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La Maçonne

L'initiation se perd-elle ? Histoire d'identité.

Une sœur du GODF – une « amie » de plus de 10 ans – ancien vénérable de sa loge (au masculin, bien sûr) -  m'a déclaré ce week-end qu'elle ne me considérait plus comme maçonne (au féminin) . 

Pour elle, je suis redevenue « profane » avec tout ce que cela implique de négatif et d'inférieur à ses yeux.  Elle estime que nous perdons notre initiation dès que l'on quitte sa loge pour un motif ou un autre. Pour elle, il faudrait même me ré-initier ! 

La fraternité comme toute relation humaine respecte les règles de réciprocité ... Ainsi, si je ne suis pas une soeur pour elle, elle ne peut pas l'être pour moi, n'est-ce pas? 

On verra que cette personne, membre du GODF, ne respecte absolument pas les us-et-coutumes de son obédience et de la franc-maçonnerie. De tels propos, n'engage qu'elle - et le GODF ne peut en porter la responsabilité. Ceci doit être précisé. 

Ceci dit - hormis ma capacité à mal choisir mes amis – ne vous inquiétez pas, je me suis améliorée – la question mérite d'être approfondie.

Est-ce qu'une initiation peut se perdre en court de route? 

Les us-et-coutumes maçonniques. 

Le GODF a, certes, mis un peu de temps pour reconnaître la Grande Loge Féminine de France comme obédience maçonnique à part entière. Cependant, c'est quand même arrivé depuis presque 50 ans.  
Les deux obédiences reconnaissent les membres mais aussi leurs degrés. Les membres du GODF aux grades de maîtres sont reçus aux tenues du 3ème degré de la GLFF et inversement. Sauf pour les loges du GODF, bien sûr, qui ne reçoivent pas de sœurs y compris celles du GODF. 
Les obédiences libérales et adogmatiques en France réintègrent les sœurs et les frères au degré des loges bleues qu'ils ont acquis. Ils ne sont pas initiés à nouveau. 

Vouloir initier plusieurs fois les femmes serait ce que l'on appelle une tendance que l'on trouve, généralement, dans des obédiences conservatrices. 

Les femmes ne sont jamais assez bien initiées pour certains – surtout si elles le sont dans une obédience aussi sulfureuse que la GLFF, c'est-à-dire en toute indépendance de frères. Or, cette idée qu'il faudrait "surveiller" l'initiation des femmes date du 19ème siècle - et est fort heureusement dépassée depuis des lustres. Toutes les obédiences mixtes reconnaissent une qualité égale aux hommes comme aux femmes. 
Or, je ne pense pas que cette personne, ayant une carte de membre estampillée GODF, aurait dit la même chose à un frère dans ma situation. En même temps, les radiations pour « manque d'assiduité » n'existent pas au GODF. Il y perdrait la moitié de ses effectifs voir plus et passerait son temps devant les tribunaux. Du coup, les loges évitent d'en faire l'expérience. 

Or, le GODF n'est pas une obédience  conservatrice – même si je ne l'estime pas aussi « révolutionnaire » que certains de nos frères le prétendent  - elle se veut laïque, gardienne de la République et de ses valeurs. 
En outre, aucun dignitaire du GODF n'oserait faire l'affront à la GLFF d'estimer que ses sœurs – même « la Maçonne » - mériteraient une seconde initiation. Ce serait aller tout droit à l'incident diplomatique. S'il y en a un qui veut tester ... pour nous raconter, libre à lui. 

Rien, en effet, dans les us et coutumes des obédiences maçonniques n'autorise qui que ce soit à estimer – ne serait-ce que par les notions de tolérance et l'adogmatisme – qu'un frère ou une sœur « perdrait » son initiation au point qu'il faudrait l'initier à nouveau. 

A la limite, on peux accepter cette idée pour des obédiences qui ne se reconnaissent pas entre-elles. Ainsi un frère du GODF devrait être initié à nouveau s'il souhaitait intégrer la GLNF (et inversement). Si la GLNF a, effectivement, tendance à considérer que l'initiation d'un membre du GODF est insuffisante, rien n'indique qu'elle mette cette tendance à exécution. 

