suffisent. Le polythéisme prévoyait des cérémonies et des festivités bien plus complexes. Certaines églises catholiques proposent encore des cahiers de vœux pour leurs fidèles afin que ceux-ci y expriment leurs demandes en allumant un cierge. Les légendes populaires conservent avec un soin jaloux une multitude de fontaines où lâcher quelques pièces pour voir réaliser un de ses rêves.
L'usage de la magie est interdite dans toutes les religions monothéistes. Bien entendu comme pour tout interdit religieux, il y a une somme de justifications théologiques dans lesquelles je ne souhaite pas entrer. L'essentiel ici est qu'interdire l'usage de la magie est aussi croire à la magie. Si on ne craignait pas son efficacité, la question ne se poserait pas aux religions monothéistes. La religion propose une « alliance ». Toute une littérature, qu'elle soit chrétienne ou juive, explique l'importance de la réunion des croyants sous une même bannière et même loi. La magie n'en propose pas. L'alliance, du moins, se situe entre le magicien et l'univers qui exclut tout autre pour les religions.
Robert Shilling (in Religion et magie à Rome) rappelle que la frontière entre la magie et la religion n'a pas toujours été aussi nette. Magie et ferveur religieuse se mêlaient l'une à l'autre sans que cela ne pose un quelconque problème à qui que ce soit.
Comme nous sommes imprégnés d'une culture monothéistes, il est difficile pour tout un chacun de considérer la croyance en la magie comme sérieuse ou signifiante. Si la plupart se fiche quelque peu de l'interdit religieux, elle relève pour beaucoup au mieux de la superstition ou au pire de la folie.
Cette définition sommaire de la magie pose déjà une première hypothèse : l'initiation serait-elle le résultat d'une opération magique ?
Comprenez bien que si on admet qu'il suffit d'une cérémonie et pointer deux fois par mois dans une loge pour être initié et le rester, il ne peut s'agir là que de la magie. Pour quelqu'un qui espère être indépendant et avoir une certaine autonomie dans sa démarche maçonnique, se montrer actif et cherchant, cette hypothèse semble absurde.
Pourtant elle a une origine qui, elle, n'a rien de fantaisiste.
Pour les catholiques, le baptême n'est pas un choix. Le nourrisson entre dans une communauté religieuse sans que l'on lui demande son avis et qui plus est sans même avoir démontré la force de sa foi ou ses convictions intimes. La cérémonie du baptême suffit. Encore aujourd'hui, ce baptême fait de l'enfant « une création nouvelle » (2 Co 5, 17), un fils adoptif de Dieu (Ga 4, 5-7) qui est devenu « participant de la nature divine » (2 P 1, 4), membre du Christ (1 Co 6, 15 ; 12, 27) et cohéritier avec Lui (Rm 8, 17), ou encore le temple de l’Esprit Saint. Cette énumération tirée d'un article Wikipédia ne peut que souligner le caractère quasi-magique du baptême. Le nourrisson, qu'il soit « création nouvelle » plus nouvelle encore que lui ou temple de l'Esprit Saint, devient catholique magiquement et, par conséquent, le salut de son âme est assuré ainsi qu'une protection divine.
L'excommunication catholique, elle même, ne remet pas en cause le baptême et donc l'identité catholique de l'exclu. L'excommunication existe depuis le IV ième siècle après JC comme le montre Jean Gaudemet dans l'article cité en source. Cette peine a pris diverses formes suivant les églises avant de se figer. L'excommunié chassé de la communauté ne perdait pas uniquement le droit à participer aux cultes, à recevoir les sacrements, mais il était interdit toute relation avec eux. Ils devenaient impurs – et même contagieux.
On sait comment l'église catholique à utiliser les superstitions populaires : de l'inquisition à nos jours. Chasse aux sorcières, bûcher pour hérésie, ventes de bons pour un salut assurée… l'église catholique s'est construite sur des croyances populaires plus anciennes.