Quant au GODF, il se fait fort d'accepter comme nouveaux membres des frères et des sœurs d'obédiences non-reconnues, dans une démarche d'ouverture mais aussi une optique d'égalité devant l'initiation. Il se veut « centre de l'union », ce n'est pas pour passer son temps à rejeter telle ou telle personne en mesure de prouver son parcours maçonnique. 

Cependant, des frères et des sœurs, y compris,  dans les obédiences libérales, ont perdu de vue l'objet de la franc-maçonnerie et ce qu'est l'initiation, le confondant avec une marque honorifique, un statut social ou en faisant un substitut religieux. 

J'ai traité de la question du substitut religieux dans un précédent article que je vous invite à lire ici. Je ne souhaite pas m'appesantir ici sur la marque honorifique ou le statut social, qui ferait considérer que l'humanité se divise en deux catégories : les profanes et les initiés – et que ces seconds seraient une sorte d'élite méritant quelques honneurs. Je vous proposerais prochainement une étude sur le sacré qui permettra d'éclaircir cette division du monde en deux.

J'ai estimé, encore dans un précédent article, que l'initiation n'est pas une opération magique qui transforme le profane en initié mais le résultat d'un long processus. 
Ici, je souhaite traité la question en fonction de l'identité du franc-maçon ou de la franc-maçonne. 


Une question d'identité : se définir soi-même. 

Est-ce que l'on peut considérer qu'un membre du PS qui a rendu sa carte n'est plus socialiste ? Est-ce que l'on peut considérer un catholique qui ne va pas à la messe tous les dimanches comme un usurpateur ? 


La réponse est non dans les deux cas à la condition qu'ils décident de le rester.

Un socialiste peut très bien rendre sa carte de membre, non pas parce qu'il a décidé qu'il n'était plus socialiste, mais parce qu'il estime que son parti ne répond plus à ses attentes. Il reste, dans le fond, fondamentalement « socialiste », avec les options politiques qui vont avec. J'en connais quelques uns. 
Il ne l'est plus dès qu'il adhère à des opinions politiques opposées, comme par exemple celles de l'extrême-droite – 

Personne, dans le fond, ne peut lui imposer une étiquette de non-socialiste, c'est-à-dire lui refuser le droit de se définir au travers de ses opinions politiques qui peuvent être des éléments importants de sa construction personnelle. 


Quant au Parti Socialiste, qui se trouve avoir un adhérant en moins, pour des raisons tout d'abord électorales mais aussi éthiques, il ne peut montrer du doigt celui qui vient de le quitter,  pour des raisons autres que des opinions politiques contraires, en le déclarant avoir perdu son statut de socialiste. 

Ethique, parce que le PS n'a pas le monopôle du socialisme et de sa définition. Du moins, s'il prétendait l'avoir, cela ouvrirait à des conflits judiciaires quelque peu inextricables. 

Bien entendu, un parti politique peut radier un de ses adhérents pour des manquements à son règlements, à ses valeurs par des prises de position délictueuses comme le racisme, ou des manquements à l'honneur, comme une condamnation pour un délit (escroquerie, par exemple) ou un comportement public jugé inapproprié, comme par exemple le mensonge. Il ne le fait pas pour « manque d'assiduité » même vis-à-vis des parlementaires élus et le représentant à l'Assemblée Nationale. 

Pour les religions, c'est le même principe. D'ailleurs pour elles, il faut aussi au moins adhérer à une autre religion pour qu'elles remettent en cause l'identité religieuse du non-pratiquant. L'excommunié lui-même reste catholique pour l'Eglise de Rome. C'est tout dire ! 

Un être humain est libre de se définir comme il l'entend. Ses croyances, ses opinions politiques, comme bien d'autres choses, participent à construire son identité. Personne ne peux ainsi le lui nier ou remettre en cause suivant des critères bassement matérielles comme une carte de membre ou sa capacité à aller toutes les semaines dans une église. 

L'identité d'une personne relève d'un ensemble de loi mais aussi d'un questionnement qui ne date pas d'hier. 
«  Les philosophes présocratiques, comme Héraclite et Parménide au tournant des vie et ve siècles av. J.-C., faisaient déjà de l’identité un concept central de leurs réflexions.  Au Moyen Âge, le terme d’identité permet d’exprimer la conformité au groupe. Plus récemment, les empiristes des xviie et xviiie siècles ont usé de ce terme pour poser le problème de l’identité personnelle. John Locke, en particulier, s’est heurté à la question de l’unité de l’identité personnelle dans le temps, qu’il résolut en postulant qu’une personne est une conscience de soi incarnée capable de garder à l’esprit les phases successives de son existence . Au xixe siècle, Georg Wilhelm Friedrich Hegel a déplacé la question de l’identité dans le champ des rapports sociaux. L’identité résulte alors de la reconnaissance réciproque du moi et de l’autre, elle naît d’un processus conflictuel où se construisent des interactions individuelles, des pratiques sociales objectives et subjectives » Nous expliquent Baudry Robinson, Juchs Jean-Philippe,  dans leur article « Définir l'identité »,in  Hypothèses cité en source. 

Au 20ème siècle, la notion « d'identité » de l'individu est resté au centre des débats s'ouvrant aux recherches en psychologie. Erik Erikson, en 1950, dépasse les théories freudiennes en soulignant les interactions sociales sur la construction de la personnalité. Ce sera des anthropologues qui, finalement, reprenant les théories de Erik Erikson, finaliseront le concept d'identité :

« Mais c’est en 1963, tout particulièrement avec la parution de Stigma, qu’Erving Goffman en fait un outil d’analyse de l’identité . Dans cet ouvrage, l’auteur montre que c’est par le stigmate, conçu non pas tant comme une marque ou un attribut spécifique mais bien plutôt en termes de relations, que les partenaires sont amenés à jouer un rôle. Dans l’interaction, plusieurs composantes de l’identité s’élaborent et entrent alors en jeu. L’identité sociale, d’abord, résulte de la conformité ou de la non-conformité entre l’impression première produite par autrui et les signes qu’il manifeste. L’identité personnelle, ensuite, s’articule autour du contrôle de l’information dans une situation relationnelle donnée. […] Pour Goffman, l’identité d’un individu qui s’élabore par le jeu de l’interaction résulte alors de l’opposition entre une identité définie par autrui (l’identité « pour autrui ») et une identité pour soi. »

Ainsi, apparaît deux «identités », une collective et une individuelle – une qui réponds à ces interactions sociales, soit à ses différents statuts définissant socialement l'individu (nom, âge, profession, ….) et une identité individuelle, la manière dont on se perçoit, s'identifie. 

Il y a conflit d'identité lorsque le groupe social ne reconnaît pas un individu ou un groupe d'individus en fonction d'une définition collective.

 Par exemple, on peut analyse le besoin identitaire de l'extrême-droite - à vouloir faire de la France, un pays chrétien et de blancs – bien plus comme une crise d'identité et non pas une solution à une question posée.

En effet, le rejet d'une partie d'individus qui ne correspondrait pas à la description mais qui, individuellement s'estime français, est, bien sûr du racisme « pur jus », mais surtout l'expression du malaise du groupe « blancs-chrétiens » (du moins de ces quelques représentants)  qui s'estime avoir perdu une identité dans le collectif, soit une reconnaissance d'être français, mais aussi et surtout une identité individuelle.

On verra dans ma prochaine analyse sur le sacré que pour celle et ceux qui étudient le racisme, il existe une constante : si tout le monde était français, il n'y aurait plus de français. 

Ainsi remettre en cause l'identité religieuse, par exemple, d'une personne du fait d'une non-pratique religieuse, l'excluant du groupe, alors que cette personne s'identifie dans cette religion et se présente volontiers comme tel, est plus symptomatique d'une crise d'identité du groupe que de la personne exclue – Sans parler que c'est du fondamentalisme. 