L'excommunication cause, aujourd'hui, plus de problème à l'église catholique qu'autre chose. La dernière excommunication fut adressée à des médecins et à la mère d'une fillette de 9 ans, au Brésil, qui, après des viols répétés par son beau-père, a été avorté. Les soutiens du Vatican concernant cette excommunication a été très mal perçue par la communauté religieuse et internationale.
Celle-ci fut utilisée comme un moyen de pression sur la population de fidèles, lui interdisant ainsi une certaine autonomie, un regard critique – et donc une prise de distance – dans leur démarche religieuse. Elle a pour but de préserver l'application du dogme.
De nos jours, l'excommunication catholique n'est plus vraiment prise au sérieux. Elle ne fait que démontrer l’ostracisme et le conservatisme de l'église.
Ces précisions rendent ma première hypothèse bien moins absurde qu'elle n'y paraît à sa première lecture. Tel le nourrisson qui devient catholique par la magie du baptême, le profane devient initié par celle d'une cérémonie. Sa radiation relève du même principe qu'une excommunication si, on accepte l'idée qu'il y perde sa qualité d'initié et qu'il a été mis au ban de la franc-maçonnerie toute entière. Au lieu d'être dans une quête de la connaissance ou de la vérité, on se trouve plutôt en situation de la détenir – avec certitude – Les francs-maçons entreraient en religion.
Cette confusion des genres est, bien entendu, inadmissible au sein des obédiences maçonniques libérales et adogmatiques. Une telle définition de l'initiation n'a plus grand chose à voir avec la franc-maçonnerie qui deviendrait un substitut religieux, avec des obédiences qui joueraient à être des églises.

Comme vous n'avez pas manqué de le comprendre, mon ésotorologue préféré est Pierre A. Riffard. Le plus connu est Antoine Faivre. Il est utile de préciser qu'il n'inclut pas la franc-maçonnerie parmi les ésotérismes ne correspondant pas aux caractéristiques concernés. Il nous faut, en effet, sortir de cette définition populaire et superstitieuse de l'initiation.
Le classement qu'il propose et que l'on retrouve en note de bas de page dans l'article cité en source « Une spécialité nouvelle : « Histoire des courants ésotériques occidentaux ». (In: École pratique des hautes études, Section des sciences religieuses.) définit quatre caractéristiques principales d'un ésotérisme et deux secondaires.La magie est, bien entendu, quelque soit le classement choisi un ésotérisme comme un autre comme il l'explique dans l'article « Conférence d'Antoine Faivre ». On y trouve peu ou prou – de manière bien plus universitaire bien sûr – les premiers éléments que je présente plus haut. Cependant, on ne peut que constater une difficulté pour définir la magie en tant qu'ésotérisme – dont une opposition avec le religieux souvent commise (mais que je ne fais pas).
Ma seconde hypothèse est de considérer que la qualité initiatique est bien une magie au sens ésotérique du terme et digne d'une étude par un ésotorologue.
Si l'initiation (en franc-maçonnerie) est magique, il lui faudrait tout au moins respecter les caractéristiques définies – comme par exemple celles d'Antoine Faivre. On peut facilement trouver des corrélations entre les trois premières caractéristiques dont la première qui est la croyance en des correspondances universelles (ce qui est en haut est comme en bas). Le temple est l'expression de cette correspondance. Au même titre que les villes mésopotamiennes, dont les plans étaient établi suivant les constellations, il reproduit une correspondance ésotérique de l'Univers : lune, soleil, voûte étoilée, … les deux colonnes servant de portes (personne d'ailleurs ne sait vraiment dire si nous sommes dehors ou dedans), pavé mosaïque, ….
La croyance en une « Nature Vivante » apparaît plus exactement chez les déistes. Avec tous les débats sur le Grand Architecte de l'Univers qu'il faut absolument garder parce que sans lui ce n'est plus de la franc-maçonnerie, c'est la moindre des choses.
De même, il peut servir de médiateur (3ème caractéristique de Faivre) au même titre que les symboles ou les rituels, permettant ainsi de faire du profane un initié.