C'est exactement ce qu'a fait cette ex-amie. Si tout le monde était franc-maçon, il n'existerait plus de franc-maçon, ainsi il lui faut exclure des individus en fonction de caractéristiques extérieures à l'identité individuelle que peut se donner ces individus. 
Un franc-maçon, pour elle, doit pointer deux fois par mois dans une loge – peu importe s'il y roupille tranquillement – et payer une capitation. Bref, avoir une carte de membre. Ceux qui ne correspondent pas à ce descriptif ne peuvent prétendre être « reconnus comme tels ». 

Autrement dit, elle ne reconnait pas le droit aux frères et aux soeurs, la capacité à se définir - et se donner une identité individuelle, que pourtant psychologues, sociologues, anthropologues et bien entendu tous les humanistes admettent.

Bref, elle interdirait à un catholique de se dire catholique sous le prétexte qu'il ne va pas à la messe tous les dimanches, ceci sans tenir compte de la notion de foi - c'est-à-dire de la dimension spirituelle - et donc personnelle et intime de sa croyance.

De surcroît, elle estime avoir le monopôle de l'initiation. C'est du fondamentalisme - finalement - 

Il fut un temps où les « étrangers », demandeurs de la nationalité, était fortement invité à prendre un nom et un prénom français. La France a confondu – et le fait encore – assimilation et intégration. Un certain nombre de consignes est ainsi présenté pour mener à bien cette opération et que vous pouvez trouver sur le site « Service Public ». (lire ici)
En 1995, Libération publiait un article faisant part de témoignages de ceux qui ont décidé de « franciser » leur nom et prénom. (source)

On est ainsi passé de 13,7% de décisions de francisation en 1995 à 5,7% en 2005. Ceci est significatif d'un net recul quant à la décision de francisé son nom. Cela mériterait une réflexion plus complète. 
Or, pour la question qui occupe cet article, si nous sommes d'accord que notre nom – constitutif de nos identités – n'est pas choisi, il peut néanmoins devenir un enjeu s'il s'oppose à l'identité collective - d'où cette francisation -

Le nom est la manière de se présenter à l'autre, regroupant à la fois son origine, son histoire et celle de sa famille. Changer de nom est, ainsi, changer cette manière de se présenter et donc de se représenter, d'être.
Entre dans cette catégorie, le pseudonyme. Il est devenu courant avec l'explosion des réseaux sociaux de se choisir un pseudonyme et, par conséquent, de se choisir une identité publique.  Ainsi, chacun sait en faire l'expérience. Or, le pseudonyme des artistes et des  auteurs connus supplantent leur identité de naissance – Ils deviennent – dans le collectif – le pseudonyme. 

L'autre point qui dérange cette ex-amie est, bien entendu, comment je me présente au monde. Je suis « la Maçonne ». Ce qui dans son désir d'exclusion – et de vouloir décider à la place de tout le monde qui peut l'être et qui ne peut plus prétendre l'être – en gros, elle se prend pour la GLUA  - est un affront que je lui fait. 
Au delà de la manière dont chacun est en droit de se définir, il y a aussi la manière dont on se nomme. Pour un frère ou une sœur, le « nom » est lui-même symbole impliquant. 

 

La permanence de l'initiation. 

La franc-maçonnerie propose une initiation. Quelque soit la définition que l'on lui donne et vous savez que c'est impossible d'en fixer une, celle ou celui qui se dit « encore » initié, l'est effectivement encore, qu'il adhère ou non à une loge. 
L'initiation maçonnique n'a pas pour objet d'appartenir à une communauté. Cette appartenance est une conséquence.

La franc-maçonnerie n'est absolument pas communautariste. Elle ne respecte pas les règles  liée à une communauté - c'est-à-dire à mesurer l'implication de ses fidèles à la communauté. 


Elle a pour objet de se construire, d'évoluer et de se révéler à soi.  Cela demeure une démarche égoïste et – je dis souvent – qu'elle est aussi solitaire. L'initiation est un long travail. Il ne s'agit pas, comme je l'écrivais dans mon précédent article, d'une opération magique. 
Vue ainsi, elle participe aussi à construire une identité.

Un individu n'est pas un assemblage – dont une tierce personne pourrait prendre un bout et le jeter à la poubelle en décrétant que cela ne peut plus lui appartenir. Nous nous appartenons à nous-mêmes.

L'initiation est ce long apprentissage que ce qui constitue notre identité n'est pas fait de morceaux épars mais d'un rassemblement de ceux-ci. « Rassembler ce qui est épars » est, à mes yeux, bien plus attaché à l'individu, au maître qui devient « entièrement » initié et qui rassemble divers éléments, les assumant, de sa personnalité et de son identité. C'est le moment où l'on construit – se construit – alors que les étapes précédentes (apprentis, compagnons) sont les moments où l'on déconstruit, plus exactement que l'on apprend à se découvrir. 

Une initiation ne peut pas se perdre. Elle est la théorie des profondeurs et de la totalité. Des profondeurs parce qu'elle touche notre pensée intime, celle que l'on sait à peine traduire en mots et même déceler. De la totalité parce qu'elle concerne notre individualité complète. 

La franc-maçonnerie a une autre caractéristique : elle met l'humain au centre du débat. Elle prône des valeurs humanistes, de dignité, d'égalité et de raison. 

Ce n'est certainement pas pour nier à une sœur ou à un frère son libre-arbitre et sa capacité à se définir lui-même par lui-même, c'est-à-dire son identité – et donc « à être maître de lui-même ». Le respect de soi est autant une valeur républicaine et sociale qu'une réalité initiatique. 

Remettre en cause une qualité initiatique est, aussi, nier ce rapport précieux entre la franc-maçonnerie et les valeurs humanistes. 


Si un individu est libre de se définir lui-même et de se présenter aux autres comme il ou elle le souhaite, un frère ou une sœur est donc tout à fait libre de se considérer, s'il advenait qu'il ou elle quitte la franc-maçonnerie, de ne plus être initiés. 

Ainsi, cette ex-amie, si elle quittait la franc-maçonnerie, s'estimerait non-initiée, non-maçon, malgré les 25 ans passées en loge. Ce qui est son droit le plus strict. Ce qu'elle considère vrai pour moi, ne peut l'être que pour elle. 

Cela me pose plusieurs problèmes. 

  • Tout d'abord, cela signifierait que ce vécu, cette expérience maçonnique, n'aurait aucun intérêt dans la construction de soi.   Ce point a été largement détaillé - mais il est, malgré tout, intéressant de se demander que si la franc-maçonnerie ne sert à rien, ce que ce membre y fait et y trouve comme satisfaction. 
  • Etre maçonne ou maçon est un état d'être, une manière d'être, une manière de s'identifier – c'est-à-dire de donner un nom à quelque chose que l'on est – mais cela reste du domaine du ressenti. Ressenti qui a une réalité pour soi.  C'est comme l'amour. On sait que l'on est amoureux - mais rien ne prouve que l'amour existe. Ainsi, ceux qui, une fois qu'ils quittent la franc-maçonnerie, rejettent toute idée de permanence de leur initiation – ne ressentent rien même en se rendant deux par mois en loge ! Ils ne sont pas. Ils ne font que paraître. L'initiation ne serait pour eux qu'un décor de plus, au même titre que le tablier et la paire de gants. Ils n'aiment pas. 
  • Un autre problème est que ceux qui rejettent leur initiation – ce qui est de leur droit – existent et s'affichent bien volontiers. Vous les trouverez dans cet article traitant de Léo Taxil. Certains se des-initient en découvrant Jésus, Marie et quelques saints dans leur salon. D'autres encore font pénitence. Peu importe, finalement, le moyen ou s'il en existe un, on tombe les deux pieds dans l'obscurantisme et le fumeux. Nous retrouvons l'idée que l'initiation est une opération magique et que la religion est sa magie opposée. 

L'initiation permet d'acquérir une conscience de soi. Ainsi, je n'ai besoin de personne pour me dire qui je suis et comment m'appeler (ou ne pas m'appeler). 

Cela prouve, tout au moins, que se rendre en loge durant 20 ans avec assiduité, ne suffit pas pour vivre une initiation et, tout au moins, la ressentir. En effet, si c'est un long processus, c'est un processus actif et volontaire qui est un peu plus qu'acheter une paire de gants. 