La quatrième caractéristique est la transmutation, soit la transformation de soi et, bien sûr, de la Nature. On peut estimer que devenir « initié » par des forces occultes et magiques suite à une cérémonie entre bien dans ce cadre de la transmutation au moins pour soi. Or, l'ésotérisme a pour particularité, même si cela ne paraît pas clairement dans l'analyse d'Antoine Faivre, d'au moins agir sur la Nature. Se transformer en initié sans autre résultat et en espérer d'autre – juste pour le privilège de se rendre en loge deux fois par mois -, c'est un peu comme devenir Superman et rester assis devant la télévision. Cela n'a aucun intérêt supérieur.
C'est néanmoins à quoi cette magie de l'initiation se résume.
Ainsi, non – vous avez remarqué que j'ai été très sympathique sur le coup là – ce modèle initiatique n'a rien d'un ésotérisme. Alors quelle est-elle ? Quelque chose qui n'est pas digéré et compris. C'est humainement plus facile de se déclarer « initié » dès le lendemain de son initiation plutôt que d'aller plus loin.

Comme on ne devient pas initié par la magie d'une simple cérémonie aussi fabuleuse soit-elle, rien n'indique que l'on devienne initié. Franc-maçon, possiblement. A raison de 350 € par an, c'est la moindre des choses. Initié – au sens ésotérique du mot - n'est pas forcément synonyme.
C'est ma troisième et dernière hypothèse. Et si, finalement, l'initiation maçonnique relevait d'un mythe ? Ne voulant pas avouer son inexistence, d'ailleurs dupés par d'autres qui affirment être eux-mêmes « initiés », certains comme certaines, ne sachant pas analyser le fait maçonnique ou ce qu'est l'initiation, tentent de combler cette lacune fatale.
Il n'existe aucune étude sérieuse, d'ailleurs, qui confirme l'existence de l'initiation. Elle demeure une vue de l'esprit. Ce sont les mystiques qui en parlent le mieux dans une débauche de vapeur et d'éloges.
La quatrième caractéristique d'Antoine Faivre pose, par ailleurs, un autre problème : « l'expérience » de la transmutation, autrement dit « l'expérience » de l'initiation. Si on se transforme (même par magie), on finit par s'en rendre compte, tôt ou tard. On n'a le sentiment que "quelque chose s'est passée" même si on ne sait pas l'exprimer clairement avec des mots.
Ne voulant pas avouer n'avoir fait aucune « expérience » de quelque nature que ce soit, des francs-maçons ont inventé de nombreux subterfuges : le « vécu » de la cérémonie comme d'être présent en loge. Or, à y regarder vraiment, ce vécu n'a rien d'exceptionnel. Il ne transforme pas ni soi, ni les autres, ni la nature. Les débats sur la Grand Architecte de l'Univers – dont l'invocation serait de la « vraie franc-maçonnerie », ou encore ces rituels qui remontent au 19ème siècle et qui sont présentés comme plus anciens encore, … et je vous passe sur toute la réécriture de l'histoire des obédiences, se voulant assurer une antériorité – et donc répondre à une des caractéristiques secondaires de Faivre : « on ne s'auto-initie pas » sont autant de moyens de combler le vide. A défaut d'expérience, il est apporté une concrétisation – du matériel – pour palier à l'absence du spirituel.
L'autre problème est la croyance en une « nature vivante », qui peut être l'univers tout entier. Ma gentillesse naturelle m'a fait admettre que cette caractéristique existait bien en franc-maçonnerie. Dans un sens courant, dire que la plante verte de votre salon est vivante n'est pas faux. Même que l'on peut lui parler.
Même que l'on peut considérer qu'elle a une histoire avec nous. Or, de là, à la considérer comme un ensemble pensant … et sachant vous répondre. Bref, que nous serions un élément d'une nature surnaturelle dotée de quelques pouvoirs mystérieux, ce n'est pas vraiment un principe intangible de la franc-maçonnerie. Même si on peut accepter plusieurs approches plus larges, cette caractéristique est à la fois un peu trop religieuse ou pas assez. Trop religieuse parce qu'elle tendrait vers une croyance frisant l'animisme et pas assez parce qu'elle est par trop hérétique pour les francs-maçons théistes.