Malheureusement, pour les obédiences maçonniques, il est à se demander combien sont encore rester dans cet état de profane que ce membre du GODF, ex- vénérable d'une de ses loges mixtes. 

 

 

 

 

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U
Bonjour,
Il n'est pas rare d'entendre de la part d'un (e) Franc Maçon (ne) en parlant d'un (e) profane :
"c'est un (e) Frac Maçon (ne) sans tablier" !
et bien il y a aussi des Francs Maçons (nes) sans Obédience, dont je fais partie également.
Les valeurs maçonniques sont toujours les miennes, inchangées, mais le comportement de certains membres ne sont plus supportables..
Répondre
L
Effectivement, je n'ai pas changé. Je suis toujours la même maçonne avec une expérience en plus.
L
Ma TCS,
Je t'appelle ainsi car il ne peut en être autrement... Tu es initiée. Un point c'est tout ! J'ai entendu un jour en loge que " l'initiation, c'est comme la virginité. Quand on y est passé, impossible de se retrouver comme avant !!!"
Penser comme cette S. VM souligne une ignorance initiatique. Revenons à la formule de la consécration : créer, constituer, recevoir. On RECOIT dans une chaîne de tradition initiatique. On CONSTITUE un membre dans l'ordre maçonnique. On CREE un initié qui "arrive" au monde spirituel. Comment une création pourrait-elle s'anéantir à part une fin du monde !!!!
La formule de consécration mériterait d'être davantage méditée en profondeur. Notamment ce concept de CREATION !
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L
Ma soeur, Tu as parfaitement raison. Comme je le signalais, dans le cas de cette ex-amie, il faut croire que ce qu'elle a vécu en Loge ne lui a apporté que le statut (elle fut reçue) mais n'a pas été constituée et créée ... Après tout, on ne peut l'être si on ne le veut pas. Merci pour ton message !
P
Ma TCS,
Le sujet est très intéressant en terme général, indépendamment de ton cas particulier. Sans vouloir polémiquer, mais par une réelle curiosité, pas malsaine du tout, j’aimerais te poser la question dans l’autre sens. Peu importe comment la maçonnerie, ou un(e) maçon(ne) te considère, comment te considères-tu toi-même par rapport à la maçonnerie?
Si aucune obédience n’a grâce à tes yeux, puisqu’apparemment tu ne t’y es pas affiliée, considères-tu donc que tu puisses vivre et continuer ton initiation "maçonnique" hors de toute structure maçonnique? Ou considères-tu que ton initiation est terminée, et tu n’as donc plus besoin d’une structure maçonnique pour "rester" maçonne?
Répondre
L
Bonjour MTCF, je continue mon parcours pour le moment à l'aide de ce blog, en continuant mes recherches perso .... donc je me suis considère comme Maçonne super-active. Une initiation n'est jamais terminée ... et, pour le moment, je sais la poursuivre par mes propres moyens.
Des obédiences ont grâce à mes yeux. J'aime beaucoup la GLFF - c'est la GLFF - du moins une loge qui ne m'aime pas - j'aime aussi d'autres obédiences mixtes qui sont très intéressantes. Ce que je n'aime pas dans certaines obédiences, c'est le goût du pouvoir de certains "dignitaires" dont on pourrait s'inquiéter du véritable parcours maçonnique et de leur sincérité.
A
dire aussi pour les baptise qui ne vont plus a l eglise perde le baptême,,Initie un jour initier toujours ! même démissionnaire , en tout cas pour moi ,
Répondre
L
J'ignorais cela pour les baptistes ... En effet, rien n'autorise un groupe religieux de remettre en cause la foi de quelqu'un et de le sortir du groupe.
S