Cependant, c'est oublier trop vite le rituel d'initiation lui-même mettant en scène les 4 éléments lors des épreuves. C'est, à mon avis, plus l'utilisation de cette classification qui induit en erreur en détournant le sujet en une "croyance". L'ésotérisme n'est pas de croire (ou ne pas croire), il est de comprendre l'univers - qui est effectivement vu comme un tout - qui n'aurait pas livré tous ses secrets.
Cette initiation reposerait sur l'absence de "l'expérience". Autrement dit, cette initiation ne conduirait à aucune transformation. Par conséquent, ne nous touchant pas en profondeur, elle ne nous implique pas.
J'ai pour ma part une toute autre expérience. Rassurez-vous.


Sources :
« Les quatre caractéristiques fondamentales seraient :
1) L'idée de correspondances universelles. Il existe des correspondances invisibles, non causales, entre tous les niveaux de réalité de l'univers, qui est une sorte de théâtre de miroirs parcouru et
animé par des forces d'ordre "spirituel". Par exemple, il y a des rapports entre le ciel (macrocosme) et l'homme (microcosme), entre des planètes et des parties du corps humain, entre les textes révélés des religions et ce que la Nature nous donne à voir.
2) L'idée de Nature vivante. Le cosmos n'est pas seulement complexe, ne se réduit pas à des réseaux de correspondances. Parcourue de forces invisibles mais actives, la Nature entière, considérée comme un organisme vivant, voire comme une personne, a une histoire, liée à celle de l'homme et du monde divin.
3) Le rôle des médiations et de l'imagination. Ces deux notions sont complémentaires. Rituels, symboles chargés de plusieurs sens, esprits intermédiaires (ainsi, les anges), sont des médiateurs qui assurent les passages entre les divers niveaux de réalité. Leur pouvoir devient effectif grâce à l'imagination, comprise comme une faculté spécifique (d'ordre magique, en quelque sorte) propre à l'esprit humain, faculté qui est outil de connaissance de soi- même, du monde, du mythe.
4) L'expérience de la transmutation. Cette caractéristique vient compléter les trois précédentes en leur conférant un caractère "expérientiel". Elle porte sur la transmutation de soi-même, qui peut être une "seconde naissance" ; et aussi, conjointement, sur celle d'une partie de la Nature, comme on le voit souvent dans la littérature alchimique.
Quant aux deux caractéristiques secondaires, il s'agit, d'une part, de l'idée de concordance, qui pose a priori l'existence de dénominateurs communs entre plusieurs traditions spirituelles différentes, voire entre toutes celles qui existent, et qui incite à les comparer dans l'espoir de trouver une vérité supérieure à elles toutes. II s'agit, d'autre part, de l'idée de transmission, répandue dans ces courants ésotériques depuis le xvme siècle surtout. Les tenants de cette idée soulignent l'importance, à leurs yeux, des canaux de transmission (on ne peut s'"auto-initier") ; par exemple, "transmission" de Maître à disciple. Sur cette taxinomie, cf. par exemple Faivre (2002), p. 3-32 (« Introduction ») ; et Faivre (1996), p. 11-42 (« L'ésotérisme et la recherche universitaire »). »
Faivre Antoine. Une spécialité nouvelle : « Histoire des courants ésotériques occidentaux ». In: École pratique des hautes études, Section des sciences religieuses. Annuaire. Tome 113, 2004-2005. 2004. pp. 27-44; (source)
doi : https://doi.org/10.3406/ephe.2004.12295
Schilling Robert. Religion et magie à Rome . In: École pratique des hautes études, Section des sciences religieuses. Annuaire
1967-1968. Tome 75. 1966. pp. 29-55;
doi : https://doi.org/10.3406/ephe.1966.16416 - source
Les formes anciennes de l'excommunication , J. Gaudemet - Revue des Sciences Religieuses Année 1949 23-1-2 pp. 64-77 - source
Faivre Antoine. Conférence de M. Antoine Faivre. In: École pratique des hautes études, Section des sciences religieuses. Annuaire. Tome 107, 1998-1999. 1998. pp. 379-388; source