Démissionner d'une Loge n'est que seulement démissionner d'une structure administrative, en l’occurrence une obédience.On appartient, si on le désire, à ce que l'on appelle les Loges de St Jean (sans structure administrative) auxquelles tout initié maçonnique, en transit entre deux obédiences, après une démission peut prétendre, lui permettant de continuer à visiter les ateliers qui acceptent son "genre". Tu devrais te renseigner plus avant, afin qu'aucun maçon puisse ne pas te reconnaître comme tel(le). Pour moi l'initiation est ACQUISE, comme tes grades, comme partie intégrante de ton identité.
Répondre
L
Merci Solange. Je vais me renseigner afin d'en savoir plus sur mon genre et ce qu'il a droit de visiter ou pas.
J'en avais entendu au GODF - il y a des années - De nombreux frères de la Glamf se présentent ainsi.
B
Cette question est absolument cruciale .
J’avais proposé l’an dernier en « question à l’étude des Loges » (GLFF) la phrase de l’instruction : « Mes Soeurs me reconnaissent comme telle » . Mais le Congrès ne l’a pas retenu....
Ta dernière phrase est énigmatique...
Répondre
L
Déjà que mon orthographe est ésotérique, si je commence à faire des phrases énigmatiques, cela va plus aller (rire)
Je vais vérifier cela.
En fait, je pense que cette phrase du rituel est tellement utilisée que beaucoup ne savent plus qu'elle est cruciale parce qu'elle ouvre à d'autres enjeux. Le problème est quand on fait une interprétation littérale des rituels, cela fait des maçons aussi dangereux que les créationnistes. Je vais me garder l'image pour un prochain article.
Pour ce qui est des questions d'étude des loges, je n'ai jamais compris "la majorité" que ce soit en congrès ou en convent. C'est à croire que l'on veut éviter les fondamentaux.
V
Bonjour la Maçonne. Merci pour ton article ! Pour moi aussi, l'initiation est une affaire personnelle et qui ne regarde personne.
Ton "ex-amie" a dépassé les limites. Ces propos sont indignes d'une soeur. Tu n'as rien à prouver à ce genre de personne.
J'ai suivi l'affaire Dionysos de bout en bout . Tout conduit à dire que cette loge a fait n'importe quoi et devrait être fermée depuis longtemps.
Continues tes articles ! Tu me donnes de l'espoir. Un jour, nous nous retrouverons en loge.
Répondre
L
C'est le travail personnel qui fait l'initiation. Combien vont en loge pour être juste être spectateur? Ce n'est pas parce que tu regardes un match de foot que tu es footballeur. Pour une loge (et l'initiation), c'est la même chose. Lorsque l'on vire quelqu'un pour des motifs comme le racisme, des comportements non conforme à l'éthique (escroquerie, violence, etc), ou un non-respect des règlements (dévoilement de l'identité par exemple), c'est que ces personnes n'étaient que des spectateurs et utilisaient la loge pour avoir un statut de "maçon" ..L'une des règles maçonnique est le respect des droits fondamentaux et le respect des lois de la République. Le rapport à l'initiation est donc plus simple qu'il n'y parait .... ..
C
Même lorsqu'une obédience a, après mûre réflexion, "viré" la Sœur ou le Frère pour ce qu'elle considère comme une conduire inappropriée et non conforme à l'éthique maçonnique la plus élémentaire ?
Etre Sœur ou Frère, c'est "être reconnu(e) comme tel(le). Si on cesse d'être "reconnu(e) comme tel(le), on n'est plis "Franc-maçon(ne)".. Cela me semble être le cas dans toutes les obédiences du monde.
Un ami me disait l'autre jour :"ce n'est pas l'initiation qui fait le maçon, c'est le travail en loge. Bien sûr, on ne peut pas être"désinitié(e)". Mais la qualité de Maçon(ne) peut se perdre, si ceux qui vous ont initié(e) vous la retirent.
Nos Frères de religion juive le savent bien : ils ont été circoncis, et on ne peut être "décirconcis"; mais ils peuvent cesser de se reconnaître comme Juifs, tout comme leur communauté peut cesser de les reconnaître comme tels...."
Je lui ai fait remarquer que c'était vrai du baptême.. et j'aurais pu ajouterque c'est aussi vrai de l'initiation maçonnique... ,
L
Merci Valérie ! Je suis contente de te retrouver ...